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A LA SOEUR MARIE-ELISABETH JOLY

AU PSBMIEB MONASTÈRE DE PARIS

Elle lui recommande l'abandon entre les mains de l'autorité et la fidélité à la Règle. — Xe désirer aucune charge. — Comment avertir la Supérieure de ses défauts.

VIVE -j- JÉSUS !

Annecy, 4 octobre [1629].

Ma très-chère fille,

La pressure de cœur qui vous est demeurée sur la croyance que vous m'avez donné beaucoup de sujels de mécontentement est une tentation; car je vous assure que cela n'est point, et que je n'ai jamais douté de votre salut, mais que je l'ai toujours espéré avec une ferme confiance en la bonté et miséricorde de Dieu.

Puisque vous me demandez de quoi vous vous devez amender et à quoi vous devez travailler, je vous dirai ce que je vous ai toujours dit, que le plus que vous pourrez vous laisser entre les mains de vos Supérieurs, pour votre corps et pour votre esprit, sera votre mieux, et que vous tâchiez de vous tenir exactement dans vos observances et institutions, selon la direction qu'ils vous en donneront. Je suis consolée de voir l'avancement que vous y avez déjà fait, et espère que vous vous trouverez encore mieux de la continuation. Je vous prie, ma chère fille, videz votre esprit tant que vous pourrez de toutes ces pensées et désirs d'être employée es charges et offices. [Méditez] ce que dit notre Bienheureux Père en un Entretien : « Tenez-vous dis-

1 Sœur Marie-Elisabeth Joly, professe du premier monastère de Paris

d< - 1620, florin,, des preuves d'une vertu si solide, qu'elle fut choisie plus

pour coopérer à la réforme des filles de la Magdelaine. Elle contribua

i L'établiifement de la Visitation du Mans, où elle mourut en 1648,

"I '" distinguée par un ^rand esprit de pauvreté et un grand amour

de la rie cachée.

poses pooi les recevoir quand l'obéissance le voudra el quand elle ae vous j occupe pas, ne les désires el n'^ penses p is, eai n'est que l'amour-propre qoi conduit tout cela. » Soyes oéreuse, et surtout tenes sotre esprit <'u paix, quoi qu'il arrive, Occupes-le fort auiour de Notre-Seigneur, el ne voua amuses peint ,i regarder ni si Ton vous aime, ni si l'on vous estime, ni loul cela qui ne fait que vous inquiéter; demeures en repOfl

de tout.

El pour ce que von- me dites de la communion, quand les botes icnl grosses, il les faut dire à la Supérieure et puis faire ce qu'elle vous dira .- el voilà, ma chère fille, ce que j'ai

pensé qui vous pourrait être utile, suivant la demande que

v<ui> m'aves bile. — Quant à ce qui est des ;i\ ertissementi à 1 1

Supérieure, il fuit 60 Cela aller avee une grande simplicité et

lui due siée sincérité et humblement ce que l'on juge lui

devoir être dit, el il est tOUJOOrfl mieUX de le dire à elle avec llBaoCC que de lui faire dire et en parler ailleurs ; nuis, cert(

il i.iut bien prendre garde de n'éplucher pas les actions dc< Supérieures, d'autant qu'elle! ont quelquefois des raisons pour les faire (pic nous ne pouvons pas savoir; enfin, marchons droitement devant Dieu en toutes choses, le supplie son immense Bonté qu'elle vous comble de l'abondance de ses divines Je -m- -il -on amour sacré pour jamais, votre, etc.

CoaCormr «ai itioa Ju I

LETTRE CMLXI

A LA MÈRE ANNE-MARIE BOLLAIN

SUPÉRIEURE DES FILLES REPENTIES DE LA UAfiDELAINE, A PARIS l

Encouragements et félicitations au sujet de l'œuvre de la Magdelaine elle procurera la gloire de Dieu et le salut des âmes.

VIVE 4- JÉSUS î

Annecy, 7 octobre 1629.

Ma très-chère fille,

J'avais bien déjà su votre établissement de la Magdelaine, par ma Sœur la Supérieure de la ville [de Paris] qui me l'avait écrit, dont j'en bénis Dieu, et vous assure que j'ai reçu une consolation très-grande en lisant votre lettre, pour la bonne espérance que je vois que vous avez du bien qu'avec la grâce de Notre-Seigneur vous pourrez apporter à cette maison. Je vous conjure, ma très-chère fille, autant que je le puis, de persévérer en votre sainte entreprise, car j'espère que sa divine Bonté bénira le travail et le soin que vous y prendrez; et il me semble que je vois notre Bienheureux Père qui a une complaisance et une joie incroyables de vous voir dans cet exercice, et qui bénit Dieu de ce qu'il daigne se servir d'elles [de ses Filles]

1 La Mère Anne-Marie Bollain, professe du premier monastère de Paris, eut le bonheur d'élre formée au noviciat par sainte J. F. de Chanlal, qui lui inspira un zèle ardent pour la gloire de Dieu et le salut des âmes : bientôt elle fut à môme de le déployer. En 1629, la marquise de Meignelay, de concert avec saint Vincent de Paul et plusieurs autres personnages de distinction, ayant obtenu de l'archevêque de Paris que le premier monastère de la Visitation de cette ville prît la direction des Filles repenties dites de la Magdelaine, la Mère Bollain fut placée à la tête de celte oeuvre -i difficile. Il fallait pour réussir une vertu héroïque et une capacité iiiro; heureusement elle possédait Tune et l'autre. Sans faiblesse ni découragement an milieu des obstacles qui surgirent de toutes parts, les yens fixés lor Celni qui seconde ou traverse à son gré les desseins de ses laiblei créatures, elle ajourna, persévéra, recommença autant de fois qu'il plut | Dieu d'éprouver sa constance. Peu à peu cette digne Supérieure eut

pour retirer do péché el conduire à une entière pureté* lei à 1 1 n ■ < qu'A i créées, et que Jésus-Chris! a rachetées de son pi écieoi san<

Je ne puis voue exprimer le contentement que j'ai éprouvé en apprenant le fruil el le proGl que ces àm< s tirenl de votre présence el de voire bonne conduite, ce qui procure la gloire de Dieu, l'édification du prochain et la bonne odeur de noire Institut. Tenons-nous bien petites, et nous attirerons par la les bénédictions du Ciel. <Ju»l bonheur <1 avoir été choisies «le la Providence poui cueillir celte ample moisson | Mous ramènerons ces GUes dans la une do salul et nous acquerrons des h. ion (!«• grâces <•[ «le mérites, >i non- sommes Gdèles a l'humilité, a la patience « t ;t l'amoureuse souffrance du mépris.

Certes, 1 1 1 . i Lrès-chère fille, cette fermeté que vous aves a corriger leurs vices fortement, et l'amour et tendresse ■< les supporter, sonl une marque assurée de la présence de Dieu en votre esprit. Continuel donc a (aire ainsi, <■( ne vous point amuser -t [aire réflexion sur tout ce que vous laites. 1 espère que sa Bonté en tirera - 1 gloire efl le bien de c< - pauvres âmes. Je I en supplie de tout mon cœur, el «le vous donner l'ahoo-

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Vincent de Paul, furent approuvées en 1031 par I- Urbain VIII

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