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LETTRE CMXXVIII

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

AU PREMIER MO.VASTÈRE DE LYON

Les Sœurs de Lyon manquent à l'équité et à la Règle en refusant de laisser partir la Mère de Blonay, élue à Grenoble.

vive -J- jésus!

[Annecy], 1er mai [1629].

Ma très-chère fille,

J'ai reçu hier ou avant- hier vos dernières [lettres], et quelque peu de jours auparavant la vôtre grande. Je vois donc que ce que vous m'écrivez et ce que je vous écris est vu, ce que je ne croyais pas ; car toujours on a laissé la liberté aux Sœurs de m'écrire et recevoir mes lettres sans è(re vues, parce que c'était l'intention de notre saint Père. Mandez-moi, je vous prie, comme cela s'est fait; car la confiance que j'ai avec vous est si particulière que je ne la puis étendre librement sous un autre esprit que le vôtre.

Vous me parlez de votre cœur, et je vous répondrai du mien, et comme à vous et seulement à vous. Certes, je ne suis pas bien édifiée de votre chère Sœur la Supérieure qui se laisse ainsi emporter à ses sentiments. Mgr de Genève non plus, qui trouva grandement étrange ce qu'elle lui écrivit, et si elle s'en souvenait, elle ne serait pas derechef si touchée de sa réponse, • m M. lîruu Je vois bien que l'on ne connaît pas ce prélat, et

que la grandeur de Lyon est si hante auprès de noire petite! qu'il semble que tout lui doit rendre hommage, et que nous sommet fort peu de chose. Certes, noua voulons bien nous

tenir pour cela ; mais je pense que Ton ne le devrait pa> taire.

Or bien, cela n'est rien, car Dieu sait notre prii et que nous ne voulons que m seule gloire. Il sait et voit aussi qui se tient le

plus dans l'esprit du Hienheureux Père, et dans les coutumes

de l'Institut. Nous pensons qu'avec la grâce de Dieu doua aimerions mieux mourir que île rien faire a notre exient contre cela; mais, voyes-vous, ma très-chère tille, chacun pense aussi le même. Je ne doute point que VOUS SOyei utile là, mais non et je suis aussi peu étonnée de quoi Ton

dit le contraire, car je suis faite ^\>'> longtemps à tels discours;

mais venons an fond. Ma Ires-cliere fille, ou est-ce que Ton a vu une telle attache que celle qui BC témoigne en Cette occasion,

qui non- .1 < outrai iéei de la sorte? que ferions-nous si chacun

voulait ainsi nous lier les mains et retenir nos iilles pour eu\

seuls, sans en pouvoir secourir l'Institut? quel exemple aux autres maisons! n'en lirera-t-on pas de mauvaises conséquences? cela n es(-il pis contre les sentiments de notre Bienbeureui Père, et contre I.» coutume et pratique de l'Institut ' M ii de quelle douceur n'avons-nous pat n-1, , promettant de vous rendre, quand leur besoin le requerra, comme certes

-i uoti .• désû .

Depuis tout cela, la vraie néc< isité de la maison de Grenoble

.nu- ki, «i \l:;i de <e nève, n'ayant autre moyen de

I. s s, courir, vous s propos* e • I notre Sieur la Supérieure de

\l trseilli m us ils vous «.ut élue. Quel moyen de i ■ fus< i < 1 1 ..

min uni. . il,- servent de légitime excuse < I en • t que Ion veuille toujours [vous] jarder, quel moyen desecou- Mi « « n- n li de celle qui i tsl ici ! cai nous sommes aussi

1. 1 i d'en donner une a Chambéry. Et i •■ tic maison deinriiin.i-!-. lie seule, t.m li- que not oni en Piémont

nous serions allés si le mal contagieux ne fût arrivé ici? Pendant que cela passera, l'on se pourra servir de notre Sœur A. -Catherine [de Beaumont].

Mais tout cela n'est' pas considéré ; et il faut, pour donner contentement, que nous disions que nous serons très-aises que rous demeuriez là. Certes, ma très-chère fille, Dieu, qui voit mon cœur, sait que d'une affection très-tendre je voudrais que nous le pussions faire, pour le contentement de celte chère fille qui ledésire, et tant d'autres; mais tout ce que nous pourrons faire, c'est de supporter sans amertume et sans diminution de dileclion la continuation du refus, si on le fait. Que si Dieu vous continue vos infirmités, et que sa Providence divertisse les fondations du Piémont, certes, nous nous réduirons à tel point que l'on aurait sujet de croire que nous sommes bien plus pliables, quoique vieilles, que ne le sont les jeunes; mais toujours nous voudrions, pour la conséquence et autres bonnes raisons, que vous vinssiez ici, bien que pour un peu de temps, et que ma Sœur la Supérieure fît cela avec un cœur cordial et tel qu'elle le doit avoir pour nous, et pour conserver les coutumes de l'Institut; puis nous vous renverrons là gaiement et franchement; cela ne vous semblerait-il pas bien doux et raisonnable, ma très-chère fille? Au reste, je ne puis celer que ce n'est pas aux Sœurs de votre communauté à juger si c'est bon ou non que l'on vous rende à qui vous appartenez. Certes, en bon français, parmi tout le procédé de celte affaire, et dès votre déposition, on n'a point [agi] selon la candeur et le respect que l'on devait avoir avec ceux de qui vous dépendez; car enfin l'on Q j a pas seulement pensé, sinon à vous garder.

Or voilà Irop écrire, pour avoir défense de ne le pas faire de ma main. La maladie qui s'est prise ici, qui est à Grenoble et encore a Lyon, nous donnera un peu de loisir, et cependant nous verrons si votre santé s'affermira assez pour vous charger àe cette grande maison de Grenoble et si notre chère Sœur la

Supérieure ne s'accoisera point. J'espère qu'on peu de tempe lin, ,,i, et disposera a doua donner franchement ce que nous désirons justement. <Mi ! ma fille nniquemenl chère el vraiment chère comme ma propre âme, je ne saurais dissimuler l'extn consolation que j'espère de vous, el le désir que j'ai d'en jooir mi p. u . car certes je confesse bien que je ne la mérite pas pour

toujours, et ne voudrais pas aussi pour ce seul BUJel priver une

de nos maisons du bien el utilité que vous ) pourries rendre; mais, bélasl pour un peu je crois que Dieu aura bien agréable de nous donner cette sainte consolation, que nous désirons demenl pour sa seule gloire.

J'ai tant répondu pour Saint-Etienne (pie rien plus. — Adieu, ma vraie très-chère fille, je n'en puisplus. •!<' n'ai point cm ON

donné votre lettre à afgrj il la recevra bien. Toutes celles que notre Sœur |de Chàtel] Supérieure d'ici vous ■ écrites, i 'a été lelon m bonté, lans aucune amertume ni dessein de v<»u> morlifier, ni ombre de méfiance de votre obéissance. Quand Dieu

iiou> aura alliam liies de la maladie, et (pie les élu ronl

disp . nous enverrons l'équipage el écrirons à M. de la l \I a filje, voyes ce que j'écris a M. Brun, et vous portes

en cette affaire selon ce que j'attends de vous. Ma Irès-chère Sœur, m vous n'aves pas de m»- nouvelles, ne laisses pas de nous envoyer dei n»trrx; car nous vous enverrions plutôt un homme exprèi pour en savoir; envoyes*noos-en comme vous pourres, <vm<>i que je dise, j«' vooi donne lîl le montrer

:ie lettre, si v<»u- le juges a pi <>p<>-.

LETTRE CMXXIX (Inédite)

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