ÉVÊQUE DE LANGRES
Instance pour obtenir la visite canonique au monastère de Dijon. — Eloge de la
Mère Favre.
VIVE -J- JÉSUS
Orléans, 9 juin 1628.
Mon très-honoré Père,
L'Esprit Très-Saint répande en abondance ses dons sacrés sur votre chère âme ! — L'on nous écrit que vous devez être à Dijon à la Pentecôte. Je vous supplie, si vos affaires vous le permettent, de faire la visite en notre maison [de Dijon], et puis obligez-moi de me faire savoir s'il sera expédient que j'y aille ; car nos Sœurs m'en pressent, sachant que je dois aller à Autun ; mais de retourner en arrière, il me fâche un peu, si le service de Dieu ne le requiert, et d'autant plus que je suis pressée du temps.
Je laisse nos chères Sœurs de Paris des deux monastères en très-bon état : tout s'est passé assez doucement en ce changement de Supérieure, mais, mon très-cher Père, ilfaut que je vous dise que je trouve notre chère grande fille toujours plus à mon gré ; c'est une digne âme et qui se laisse fort gouverner a La grâce ; elle est dans une grande liberté d'esprit et force de courage. Si Dieu l'y maintient, elle fera un grand accroissement au service de sa gloire, non-seulement en notre Congrégation , mais en ceux qui la fréquenteront. Je lui dis tout ce que je pense sang nulle difficulté, elle le reeoit de même cœur. Notre- S tuveur en soit béni ! — Pour moi, mon très-cher Père, je ne qne misère, et ne vois que cela, sinon que je crois et me 1 onfie, et ainsi je demeure en paix à la merci de Celui qui est 1 iche en mérites et miséricordes, sansm'amuser à rien de plus.
— .le vis notre bonne Mère de Port-Royal ', avec notre confiance ordinaire : c'est une âme riche devant Dieu; je la \< ic plus qu'il ne se peut dire; elle a trouvé fort à son gré notre grande jille.
Recommandez-moi à Nôtre-Seigneur , je vous supplie, selon L'instincfl | l'inspiration | qu'il vous en donnera. Je suis en Lui, en tout respect , quoique très-indigne, Monseigneur, votre.
LETTRE DCCCLVII
\ IIONSIEI R MICHEL FAVRE
La Sainte l'exhorte à rhrreen j».ii\ d «cation.
viik -'- lit
[Orléans], -20 juin [169
le ne sais pas, mon cher Père, comment j'ai expliqué :
pensé* - en mes songes; mais je vous assure que je n'ai jam ti
en aucune inclination (le vous voir ReligieUI , n'ayant nulle vue ni sentiment pour cela, nuire qu'il m'est bien avis que Dieu
voua v eut en l'état où vous êtes, et que sa Bonté vous] départira tout. -s les grâces et assistances requises pour parvenir à la portion ou II vous a destiné; et il me semble que noua n'avons
rien a désirer qn»' cela, 'l'enr/ toujours voliv BSpril JOJOUI
« t content, je vous en supplie, mon très-cher Père. Notre Bienbeureui Père m'écrivait one lois que •• ceui qui avaient la résolution de ne vouloir point offenser Dieu volontairement,
avaient de quoi v iv n- coiilcnK i ; je m arrête la dan* la coutiance
Vngélique \rnaul I. ibbe ic de l • , il. qui, uni
Françoii de Sali ■ i de M Q Iques
tnnéei plat tard pOV ui.illii'iir, iWlr iIiIi^m1 et m olnmv ili's | » 1 11 <
l pertoi •. jusque-là li esti n tble, lombail entre V i
m i n> du trop fameui Saint-Cyran el adoptail t<»n:.
aux mérites infinis de notre bon Sauveur. Voilà ma consolation, mon très-cher Père; et mon désir est que nous nous voyions tous ensemble, louant Dieu dans sa bienheureuse éternité, et je n'estime très-heureux que ceux qui s'en vont là. Que si la pauvre Jacquemine a fait son passage en Dieu, comme je l'espère, bien que j'en sois touchée, je ne la regretterai pas, et je prie Dieu qu'il pourvoie ces pauvres [gens] de quelque autre soigneuse et charitable mère, car celle-là leur ferait bien faute autrement.
Si j'eusse reçu votre avis pour les patentes avant qu'elles aient été faites, nous y eussions mis ce que vous m'écrivez; mais ni le conseil, ni nous, n'y pensâmes pas. Je ne sais s'il y aura à gloser encore, mais un conseil très-capable a dit qu'elles étaient bien.
Bonjour, mon très-cher Père ; je crains la perte de deux paquets : dans l'un, il y avait des lettres du Roi pour la mission de Gex et des réponses à tous ceux qui m'avaient écrit; je vous prie, mon bon cher Père, de vous enquérir vers ma Sœur la Supérieure si elle ne l'a pas reçu. — Je salue tous les chers amis et amies que je voudrais tous nommer, mais je ne puis; leurs noms sont en mon cœur, surtout de Messieurs nos très-chers frères de Sales. Mon Dieu! que je remercie de bon cœur sa Bonté des nouvelles que vous me dites de M. de la 1 huile ! Dieu le rende digne neveu de son très-saint Oncle. Notre chère Sœur Cl. -Agnès [Joly delà Roche] vous dira nos nouvelles. Bonjour, mon très-cher Père, que je chéris tendremont comme mon fils, et vous honore en qualité de trèsiiumble fille et fidèle servante en Xotre-Seigneur.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DGGCLVIII
\ LA HÈRE ANNE-MARIE DE LAGE DE PUYLAURENS
t \ MM i
« li et encouragements. Dél ûli ru raj* I I p] itieurt j
tlfl y lÉfl
Vive Jésus ! que je bénis et remercie de l'élection qu'il a plu à sa Bonté faire de vous pour la conduite de cette maison. «Il ne faut pas s'amusera discourir quand il faut courir », disait une fois noire Bienheureui Père à une nouvelle Supérieure; je vous dis le même, ma très-chère fille. Rappelés tout votre esprit en Dieu; et, en Lui, avez un soin et une charité douce et vigilante sur voire petit troupeau, et vous venez qu'il conduira Lui-même par vous; ayez donc une grande confiance eu sa Bonté. Ne m'attendes point pour mettre une assistante, mais avec l'avis de ma Sœur F.-Gabrielle [Bally], donnes celle charge à qui hou vous semblera mieux d'entre les Sœurs.
l'ai écrit à Paris pour savoir quelles sont les conditions de l'esprit, de la saute et des biens de la mère des deui petites Lescalopier. Voilà encore une bonne fille de Paris, c'esl «elle dont je vous écrivis : elle vous porte i< - contrats] h • ! < • t esl bien suffisante. Bile a donné à notre Sœur la Supérieure de Paris < inquante écus pour les premiers lis mois de m pension. i l. isai, on la trouve propre, elle donnera cent écus pour - 1 vétore. Si vous eossies répondu I dos Sœurs d'ici, < Iles vous en eussent envoyé une qui a sou extérieur un peu égaré el
maussade, niais son cour e^t bon. .l'opère, Di« n aidant, p nlir d'ici le lendemain de notre lète, et VOUS VOM Cinq on BIX
jours après j mais seulement en passant, parce que je crainsdc ne pas trouver une commodité i Bourges pour nous mener à v v< rs. Je salue voire chère Imc < I celles de toutes nos Sœurs.
surtout [celle] de ma chère Sœur Françoise-Gabrielle. — Je vous recommande celte bonne fille, il la faudra apprivoiser doucement. Je suis toute vôtre.
Dieu soit béni!
20 juin. Je viens de recevoir votre lettre delà d'Autun ; je n'ai loisir de voir celle du Révérend Père N. .. Vous devez envoyer votre procure à notre Sœur la Supérieure de Paris, et lui mander ce que vous en aviserez, car de moi, n'étant là, je ne puis vous y servir.
Dieu soit béni!
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Poitiers.
LETTRE DCCCLIX
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
AU PREMIER MOXASTÈRE DE LVO.V
Sévères reproches sur la conduite des Sœurs de Lyon, qui s'étaient proposé de réélire celte Mère pour un troisième triennat.
VIVE -j- JE. S US !
[Orléans, 1628.]
Je loue Dieu de votre élection qui s'est faite si à votre contentement ' , et, comme j'espère, à la gloire de Dieu. Mais, ô Sauveur du monde, que me dites-vous? que nos Sœurs vous voulaient réélire, qu'elles le désiraient tout ce qui se peut, et qu'il ne s'en est pasbeaucoup fallu, nonobstant tout ce que vous y avez lait. Certes, si tout autre que vous me disait cela, j'aurais peine de le croire! Quoi! nos Sœurs de Lyon ont pu avoir celte pensée? Voilà qui m'outre-perce le cœur d'une [sij sensible
1 L'élection du S juin avait donné pour Supérieure au premier monastère Lyon la Mère Catherine-Charlotte de Gémaux de la Grange.
douleur, que le ressouvenir de cette infidélité ne me fieol qu'avec ressentiment et les larmes aux yeux. Cette maison, que j'avais estimé être la seconde pour conserver el maintenir l'Institut en son intégrité, est la première à le vouloir renverser ' Et ou esl la conscience et la crainte de Dieu? Pensent-elles contrevenir anx lois essentielles de leur Règle sans offenser Dieu? Où est la révérence et l'amour tant de lois protestes anx intentions de leur Fondateur, puisqu'elles ont intention de renverser les plus importantes ordonnances de son Institut ? Sonl-ee là les fruits qu'elles nous rendent pour le service et le travail de trei/e années el demie, que nous avons employées à les lever et nourrir dans cette sainte vocation? Leur avonsdous jamais rien tant enseigné que la fidélité el fermeté a conserver ce qu'elles ont reçu de leur Bienheureux Fondateur? Ne savent-elles pas ce qu'il leur a prédit, que « si Ton ouvre la porte au moindre relâchement, tout se dissiperai ■ car, ayanl perdu le respecl el la fidélité que Ton doil à ceux qu'il noua s donnés pour nous enseigna r ses lois, par l'infraction (ficelles que peut-il arriver, qu'un détraquemenl el renversemenl total de l'Institut .' le crois bien qu'elles d onl pas vu ce m. il, ni en la volonté d'en tant taire, cependant leur manquement en ce sujet s boutirail là
i \n lia i -
III TRE DCCCLX Inédite
M :■ !. | 4 , u-Ura |>;n <|ii\ i
\\\ Mil ni lli Kl. I II i
.1.' necroii nullement que Mgr de G< nève p< rm< Ite que v.min allies à Valence, bien que je craigne un peu lot charités que
notre chère Sœur de Chàtel a quelquefois. Si vous les voyez ébranlés pour cela, dites que vous êtes prête à obéir; mais envoyez ce billet à Mgr, par lequel il verra ce que je juge, qu'il n'est nullement expédient de vous employer là, et qu'il est requis de vous laisser un peu pour aider ces jeunes Supérieures, et de vous avoir libre pour être employée en un lieu où je crois que Dieu veut être servi de vous.
Nous partons demain de grand matin, de sorte que vous n'aurez plus de mes lettres, au moins de longtemps. Je crois que vous aurez reçu la dernière que je vous ai écrite. Je serais marrie qu'autre que vous la vît 3 car je l'ai écrite comme à vous et selon mon véritable et juste ressentiment. Adieu, ma très-chère fille; vous savez que je suis sincèrement vôtre.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCLXI
A LA MÈRE FRAXÇOISE-JAGQUELLAJE DE MUSY
SUPERIEURE A NEVEBS
Alarmes de la Sainte en sachant la communauté de Nevers menacée delà peste. —
Abandon au bon plaisir de Dieu.
VIVE f JÉSUS !
[Bourges], 4 juillet [1628].
Ma pauvre très-chère Soeur, Arrivée aujourd'hui de Blois, j'ai trouvé la fâcheuse nouvelle de l'accident qui vous est arrivé. Mon Dieu , que cela me touche l J'ai cette confiance en l'infinie Bonté que , si les corps sont affligés, vos esprits sont généreux pour les supporter avec une humble patience et amoureuse soumission à Dieu, sans la Providence duquel il ne tombe pas un cheveu de notre tête. Peu nous doit importer, mes très-chères et bien-aimées filles, de mourir tôt ou tard, d'une maladie ou d'une autre, pourvu que ce bon Dieu nous reçoive en sa main droite ; ce qu'il fera in-
\wi.i: 16*8, 171
faillihlement s'il nous trouve toutes résignt i sainte volonté.
C'est à quoi je vous exhorte, mes chères filles : BOyei donc fortes et courageuses, ainsi que joyeuses dans l'attente de ce
divin bon plaisir. (îardez-vous de laisser saisir votre euMir oVaO-
cnne crainte, je vous en supplie; car que doivent craindre
celles qui sont sous la protection de Dieu, et qui savent, p une vérité de foi, qu'il ne leur arrivera rien sans sa volonté, qu'il leur donnera avec poids et mesure ce qui sera pour le mieux) Que ce soit là votre consolation et votre force, ni très-chères filles, et avec cela vivez paisiblement au milieu du danger, et vous assurez que toutes nos maisons seront en continuelles prières pour vous.
Ma pauvre Sœur la Supérieure, soyez vaillante au milieu de votre troupe; suivez fidèlement les conseils qui vous seront donnés; conservei-vous pour conserver vos filles, et nous laites
savoir de vos nouvelles par l'entremise de M. le lieutenant DeS-
prex,oude M. Poichon1. Je leur écris et leur envoie ce messa-
1 Au moment "ù la peste éclata h Vevers, la Mère F. 1. de Mus] résolut de loigner « • 1 1 r» — r 1 1 *"• r 1 1 « ^ celles de ses filles <|ui seraient atteintes de l'épidémie. Sainte de Chantai «lut interposer son asUorité »'t défendre
léreui défonement, nui aurait prive la communauté de la présence «I»'
Supérieure, aux jours où elle lui devenait plus nécessaire.
Vainement on pressa 1« - Religieuses d tirera la campagne. 1
une m- roulul \ entendre dil la Uèn </< Chatigy . te confiant enlaProvid( di e, ell( i rent ne pas • r a Ire I i m >yant pas le dan
: I pour quitter leur < In re < lôtur . elles se pro nirenl d lier
liiutuellement, qUOl <|u'il |»ù t .1 ri iv er . I furent lï.t|»|>ée«; de pe>te et eu
iiiMurur.'ut. Quand il fallut enterrer la den i milieu de la nuit, I- -
deui Sœurs «I fûce de charité m trouvèrent surprises |ur un
violent orage, <|ui élrignil leurs lu t, s'adressent I Celui
que II' rilure nomme la lum . il parut qui
.lui'.ui de lt ' isant an petit al ai midi, H demeura f<
arrêtée tout autant de t«in p^ qu'il lut requis. . . . I v i ai >
n h lèrent cette tribulation plutôt comme une I»é1ii;rnc visite de Dieu que comme un châtiment, tant ell< ent de consolations int<
parmi louti l( m •> affli
ger, afin que nous sachions en quoi nous vous pourrions servir, ce que nous sommes résolues de faire de tous nos cœurs. J'invoque la Sainte Vierge et notre Bienheureux Père ; ils vous aideront. Dieu vous remplisse de Lui-même. Je suis en Lui tout à fait vôtre.
Extraite de la fondation du monastère de Nevers.
LETTRE DCCCLXII
A LA MÈRE CATHERLYE-CHARLOTTE DE CRÉMAUX DE LA GRANGE
SUPÉRIEURE AU PREMIER MO.VASTERE DE LYON
Tribulations des Sœurs de Paray ; prière de les secourir. — Mort du jeune abbé de Sales.
vive -j- JÉSUS !
[Bourges], 5 juillet [1628].
Je ne sais, ma très-chère fille, si vous savez l'extrême peine et danger où sont nos pauvres Sœurs de Paray l. Elles m'ont envoyé [un] exprès pour m'en avertir ; mais tout ce que je puis, c'est de prier et faire prier pour elles. Elles sont environnées de peste sans espoir d'assistance , s'il leur arrivait
1 « La peste éclata si fortement à Paray (dit la Mère de Chauqy), qu'en moins de quatre ou cinq jours les principaux habitants s'éloignèrent de la ville, où il ne resta que les pauvres, qui n'avaient point de lieu de refuge, ce qui forma environ quarante petits ménages. Cependant nos Sœurs se tenaient dans leur retraite, ayant le moins de communication possible avec le dehors, ce qui n'empêcha pas que notre §œur Claude- Antoinette Quinet fût atteinte du mal; chacune des autres Religieuses solli- Clta le privilège d'exposer sa vie pour la soigner; on tira au sort, et Sœur Jeanne-Catherine Vivian emporta le prix. Toute la communauté l'embrassa tendrement, la félicitant de son bonheur; et elle, plus contente que toutes, ayant pris la bénédiction de sa Supérieure, s'enferma avec sa chère malade, qui, grâce à une saignée qu'on eut bien de la peine à lui procurer, M réchappa. Sœur Jeanne-Catherine prit le mal; mais étant bien secou- ""' guérit, comme aussi trois ou quatre autres qui avaient encore été atteintes. »
accident; mais vous connaîtrez mieoi leurs besoins par celle qu'elles m'écrivent, que je ne puis le (lin ; c'esl pourquoi je vous l'envoie. J'écris à madame la marquise de Ragny, pool la conjurer de les aider et avoir soin (Telles. Allant à Auton, je les approcherai le plus que je pourrai el les aiderai de tout le pouvoir que Dieu me donnera. Je crois, ma très-chère fille, que votre charité vous dictera assez de les aider en ce besoin, MM que je VOUA en prie; outre l'obligation particulière que VOUA en avez, vous verrez le besoin qu'elles ont d'être soula- - el déchargées de quelques filles. Mon Dieu '. si cela se peut, que ce serait un grand bien pour le spirituel ; car tant d'esprits ardents el violents en leurs passions ne s'accordent jamais guère bien ensemble ! Dieu vous veuille inspirer sa sainte volonté en celte occasion el vous donner le pouvoir de l'accomplir !
Oh Dieu! que je suis touchée de l'accident de ce pauv rejeune ecclésiastique et de la douleur qu'en recevra Mgr de Genève '!
Vous m'avei bien obligée de l'enterrer chez vous, et d'en
prendre soin. Notre bienheureux Père VOUS en saura bien gré,
ma très-chère fille. La divine Bonté vous Disse de plus en plus abonder en son Baint amour, el soit voire lumière el voire guide en celte charge qu'il vous a imposée. — Oh ' je ne doute nulh ment que ma très-chère fille, notre Sœur IL \ [de Blooai |, ne M- montre, en tout, ce qu'elle est par la grâce de Dieu. .1. la - due < hèremenl avec vous, ma très-chère fille, el toutes dos bonnes Sœurs, de l'une et de l'autre maison. J'ai répondu s toutes V". lettres. Dieu soil béni! C'esl sans loisir.
De Bourges, où nous arrivâmes [hier] a soir, ce 5 juillet
i de U V i«ii ii, m .| \..
i i u jeune i oi bc ptrenl de itiol !
malheureusement en te baignant dam If Rhône; d'aprèi lei insUnctl ici U, I de la Vif itatioo de Lyon, il fut inhuux de leur m
natlère
17i LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
LETTRE DCCCLXIII (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE AU DEUXIEME MO.VASTKKE DE PARIS
Recommandation en faveur de madame de Châtilion.
VIVE 7 JÉSUS
Bourges, 7 juillet [1628].
Ma très-chère grande fille, La très-vertueuse madame de Châtillon , qui a pris la peine de nous conduire ici en notre maison de Bourges, dès celles d'Orléans et de Blois, désire de prendre une particulière connaissance avec vous, et pour cela veut que je vous la recommande, ce que je fais de tout mon cœur, comme une âme précieuse à Dieu, et qui m'est en respect pour sa solide vertu, laquelle j'aime aussi sincèrement pour sa sincère affection envers notre Ordre, où elle a résolution de se retirer sitôt qu'elle aura marié mademoiselle sa fille; car cette chère âme demeura veuve à vingt-deux ou vingt-trois ans, d'un seigneur de qualité qui lui laissa une fille, les affaires de laquelle sont en bon état, mais elle n'a que onze ans, de sorte qu'il faut qu'elle patiente. Or, je vous la recommande, ma chère fille, mais de tout mon cœur.
Nos Sœurs d'Orléans sont certes bonnes, et celles de Blois aussi, et ne se peut dire comme tout cela vous chérit. Notre bonne Sœur de Vigny est fort en peine de sa petite nièce ; mais je vous écrirai de tout cela une autre fois. Il ne me reste donc pour le coup sinon vous conjurer de correspondre avec trèsgrande cordialité à cette très-chère darne, qui nous aime si parfaitement. — Adieu, ma vraie très-chère fille; je suis en effet plus vôtre que vous ne pouvez penser. Dieu nous fasse la grâce <lVtre tout à fait siennes. Adieu. Il soit béni et nous bénisse, ma très-chère fille, avec votre troupe. — De Bourges, où tout va bien. La Supérieure nouvelle et l'ancienne sont fort vertueuses.
Conforme à BBC copie de l'original fjarde à la Visitation de Cliambéry.
WM.i; 1628, 175
LETTRE DCCCLXIV (Inédite)
\ LA II&RE CATHERINE-CHA1L0TTE DE CRÉMAUX DE LA GRANG
SIIM;iiii;k IB riu.un u HOKASTÉU M LYM
Il ne faut pai désirer garder toujours à Lyon la Mère de Blonay.
vivk -J- j k s i - '
Bourges. 9 juM el !
M\ TKKS-CHKHE PILLE,
[Le$ première* ligne* manquent dans ForiginaL] Je vous
>u|>|)li<\ De nielle/ point si aiant dans voire esprit le désir de garder toujours notre Sœur Ifarie-Aimée [de Blonay]; car vous le meltriei de même en l'esprit de ces Messieurs, qui, par après, en voudraient faire leur propre bien, ee qui, étant ennlre
toute justice et raison, pourrai! être suivi de beaucoup de
choses qui seraient hien faelieuses. Adieu, ma lre>-chere fille; prenez ;; irde a iiti.
OÙ U toti b< m ' i irchivet de la Vil kooecj.
LETTRE DCCCLX1 InédiU
\ L \ HÈRE CL \l DE- IGN&S JOLI DE L \ ROCHE
M par Tint' • I S I rit
perte «lu lopérieor d'Orléani cl l<- changement d'évêque. — Ëatime pour
: ( .h itill.p i .
lion Dieu ! ma toute très-ch< re fille, que le petit billet qu< imiiv. Ici de votre main m'a consolée, Lanl pour ce miracle signalé que v nu- me d être fait, que pour celui de votre
recueillement , car j'avoue que j'avais un peu de bonne envie que voua aya cette grâce qui vooi rendrait, ce me lemble, toute
suave. Or, me dites si cela dure et si le miracle est prouvé ; comme vont les affaires de cette chère béatification, comme fait notre cher archevêque, s'il est gai, s'il est bien accommodé, qui est avec lui pour juge et commissaire.
Oh Dieu ! que la perte de la présence de notre bon M. Boucher1 m'a été sensible, particulièrement pour cela. Vous changez aussi d'évêque, mais que rien ne vous trouble, pour tout cela; car Dieu nous doit suffire, outre quelesFillesde la Visitation n'ont pas tant de besoin d'être aidées ; pourvu qu'on ne veuille pas trop les aider, il n'en sera que mieux. Le bon Père recteur doit suffire ; quelqu'un donnera prou les licences. Or, je lui voulais écrire, à ce bon Père, car c'est la vérité que je l'honore plus que je ne puis dire, et vous prie de l'en assurer ; mais je suis accablée d'écritures et d'affaires. — Je crois que la Providence divine a retardé votre fondation de Rennes pour le mieux; car, certes , il est tout à fait nécessaire que vous soyez à Orléans jusqu'à ce que les affaires de notre Bienheureux Père soient achevées. Je vous les recommande; car si quelque chose y manque, je ne m'en prendrai qu'à dame Agnès, que j'aime plus chèrement que je ne puis dire. Je lui envoie nos Règles, mais que personne qu'elle ne voie ce qui est écrit de ma main. Je l'ai permis à notre madame de Châtillon pour sa consolation : c'est une bonne âme, elle vous dira tout, et que je l'aime de tout mon cœur. Elle nous a entièrement défrayé le voyage, et nous a donné un beau tableau de Notre-Dame. Je lui ai donné celui de notre Bienheureux Père.
Nous partons dimanche au soir, pour rencontrer lundi nos pauvres Sœurs de Nevers, n'allant pas chez elles. Tout va bien céans. La nouvelle Mère2 est fort sage et vertueuse. Adieu pour
1 Père ipirituel de la Visitation d'Orléans. Sœur \. M. de Lage de Puylaurcns, élue Supérieure â l'Ascension d< eeUe même année.
longtemps. Je salue M ' el M. Julien. Je suis d'un cœur entier toute vôtre. — N'écrives rien à la Mère déposée de Lyon,
touchant ce que vous avez dit de leur élection, et que notre
Père n'en écrive rien non plus. Je vous le recommande, ce cher
Père dom Juste. Je salue toutes nos Sœurs.
OÙ U >>>// h, ,,i !
Conforme à ane copie de lori^iiii | MM.
LETTRE DCCCLXV1 \ Inédite
\ LA MÈRE M 11IE-JACQI BLINE I \\ BE
sii'HtiKihK M n: i \n U lOUITill M finis
Saint Vincent il«" Paul m réjouit de roir !•• deuxième monastère de Paris gourerné
par la Mère Pâtre.
mri y lisi il
[Bourge> l-.js
M I TSJ ■ — «:n i':kk PILLE,
Nous partons enfin aujourd'hui pour aller fcAlonne, et de la être lundi pour le plus lard à Paray, où je vois qu'il esl requis (jue nous passions, non- ^ serons deui jours, el sans faillir, Dieu aidant, nous arriverons de bonne heure s Ifàcon pour nous ] embarquer le lendemain, n<- pouvant remonter à Cbàlou sani nous détourner beaucoup. Je n'en suis marrie qu a cause de mon cher cousin, <i ne v'i- li pour si peu de lemps il y, aura raison qu'il prenne la peine de venir. Toutefois, s'il en v «lit prendre la peine, ce me sera consolation, el j'espère que nous aurons asseï d heures pour loul duc, je l. salue, mais chèrement avec sa bonne soeur que j'aime, el vous la mmandede t<»ut mon cœur, ma grande fille si uniquement aimée. .!<• -.due toutes nos Sœurs d'un cœur entier, je les aune chèrement, car elles sont bonnes . je laisse dur dos nouvelles
a notre vraie bonne Sœui de Vigny. — l'otre bon Père [saint l in vu Il
cent de Paul], que je sens que j'aime et honore de tout mon cœur, me remercie du don que nous lui avons fait de vous; c'est, je crois, pour prévenir que l'on ne vous retire. Je lairrai gouverner cela à Mgr de Genève et à vous qui êtes bien adroite; mais vous êtes encore plus ma vraie très-chère fille que mon àme chérit incomparablement. Je salue tout ce que vous voudrez.
Dieu soit béni!
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.
LETTRE DCCCLXVII
AU RÉVÉREXD PÈRE MAILLAN, JÉSUITE
.\ LVOX
Le gouvernement d'une Supérieure ne peut jamais se prolonger au delà de six ans dans un même monastère; les Sœurs de Lyon sont répréhensibles d'avoir pensé réélire la Alère de Blonay après ce terme.
VIVE j- JÉSUS !
[Moulins, 1628].
Mon Rèvéuexd et très-iioxoré Père,
Le pur amour de ce divin Sauveur règne à jamais en nous î
Il est vrai que Dieu m'a donné un singulier respect et estime
de tout ce qui m'a été dit par Votre Révérence; c'est pourquoi
je recois avec toute l'humilité possible, et de tout mon cœur,
la remontrance qu'il plaît à votre bonté paternelle de me faire,
confessant que mes paroles ont été trop âpres, et que j'ai failli
en cela et volontairement : car, bien que ma douleur fût fort
grande, si ne m'aveuglait-elle pas; mais je pensais que je devais
ainsi écrire fortement pour mieux faire concevoir l'importance
de cette faute, qui semblait n'être pas assez pesée pour sa
conséquence, d'autant que ma Sœur [de Blonay] me l'écrivait
comme en riant, bien qu'elle me dît que nos Sœurs désiraient
Lonf ce qnj se pouvait de la réélire, et que nonobstant qu'elle
A.Wli; [628. 17:»
.ùt lait tout ce qu'elle avait pu pour lei en i mpécher, qu'il ne t'était guère fallu qu'elle ne fût réélue. Oh ' certes, mon trèacher Père, sur ces parolei el la façon «le les «lire, je vis clairemenl que Ton n'estimait pas qu'il j eût aucune Faute en <•< ; et néanmoins je laii (]ue c'est l'une i\c> plus grandes et d plus importantes qui se puissent faire <'n l'Institut, et des plus contraires ans intentions de notre Bienheureui Père. J'ai encore mémoire des paroles qu'il m'en «lit à Lyon en ses derni< jours; et nos Sœurs ne doivent jamais écouter ce que la pi dence humaine «lira contre < » la : elles savent très-bien qi notre Bienheureui Père i dit qu'en ce commencement l'Ordre l'on pouvait, pour la vraie nécessité, dispenser 1
quand les filles se trouvaient avee les talents convenables ^u
iiv ornement ; et cela s'est pratiqué de son temps. Eli savent aussi qu'il a ordonné dans le Coutumier que les Sup rieures peuvent être continuées jusqu'à six ans, après lésq nécessairement elles doivent demeurer déposéi s, < I que jan i aucune n'a été dans son Institut plus de sii ans en char; un mémo monastère. Elles n'ignoraient pas aussi que notre monastère do Grenoble élut pour troisième triennal notre Sœur de Cbàt< I, suivant le conseil qui leur en avait été donn< tout contraire à l'Institut; que nous nous j opposâmes, el , •« l'élection] ne subsista point, bien qu'en ce temps-U n'eussions pas encore fait reconnaître notre Coutumier, ni que
nOI linilslilulin: . t. lient pis applOUV r. -. ( «' ijii".
maintenant, awec défense lrès-ex| d'y changer ni n
chost quelconque, ï peine de nullité, ainsi qu'il se pourra i dans les Bull, i,
\l<»ii ti ès-cher Pèi e, je ne p< ne lis pas roui < d I roi d • i roi fort pressée; mais, certes, la douleur que me d<>; moindre ombre d< cfa rogemi ; t, el l'amooi i la con* rvalic i s pauvre petit Institut, que Dieu s grav< - dans nom In portent i 1 m< font écrire plus «pie je n'avais proj< té. Di< d
is
veuille donner une telle horreur de toutes sortes de changements, que jamais nous n'ouvrions nos oreilles pour écouter les raisons de la sagesse et science humaine et naturelle; mais que nous demeurions dans notre simplicité et exactitude d'observance, sans glose ni interprétation contraires à ce que nous savons être de l'intention de notre saint Fondateur. Si nous n'avons une fermeté inflexible à tout ceci, bientôt nous serons réduites à rien ; je dis même pour les moindres et plus minces observances, à plus forte raison pour celles qui sont des plus essentielles, et pour celle en particulier des élections des Supérieures, laquelle je vois que la nature heurtera souvent si tant soit peu on lui ouvre la porte. Oh Dieu ! qu'il nous est important de ne le faire jamais, sous quelque prétexte que ce soit; ce doit être une loi inviolable pour nous. Et je vous supplie, mon très-cher Père, d'effacer tant qu'il vous sera possible l'opinion que l'on peut avoir donnée à nos Sœurs qu'elle se peut enfreindre, et de graver dans leurs cœurs une invariable résolution de ne chercher ni écouter jamais aucun conseil contraire à cette loi.
Si j'ai l'honneur et la consolation de voir un jour Votre Révérence, je m'assure qu'elle me confirmera qu'il est très-nécessaire de demeurer ferme en ceci. Je n'ai le loisir de dire mes raisons; mais elles sont si fortes que j'aurais bien sujet de conserver ma douleur, si je ne voyais que nos chères Sœurs confessent ingénument qu'elles ne devaient avoir telle pensée ni dessein. Je m'assure que ce manquement leur sera proiitable, et les fera tenir plus serrées dans la simplicité de l'observance, puisque je sais qu'elles ne manqueront jamais de bonne volonté en ce sujet; aussi n'ai-je point accusé leur intention, ni certes je n'ai eu aucune pensée d'attribuer celle faute a notre très-chère Sœur [de Blonay], je la connais trop bien ; mais la parfaite amitié que j'ai pour elle me donna confiance de verser dans son cœur toute la douleur du mien, et ma
plainte contre nos Sœurs. Seulement je (u> mairie rie ce qu'il me sembla qu'elle n'en était pas assez touchée, et qu'elle laisserai! peut-être la chose ainsi, >ans eu reprendre DOl Su-urs :
voila mes mouvements, mon très-cher Père, et, bien (pie je ne
croyais pas que ma Sœur dûl faire voir ma lettre, >i tuis-je ex-
Irémemenl aise que Votre Révérence l'ail lue et reconnu ce que
mis. Plûl à Dieu que j'ensse le moyen de vous découvrir
toutes mes misères I j'espérerais en recevoir quelque aide pour
mon amendement; car c'est la vente, mon cher Père, que vos
paroles ont un grand pouvoir sur mon esprit, Dieu m'ayanl donné 1res grande estime de ce qu'il a mis en vous. Sa Honte vous le conserve, et accroisse journellement, jasques au comble de la parfaite sainteté. Je suis d'une entière affection
votre, etc.
LETTRE DGCCLXVII1
\ I. I Ml H!. M IRIB- IWÉE DE BLON U