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AUX MÈRES SUPÉRIEURES DES DEUX MONASTÈRES DE LYON

Nécessité de quitter le premier monastère de Lyon s'il est envahi par la peste. Prendre l'avis des Révérends Pères Jésuites.

VIVE -f- JÉSUS !

[Grenoble], 16 décembre 1628.

Mes vraies très-chères filles,

Je vous écrivis à toutes trois, il n'y a que huit ou neuf jours. Nous voici venues depuis à Grenoble , où je n'ai nul loisir ; c'est pourquoi je vous prie que celte lettre vous soit commune. Je l'envoie à Crémieux, ne pouvant en nulle manière trouver personne qui veuille aller jusque dans Lyon, où l'on me dit que le mal continue; sur quoi me trouvant en peine, j'ai demandé l'avis du Révérend Père provincial des Jésuites, qui me répond qu'absolument il faut que la plupart de vous autres, mes trèschères filles, vous vous retiriez et bien vite dans quelque château, et que M. de Lestang vous prêtera bien l'un des siens. Je crois qu'une retraite ne vous manquera pas, si vous la voulez prendre, à quoi je vous exhorte et vous en prie, s'il est ainsi jugé à propos par les Révérends Pères recteur et Maillan, qui, selon l'état présent de la ville et les occurrences, vous peuvent donner avis sagement et solidement, et je m'assure que M. votre Supérieur ne vous divertira pas de cela. Certes, mes très-chères filles, le grand nombre que vous êtes ensemble est très-considérable ' : je pense que vous êtes soixante et tant de filles. Si

1 Lfs deux communautés de Lyon étaient encore réunies.

le mal se prenait chei vous, comment tout ce grand nombre se rangerait-il? Vous pourries laisser une vingtaine de Sœurs fieplus robustes au monastère, el retirer le reste ensemble dans un château de vos amis. Si vous craignei la dépen que

voua ne devez, et que vous n'ayez point d'argent, avertissesmoi promptement , nous vous ferons donner tout aussitôt ce que vous désirerez.

le n'eusse osé taire cette proposition sans l'avis du Révérend Père provincial, auquel j'écrivis simplement que pavais crainte que ce ne lût tenter Dieu de nous laisser là, mais que, d'ail-

|< m-, I i résignation que nous devons avoir à sa divine volonté

« t la confiance en son soin paternel me retenaient , craignant aussi de laire quoi que ce fût contre ce divin vouloir. Là-dessus

il dit (pie sans retard ni remise, absolument, il vous tant ('(ter de la. .le vous renvoie derechef au conseil de> Pèrefl qui BOnl

sur les lieux. Certes, ce me serait un incroyable soulagement

de vmi- sentir hors de la; car je ne puis contenir mon co'ur, qu'il n'ait SOUVenl de B( QsibleS alarmes de vous sentir en tant

de périls; mais si Dieu le veut, qu'ainsi soit lait! car, pour le temps et l'éternité, nous sommes Menues sans réserve. I.:» mort

et la \ic et toutes BOrteS d'ev eileineii Lg >rront également l)ien

is, venant de sa douce main, moyennant sa divine grâce. Me- Irès-chèn - vi lies Glles, fait* - qu'au plus loi j'aie de vos nouvelles et [que je sache] à quoi vous vous déterminerez] en quoi m "i- mus pourrons servit . cai j'ai an oœur pour cela qui ii i point de bornes en son désir, el qui le fera toujours, Dieu aidant, de tout son poui oir.

Bonjour, mes trois Irès-chèn - el bien-aim< es Biles, et bon*

jour encore i toute li cher,- Iroope, <|ui nu vont SUSSÎ lrès>

cbèrea filles, suppliant notre bon Dieu de répandre avecabon-

d.ui« plus m, lu mi vous, c( vmis conserve, mes

chères àm< b, p<.ur servir longuement à sa gloire, âmen, Dieu soit I" m '

J'oubliais de vous dire qu'il y a en cette ville plusieurs livres des [faux] Entretiens imprimés, dont l'on parle bien. Pensez si j'ensuis mortifiée comme il faut, et je vois tous les jours plus la nécessité de supprimer cette misérable impression. Pour Dieu, mes très-chères filles, travaillez pour cela. J'ai reçu les vrais Entretiens que vous m'avez envoyés, mais non les privilèges et approbations. — Je voudrais savoir si Cœursilly et Derobert sont amis.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Axiiecy.

LETTRE CMII (Inédite)

A LA MÈRE CLAUDE-AGNÈS JOLY DE LA ROCHE

SUPÉRIEURE A RENNES

La Sainte se réjouit Je la fondation de Rennes. — Les bienfaitrices séculières doivent entrer seules au monastère. — La peste, la guerre et la famine menacent la Savoie.

vive 7 jksus !

[Grenoble], 31 décembre [1628].

Je reçus fort tard votre lettre du 2 novembre, et crois que vous recevrez celle-ci, car je l'envoie à Lyon, dès Grenoble où nous sommes il y a trois semaines; car étant à Nessy il ne faut rien espérer d'écrire, tout commerce est défendu. — Je loue Dieu de la sainte conduite qu'il a faite de votre voyage et heureux établissement, et surtout de ce que vous vous portez passablement bien; car c'est cela, ma très-chère fille, que je souhaite pour la gloire de Dieu, que je crois avoir dessein de tirer de vous plusieurs bons services; c'est pourquoi je vous conjure avant toutes choses d'avoir un grand soin de votre cœur, de le tenir en douceur et gaieté, et votre chétif corps en santé tant qu'il M pourra. Voilà, ma très-chère fille, ce que je vous demande pour ma consolation, et Dieu seul sait quel est le cœur qu'il m'a donné pour vous.

Vous me de m amie/ si les bienfaitrices peuvent .noir «les filles pour les servir. Certes non, et même, -il m pouvait, il n'en faodraîl point aux fondatrices, lanfl les filles de cette condition muii sujettes à préjudicier ani monastères, l'aimerais bien mieux qu'une Sœor laie [converse] bien adroite lût destinée au

lice de telles personnes] [Plusieurs mots illisibles] que

(rajouter le vœu particulier de la clôture. [II] ne vous obligera

rien plus à l'observance que nous ne le somme-, mais il rompra

les règles et la conformité avec les autres maisons de la Visitation; il faut donc humblement s'en défendre. La clause qui est dans la constitution de In Clôture fui mise pour satisfaire les prélats d'Italie; elle ne (ail rien en France, où les prélats

étendent leur autorité Sur tout. Le moins (pie vous pourrez introduire de femmes séculières dans votre maison sera mieux, Ce «1 ne je ne di^ pas p,,nr la bonne madame de , que le Père

Binet nous i dit être si vertueuse. Ions ave/ nos Règles et dos Réponses qui montrent isseï l'intention de notre Bienheureui Père, et de plus, 1< conseil du Père Binet et le vôtre. —

Tout le porte bien en votre famille. .l'ai envoie vos lelh-

Nessy.

.!«• vous prie, ma fille, que s'il arrive quelque grâce par l< i prières de notre Bienheureui Père, vous les fassiei recueillir aeusement; et écrives souvent » Orléans, mais ardemment, l'on y I < - ce que l<- Père dom Juste ordonna, et qu'on lui en 1 1 air nouvelle. Si Dieu n'assiste, no un allons avoir

li peste | la guerre et la (aminé en Savoi qui [moi illisibh |

empêche entièrement aux affaires de notre Bienheureux Père Dieu mr tout, et en tout soit glorifié éternellement, lwuMt et remplisse le cœur de ma bien-aimée « I Irèi i bèr< \ i - de

SOJl pin amOUI . I I celui d< K - « bel es lilles, (pie je salue de

tout mou cœur ! — Dernier de I an.

v pense que j'oubliais de vous dire qu'il est beaucoup mieux de vous loger au faubourg, pour] être au large et bien

238 LETTRES DE SAINTE CHANTAL. aérées, que d'être dans la ville et à l'étroit; car tous les jours j'apprends l'utilité et nécessité que les monastères de filles soient grands, je veux dire en jardinage et commodité; que nulle maison ne touche là [Le reste est illisible.]

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Rennes.

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LETTRE CM III \ L I MÈRE UABIE- \!)i:ii;\\i: FICHE r

Mil I! I X

SoUicitodei pour b iahté de cette Supérieurs. — Impression 'l<^ rrtii /

v : V r [- til I

[Gmoble, j mi iei 1639. ]

[Li commencement est coupé dans l'original.] Hélas I que je

Craioj que le mal n'ait pas nue lin telle que je la souhaite; car

poisqu'il tous a causé des convulsions <it des tremblements, il esl forl b craindre qu'il oe se termine en paralysie. La sainte volonté de Dieu soil (site ! le vous supplie et vous conjure «le (aire toul ce qu'il se pourra pour votre soulagement, el <l<i croire

bonnes Sœurs, faisant simplemenl ce qu'elles vous diront, el voua forces à manger, je voua en prie derechef, ma 1reschère fille.

Nous avons reçu le livre el les lettres de Lyon. Ne rendes I m h nt celui des Entretiens imprimi - : dites qu'il j s quantité de « lu i>< - : mi—. - fjui ii étant point de notre Bienheurem Père l'on

ile>ne pas (jn il v, voie; et leur promettes 'l'en donner u exempl tire dei i [retiens, >ii«'»t qu'ils seront imprimés. Si

voui trouves une prompli ^i"u d'écrire h nos i <le

I :i , Ili.ilt*l* /-leur i|iie je I. | | • I l « <le lie lail 0 I . p., ■ | u. i

dernière lettre, louchanl ce que je leur demande pour l'im-

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