MOX TRÈS-HONORÉ SEIGNEUR
Vous ne sauriez croire combien la douceur de votre lettre est entrée avant dans mon cœur; je l'ai reçue avec le respect que je vous dois, et avec une consolation sensible de voir ce tendre amour que votre cœur paternel a pour ces chères âmes, que la divine Providence a données à votre piété et confiées à votre soin. Je supplie cette infinie Bonté de leur continuer à longues années ce bonheur par la conservation de votre vie, mon cher seigneur; et, à vous, la douce joie et consolation que vous prenez en leur dévotion, et en l'amour et obéissance filiale qu'elles vous doivent et désirent de toute leur affection de vous rendre, y étant très-étroitement obligées, même par l'assistance très-charitable que vous avez faite à notre chère Sœur la Supérieure pendant sa maladie, de laquelle elle ne peut assez
1 Mgr Antoine de Revol, d'abord chanoine régulier de Saint-Ruf, n'avait accepté l'évêché de Dol, en Bretagne, qu'à la persuasion de saint François de Sales, dont la constante amitié et la précieuse correspondance le soutinrent au milieu des sollicitudes pastorales. Après la mort du Bienheureux Evéqoe, Mgr de Revol sembla reporter sur la Visitation naissante la vénération qu'il professait pour son illustre Instituteur. « Ne pouvant plus le trouver .sur terre en sa propre personne, il allait, disait-il, chercher les restigei de son esprit chez ses chères Filles. » C'est aux sollicitations de ce digne prélat que l'établit en 1G27 le monastère de Dol, dont il fut le fondateur temporel. Jusqu'à sa mort, arrivée le 0 août 1629, il ne cessa de prouver aux Religieuses, plus encore par ses nombreux bienfaits que p« la paroles, u qu'il les honorait comme les images vivantes de leur Bieobeoreoi Père et les estimait comme le bonheur de son diocèse ». /// '<„,, inédiU de la fondation de Dol.)
INNEE 1629. 285
se louer, bien qu'elle me le témoigne par n lettre, dont cil»' pooi rend mille très-humbles grâces, mon très-cher seigneor. Vous imites bien en tontes laçons la douceur et débonnaire charité de celui que voua honore/ avec un amonr el respect tonl
filial. Je !«' supplie de vous impétrer de la divine miséricorde une abondance de grAces et bénédiction* célestes, et VOUS, mon
cher leignenr, je vous conjure de me donner quelquefois pari
en vos saints sacrifices ••( prières, puisque je luis, avec nue
affection pleine d'honneur et de dilection, \Ion>ei;;nt ur,
votre, etc.
''«rrne à une CMM ds l'original garde à la Visitation de Saint-*