A LA MÈRE MARIE-ADRIENNE FICHET
SUPÉRIEURE A CREMIEUX
Elle la prie de fournir des provisions aux Sœurs de Lyon , et lui recommande la charité et la fidélité à l'observance.
VIVE -j- JÉSUS !
[Annecy], 5 novembre [1628].
Ma très-chère Soeur,
Puisque nos pauvres Sœurs de Lyon demandent du lard, des volailles et autres provisions, je vous supplie, au nom de Dieu, de leur en envoyer tant qu'il se pourra. Si vous n'avez [pas] de l'argent, prenez-en vers madame de Saint-Julien ou de Mépieu, el les priez de vous aider en cela, car je sais qu'elles le feront de très-bon cœur, et nous rendrons tout l'argent qui sera fourni pour cela.
Je presse notre Sœur de Belley pour avoir deux quintaux de beurre pour leur envoyer; quand vous les aurez, faites-les-leur tenir. Certes, ce m'est une grande peine de les savoir en nécessité parmi tant de dangers.
Ions ne me répondez rien à celle que je vous écrivis l'autre
jour, m crois-je que vous l'avei reçue. Pourvu que tout aille dans la véritable charité et observance, c'est tout ce qoe j«* désire. Je vous conjure d^ apporter sérieusement ce qui sera en vous pour cela. Dieu vous préserve et toute votre ville de
Hi.il.nl
le suis encore bî fort accablée <lu tracas de l'arrivée que j<i vous écris sans nul loisir, mais avec un grand désir que Dieu s<»it glorifié en vous et en toutes nos Sœurs, que je salue chèrement, <'t supplie notre bon Dieu de répandre sur vous toutes ajus i tintes bénédictions ; qu'il soit béni ! — Mille saints a - dam< i
Conforn.e à loi ion d'Aitl
II! TRE DCCCXCVII1 [Inéditi
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[ A ii n«< ^ DOI • uj !>r<- 1628 ]
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La premièi i lose que j<- vuu^ - 1 1 j > j » 1 j « • de dire, i i il d'en-
ioy< rdo beurre anoi Sœurs de Crémieux, pour (aire tenu- .■ u<>>
■u . jusqu'à deui cents livres l'il se peut; maii
I derechel de leur envoyer su plus t"t qu'il se pourra.
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•i qu'il lui iaut faire tenir mesure d< marche, sans toute-
l.i pousser trop fortj cr ûnte qu'elle i Ique
viol< m i -vnns discrètemenl d'elle, h elle i lut les
vœux en l.i Religion où elle était, <t puis me le (aitei lavoir,
et ne lui faut donner aucune charge, nus la tenir en règle le
plui qu'il , u i.i. .le m- i, ||us! Je i tii e toul
mon possible vers M. Vincent, louchant ce que je vous dis. Je suis étonnée de ce que vous médites de M. Jantel, car je le laissai en très-bonne volonté de faire de bien en mieux. Si vous trouvez bon, il le faudra régler à quelque petite pension, et le meilleur serait que Mgr de Belley lui donnât quelque autre emploi; mais il faut conduire cela fort discrètement et ne point rompre du tout avec lui. Dieu sera votre conduite en cette occasion, s'il Lui plaît. — Vous savez ce que je vous ai dit pour la petite Sœur F. Il faut tacher de savoir de ma Sœur la Supérieure de Dijon ce qu'elle avait accordé avec son père, et puis s'en tenir à cela. Mais je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'envoyer exprès a Dijon pour cela, mais d'employer la première commodité qui se présentera. Je crois que vous ne devez point toucher au procès de M. Nf***, que M. votre Père spirituel ne soit de retour; néanmoins, vous pouvez cependant dresser votre intention de garder cette petite pour l'amour de Dieu. Vous ferez fort bien de parler franchement à M. Jantel touchant sa nièce; mais faites-le cordialement, et lui faites entendre que l'on ne peut [tout à la fois] le contenter en ce qu'il désire et satisfaire à sa conscience.
Ma très-chère fille, ayez un grand courage; demandez conseil à notre bon Dieu en tous vos besoins , et vous confiez pleinement en Lui; assurément II vous aidera et donnera contentement de votre travail. Certes, cette bonne Sœur M. C. a une forte tète; Dieu l'assiste! Je suis tout à fait à vous et de tout mon cœur. — Je vous recommande et prie derechef d'envoyer ce beurre à nos pauvres Sœurs, et saluez chèrement votre communauté de ma part. Je la chéris en l'espérance qu'elle marchera fidèlement devant Dieu, que je supplie les bénir.
Conforme à l'original yardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCCXCIX
\ L \ MÈRE M \i;u:-M IDBLEINE DE MOU W
vt de D*avoir pu \ i > i i « ■ r m communauté; promette de le
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M \ TRÈS- BONNE l.T CHE1E Sh|.| i, p
Ce divin Sauveur soit notre unique joie !
Je De doute point que VOUS D'en avez reçu de la grâce (jur Dieu nous a faite d'arriver ici heureusement. Bénie en soit sa bonté, et de ce qu'il vousa conservée, avec votre petite troupe, en santé, avec accroissement de dévotion, ainsi que chacun me
dit. Croyes, ma très-chère Sœur, que je n'aurai moindre joie que vous, quand Dieu nous donnera la chère consolation de vous voir; il m'en larde, et j'espère que ce sera dans quelques semaines. J'avais certes I» i < • 1 1 envie de passer vers vous dès Belley; mais
l'on nous fit le elieinin si fâcheux, que ceux qui avaient la conduite tin voyage ne surent se résoudre à cela. Nous vous vers, Dieu aidant, el avec un peu de loisir. Cependant, je
von- salue mille fois , ma Ires-chère Sieur, du meilleur de mon
cœur, et demeure toujours loul i fait vôtre en notre hou Dieu. Qu'il soif éternellement béni I \nu n.
Itdi 4111 . \ J .
A LA MÈRE CATHERIXE-CHARLOTTE DE CRÉMAUX DE LA GRAMGE
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON
Mort d'une Sœur de Ghambéry. — Résignation à la volonté divine. — Préparer le départ de la Mère de Blonay. — Affaire des Entretiens.
Chambéry, 8 décembre [1628].
Ma très-chère fille ,
Assurément que votre lettre du 10 novembre me donna un terrible coup, sachant le mal dans votre chère maison; mais je bénis Dieu que ce soupçon ne se soit pas trouvé vrai, ainsi qu'on me l'a écrit de Crémieux par homme exprès. Nous sommes à Dieu; ce qui sera trouvé bon à ses yeux, qu'il soit fait ! rien n'est si utile pour nous que celte divine volonté, ni rien de si doux à nos cœurs. — Nous mourons ici aussi bien qu'à Lyon ; car avant-hier nous enterrâmes une de nos Sœurs; c'était un trésor, une àmc toute pure et colombine; aussi crois-je en la bonté de notre bien-aimé Seigneur et Epoux qu'elle vola droit au ciel, comme une chaste et blanche colombe. 0 ma fille! il importe peu de quel mal nous mourions , pourvu que nous montions à cette bienheureuse éternité. 0 sainte Mère des enfants de Dieu ! quand reposerons-nous en votre sein et entre vos bras immortels? Ma fille, nos âmes devraient défaillir en ce désir; mais non , je me reprends , attendons doucement l'heure que le divin Sauveur a marquée pour nous combler de ce bonheur, et cependant n'ayons qu'un seul désir : de lui plaire par l'accomplissement de sa sainte volonté en toutes choses.
Ma fille, je vous écris à tire-d'aile, l'affection m'emporte, et certes le porteur me presse aussi. Notre Sœur de Crémieux m'assure que l'on vous a fait porter quelques provisions, au moins du beurre et fromage et autres petites choses, et que M. de Lestang est courageux pour cela. Je lui en vais écrire
pour le remercier et supplier de continuer. — Je n'ai point encore reçu les Entreliens; je ne sais s'ils Boni à Nessy, car j'en suis dehors il y a quinze jours, incertaine encore si nous irons a Grenoble, à cause du bruit de peste.
l'écris à notre chère Aimée [de Hlonay] qu'elle se soumette à vous pour ce qui régarde son corps ; ayez-en aussi bien soin, ma très-chère fille, mais sans excès. Hélas! Dieu sait que nous
voudrions pour votre consolation vous la laisser toujours, et
certes sans cela nous n'eussions eu garde de la laisser dans le
péril; mais je n'eus pas la Force de vous ôter cet appui parmi Lan! d'afflictions. Mais après cela, ma (rès-elière fille, je crois
que vous m'êtes si bonne fille que vous préférerez la gloire de Dieu et mou soulagement. N'arrétez-vous pas de lion cœur votre consolation à la mienne, ma très-chère fille .; Or, j'ai cette confiance, el que s'il plaît à Dieu la préserver «le ces maladi
après (pie le mal sera accoise à Lyon, vous-même Inuuriv/ édientS pour la faire sortir et nous l 'envoyer S8J18 bruit
in contention, car je crains toujours cela; et pour L'éviter, je pense qu'il sérail bon de n'en parler que lorsqu'il faudra i
cuter la chose, »'t que peu de gens le sachent. Ions aurez encore de DOS nouvelles BUr ce sujet, duquel je ne vous CUSSC pas
• te ore p.nle si vous ne m'eussii / 'cnt votre désir de la - ml. r . ma fille , quand nous n'en aui ions point besoin , ce qui . si h,. i.(ii Irait-il pas cependant la mettre derechef dans le péril quand elle en sera retirée. Vous ne perdrei pas
p< i suce de I i rai oir un jour.
le i"iis .h écrit très-souvent; en l'une je vous priait, s'il i si ni moyen, de (aire brûler cette Impression Gsite des [iauz]
Knlrehens. IU sont en vente ici, Cela 8Sl fort EàcheUZ, car il J a de
rides impertinences. - lia très-chère fille , je suis vôtre du
meilleur de mon coeur, qui vous souhaite les plus ,|i, de N'oti S [neur. Je ] i rire à la chère Sœur de Sainte-
Colombe; mais certes je ne puis J< lue chèrement, el la
désire ê(re une vraie colombe en amour, douceur et simplicité.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE CMI