VI. if
ce qu'elle jugera pour son mieux. Adieu, ma fille toute chère,
je n'en puis plus; il est fort tard. Dieu soit béni!
[P. S.] Donnez à M. votre Supérieur celle que je lui écris, si vous le trouvez bon. Je ne sus parler autrement, et si je ne me fusse tournée à Dieu, j'eusse dit beaucoup sur le tort que l'on a de nous retenir celte chère Sœur et nous l'avoir déniée dans un si extrême besoin ; mais je laisse tout à la divine Providence et ne veux nulle contestation. — Je n'ai su voir votre grand papier, mais ce sera à loisir que je vous en dirai mon sentiment. Je vous prie, envoyez une copie de la lettre [annonçant la mort] de notre Sœur [Claude-Simplicienne] à Paray, une à Saint-Étienne, une à Valence et à Crest !, et vous nous obligerez grandement , comme aussi de faire tenir nos autres lettres.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE CMLVIII
A LA MÈRE JEAi\i\E-FRANÇOISE LE TELLIER
SUPÉRIEURE A ORLÉANS
Témoignage d'affectueux souvenir. — Affaires.
vive -j- jésus!
[Annecy], 30 septembre [1629].
Mon Dieu ! ma très-chère fille mon enfant, le pourriez-vous bien penser que je vous eusse oubliée? Certes, je m'oublierais
1 Le monastère de Crest avait été établi, le 8 mai 1628, par un petit essaim sorti de Valence. Il se composait des Sœurs Claude-Marie de la IfarUmère, Marie-Clémence Mistral, Françoise-Séraphine Rispe, Marie- I rançoifC de Gelas, une novice et une tourière. La fondatrice temporelle du nouveau monastère, mademoiselle de Bachason , ne tarda pas à y prendre L'habit religieux, sous le nom de Sœur Marie-Catherine.
1NNI i 1629, plutôt moi-même; car Dieu sait de quel cœur mon âme i toujours chéri la vôtre el loule la chère Iroope de vos bénites filles d'Orléans, qoe j'aime chèrement; mais, de vrai, je vousaiasaei souk ni écrit, el je \<>is bien que mes lettres se perdenl de loua côïé« ; la peste en esl cause. Nous avons élé affligées de ce mal il ii pays el violemment : Dieu nous a préservées pai sa gi et il i a peu de maisons infectées maintenant,
le loue Dieu de ce que nos Sœors vivent si contentes avec vous, el que la sainte nnion règne entre vous. Persévérez, ma Irèfcbère fille, et vous assures que Dieu conduira Lui-même par mus. Soyes généreuse, forte, maii douceel cordiale. — le vous bis ces lignes sans loisir, pour ne pas perdre l'occasion, parce qu'elles nous gonl raies ici durant la peste. — Béni soit
: que l»'> affaires d<' noire Bienheureux Père soient acné- \I i fille, <cla m'oblige encore pins, et me lie plos étroitement à vous, qui en aves eu tant de soin. Dieu le vous rende 1 1 i tous i eus qui onl bien travaillé,
Il s'en faut bien garder de nu lire la Sœur \ ' listante,
vous m aves de plus propres', la vôtre est pion bonne. Enfin, laites t<»nt selon que Dieu vous inspirera, el i<>ut ira bien. Je Buis bien aise de la petite de Châtillon; il \ a quelque tempe que
rivia à madame sa mère; je la salue et tous les amis, mais surtout le très-bon I'- re recteur <-t nos Sœurs.
Di< ii répande en abondance i réel I" Dédictions sur ma
lies chère petite fille, et Mil toute >;i troupe 1 1 ief i - a i III ee de mon
I / ma IrètH bère fille, que c'est tout de bon qoe je
suis tout a fait voire. - Dernier aeptembi
i Mao*.
1 I - -lui rs fa il* I à < ' | n de >.ont i
îî.
LETTRE CMLIX
A LA MÈRE ANNE-MARIE DE LAGE DE PUYLAURENS
SUPÉRIEURE A BOURGES
La MèredeMonthoux n'est allée aux bains que sur l'ordre de ses Supérieurs; il ne faut pas croire les médecins quand ils conseillent de tels remèdes.
VIVE -j- JÉSUS.'
[Annecy], 2 octobre 1629.
Ma très-chère fille,
J'ai reçu depuis deux ou trois jours la vôtre du 26e d'août. Je vous assure toujours de noire très-bonne et parfaite santé, grâce à Notre-Seigneur, quoique, comme vous avez su, il nous soit mort une de nos très-chères Sœurs, nommée Claude-Simplicienne, de la verlu de laquelle nos Sœurs professes de votre maison vous pourront assurer, car elles la connaissaient fort particulièrement. Pour moi, ma très-chère fille, je vous assure que j'en ai été grandement touchée; mais j'acquiesce de tout mon cœur au bon plaisir divin qui l'a ainsi ordonné. Elle eut onze jours durant une fièvre violente; néanmoins, il ne lui parut aucune marque de mal contagieux que quelque peu de tac, qu'elle jeta depuis qu'elle fut morte, ce qui nous fait espérer qu'il n'y aura pas de danger pour le reste, qui se porte bien, Dieu merci.
Croyez, ma chère fille, que je n'ai nullement conseillé à ma Sœur la Supérieure de Blois d'aller aux bains; mais qu'elle l'a fait, pressée par le commandement et les sollicitations que ses Supérieurs lui en ont faits, contre tousses sentiments et la forte répugnance que je sais qu'elle y avait; en quoi ils m'ont désobligée plus que je ne puis dire; car, lorsqu'ils envoyèrent ce messager exprès ici pour savoir si elle irait, je leur confirmai ce que j'en dis dans mes Réponses, et même leur assurai que noire Bienheureux Père n'avait jamais voulu qu'une Sœur allât aux bains d'Ail, qui ne sont qu'à deux lieues de nous, et fis tout
\wi.i; 1629. ;>»i
ce que je pus pour P empêcher, <'i néanmoins vous voyez ce que tout cela a fait, dont j'en ai une douleur que je ne VOUS saurais direj mais je crois que Dieu, qui a permis tout ce qui est arrivé, en tirera sa gloire, el nos autres monastères, la fermeté à leur devoir el à l'observance exacte de la clôture; car, comme
je leur mandai, nous y sommes autant obligées que le> Carmélites, les Filles de Sainte-Claire cl autres Religieuses réform Que si elles sortaient pour de semblables occasions et qu'elles v, pussent aller, certes, nous qui n'avons pas de grandes austérités pour le corps, si nous ne gardons pas exactement le reste de nos observances, et particulièrement en ce qui est de la clôture, on nous méprisera aussitôt. Je vous prie, ma 611e, que les médecins ne soient point crus en cela.
[De la main de la Sainte.] lia très-bonne et chère fille, vous devez vous assurer que je traiterai toujours avec vous en pleine confiance : votre sincérité el bonté m'a ouvert ce chemin il ) a longtemps, c'est pourquoi ne doute/ point que je ne le fasse. Certes, Dieu m'a donne un amour pour vous qui ne souffrira jamais aucune étrécissure ni manquement de Franchise, qui m'empêche
de vous avertir de ce (pie je connaîtrai de ce qui vous sera utile. — Je vois bien que votre soin à gagner les esprits D est
pas mutile : croyez-moi, ma très-chère fille, ce doit être I un des principaux exercices d'une Supérieure «pie de gagner par cordialité et ouverture de cœur celui de toutes ses Sœurs; faites-le toujours soigneusement, Dieu vous en saura gré, J< I supplie vous combler de son saint amour. Amen.
lin h toii b(
lia Sœur la Supérieure de Moulins m . cril que notre Sœur de Blois n'est pis [allée] aux bains; soil qu'il ><>ii ou non, il le faut tenir l couvert, ci ne le pas avouer, sinon que Is chose fût toute découverte. Conduises cela avec prudence.
LETTRE CMLX