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A LA MÈRE MARIE-CONSTANCE DE BRESSAND

SUPÉRIEURE A MOULINS

User de condescendance envers une âme éprouvée. — Projets de fondations à Mdcon et à Nantes. Conseils pour les Sœurs qui doivent y être envoyées.

VIVE f JÉSUS !

[Annecy, 1629.]

Ma très-chère fille,

Je vois bien que vous n'avez pas reçu les lettres que je vous ai écrites; ces maladies sont cause qu'il s'en perd plusieurs. Je pense bien pourtant avoir reçu toutes les vôtres, auxquelles j'ai répondu.

Il y a longtemps que je sais que nos Sœurs de Paray sont retournéesàleur monaslère,etjecrois qu'elles y demeureront. — Pour ce que vous me dites de mademoiselle Dubuysson, c'est une âme si vertueuse et si remplie de piété, que je ne crois pas qu'on lui doive refuser de l'enterrer dans le caveau, et cela, sans conséquence, car vous l'y pouvez faire enterrer en qualité de bienfaitrice, puisqu'elle donne dix mille francs. Vous pouvez prendre deux mille pour sa fille, et huit mille pour elle, et faisant de la sorle, il ne pourra point tirer de conséquence. — Pour la Sœur blanche, si vous pouvez éviter de la prendre, je crois que vous feriez fort bien (qu'à moins elle ne vous presse de la recevoir) sinon que vous n'en ayez besoin d'ici à quelque temps, comme vous verrez. Je ne vois rien en la novice de Bourges, qui ne me donne espérance qu'elle sera bonne Religieuse, puisqu'elle aime sa vocation. Je prie Dieu qu'il vous la conserve an moins jusqu'à la profession.

Lt pour ma Sœur l'assistante (IL -Angélique de D ., j |, puisque i remèdes que l'on s jugé lui pouvoir être utiles ne lui servent, je mis d'avis que von- voua rendiei entièrement a elle, lui condescendant, et communiquant avec elle comme Soin à Sœur, avec une sincère affection, que sous lui témoignerai le plus cordialement qu'il se pourra. C'est l'unique remède pour la guérir, mais qu il ne faul appliquer qu'après que tous les autres ne lui auront pu servir. Ifoos en verres I Y\p> i ie a ce, si sous faites Gdèlemenl ce que je voos dis, comme - que sous fen s, ma très-chère Bile. Ce ne Berail pas un boa remède de vous séparer; mais sous verres que si nuis faites ainsi ces deux années, qu'elle a encore à être sous votre charge, que vous fo guérir* s, après lesquelles l'obéissance vous saura bien séparer pour vous employer ailleurs. Il n'esl besoin de rien dire à personne. Je crois v raimenl que c'est un exercice que Dien permel en cette âme, afin que quand elle en sera délivra ila tienne toujours humble, et lui Fasse supporter el aider celles qu'elle en verra travailla s, i ir il la faut destiner pour vous succéder en votre charge, puisqu'elle i les talents pour cela. [Plusieurs ligne* minUlligiblet |

Pour la fondation « 1 « • Manies el Maçon, je ne pense pas que es des Biles propres pourdeui fondations, car il n \ faul employer que les meilleures Sœurs que l'on ait, <•{ <l«- celles qui sont plus fidèles a l'observano Ifouspoorn i savoir si dos Sœurs «le Lyon sont . le p irole pour Uàcon, en leur écrivant,

• | >ul. i la p' vous conseille de quitter < ■• Ile de

Nantes, car de demander une Supérieure aui autres monastî il ne le 1 1 u t p i\ qui les donnenl veulent pour l'ordin

dooner les 611 >is que nos Sœurs de Lyon onl plus de

moyen et de force pour cette fon lation qo< v«»us. j, lir trouve

p.i^ i propos que ms S090I \l u i< -II- m ie!le |.|. Uuu>seau| aille

en fondation poui être en I erail be lu< oup si elle \

était envoyée pour changer d'ail ; encore une nouvelle maison

en serait bien surchargée. Il vaut toujours mieux garder celles qui sont les moins propres, que de les renvoyer en fondation. II n'est besoin, ma chère fille, de m'écrire davantage sur ce sujet, puisque je n'ai plus rien à vous dire, sinon que je vous prie fort de prendre garde que celles que vous envoyez fonder soient fort unies et liées avec la Supérieure, et la Supérieure avec ses filles, et les Sœurs entre elles, autrement vous en auriez du déplaisir, et courriez fortune de les revoir en votre monastère.— Et pour notre Sœur F. -Angélique [de la Croix de Fésigny], connaissant les conditions de son esprit, j'aurais crainte qu'elle ne fût pas contente sous une autre Supérieure, c'est pourquoi nous sommes résolue de la faire revenir. — Je suis fort aise de quoi vous êtes pauvres, car vous savez très-bien comme il faut se confier en la divine Providence, qui vous pourvoira de tout, et ne permettra pas que vous ayez de grandes nécessités, comme je l'en prie de tout mon cœur. Vous ferez fort bien [de] faire achever votre bâtiment, tandis que vous êtes en charge, car peut-être serait-il longtemps sans l'être.

Si vous faites la fondation de Nantes, comme ma Sœur la Supérieure de Paris m'écrit qu'elle vous l'a adressée, suivant ce que je l'en avais priée, c'est une très-bonne ville; je crois que vous y serez bien, pourvu que vous preniez garde d'y envoyer de très-bonnes filles, comme je vous ai déjà dit. Mais pour y aller vous, certes c'est trop loin, et serait à craindre que vous n'en reveniez pas si tôt. Mais pour Màcon, si vous faites cette fondation, je veux bien que vous y alliez, si vous le jugez a propos. — Ne vous mettez pas en peine de nos bardes; vous ne nous les enverrez que quand Lyon sera libre; faites cependant une liste de tout ce qui y est. Je n'ai pas peur que rien , in\ — Je suis bien aise que ma Sœur F.-Angélique se porte bien, et qu'elle soit brave fille; je lui avais écrit, mais je vois que potlfl n'avez reçu ces lettres.

Conforme i nue copie 'If. I'< riginal gardé a la Visitation de Voiron.

LETTRE CM XXXIX Inédit*

\ IIADA1U DE COL'LAVGES

V i- MUS

\tt toce d' m - intc el invariabli unifié.

[Ami i > . l« jaill

Poui dc perdre celte occasion j ma Irès-éhèrc el pins honorée Sœui . il faut, i il vous plaît, que cette IrKre soit commune h mon très-bon <■( tant cher frère, à vous, el à votre Irès-aimée i I tool aimable Bile j car ions trois m'avea envoyé de vos chères lettres, qoeje lis toujours avec amour et consolation sensible, me représentant la douceur <•( suavité de vos chères el Irèsn Btimables a£fecti< as, auxquelles je prie Dieu me (aire la mrâcede correspondre dignement. Certes, je l<i désire bien de loul mon cœur, el que mon Dieu m'exauce au désir continuel que j'ai que ses plus riches el -\w'<> bénédictions abondent Mirions ; s'étendenl sur loote votre honorable famille; car tout n'ei itrémeménl cher, el me semble que [ce] soit la mienne propre. C'est ce qui me Eût si fort ressentir, ma très-chère Ni ur, U - d( plaisirs que vous rec< v< i des d< iseins cbi< &n< urs dc ceux qui devi tienl oser de continuelle reconi ce en»

ven mon tout bon el ti èen b< r : ur l'incon

rfble amooi 1 1 soin qu< ds pour i elui qui leur était

.1 boom ni, » i «li Mit la m< moire l< ar <!• tre i li< re, « i que

ttc p unir | etite pouponne, que vous obligez si paternellement el maternellement lousdeux.

Or, i y • D luira loul i 1 1 pais inpplii

i 1 1 vous, ma U r, de prendre plus qne jan lis

.u. cdoo< suret smoi m loul ee qu'il plaira à i

bon Dit n de vous < n?oj< i , afin que n<>( i «- chè il.' ion

i «lu bonne ar dc volt 0 1 b< 1 <• pi elle de

3(i4 LETTRES DE SAINTE CHANTAL.

mon bon frère, que je salue avec vous et tous vous chers enfouis du meilleur de mon cœur, étant d'une affection inGnie, ma très-chère et très-cordiale Sœur, votre, etc.

[P. S. ] Je ne croyais pas pouvoir écrire nulle part tandis que la peste sera ici 5 car l'on craint de prendre nos lettres.

Conforme à une copie de l'original gardé au premier monastère de la Visitatio de Paris.

LETTRE CMXL

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

AL PREMIER MONASTERE DE LVOX

Instances faites par Mgr de Genève pour le retour de la Mère de Blonay.

vive -J- JÉSUS !

[Annecy], 9 juillet [1629].

C'est bien à ce coup, ma très-chère fille, qu'il faut venir et faire fidèlement tout ce qui se pourra pour partir au plus tôt de Lyon ; car le mal est ici si pressant, que Mgr de Genève ne veut point que notre Sœur Péronne-Marie [de Châtel] abandonne celte maison, ce qui me fâche fort; mais c'est sa bonté qui le porte à cela, craignant que s'il m'arrivait mal, il n'y eût personne ici pour me faire secourir comme elle. Il ne veut pas, ce bon seigneur, que vous veniez ici pour cela; il aime mieux que vous alliez servir la maison de Chambéry, attendant que le mal soit passé ici, où certes je vois clairement que je ne pourrai subsister sans être secondée de vous ou d'elle; ce que je ne puis espérer d'elle, puisqu'elle est élue et nécessaire à Chambéry, ou certes il est tout à fait besoin que vous alliez en attendant. I i ii Dieu ! il ne me peut entrer dans l'esprit que l'on fasse une ombre de difficulté de vous envoyer pour nous secourir dans noire extrême nécessité. Sans cette résolution de Mgr de Ge-

INNÉE Ki20.

nève , j'avais bien résolu de voua laisser I » . jusqu'à [ce que] la maladie lût passée ici, quoi qu'il m'eûl pu irrivi r.

Le jour <ln dépari de celle chère Sœur était écho aujour- (riini; car cea pauvres filles la réclamenl ardemment, el non lanfl raison; elles seront accoisées et consolées de vous avoir, « - 1 1 attendant la miséricorde que Dieu noua fera. Je Le supplie voua amener bientôt el en santé; soyei généreuse et tonte forte, el bonne à rendre service à Dieu, attendant la chère consolation de voua voir ici , car j'ai confiance que Dieu me la donner.!. Je n'ai point encore nni de paquel adressé par le Révérend Père Mail!. m, que je saine très-humblement, le suppliant d'aider en ce qu'il pourra pour votre conduite. -- Adieu, vous Baves ce que je von- suis; aoyona toutes à Dieu. Qu'il soit béni.

\f\ S,] J'envoie !a lettre de M. le grand \ ouverte.

* ■ lé mi Irchtrai de la Viaitatioa I I

LETTRE CliXLl

\ i.\ Ml RI CATHERIN! ai 1RL01 il. m CRÉMA1 \ I»:: LA GRAS

La pesti - — Injnatit ic

au retour de 1 1 I

J( i . m. • ire bon cœur du meill< chi til

oui noi I l la div ioe Bonté,

il me semble que noua n'avoua | ind besoi i i

v i ninent n .;i(es

nos S ml bien di«p< tout ce qu'il p! ie-

ir i m «• de nous. Le mal ci oll 1 1 dou

Vous v iv mis ne uni; ., m. ut , le

laissant à notre bon Dieu, qui ne permettra nous arriver que ce qu'il a projeté en son dessein éternel , et c'est ce que nous désirons, et nous ôte les appréhensions que ce mal cause à tant de personnes.

Quant au retour de notre chère Sœur Marie-Aimée en cette maison, nous nous en soumettons à ce que Notre-Seigneur en permet, adorant sa Providence en la souffrance que j'ai pâlie de voir notre règle violée, par le refus que l'on a fait d'elle au monastère où elle avait été élue, et par celui que l'on nous fait de la rendre à qui légitimement elle appartient, qui la demandait néanmoins avec tant de prières, et pour une occasion de véritable nécessité et charité, nous obligeant même de la rendre. Or bien , Dieu soit béni de tout! Ainsi les grands traitent les petits ! Je n'en parlerai plus, et lairrai à Notre-Seigneur le soin d'empêcher que cet exemple ne ruine ce pauvre petit Institut. Vivez toujours tout à Dieu , ma très-chère fille , et priez fort pour celle qui, en son saint amour, est toute vôtre.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CMXLII

A LA MÈRE PAULE-JÉRONYME DE MONTHOUX

SlTlîliJEURE A BLOIS

Douleur d'apprrndre qu'une communauté manque de douceur et d'humilité. — Lei monastères doivent se conformer à celui d'Annecy. — Sans blâmer la conduite de la Mère de Montlioux, la Sainte condamne la sortie de la clôture pour aller aux bains.

vive f Jiésus!

[Annecy], 20 juillet [1629].

Ma très-chère et tkês-aimée fille,

Que je suis marrie que notre réponse se soit égarée ! mais

encore plus de la continuation de votre mal, dont je porte très-

I ;'!' peine ; car Dieu seul sait ce que vous êtes à mon âme,

el combien loi esl chère votre vie , oon-seulemenl poor ni consolation, mais pour le bien de votre maison et de (oui l'Ordre j mail Dieu soil béni , qui Bail bien ce qui doui est oécessaii e el •ail me louchera l'endroil qui m'esl bien sensible! Ifous avei procédé en vraie fille de li Visitation, von- i loomise

commandement de voir e Supérieur el à l'avis <1<- tant de bien , el je 1mm 1 1 divine Provid< nce en l'admirant en l.i conduite de cette affaire '.

I mi,- m'écrives si modestement de la réception que doi Sœurs de \. v <» h i ont faite, que si M. Riollé ne m'en disait davanl je n'< di connu leur manquement. Certes, si les cboseï se

sonl passées ainsi, elles ont lrès»-grand tort Elles m'écrivenl l.i h ode édification qu'elles ont reçue de voir.' humilité

. i souplesse, de laquelle !•• crois que Dieu roui récompeni

nouvelles ! de l'obéissance rendue an Supérieur

nonobstant vos extrêmes répugnances. Ces deux pratiques de

Vertu sonl l'une v raie fille de la l'i>i!alii n.

Mais que je suis mai lif, m i très- chère fill»1, de ce que votre lion confesseur el nos Sœurs onl été mil é lifiés de celles de \ . car tool l<' mal qui se fail a la Visitation m'esl sensible; il I»' ! mi couvrir el excuser tant que vous pourrei. Hél is ! que cela

I i ' .1 u - - i // ''»'/ u : Notre chi M

! fui fra | ipoplexie on i fc.il ploi que m n

B l qui la re il i 'I' - du

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ml employé inutilement i"u> les . . i . lier un <| ni qu'il l'oblige a de quitter pour <|ti<-|,| ! pal, dam 11 n ilote de doooer no exemple

\ i i Institut ; mai M de I h irli - 1 lai i] ml command

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frir >ns nue la P i ira

m'est dur de voir cet esprit de douceur et d'humilité, que notre Bienheureux nous a tant inculqué, si peu pratiqué quelquefois; mais la charité supporte tout. Ma très-chère fille, je vous conjure, au nom de Notre-Seigneur, de notre Bienheureux Père, et par la tendre affection que Dieu m'a donnée pour vous, de faire tout ce qui vous sera possible pour votre soulagement, et pour tenir votre esprit content et en repos. Je prie notre Sœur Péronne-Marie [de Châtel] de vous écrire le surplus , ayant grande peine de le faire de ma main. Je vous prie, que nous ayons de vos nouvelles par Lyon. Je suis d'un cœur incomparable toute vôtre, ma vraie très-chère fille, et prie Dieu nous rendre toutes siennes. Amen.

[P. S] Ma très-chère fille, si je vous pouvais parler, je soulagerais mon cœur à vous dire la peine que j'ai pour la conservation de notre union et candeur de notre esprit. Chacun m'en tourmente; mais, pour moi, je ne vois rien qui nous puisse être utile, sinon qu'on continue ce que la Providence de Dieu a établi, à savoir de se tenir conforme à ce monastère [d'Annecy], et avoir toujours une Mère commune, à qui Ton puisse recourir dans les besoins. Ma très-chère petite, pesez ceci devant Dieu, et m'en écrivez votre sentiment bien au long. Je n'ai le loisir de vous en dire davantage. Les premières Sœurs voient comme moi cette nécessité, par les choses qui arrivent. J'en ai parlé à Mgr de Genève, qui juge cela être nécessaire; chacun le dit

Depuis ma lellre écrite, nous avons reçu votre belle aube, qui est tout à fait digne de votre affection. Nous ne manquerons de l'offrir demain à notre Bienheureux Père tout ensemble iv' ( votre cher et bien-aimé cœur, le suppliant de le joindre p i failement au sien, par une pureté angélique et un amour séraphiqne. Aussi nous vous remercions de toutes nos affections de ' ■■ be m el riche présent

Au reste, ma chère fille, je me suis oubliée <1<* vous dire qu'il faut bien imprimer dans l'espi il de nos Sœui - que ce d est une chose faisable que d'aller aui bains; que si bien vous l'avei (ait, c'a élé par un commandement absolu <1<" Ugr votre prélat, de quoi il ne faol poinl tirer de conséquence; il leur faut dire, si vous le trouves bon, qu'elles n'eu parlent jamais; car il pourrait servir de grande tentation à plusieiirs] cependant, il n'est pas expédient que cela se continue.

Coiiforn i Ircaitea ■)■ la Visi talion d" Au

LETTRE CM \ LUI [Inédite)

\ UOKS1EI R LE CH INOIKE RIOLLÉ

Dl Là l'ISITATIOS i

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