A MOXSEIGNEUR JEAN-FRANÇOIS DE SALES
ÉVÈQUK DE GEXÙVK
Affaires de la béatification de saint François de Sales et de la publication de ses-
Entretiens.
VIVE j JÉSUS !
[Moulins], 30 juillet [1628].
MoX TRÈS-HOXORÉ ET CHER SEIGNEUR ,
Ce m'est un honneur et consolation incroyables quand je reçois de vos lettres qui m'assurent de votre bonne santé; Dieu t par sa bonté, vous la continue et conserve.
Mon Dieu ! mon cher seigneur, que je suis mortifiée de la réponse de Son Altesse ! C'est tout ce que notre bon Père dom Juste craignait, que le retardement de cette affaire; mais il faut en tout et toujours adorer la conduite de notre bon Dieu et nous soumettre doucement à sa sainte volonté. Il fera aussi la nôtre , s'il Lui plaît, parachevant celte sainte besogne que nous avons commencée pour sa gloire et celle de son saint et bienheureux Serviteur. — J'écrivis avant-hier à Mgr deBelley, qu'enfin nous avons trouvé à deux journées de Paris. Certes, tout en riant, je lui dis un peu son tort. J'écrivis aussi à notre trèscher Père dom Juste , afin qu'il s'ajuslât du temps pour aller à Bourges. L'on attend le privilège du Roi pour l'impression des [vrais] Entretiens.
Nos Sœurs de Paris croient qu'il faudra dédommager Deroberl, et disent qu'il faudrait lui donner les exemplaires corrigés; j'y ai bien de la répugnance; mais c'est M. le procureur général de Paris qui donne cet avis, et les autres amis le trouvant bon. Je trouve cela tout à fait hors de mes sentiments, et d'autant plus qu'il ne peut donner que la moitié des exemplaires imprimés. Je vous supplie, mon très-cher seigneur.
(ailes savoir à nos Sœurs de Lyon \otre sentiment et volonté sur ce sujet, car je m'en vais leur écrire, afin que l'on arrête avec Derobert , bien que je serais fort aise qoe nous voyions auparavant ce que portera le privilège.
\l;;r de Paris donne toujours quelque espérance pour les affaires de nos bons Pries Barnafaîtes. Ifgr de Bourges laissa le soin de cette poursuite à notre chère Sœur de Villeneuve et à ma 611e de Chantai, lesquelles ne s'y endormiront pas. Certes, nOufl y emploierons tout ce qui se pourra imaginer pour la taire réussir. Je vous supplie, mon très-cher seigneur, d'en assurer notre tant bon et cordial Père prévôt [du Chapitre], et me permettez, s'il vous plaît, que je le salue très-humblement; je l'honore et chéris de tout mon cœur pour la sainte affection qu'il a pour les affaires de notre Bienheureux Père, dont nous lui sommes tous trèsobligés. — le vais écrire à notre chère Sœur de Villeneuve pour VOS tableaux; ils sont maintenant d'un prix excessif. On veut avoir, de deux que je désire que l'on fasse de notre Bienheureux Père i l'un de sa hauteur, l'autre à moitié , soixante et quinxe écus. — Je pense, mon très-cher seigneur, qu'il q'j aura
point «le nos papiers perdus, au moins ces seigneurs de Bérulle et de Paris ne nous en ont point envoyé pour vous, en quoi je les admire, mais le monde de Paris lit ainsi.
\<»iis allons partir d'ici pour repart i vers DOS SœurS d'An- \» i i tant nécessaire; de la à \utun, puis a Dijon, M;;i de
Bourges que j«' n'ai point vu a <>rlcaii> le désirant fortement; ma qui m'y a laii résoudre, c'est Mgr «le Langres et notre grande Sœur Favre, qui jugent qu'il le tant, .le séjoornerai . partout le moins que y pourrai. T<'ti> ces lieux n'éloignent de- moyens de vous écrire, mon tris «cher sur, «t de recevoir si souvent de vos chères nouvelles qui me sont si précieuses;
mais (mil SSt p<»ur Dieu. (.Yrhs, nous avons grand lUJel de bénir
-i Bonté divine des bénédictions qu'elle répand sur nos maisons. Il nie semble que Dieu me lot mu que pour leur miens i
petit séjour que nous y faisons y est fort profitable ; la gloire Lui en soit éternellement!
Permettez-moi, mon très-cher seigneur, de saluer en tout respect Messieurs vos très-ehers frères. Notre doux Sauveur répande sur vous ses plus riches grâces et vous conserve et gouverne à jamais ! Je suis d'une affection pleine d'honneur et tout à fait incomparable , mon très-honoré et cher seigneur, votre très-humble, etc.
Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCLXXI
A LA MÈRE CATHERIXE-CHARLOTTE DE CRÉMAUX DE LA GRANGE
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON
Impression des vrais Entretiens, des Règles et du Coutumier.
VIVE -j- JÉSUS.'
[Moulins], 30 juillet [1628].
Ma très-chère Soeur,
Je vois bien que votre lettre du 11 de ce mois a été écrite dans votre sentiment; je n'y veux pas répondre, car je connais trop bien la bonté de votre cœur qui, à mon avis, n'est plus dans cette émotion. Je vous assure seulement que si la lettre en question n'était pas fermée, ce n'a été que par oubli et mégarde, et que je n'ai rien à réparer en cela.
J'écris à M. Brun pour les Entretiens; certes, ma très-chère fill*', j'en laisse la conduite à votre charité et à notre Sœur M.- Aimée [de Blonay]. J'en écris à Mgr de Genève , afin qu'il vous fasse savoir s'il veut qu'on donne la bonne copie au sieur Derobert. Je vous supplie, à tout hasard, d'accorder ou faire accorder avec le sieur Cœursilly pour l'impression qu'il nous a laite de nos Règles, qui sont fort bien, et du Coutumier, qui est fort mal • mais c'est tout un, il ne faut pas laisser de le bien con-
ANNEE 1638. 18i>
lenter raisonnablement de ce qu'il a lait, efl je désire savoir à quoi le tout montera, afin que si nous sommes forcée! <!<' Cure imprimer les [vrais] Entretiens par on autre, nous pourvoyions
a le faire payer.
JTeosseforl désiré que l'on n'eût point parlé de moi à Ifgr de liVon; je n'eusse pas laissé d'aller là, et de vous voir chei DOS Sœnrfl tourières, s'il eût défendu mon entrée au monastère. Dieu fasse en tout sa sainte volonté! Je suis de tout mon cœur vôtre en Notre-Seigneur.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCLXXI1
\ I. \ MÈRE MAKI i:-.\ i M i;i: DE HL()\ 11
M l lu un R MOXAST1 U M LV<M
iiiuii.iiiti- de I.yon n'.i dm ilmit de la retenir indéfiniment.
i n k y lia
Mi il u iQ j«oiti lésa .
Ma TRfeS-CHKRE FILLE,
Je Es Cure réponse am vôtres, dès le même jour, touchant notre Sœur de Para] ; je n<' crois pas qu'il la faille chan< mail noos < * 1 1 dirons tontes nos raisons étanl vers vous.
J< ii Avancerai pas notre voyage pour recevoir l'affront d'être refusée d enta r chei vous j mais permettes-moi snssi que je ne le retarde pas, afin que li je mis digne de cette abjection, je n'en perde [pas] l'occasion, le rois étonnée de voir que l'on m écrit de tant de parts pour voui arrêter là [à Lyon]. Il me semble que de- le commencement j'ai «lit asses nettement qu'il n I .mi. ut que I impossible qui empêchai de v<»u> \ laisser un an j mais de t ooloir lirci des paroles d'assurance de vouai laisser toujours, cela est i ontre la liberté que l'on nous doit laisst i
1 1Y tu plu yr m» So ur> .selon le hou pl.usii de Dieu. Je mus pue.
que l'on demeure en paix, et que Ton ne se mette point ce désir si avant dans l'esprit '. C'est la vérité que je serais bien fort mortifiée, si l'on me privait de la chère consolation de vous voir, car enGn vous êtes ma vraie très-chère fille; toutefois, je suis fort résolue , moyennant la grâce de Dieu, de recevoir de bon cœur tout ce qu'il Lui plaira m'envoyer. A Dieu, ma fille, soyons-nous sans réserve. Qu'il soit bénil
[P. S.] Ma chère fille, je m'oubliai à vous dire que le Père de Boullioud nous a parlé de votre fondation de Màcon, et d'une vieille dame religieuse qu'il désirerait bien que l'on retirât au second monastère de Lyon, qui y porterait bien des commodités. Vous entendrez sa proposition et en ferez selon que vous jugerez à propos; je trouve que cela est faisable, si elle a les conditions de son esprit accommodantes.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
1 Toutes les prières et remontrances de la Sainte furent vaines; l'archevêque de Lyon s'opposa constamment au départ de la Mère M. -Aimée de Blonay : « Nos Sœurs de Valence, qui avaient besoin d'une Supérieure (dit Y Histoire de la fondation de Lyon), l'élurent sans l'avoir demandée, crainte de refus. Dès qu'on en eut la nouvelle, notre Mère Charlotte de Crémaux se jeta aux pieds de Monseigneur pour le supplier de ne pas l'accorder, disant que s'il le faisait, elle conjurerait Sa Grandeur de la déposer en même temps, parce que c'était lui ôter tout son appui et la consolation de sa charge. L'archevêque fit alors appeler notre vénérable Déposée et lui dit : « Ktes-vous cette sainte tant désirée à Annecy, tant demandée à > Moulins, élue à Valence et tant utile à Lyon? » Cette Mère vraiment humble lui répondit : u Monseigneur, je ne suis ni sainte, ni utile en quelque lieu que ce soit, étant une pauvre petite Religieuse incapable de tout. » Le prélat lut si édifié de celte humble réponse, qu'il la refusa à nos Sœurs de Valence et à toutes les autres. »
ANNÉE L62& lf) I
LETTRE DCCCLXXIII
\ LA MKMK l.llc la charge de surveiller rimpreanoa dei Entretiens.
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Noos avons enfin reçu le privilège pour les Entretiens, autant favorable qaenoas pouvions désirer, sinon qu'il est pour l>« a (Tannées, mais c'est lool un ; et vous l'auriez déjà reçu, si ce n'était que ma Sœur la Supérieure de Paris m'a mandé cequeje voulais qu'elle en lit. Je m'adresse à vous en celte affaire, quoi-
que je ne doute point de la capacité et bonne volonté de ma
chère Sœur voire Supérieure, mais parce que votre âge, votre affection et votre expérience vous donnent plus de connaissance
de mes intentions. Il est besoin que cette affaire B€ traite
dextrementj c'esl pourquoi je vous conjure de vous \ employer soigneusement Pour cet effet, il serait requis que vous eussiez un ami (jui eût des adresi - 1 1 qui nous tût affectionné el charitable, pour ménager l'affaire avec douceur et prudence avec Derobert, et tâcher, s'il se peut, de retirer de lui tout les exemplaires qu'il a faits des [faux {Entretiens, tant les huit cents qu'ils que les huit cents dn Père Cordelier; et, si ledit Derobert se porte à I' i rendre, il me semble juste de lui donner à imprimer la bonne i opi< , < i « n < i cas, nous - m»n^ ce «pie l'impression de nos el du Coût limier peut valoir, dont nous lâcherons de contenu i (.h nrsill] .
S'il esl jugé juste ou de charité, il le faudra satisfaire de
quelque chose de ses peines; car enfin je ni- désire point
d'entrer en pi uns que tout se paaae iv- c douceur, quoi-
que, comme on lui pourra (aire voir, parle privilège, nous !«•
nions (aligner ; enfin, ma chère fille, laites du mieux «pie
vous pourrez, je vous en prie, et le plus conformément à l'esprit que notre Bienheureux Père nous a laissé. Ayant reçu ledit privilège, vous en pourrez conférer avec le Révérend Père Binet, provincial, et lui mettrez en main tous lesdits Entretiens, afin qu'il les voie, et vous étant résolue à qui on donnera l'impression à faire , vous retirerez du Révérend Père Binet le premier Entretien qu'il aura vu pour le faire mettre sous la presse, afin de ne point perdre de temps, et ainsi l'un après l'autre vous aurez soin de les retirer. Et surtout prenez garde que celui qui les imprimera y emploie du bon papier et un bon caractère ; j'estime qu'il suffirait du caractère [du Traité] de Y Amour divin, ou selon que ce bon Père avisera. Et quant à ce que je consens, de donner ladite impression à Derobert, c'est afin que tout se passe doucement; car ce n'est pas que je fusse bien plus aise de les garder pour Cœursilly,s'il se pouvait. Bref, ma chère fille, je remets en vos mains le tout; conseillez-vous et tâchez de le conduire selon la plus grande gloire de Dieu et l'esprit de charité. Vous recevrez bientôt tant le privilège que [les] Entretiens, l'ayant ainsi mandé à ma Sœur la Supérieure de Paris. Je prie Dieu de vous rendre toute selon son Cœur, et suis de tout le mien toute vôtre.
J'oubliai de vous prier, comme je fais bien fort, de tenir averti Mgr de Genève de tout le traité que vous ferez, afin que tout se passe avec son agrément; comme aussi j'entends que celui qui les imprimera en donnera cent exemplaires pour \essy et douze pour Paris, parce qu'en vérité ce monastère-là a reçu de la dépense et de la peine. Et pour chacun des autres monastères, il en faut deux exemplaires pour le moins, et pour le vôtre, ce que vous pourrez. Voilà mes pensées qui ne tendent qu'à la paix et à la raison, en cette affaire; mais, ma trèschère fille, je vous remets le tout et à votre discrétion et sage conseil. Au reste, je suis fort empressée, car je me hâte pour être à Lyon le plus tôt que je pourrai, pour passer outre, si j'en
suis commandée, ou pour y rencontrer madame de Villeneuve,
et de là aller à Annecy; mais ne dites rien de tout cela, le Bâlue ma Sœur votre Supérieure et toutes nos Sœurs.
Dit u soit h'
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visilalion d'Annecy.
LETTRE DCCCLXXIV
A LA MÊME
Projet Uonne et .'i Dijon. - Nouvelle* dei Scbuti de Pii»y-1< -M
Coojeili touchant Pimpretiiofl des v rai» Entretient.
tin ■'• ifsasl
Riom, 14 août [Ifrl^ .
|fj liil.S-CHKRE FILI.i;,
\ ml.i bien des fondations qu'on vous propose, mais pourr. /vona bien fournira toutes? Néanmoins, puisque vousme voulei attendre, nous en parlerons amplement J'ai plusieurs choset i voua dire §ur celle du Poy, le m'avancerai tant que je pourrai pour être s voua au 15 ou -() septembre. Il m'est toul à (ail impossible de passer à Saint-Etienne; mais nous parlerons avec voua des affaires de ce monastère el des remèdes convenables. Il est nécessaire pour la gloire de Dieu et le bien de la paix, en ce peu d<- Camille qui reste de mon fil», que je p isae elnv ma fille. v> la peste est li forte ï Inton, je d irai pai ; m lia je ferai venir ma Sœur 1 1 Supérieure là. il esl absolument e que j'aille i Dijon; mais j'j séjournerai le moins je pourrai, pour me rendre à voni au temps insdit II faudra que voua m envoyiea prendre à Boni J roua I • d Irai av< du jour.
Pour noa boonea Sœnra d oouvelli d hom: é p ir li miséria
de Dieu, au mo na iffr m. I l< ni !
leur rend une assistance incroyable, dont tout notre Institut lui est obligé. Il faut bien prier Dieu pour lui. Ma Sœur la Supérieure du faubourg de Paris leur a envoyé de l'argent pour les secourir. Etant cbez ma fille, je les enverrai visiter, pour apprendre plus particulièrement leurs besoins et y remédier.
Voilà le privilège pour faire imprimer nos [vrais] Entretiens avec une lettre de commission du Roi adressante à Messieurs les gens du Roi, à Lyon, comme vous verrez en la lisant. Je vous ai déjà mandé qu'il était requis que vous ayez pour cela un ami sage et intelligent, qui sache conduire cette affaire avec douceur, convenablement. Ainsi que je vous ai déjà mandé, il faut tâcher de retirer non-seulement tous les exemplaires de l'imprimeur Derobert, mais encore ceux du Père Cordelier, que l'on m'a assuré être au nombre de seize cents en tout. Vous ferez copier lesdites lettres et privilèges pour les envoyer à Mgr de Genève, et comme c'est à lui à nommer l'imprimeur, je m'assure qu'il nommera Cœursilly, et j'en serai aussi bien aise, si l'on se peut accommoder autrement avec ledit Derobert. Enfin, conduisez cetle affaire le mieux que vous pourrez, m'en remettant à votre prudence et au sage conseil que vous pourrez prendre et recevoir des Pères, et encore de Mgr de Genève. Vous aurez bientôt les Entretiens. Je pense qu'il sera bon de les imprimer du caractère de Philolhée; mais je m'en remets [à vous]. — Je suis certes un peu marrie de quoi vous avez retenu cette fille que nous avions reçue pour Marseille, où ils en ont grand besoin. Pour votre pénitence, je vous prie de leur en mander [envoyer] une autre.
Dieu soit béni!
Conforme I l'original jjardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
AWI.I. L628 195
LETTRE DCCCLXXV
A \.\ mi.mi:
l'nx liainc irritée de li Sainte à Dijon. — Trait ..!,! |, Iifirrcn!
l'imprimeur Derobert.
VIVK
l ous aarei maintenant force lettres que je vous ai écrites, et je suis étonnée de quoi vous ne les ayes pas encore reçues. Nous voici en chemin pour aller ch"z ma fille; je vous prie que je trouve <le vos nouvelles à Dijon où nous serons, Dieu aidant, à la fin <le ce mois; car il me tardera <lo savoir si vous aurei i le privilège «lu Roi pour l'impression des Entretiens, que je vous envoyai lundi dernier par un marchand de Riom; je vous écrivis longuement pour ce sujet. Le sieur Derobert noui venu parler et lait fort l'absolu de vouloir les Entretiens; je vous ai remis cette affaire. Vous verrez, ma très-chère fille, ce que Mgr de Genève vous en dira; je lui écris par Derobert que je |'< use que le tout doit être remis entre les mains de quelque ami commun, [afin qu'il juge] de l'équité pour la rendre s chacun. Pour moi, je désire que tout se fasse doucement; mais je voudrais bien aussi que Derobert se contentai de la raison, cl que I impression se lit entre Cœursillj et lui. Il m'a dit qu'il prendra pian- ion juge M. !«• président de Sève, lequel, i crois, ne se doit pas li fort porter de son côté, qu'il ne soit juste.
Or, je trouve que Derobert i tel marchand de cette impi
lion main M DOS] auteur; c'est pourquoi je pense que
.ut p ls lui qoi i le loti, aini ceui qui lui <mt vendu, il budi .lit voir s'il \ aurait moyen de se prendre s celui qui i lut le mal, pour du moins lui I lire rendre l'argent qu'il en i reçu: a quoi je pense que M. de Sève peut beaucoup. l<>us verres ce que Mgr <!<• Genève dira, et brus le mieui que vous pourres,
tant pour Derobert que pour Cœursilly, s'il se peut. En se rapportant aux amis, gens de bien, entendus et affectionnés, Ton ne saurait faillir. Voilà donc, ma très-chère fille, ce que j'en puis dire, et que je désire que l'on fasse, si Mgr de Genève le trouve bon. Or, qui [que ce soit qui] imprime nos Entretiens, j'entends d'en avoir deux cents exemplaires.
Je suis en peine de l'indisposition de notre Sœur la Supérieure. Dieu, par sa bonté, la conserve et vous donne, ma trèschère fille, le comble de son pur amour I
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCLXXVI
A LA MÈRE CATHERINE-CHARLOTTE DE CRÉMAUX DE LA GRANGE
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTERE DE LYON
Situation périlleuse de la communauté de Paray. Nécessité de la transférer ailleurs.
vive -J- jésus!
La Motte, 23 août [1628].
Ma très- chère fille,
Ncus sommes venues ici à deux lieues de Paray, afin d'apprerdre des nouvelles de nos pauvres Sœurs. J'envoyai quérir leur confesseur, qui est l'unique assistance qu'elles ont après Dieu; il m'a dit que les quatre Sœurs atteintes de la maladie sont bors de danger. La pauvre Sœur M. -Marguerite [Fontanet] est moi le; avertissez-en les monastères, s'il vous plaît, afin que l'on prie pour elle.
Or, revenons à nos Sœurs ; elles sont destituées de toutes sortes d'assistance humaine, que de leur prêtre qui va chercher parles villages ce qu'il peut pour les nourrir, où il court fortune di sa vie, car déjà on a pensé l'assommer. Si ce pauvre
ANNÉE 1628, IW
homme ■ mal, on ne voit par quel moyen ellei seronfl empêchées
de mourir de faim. Outre quelles sont dans un Irès-évidenl péril dfl la maladie, comme tous ceux delà v ille, « ■ 1 1 • • > Tout encore plus grand à cause que le cimetière des pestiférés est derrière leur maison 5 de plus, selon le JDgemenfl du voisinage, il esl impossible, humainement parlant, que la ville soil purgé< parce qu'il n'y a nul ordre pour cela, et que même les corps demeurai dans les maisons sans être ensépulturés; voyez eu quel péril sont et seront ces pauvres chères filles. Elles m ont écrit, et le confesseur me l'a dit, qu'elles n'ont nul moyen de [se] Elire secourir; elles sont destituées de tout; elles ont encore un peu de votre argent, du blé et vin, mais peu. Certes, m 1 Irès-chèrc fille, il but, s'il vous plaît, pourvoira leurs besoins. Nous avons pensé qu'il serait bon de les l'aire changer de
lieu, et pour cela de leur procurer un petit monastère qui n'esl qu'à mie lu ne d'ici, où personne ne demeure et qui esl
bien clos. Madame de Salignj m'a promis de leur fournir les meubles el les vivres qui leur seront nécessaires; puis <>n la remboursera '. Que si le mal continue à Paray, ei quand même il ne continuerai! pas, certes, ma très-chère fille, c 1 si une chose bien digne de considération que de laisser des filles dans un si chétif lieu, parmi tant de huguenots, sans sece spirituels el temporels, bien éloignées des autres maisons : voila deux propositions que j<- v<»us fais pour elles, que je vous supplie de peseï mùremenl < 1 <!«• prendra un sage el solide coi h <! 1 Révérend Père provincial vous en pourra bien ser-
1 I tantale àt I" meurent bxj 11 plui gr ml- 1 SejM la i ille presque entièrement
: 1 1 I m mi; ni.- loin mille bonnes jmmi.mts
qne leur pretnii l'rès-SaintcV / David inexpu-
gu ible, «-t « oultnuèrenl 1 luii 1 1 autant