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AUX SCEURS DE LA VISITATION DE MONTFERRAND

Elle leur conseille d'élire pour Supérieure la Sœur A. T. de Préchonnet.

vive -j- JÉSUS !

[Annecy, 1629.]

Vraiment, mes très-chères filles, je n'ai garde de vous conseiller de chercher une Supérieure hors de chez vous, puisque voire chère Sœur Anne-Thérèse ! est sur la fin de son noviciat. Et je vous dis, selon la vérité qu'il me semhle en avoir de Dieu, que, comme la conduite de cette âme est tout extraordinaire, vous pouvez vous dispenser de la coutume ordinaire au sujet de son élection, et qu'une heure après sa profession, vous ferez une action digne de votre jugement de la choisir pour votre Supérieure, parce que vraiment sa vertu mérite que nous comptions le rang de son ancienneté dans l'Institut par le jour auquel elle est entrée dans votre monastère, puisque dès ce

J La comtesse de Dalet (voir la note de la lettre CCCLXXXVIII), après avoir durant plusieurs années porté secrètement l'habit religieux au monastère de Monlferrand, et défié dans les voies de la perfection les âmes les plus généreuses, avait pu, dégagée des sollicitudes de sa famille, recevoir publiquement à Saint-Flour le voile de la Visitation. Celte héroïque veuve, connue désormais sous le nom de Sœur Anne-Thérèse de Préchonnet, étuil revenue à Monlferrand sur la fin de son noviciat, et par une dérogation unique aux règles de l'Ordre, dérogation que justifiaient des circonstances exceptionnelles et la décision de sainte de Chantai, elle fut élue Supérieure le lendemain de sa profession. Alors brillèrent d'un nouvel éclat lei grandi dons que Dieu lui avait départis : plus que jamais elle int allier dans une merveilleuse harmonie la mansuétude à la force, 1 ardeur à la patience, la sûreté de coup d'œil à la vigueur de l'exécution^ une grande élévation de sentiments à une touchante bonté de cœur. L'humilité la plus profonde mettait le comble à tant de mérite, et pendant que chacun applaudissait à la sagesse de son gouvernement, la Mère Anne-

moment elle n'a cédé i aucune autre en ferveur d'esprit, et que vous dites en i<»u tt* vérité qu'elle vous a leni d'exemple par ion eiactitade a l'observance de nos Règles.

LETTRE CMXXV1I

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l nx vieux péchés vou^ sont de bon cœur pardonnes, riant 1 1 ' n'est point par le défaut d'une BÎocère et véritable affection .i mon endroit que j'ai fie privée de vos lettres, de quoi il nu- lardait un peu: car certes, ma Irès-chère tille, elles me sont fort <1<hu. vous prie doue que nous ayons un

peu plus fréquemment «le vos nouvelles. — -l ;ii été consolée

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de savoir l'état de votre maison. Je bénis Dieu de ce qu'il est tel que vous me dites. Vous avez très-bien fait de distribuer les charges comme vous avez fait, car c'est le moyen de bien connaître les esprits ; et pour ces deux bonnes Sœurs, lesquelles se trouvent avoir de l'antipathie ensemble, je laisse à votre douceur et bonne conduite de les aider et faire profiter de cette occasion. La charité lie et unit toutes choses. J'écris à celle que vous désirez; mais non pas de ma main, parce qu'il m'est défendu, comme vous voyez, vu [que je] me sers même d'une main empruntée pour vous écrire.

Je suis bien aise qu'il vous ait pris un peu du scrupule de ce que vous n'avez encore écrit [l'histoire de] la fondation de votre maison, parce que cela sera cause que vous la nous enverrez plus tôt, comme je vous en supplie. — Je vous avais priée de vous informer un peu de madame Chaudon de la vie de ma Sœur Marie-Renée, notre chère fondatrice qui mourut à Lyon, et de nous envoyer un peu ses principales vertus ; je vous conjure encore, ma trèschère fille, de vous en ressouvenir. — Et quant à l'alarme que vous avez eue, que je n'aille en Piémont, la Providence de Dieu y a pourvu, ayant permis que la maladie se soit prise en une maison de celle ville, en sorte que nous sommes dans la quarantaine, et si bien j'espère avec la grâce de Dieu que ce ne sera rien et qu'elle s'arrêtera là, elle jettera néanmoins à la longue les affaires, et je pense que ce sujet, avec la considération de ma défluxion, qui m'a encore fort travaillée ce carême, servira pour m'excuser j'y aller- et ainsi, ma très-chère fille ne pleurera plus sa pauvre vieille Mère, qui ne partira de ce monde que quand il plaira à Dieu.

J*' compatis aux infirmités corporelles et spirituelles de ma pauvre Sœur X. Mon Dieu ! que ne considère-t-elle une bonne foif (juc tout son bien et bonheur est en la parfaite soumission el l'obéissance à sa Supérieure! Au reste, j'ai aussi peu de mémoire de lui avoir jamais parlé d'être directrice qu'il y avait

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peu d'apparence qu'elle m'en lit la proposition, el crois que si ellf m'en eût parlé, que je voua l'eusse dît Elle a eu désir, étant à Moulms, d'aller ailleurs; étanl ailleurs, elle désire de retourner à Moulins ou à Autan; cela Fait 1 > i«* n voir l'incon- ,11er de son «'-prit, auquel, certes, je voudrais bien que nous pussions satisfaire pour son contentement et le soulagement de totre maison et le vôtre particulier; mus il d'j a nulle apparence ouf ni l'une ni l'autre la veuille recevoir. Néanmoins, vous lui pouvez permettre pour son soulagement d'en écrire elle-même aui maisons où elle désire d'aller, el de Eaire tout qu'elle pourra pour cela, et vous aus>i, y contribuant quelque chose selon son désir, afin qu'elle voie que sa consolation prétendue ne dépend pas de vous, ajoutant a votre lettre que

fOUS m'en avei écrit, mais que je OC puis avoir sentiment à ces

changements-là, que notre Bienheureui Père a tout à lait condamnés dans ses Épîtres, et que les filles auraient meilleur temps de travailler an lieu où la Providence de Dieu lésa mises, que de s'amuser tant a tracasser autour de ces changements, le suis tout étonnée de voir les petites humeurs de ma Sœur V ; elle a pourtant une bonne âme, el je pem que tout cela ne procède «pie d'un peu de faiblesse. Certes, l< tricheries des Biles qui ne tirent point de conséquence se guérissent plutôt en les étouffant el négligeant que par loul autre

Il fiant dire le reste de ma main. Mon Dieu! ma très-chère fille, Il vous bot bien une double charité pour supporter loot< 1 1 M • i en leur Rach< ose humeur; mais voulea-vous l>im ni je roue dise que jamais il ne Gant convaincre nne Sœur tandis

qu'elle .-t dans |r sentiment de sa'pas>ion, ni ;;u. i - autre ment,

si la chose a sel de grande importance, parer que cela i

amertumes; mais vous lit. s - \< . Ilemment de lu. u l.uer la tète a nul - i \ .u pu lieulier et après qu'elle lut rassérénée : c est le mnjtwi <\r leur rendre profitables h - corrections

quand on les leur fait de sang-froid et qu'elles ne sont plus animées. — Je n'ai point vu la lettre de votre Sœur assistante. — La divine Bonté vous comble et votre chère troupe de l'abondance de ses grâces! Amen. Vous savez ce que je vous suis, cela est invariable. Je salue les chères amies et le bon M. Amhélion.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

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