‹ LettresChapitre 45 sur 281 · A AOSTE · texte numérisé non relu

A AOSTE

Projet d'une fondation dans cette ville.

vive 7 jésus!

[Chambe'ry, 1629.]

Ma très-hoxorée et très-chère soeur, Nous voici heureusement de retour auprès de nos chères >o wrs de Chambéry, qui m'ont dit comme votre bon cœur continue à l'affection de notre établissement en votre cité

1 Une aube qu'elle offrait en l'honneur de saint François de Sales.

2 Veuve d'un ambassadeur du duc de S.ivoie à la cour d'Espagne.

d'Aoste. Nom sommes toutes prêtes à accomplir la parole que dooi ums donnâmes avant de partir, il \ i environ dix-hnit mois, ainsi que je priai ma Sœur la Sopérienre <l ici de \ou< l'écrire efl de vous donner notre Sœur Gasparde-Angélique [Favier] avec quatre bonnes Religieuses; car <>n m'adil que vous la désires . J'écris à Mgr votre évéque afin d'avoir quelque n solution finale; car nous sommes disposées d'embrasser tout ce qu'il lui plaira nous commander, soit pour aller, soi! pour demeurer, b'î! juge l'affaire util»' a la gloire <le Dieu, ou faisable,

pour les difficultés qui b'î peuvent rencontrer. Vous UOU8 Connaisses, ma très-chère Sœur, nous ne voulons rien violenter; mais nous désirons que toutes les affaires qui nous concernent

--••ni avec loule douceur, et pour le seul honneur de \otre-

ii» ur. Voyez donc ce qui se pourra faire avec votre digne prélat Quoi qu'il arrive, nous demeurerons obligées à votre bonne volonté, efl toujours plus affectionnées à sotre bieu spirituel, vous ( bérissanl comme ma bonne el chère Sœur a qui je suis el serai toute ma vie, en Notre-Seigoeur, très-humble >< rvante.

1 lilsIlM '1 I

LETTRE ClfVIII

\ HONSIBO I M IG H i i i IVftl

Dit lu l'.ni m< i>> i\ VISITâTIOl t'âlMICI

0 Coi !<• n lill<- au mon I \rnir. j .

nu: ; tém

Moi soi ciikr I1 i on dous retient ici ï Force «le me «lire qu'il faul soir, s'il se peut, li tin <!<• ces patentes; je panse que le Sénai fera ion

1 I ■■ -I- p m i <i R jusqu'en hi:ll

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coup celte semaine; on nous le fait espérer; Dieu conduise tout selon son bon plaisir! mais le temps me commence fort à durer, puisque j'ai fait pour celte maison ce que je puis; c'est une fort bonne famille.

J'écris à Mgr et au bon M. de Cornillon [son beau-frère] , pour la petite fille de la pauvre chère défunte que j'honorais et chérissais comme ma propre Sœur, et quelque chose de plus, pour le respect de notre Bienheureux Père. Certes , je serais consolée que nous ayons celte petite fille qu'elle désirait tant de nous donner, et prie Dieu qu'elle se rende digne du bonheur que de tout notre cœur nous lui procurerons, et que je m'assure que nos Sœurs lui accorderont cordialement. — le vous assure, mon cher Père, qu'il me tarde bien de voir Votre Révérence et nos chères Sœurs, que je vous supplie de saluer toutes de notre part, avec les chers amis et amies, à part notre madame la présidente et notre chère petite Sœur, madame de Charmoisy, si elle est là. — Notre bon Dieu vous rende selon son Coeur, mon cher Père! Je suis bien en Lui de tout le mien entièrement vôtre.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CMIX (Inédite)

A LA MÈRE CLAUDE-AGNÈS JOLY DE LA ROCHE

0UPKBIEUBK A REXXE8

Du bon choix des novices. — L'humilité est le grand remède à nos chutes. — Nouvelles de la famille Joly de la Roche.

vi vk -J- jésus!

[Chambéry], 12 février [1629].

Ma très-chère fille,

Parce que je me trouve avec un peu de loisir, je vous écris de bon cœur; car de nécessité il n'y en a point, ayant répondu

à toutes vos lettres. Je reçus l'autre jour celle du - décembre, deui moisi os temenl après - 1 date. Il faol souffrir cria, maintenant qoe le commerce de Lyon n'est pai libre, — Dieu toit béni, ma toute chère fille, de quoi cette maison, que 1 1 Bonté vous a commise, s'avance en la réception <1<' bonnes filles, car je vous prie <lt- les toujours bien choisie : c'est le bonheur el la conservation dea maisons. Cela est pesant que l'on vous fasse recevoir deux filles avec la fondatrice. Toutefois si elles sonl forl propres, il les faul recevoir, l'une pour Dieu, l'autre pour Notre- Dame. — Pourvu que nos Coutumiers Boienl bien corrigés, je m rai bien aise que llgr votre prélat en ail un. Il faut avoir patience pour en avoir avec les Règles el Heures; car l'on ne peul rien faire avec ceux <le Lyon que le commerce u j soit libre. Je i encore ce que le tout coulera; mais vous I»1 saurei

quand Ton vous en enverra.

\!<>n Dieu! ma très-chère fille, que vous me contentes de ne vous plus Cacher pour vos défauts! Pour Dieu, lenei ferme là, et me croyes <jm' !<• grand remède a toutes nos chutes el tentations, c'est la très-sainte humilité el soumission à Dieu. Graves bien cette leçon dans !<• cœur de vos filles, el les portes) (aire ion- leurs exercices av< c nne douce et sainte ferveur. <> souveraine Bontél quand vous aimerons-nous parfaitement ' M i fille, j ai bien envie qui tint amour règne dans nos maisons, car cela accommode tout. — liais n'étes*vous pas lâcheuse el contrariante de dur que si i « nsse voulu, je vous eusse amenée av< c moi. .! eussions envoyé notre compagne, mais que je n'eusse i ii luit a gré voire compagnie que la sienne ! Vous êtes bien mauvaise 1 1 i ncore plus iromp r, eo vérité, je pi- férerais

votre compagnie .1 celle de trois compagnes ; m us vous saves <pn\ par la grâce de Dieu, je ne lais nul étal de mes inclinations, aittS je lais G que je pense être plus ,i sa gloire. l)i vous doue, el me croyez (jue vous m'êtes en une considération loi t extraordinaire el en mou alfection <\v niniir.

Me voici encore à Chambéry; mais j'espère en partir mercredi, Dieu aidant, notre affaire pour l'exemption des tailles se jugeant ce matin. Oh Dieu ! que de peines et de temps perdu, quand l'on a affaire aux princes !. . . — Tout va bien ici. Les parents se portent bien. La Sœur [Marie-Innocente de la Roche] est toute bonne, les deux du monde n'y sont que trop avant; il y a quinze jours que je ne les ai vues. Que n'a-t-il plu à Dieu que vous fussiez venue ici être Supérieure, c'eût bien été selon mon gré et à la gloire de Dieu. Je supplie sa Bonté vous rendre tout à fait sienne. Je suis bien vôtre de tout mon cœur. — Je salue nos bonnes Sœurs. — 12 février.

Dieu soit béni!

[P. S.] Depuis cette [lettre] écrite, la bonne Mère [madame de la Roche] est venue et j'ai vu les sœurs : l'aînée se trouve un peu mal , c'est une bonne femme; la fille ne sait à quoi se résoudre. Dieu l'assiste I Amen.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Rennes.

LETTRE CMX

A LA MÈRE JEAXXE-CHARLOTTE DE BRÉCHARD

S D P i; It I e i; >t E A RIO M

Estime et affection de la Sainte pour les communautés de Grenoble et de Chambéry. Elle prépare Y Histoire des Fondations.

vivk -j- jésus!

[Chambéry], 14 février [1629].

Il y a bien longtemps que je ne vous ai écrit, ma très-bonne el chère fille, et encore plus que je n'ai reçu de vos lettres; mais de toutes parts l'on a peine d'en faire tenir maintenant. Or, j'espère que la souveraine bonté de Noire-Seigneur vous '"ut toujours en sa divine protection avec votre chère troupe, el que tout va de bien en mieux, dans la sainte et amoureuse

observance. Obi lésas, ma vraie très-chère fille, que nous y sommes obligées !

Il y a trois mois que nous sommes hors de Nessj <>ii nous oe léjoornâmes que trois semaines, qu'il fallul aller a Grenoble ponr affaire importante. J'j demeurai cinq semaines avec consolation, car c'esl une brave famille. Nous voici dès 1": Chambéry, où les Elles sont très-bonnes el de boni esprits; je

n'ai point vu de cœurs plus maniables; elles vivent dans une paix, douceur, el union parfaites. Nous espérons d'en partir

samedi, ayaol heureusement, par la grâce de Dieu, vu la fin d'une affaire temporelle de grande importance aui quatre monastères d< ce pays, qui m'arrêtait ici. .!<■ m'en vais donc en cette bénite maison de Nessj , où je voudrais bien avoir votre fondation, faisant venir celles de tous les autres monastères envoyez-la moi donc, ma très-chère lill»*, selon voire promi et je prie Dieu qu'il vous rende sa chère et bien-aimée épouse, et toutes dos Sœora aussi, <|ue je salue du meilleur de mon cœur av. <• vous, ma très-bonne el chère fille.

.: '■•! m* i I I ey.

v ■ i. I de c.h int.il commençai! dèi tort, m l<i toit, ce grand travail de VHistob l que li Mère de Changy, el iprèi «'11»' chaque n le Visitation, .i eontinoé if* tant de iota, travail <pii forme eajoard'hai plu* de trente tolamee m. un. i ieai ti

pour l I - 1 1 1 1 j t , a consignes l<> tradition! de famille, V l

|'lu> |i|f> i|«- u'ittis, i .!•• I i l'r .V i.l.MMv, h

m» ni • bisloi iqui i 'I - I- ni i lei plni intinx

moins eoeiaas, !<• ton! écrit itec une limplicité, un.' naitelé qui en doabie

LETTRE CMXI {Inédite)

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

AU PREMIER MONASTÈRE DE LYOM

Prochain retour à Annecy.

VIVE -j- JÉSUS.'

[Chambéry], 14 février [1629].

Ma très-chère fille,

Je crois que vous avez reçu celle que je vous écrivis, il y a environ quinze jours ou trois semaines. Elle était fort ample et requérait réponse conforme à nos désirs, ou plutôt à la sainte volonté de Dieu. De plus, je désire extrêmement de savoir comme vous vous portez; cela me tient en peine, et de ne savoir si vous avez reçu le livre des Entretiens, et qu'est-ce que Ton en fait. Ayant tant dit tout ce qu'il faut pour ce sujet, je n'ai rien à ajouter, sinon, ma très-chère fille, que l'on fasse, et que nous aimions toujours souverainement Celui qui seul mérite d'être aimé de la sorte.

Enfin, nous partons demain d'ici pour m'aller enfermer en cette bénite maison de Nessy et vivre là, rester un peu à recoi, tandis que le divin Sauveur permettra. Son saint et pur amour comble nos cœurs! Amen. Il soit béni!

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CMXII {Inédite)

A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE

SLI'ÉRIEL'RK AU DEUXIÈME MONASTÈRE DE PARIS

RernercuTicnts pour l'envoi d'une mitre et d'une chasuble. — Maternelle confiance.

VIVE -{- JÉSUS

[Annecy], 24 février [1629].

Ma toute très-chère et bien-aimee fille, .Vus avons reçu la chasuble et toute la suite, non sans admi-

ration de H beauté; mail rarflouf de la bonté et incomparable suaiité et Dr de votre cher CCtur, qui ne peut lon-

ner, ce lui semble, à ceux qu'elle aime et chérit uniquement, mercîments que nous vous en pourrions faire ne sont I en comparaison de nos sentim doua f< . offrons

toutefois - ni limite. Notre bon M;;r de Genève fut tellen

le cette chasuble, et «le l'excellt I ri-

mitre, qu'il en faisait fête à tout le mond» . A cert» I, -mous rien vu en trahie; Dieu en

soit totre récomi - N s tendons qu'elle sei itinée pour li béatification, et ferons br i ni le reste de rornemenl

lu* conforme que nous pourrons.

i :i point reçu la leton rotre cher cœur: roua m'obli-

de li : . Avant que recevoir la vôlre

dernière, l'on avait écrit ici les fruits que votre conversation

avait .«: \I. <1L- | le dit; j'en

; ' .. Non, ma fille, i t n'a point ét<

(ju un Paril la; mais sur le :

qu'on me lit que je \ou> mande, je pria volonté de vous

en dire li qui m'en vint. «lin mon cœur es! t.

ment ouvert, joint el uni an vùtre. qu'il ne faut point que vous

doutu/ que je n'aille toujours avec fOUI dam cette entier-

e, comme je d< - - lu que i - enteri

moi Bnfin, j«- croti qa - mur et le mien il

ii ) i que Dû u seul, qui eu esl I *ir et le lien

iaiTf . dont II loti ! luit n.

1 ur !»• bien d ".

erei selon i ' \l i fille, adieu.

Comiorm* a I onj. n*I j. oa J Aaarcj.

LETTRE CMXIII

A MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS1

a TARIS

Espérance de l'arrivée de cette princesse. — Témoignage de profond respect

et assurance de prières.

vive -j- JÉSUS !

[Annecy, 1629.]

Madame, J'ai reçu celle dont il vous a plu m'honorer, avec la révérence que je dois à Sa Grandeur, mais aussi avec une fort grande consolation pour l'espérance qu'elle nous donne d'être bientôt en ce pays. Je ne puis m'imaginer, Madame, que Votre Grandeur puisse prendre un meilleur conseil que d'exécuter ce bon et utile dessein. C'est le désir de tous vos bons sujets et fidèles serviteurs, et le souhait de vos très-petites, mais très-obéissantes et très-obligées Filles de la Visitation, qui ne cesseront jamais d'importuner le Ciel pour la conservation de Votre Grandeur et celles de Messeigneurs nos princes, vos dignes enfants, Madame, suppliant l'infinie bonté de Notre-Seigneur faire abonder les richesses de son amour sur toutes vos chères personnes, et les amener bientôt et heureusement en ce pays, ce qu'attendant de sa grande affection et après avoir fait très-humble révérence à Sa Grandeur, je demeure en tout respect, Madame, votre, etc.

1 Anne de Lorraine, fille unique du duc d'Aumale, avait épousé, en 1618, Henri Ier de Savoie, duc de Nemours. Toujours elle témoigna un grand intérêt aux Religieuses de la Visitation et inspira le même sentiment à ses enfants et petits-enfants. En 1641, son fils Henri II donna au monastère d'Annecy le pré Lombard, « île spacieuse qui était comme nécessaire à l'agrandissement du clos, réduit à un très-petit espace par la construction de la nouvelle enlise due au zèle de la Mère de Rlonay ». Quelques années plus tard, li veuve de ce prince, Elisabeth de Vendôme, frappée par le malheur, trouva refuge et consolation au pied du tombeau de saint François de Sales; sa fillf Jeanne-Baptiste, devenue duchesse régente de Savoie, se fit à son tour la protectrice de la vénérée Mère de Chaugy, qu'elle délivra des poursuites de la calomnie, et l'honora toujours d'une tendre amitié.

|/\ S.] Madame, nous ne manquerons a Eure (aire une neuvaine devant le saint corps de notre Bienheoreui Père, à ce

qu'il lui plaise prendre soin devant Dieu de toute- VOS affaires, et surtout de la conservation de Votre Grandeur et celles de Messeigneurs les princes, vos chers enfants,

mwc i mi. • ( . . | » i «■• .1.' l'origioâl : fonds Ira

LETTRE ClIXIl

A LA MÈRE CATHI UNE-CHARLOTTE DE CRÉMA1 \ DE LA GRANGE

La coiiiiiinii.iiiii- .If Ljon n'a pti le droit '!<• retenir la Ifère de Blonaj. — Cooclore ploa toi I'. ilt. lin- de fimpresaioi] dea Entretiens. — Nécearite* de transi a 1 1 1 1 ■ u r > lea SoMin de Paray-lo-Mooial*

m us !

Anii.'c j . il< i niiT Kïrii

M \ iiii.<-i.nr.iu; ru. LE,

le ne veus. rien ajouter aui raisons que j'ai écrites ci-devanl

pour faire soir que nous sommes dans l'équité, dans la néces-

lité et pouvoir de rappeler notre Sœur Ifarie-Aimée de Blonai ;

i pourquoi je vous supplie que, puisque c'est la volonté de

mwi Supérieur et celle de son monastère d'eu elle esl profei

de la ntirei- ici, ions nous |lt renvo\ie/ le plus tôt qu'il M

pourra J< - lis que les Supérieurs ne i<uii rien en ceci que i e que vo lions leur persuadent, el que, comme vraie Bile

de notre Bienheoreui Père, vous les deves rendre capables de

intentions el ordonnances, lesquelles vous saves avoir été pratiquées de son viv.mi el depuis s(,n décès, en telles o< lions l.li doncl ma Lrèt»chèrc 1 1 1 1 1 • , je vous conjure, pour l'amour «pie vous j ,,ii. / a ce Bienheoreui < i I les intentions, et p. u I affe< tion que v«»us me témoign< /, de ne plus vous I tire

re iui • e iujel , m. us qu'< a simplicité vous hssins su sorte que notre chère Sœur Marie-Aimée obéisse 1 1 rende son devoir, el cela avec toute la douceur el révérence dues à M. votre

Supérieur, qui, sans doute, ne vous eût jamais défendu la sortie de ma Sœur, si vous lui eussiez fait savoir, à l'avantage, comme telle chose se pratique, et les raisons pourquoi.

Pour nos Entretiens, je vous supplie, ma très-chère, de nous renvoyer les deux copies que nos Sœurs de Paris vous ont envoyées; car nous désirons de les faire revoir encore plus exactement, afin que, puisque nous sommes nécessitées de les faire publiquement voir, Ton n'y laisse rien, tant qu'il se pourra, qui puisse faire gloser. Que si pourtant, [vers] la fin de mars, Lyon est purgé de la maladie, on les pourra faire imprimer au sieur Cœursilly; sinon nous les enverrons à Paris, et l'on fera évaluer l'impression qu'il a faite des Règles et Coutumier. Il a écrit de grandes plaintes contre moi sans fondement, qu'il me semble que vous ne devez pas lui permettre, puisque la promesse qu'on lui a faite a été conditionnelle et non absolue, ainsi que vous verrez par celle que je lui écris. Envoyez-nous la quantité des Règles, Coutumiers et Cérémonials qui sont imprimés, ce que vous en avez distribué en chaque monastère, et le prix que vous en avez reçu. Je ne puis écrire davantage.

Nous envoyons ce messager exprès à Crérnieux porter ces lettres et pour nous rapporter nos Entretiens; c'est pourquoi je vous supplie, ma très-chère fille, de les y envoyer tout promptement le plus qu'il vous sera possible. Vous nous pouvez répondre du reste à loisir. — Quant à nos hardes qui sont à Lyon, et à la caisse de faïence, si Dieu favorise Lyon d'une guérison entière, vous nous les enverrez à la première commodité. Vous avez bien fait, puisque vous en aviez besoin, d'en prendre ; car croyez, ma très-chère fille, nous n'aurons jamais rien à notre pouvoir qui ne soit entièrement vôtre, tant qu'il nous sera possible, voire même, notre très-chère Sœur Marie- Aimée; quand elle sera ici, si vous en aviez un jour besoin, nous vous la rendrions de tout notre cœur.

Quant à nos chères Sœurs de Paray, certes, il y a bien quel-

INNEE 1629. 255

que chose dans la lettre qui ne me revient pas; mais, ma 611e, il Tant que les Ifères sopportenl les enfants. Elle esl fille de votre maison, il Tant toul excuser; <a\- je vous assure que j'ai toujours reconnu une grande honte el sincérité en cette âme-là; mais l'en voit bien qu'elle a été un peu | » i < 1 1 1 « - « - de cette lettre, qui peut-être était un peu Irop verte. Je me sens pressée de vous dire nettement mon sentiment sur le sujel de ces chères Sœurs-là. Il esl toul a lait nécessaire qu'on les ôte do Parai ; car il e>t impossible qu'un monastère de filles puisse avoir en ce lieu les nécessités spirituelles et temporelles qui sont nécessaires a L'utilité et consolation d'une maison religû use. Cela rtaut, m i très-chère fille, si vous m'en croyez, vous les aider< / i les (aire établir à Roanne, où je pen.se qu'elles se seront r< tirées par la permission de Ifgr d'Autun, comme en hospice

et p«>ur fuil la maladie; ear de les envoyer a \ulun à dix ou

douse grandes lieues de la où elles .sont, quel embarrassemenl de mener la une douzaine de filles, et dans une maison forl petite el forl pauvre I le loue néanmoins la charité de oosSœi d'Autun; mais je sais qu'il leur eût ete comme impossible de l'accomplir. Confortes-les donc, ma chère fille, puisque vous ne les pouvez pas retirera vous, pour le grand nombre de tilles <pie v<.n- avez déjà; confortez-les donc, el les aides.

Quant a « esdeui filles qu'elles désirent que vous retiri* i,c< i

bien u nde< barité; notre Bienheureui Pi renN lait

liment de Messeijmeurs vos archevêques; oui bien de ne pi- ouvrir la porte au changements de maisons, a cellei mu le désirent d - lles-mém< - . mais en lell< i lions la ehai ii.- doit surnager mr tout. Néanmoins, m ell i

dans lad de l \"n) cela dépend entièrement de vos Son

1 1« m -. L'on v. i i.i lwx eu | «u de temps, « t (au( r que

l'on ira de bit u i u nu- ni, » i j'A rirai » ma Sœur leur Sop rieure a que je penserai être convenable à leui conduite.

Hélas I ma chère tille, qnanl au désir que \>ni> <i moi avons

de nous revoir, je ne sais si Dieu m'en donnera la consolation; je n'y vois pas beaucoup d'espérance. Il faut que dorénavant je me prépare à faire le voyage du ciel. Il semble que Dieu commence à me le signifier par une infirmité qui m'est un pressentiment; sa sainte volonté soit faite! Cependant, priez Dieu pour moi, afin que nous nous voyions éternellement en Lui. — Je me sens grandement votre obligée du soin que vous avez de ma chère Sœur M. -Aimée [deBlonay]. Je vous la recommande encore. Faites-la hardiment rompre le carême; faites-la prou dormir et peu parler ; et je pense que la charge de directrice lui est fort nuisible, et, pour cela, vous ferez bien d'en mettre une autre et de l'en décharger.

Il m'est venu une pensée qu'il faut que je vous dise : c'est que je ne voudrais pas que vous parlassiez de Cœursillyà Mgr, ni que vous lui donnassiez [à Cœursilly] la lettre que je lui écris, que les Entretiens ne fussent partis, crainte qu'il ne les arrêtât. Je ne voudrais pas pourtant faire ce jugement-là de lui; car je ne le crois pas trop exigeant, mais je vous dis simplement la pensée comme elle m'en est venue. Je vous prie derechef de nous envoyer promptement les Entretiens, car ce messager les attendra à Crémieux. Nonobstant l'indignité avec laquelle le sieur Cœursilly a écrit contre moi, nous ne lairrons pas de les lui donner, pourvu que la maladie soit entièrement passée à Lyon. Mais attendant cela, je vous supplie de faire estimer par personnes capables et qui le fassent consciencieusement et selon Dieu, tant de sa part que de la nôtre, ce qu'il a imprimé de l'Institut. Je l'ai fait voir au Révérend Père Jésuite qui prêche ici et à quelques autres personnes, qui savent ce que telles choses valent, qui disent que le tout sera bien et hautement payé à cent écus. Je n'y comprends pas les Heures, parce que ce n'est pas nous qui les avons fait imprimer, et qu'elles sont tellement faillies qu'elles sont comme inutiles aux maisons qui les ont achetées, quoique bien chèrement. — Pour ce qui

est du sieur Derobert, je vous supplie aussi, mais an nom de Dieu, que Ton regarde dans l'équité ce qu'il lui faut donner pour lei exemplaires saisis, que je voudrais qoi fassent loua brûlés, el les autres huit cents donl voua m'écrives. I ous avea là unis d'autorité; je vous conjure de leuroit a Eure entendre tout ce qui est de ce fait-là, et de les employer pour réduire !•' sieur Derobert à ce qui est de la raison, par la douceur; car, de procès, nous n'en voulons point que par une absolue nécessité, el après (outes les offres qui se pourront faire dans la raison et charité. Obliges-moi, ma chère fille, de mettre une fin à toutes ces petites all'aires-ci, afin que je ne vous en importun.plus, el que je ne sois plus surchargée de tant d'écritures pour

injet. Je serai bien aise d'avoir réponse du contenu de cette lettre le plus loi qu'il se pourra.

Vous saves, ma Irès-chère, combien je suis entièrement vôtre el -i toutes nos chères Sœurs, que je salue de tout mon cœur, suppliant notre lion Dieu de Faire abonder ses plus chères el i tintes bénédictions sur vous tout

LE l l RE CM W

\ l.\ mi.ki M \i;ii - \ i m i ; DE BLON i\ t

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J«* loue Dieu de votre emenl en la guéi ison de vos in-

i i mmodiu i Je vous supplie d< loumel loonances

du i n et i li volonté de voti e Sup i ieure . - 1 de m m

"i- ut de la v i ,! . i. n ien el ne doil i ien éti

une àme libre. Oh! non, ma vraie fille, obéissez donc généreusement, car j'ai grand désir que vous serviez longuement ce très-débonnaire Sauveur, qui vous chérit et favorise si paternellement.

Hélas ! cette pauvre Sœur de Paray dit bien je ne sais quoi dans sa lettre qui me déplaît; mais, mon enfant, il faut supporter cela bien doucement : ce sont vos filles que vous avez élevées, remontrez-leur amoureusement. Certes, j'ai toujours trouvé cette fille-là très-bonne et sincère, et je crois que si elles [les Sœurs] s'étaient retirées en quelque lieu où elles pussent avoir de l'aide nécessaire à une maison religieuse, qu'elles donneraient du contentement; car pour vous dire vrai, ma fille, elles en sont tout à fait destituées à Paray, et ne puis avoir le sentiment qu'elles y demeurent; mais j'en laisse disposer à qui il appartient. Je pense que peut-être seront-elles déjà retirées à Roanne, pour être mieux à couvert contre le passage des gens de guerre. Si cela est, certes, ce serait charité de les aider à y demeurer. Je n'ai point su de leurs nouvelles il y a déjà longtemps, n'ayant vu le dernier messager dont elles parlent dans leurs lettres.

Croyez, ma vraie très-chère fille, que cette lettre, qui a tant touché votre cœur, partit bien du fond du mien; car il est vrai que je désire profondément cette consolation de vous voir auprès de moi, et Dieu sait que tous mes motifs sont purs et pour sa seule gloire, et qu'encore, il y a de la nécessité; c'est pourquoi je suis douloureusement touchée des difficultés que l'on y fait contre raison et justice. Que si l'on continue, ce sera contre le gré et la volonté de Mgr [de Genève] votre Supérieur, celle de ce monastère et la mienne que l'on vous retiendra; et partant je sais que ce sera aussi contre la vôtre; ce que je vous supplie '!♦: témoigner si fortement et absolument, que vous donniez occasion à nos Sœurs de faire tout de bon ce qu'elles doivent, pour faire que M. leur Supérieur leur laisse la liberté de vous

ANNÉE l >29.

rendre, avec l'honneur el la reconnaissance qu'elles nous doivent, et à ce monastère; car je sais prou ce qui peut se dire en celle occasion, el que les Supérieur* (bol toujours ce qu'on leur montre cire raisonnable el juste; mais l'affaire [une ligne illisible]. Si Ton était disposé à recevoir noire manière «le procéder douce et respectueuse, certes, Mgr de Genève el moi écririons avec toul l'honneur possible; mais cela n'étant m salre , et pour les raisons que vous saves, doua ne le ferons p is, Binon, qu'étant instruits de ce qui est de la raison, on ne vit qu'il l'eût agréable. Voilà, ma très-chère 611e, nos pensées el désirs. Dieu fasse en tout sa très-sainte volonté de nous! ïmen.

Conforme à l'original :[irdé aui Arcliivos d.- Il VitiUli : I cy.

LETTRE C\l\\ I

I I \ Ml :;l e\Tiii:i;i\i;.<;ii\!;|.<>! I. DE CRÉMAUX DE LA CHANGE

i os!

\1 1 n;i.v-i m u i in i: .

1 voua • billet empressement, ayant longuement et fort Mm rn in, nt écrit i notre Irèa-ch eur Marie- limée sur

sa r« h : su R< vén nd Pèi e Maillant

Ma tille , je i p u que II. de 1 1 Fayc voulût retenir par

- Dolr< nu-; il n'eu aurait pas contentement, ni vous aussi h soui lupplie, ma très-chère Bile, employés si dextreiiu al votre pi udence 1 1 < barité qu'il la i elàcfa m i

(■«•lui a qui elle doit ion obéissance; car, un m Dieul il ne faut [pas] nom i Me extrémité de mettre des contentions

entre I- 1 prélats. Aucun n'a j unaii fait difficulté de I ûsser dis-

2(>0 LETTRES DE SAINTE CHAi\TAL.

poser des filles qu'on leur a envoyées pour fonder, à ceux dont elles dépendent ; ce privilège est égal à tous. Vous savez en cela l'intention de notre Bienheureux Père, et en avez vu la pratique qui s'est toujours faite avec douceur, sans violence, avec l'agrément et bénédiction des Supérieurs, excepté quand notre Sœur Favre partit de Montferrand , que les Supérieurs de là usant de plusieurs remises à lui donner leur bénédiction, et étant pressée par l'obéissance de notre Bienheureux Père, elle leur manda qu'elle ne pouvait plus retarder, qu'elle s'en allait, en quoi elle contenta notre Bienheureux Père. Si tous les prélats voulaient nous faire ces difficultés, quel moyen de servir notre Institut en ses besoins? Je vous prie donc, ma très-chère fille, d'acheminer cette affaire avec douceur; car je suis tout assurée que si vous témoignez à M. de la Faye que cela est de raison, de coutume et de devoir, que vous désirez que l'on r.ous satisfasse en cela, qu'il s'y portera avec toute facilité. Obligez-nous donc en cela, je vous en prie, ma très-chère fille, et que nous ne recevions pas du mal pour le bien que nous avons fait à votre maison, laquelle nous étant précieuse et chère comme seconde de l'Ordre , vous devez vous assurer que nous ne faisons ceci que pour la plus grande gloire de Dieu , et que, toujours à son besoin, elle sera servie et assistée de nous en tout ce qui nous sera possible. — Mgr de Genève ni moi n'écrirons à M. de la Faye que lorsque vous l'aurez disposé à nous contenter. Nous en écrivons au Révérend PèreMaillan ; je vous prie, employez pour cela les personnes que vous y jugerez plus propres, afin que tout se passe doucement.

J'ai communiqué au Révérend Père Binet, provincial, le changement de lieu pour nos Sœurs de Paray. Il le trouve nécessaire, d'autant plus que la mission de leurs Pères n'y sera [pas] permanente, et que peut-être ils n'iront plus. Ayez donc soin de secourir ces pauvres filles le plus tôt qu'il se pourra, car elles sont dignes de compassion et si mal! Si vous avez

quelque lien plus propre pour les mettre queRoanoe, faites-les-j retirer, sinon aidez-les pour Roanne, quand ce ne sérail que bous l<' prétexte de s'y retirer durant les pestei ; p ur ce moj en,

elles éprouveraient m le lieu serait propre, comme je l«' Cl

incomparablement plus que celui <le Paray. Le Révérend Père provincial en a écrit au Père recteur de là; j«' vooi en écrivit

il y I dix jours.

le vous recommande les Entretiens, ma très-chère fille; revoyei (•<• que je vous en écrivis en vous les renvoyant, car il est très-important qu'ils soient bientôt imprimés, et que la débite [vente] s'en Fasse. Je ne sais si dès Lyon cela se pourra facilement, a cause de la maladie. J'enverrai la Préface el l'Exercice

d'union pour le matin, qu'il faudra faire mettre à li lin «les

Entretiens, devant le traité de la Communion. — Encore une fois, ma Irès-chère fille, je vous conjure de conduire si dextrement la retraite de ma Sœur [de Blonay] que M. de la Faye ne

s'en tienne point pour désobligé; car, pour rien du monde,

nous oe voudrions lui donner une juste occasion de mécontentement, el [vous] pou ves l'assurer que si d'ailleurs nous pouvions secourir vos besoins, certes, nous ne retirerions pas noire

Sœur, puisqu'il l'aime Si chèrement; mais j'ai eonlianee (|iie sa

bonté recevra agréablement nos raisons, el la nous relâchera

icbement et «le bon cœur; c'est tout mon désir, l'honorant

parfaitement Je vous usure qu'outre le besoin que nous en

avons, je ci ois <pi d esl nécessaire pour sa saule , ••( j<> crains

qu'elle ne rive pas longtemps.

-rmr k I orijjioal , .

LETTRE CMXVII (Inédite)

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