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MA TRES-BONNE FILLE

Xotre bon Dieu vous a donc fait une bonne part de sa sainte croix ! Qu'il soit béni de nous rendre en toutes choses sa sainte volonté douce et aimable! Certes, elle nous doit suffire pour toute consolation, quelque part que nous la trouvions. Nos pauvres Sœurs de Lyon sont bien avant dans cette pratique, étant atteintes de la peste dans la seconde maison, et déjà quatre Sœurs mortes; au moins, dès le 24 du mois passé, deux l'étaient, et deux frappées à mort quand les lettres me furent écrites. Celles du grand couvent ont retiré chez elles la Mère <<" petit avec seize de ses Sœurs : c'est un acte de charité ^•roïque. H en est resté huit ou dix seulement, que l'on craint

ANNEE L628. ±l~

qui oe meurent l'une après l'autre; Dieu \ mette la maiol ./«■ les recommande grandement à vos prières, ma très-chère fille, efl lei nécessités desantres maisons qui Boni en lieux contagieui ;

car plusieurs sont en grand péril.

(fous êtes 1 > î « - 1 1 heureuse, ma Irès-chère fille, d'avoir un si l»on et vertueux prélat, si charitable et affectionné à votre maison. Mon Dieu ! que ce m'est une grande consolation, et de savoir que vous lui corresponde/ avec grande gratitude et amour filial! Certes, il le mérite, el je VOUS conjure de faire OUrS ainsi, ma très-chère et bien-aimée fille. II n'est que bien de lui Elire voir le Coutumier, cela se doit; mais il le faut prier de le tenir serré, afin qu'autres ne le voient Pour les Entretiens, quand ils seront imprimés, on les vendra publiquement.

I.* - effets de la légèreté de cette bonne Sœur prétendante sont fâcheux el importants. Aussi voyez-vous que la Règle marque cette condition de légèreté pour cause légitime de renvoi; de sorte que si avec le temps elle ne se changeait, je

ne pense pas qu'il lût bon de la garder; surtout si c'est unt^

fille qui ait atteint l'âge «le vin;;t ou vingt-deux ans, il y a peu d'apparence qu'elle perde cette faiblesse. Nos Sœurs ne savent

les statuts de tous les Ordres; car en plusieurs ils font comme nous pour les soix Notre saint Fondateur l'ayant ainsi

ané, M faut obéir. Il est vrai que -i une Supérieure remarquait quelque îneapaeid Sœur, ou d< I lut <jui pût nuire, eu i lion elle peut et doit l'instruire ou forclore de \(.i\ pour <{ui Ique lemps, ainsi que le Coutumier l'ordonne <>u que la i lé le requen ait

Je 0( Sieurs sont } Renn< i , mais

crois que s'il n'j avait de détour que de six lieues, de bon

i elles i -H- vei raient - Certes , ma 1res i lu l e fille, j'ai - m I- i ition des maiso le la 1 isilation que j'ai

vu. ~ , Dieu \ répandant !»<•. ncoup de bénédii I ons. \l vo

celle de Nessy, dès la veille de Toussaint, où je trouve nos Sœurs toutes à mon gré, et la dévotion à notre saint Père toujours très-grande, et ne se peut dire les grandes merveilles que la divine Bonté opère par son intercession. L'on travaille toujours pour sa béatiûcation. — Je salue nos très -chères Sœurs et leur souhaite un comble de perfection, dans l'humble et fidèle observance de leur saint Institut, et surtout à vous, ma très-chère fille, qui m'avez toujours été si avant au cœur, et très-chèrement aimée.

Dieu soit béni!

Conformée l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DCCCXCVII

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