I. i M. : . Kollani fut i le I 5 jui
liei IGW I / S i famé
dance de ses plus chères et précieuses grâces, et à toutes nos chères Sœurs qui sont avec vous, que je salue chèrement. — Nous nous portons toules très-bien en ce monastère, grâce à Notre-Seigneur, auquel et pour lequel je suis d'un cœur tout sincère, votre, etc.
LETTRE CMLXII
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE RLONAY
AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON
Désir de la voir. — Projet d'écrire une lettre au sujet de l'union entre les
monastères.
vive f jésus!
Annecy, 7 octobre [1629].
Il le faut bien faire vraiment, ma très-chère fille, de m'écrire tout au long votre solitude, et le bien et le mal que vous y aurez remarqués. Qu'heureuses sont les âmes qui ne sont embarrassées d'aucune prétention, et qui vivent nues de tout ce qui n'est point Dieu! C'est le désir unique que ce divin Seigneur m'a donné dans ma retraite où je suis dès lundi, mais avec les interruptions accoutumées. — Ne pensez point poursuivre la communauté de la table1; laissez gouverner cela à la Supérieure.
M. de la Faye est bien bon d'avoir pris si doucement ma lettre; de vrai, je ne serai pas contente que l'on ne vous ait laissé venir ici pour quelque temps; car s'ils vous reveulent là, nous vous y renverrons sans contredit, et j'en serai bien aise. Je lui ai pensé écrire que, puisque nous avions usé d'une si grande soumission et respect en son endroit, je m'attendais qu'il userait de revanche, nous donnant le contentement de
t-'i-diie se conformera la communauté pour la nourriture; la dl la Mère de Blonay, fortement ébranlée par une gra\e maladie, exigeai! encore dei ménagements.
vous laisser tenir î doua pour quelque temps, sur I sssarance que, s'il jugeait votre présence être encore on jour util»' là, l'on vous renverrait; mais j'ai pensé que peul-élre ta disposition n'élail pas encore bonne pour cela; vous le manderes. — L'on i rf allé voir si Ton aura les lettres de IL Guichard, qui sonl k
une liene d'ici,
le pense que vous aurez maintenant nos Réponses. L'on s envoyé s Chaïnbérj la copie de céans pour voua la communiquer j voyex-les à loisii el m'en dites dîstinctemenl mire sentiment el ««'lui de nos Hères ; car je lei ai revues à mon loisir, et
n'j ai rien laissé <l<mt j'aie scrupule. Mlles vaudront ce que
Dieu lea fera valoir; au moins sont-elles sincères el conformes s que j'ai appris de notre Bienheureux Père. Je viens de recevoir vos deux lettres de If. Guichard, qui
m'ont loul a (ail consolée; car, VOVeX-VOUS, VOUS m'èle> fille «lu
lin milieu du cœur, le ne puis répondre distinctement, aussi n'en est-il pas besoin, lia prétention pour l'union ne i étend pas >i loin que les propositions que je fais selon les sentiments de ceux qui vous conseilla nt, el non selon les miens qui ne tendent et n'aboutiront, Dieu aidant, qu'à la vraie simplicité que les
- I illes de la Visitation ne désapprouveront pas ; i ir je p'j prétends ni autorité, ni formalité, sinon qu'avec le temps les prélats I» voulussent donner. Or bien, j'en éei irai nu jour s nos
i le n - Sa nrs les Supérieures, quand j'en le loisir et
que j'aurai bien dijjéré mes p< ns< es et a< dx qui me
pressenl pour cela; i h il but écouter par respecl les gens <!«' bien tt qoi affectionnent, surtout quand on ne peul tain qu'ils conseillent Mon Dieu, ma fille, qu'il est beureux qui M tient bien < bes *<>i suprèi d< \<»h m ur el qui \it selon
maximes, el non selon la nature et l'esprit humain! ^ rieur Di< n. que je m'afflijp rais volontiers de v<>n que dans la l isilatinn cela ne s'obet rve p is comme je voudrais I la moins faisonsle, DOUS auli es, le mieux que BOUS poui ions
Oh! que je désire que nous soyons au moins quatre mois ensemble! Employez tout pour cela; car je crois que ce sera la gloire de Dieu; mais en tout, sa sainte volonté soit faite! — Je ne reçus qu'un petit billet du Révérend Père Maillan pour saufconduit de nos lettres; je l'honore de cœur, mais je ne puis plus écrire. — J'écris à notre Sœur la Supérieure d'Autun selon votre désir, c'est un bon cœur franc et droit. — Adieu; c'est tout à fait sans loisir.
Dieu soit béni!
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE CMLXIII
A LA MÈRE MARIE-HÉLÈNE DE GHASTELLUX
SUPÉRIEURE A AUTU
La Sainte loue sa déférence envers la communauté de Paray. — Prétentions
de la Sœur de Morville.
VIVE -J- JÉSUS
[Annecy], 9 octobre [1629].
Ma très-chère fille,
Ne soyez point en peine de nous : nous nous portons très-bien, grâce à Notre-Seigneur, et la ville s'en va être purgée dans peu de jours. Je suis toujours consolée de savoir de vos nouvelles, et je loue Dieu des bénédictions que sa Bonté répand sur vous et votre très-chère troupe, qui vit avec tant de paix et de douceur, et Le supplie les y accroître de plus en plus.
Ne vous mettez point en peine si nos Sœurs de Paray trouveront bon que vous receviez des filles de Charolles; mais faites entendre à la bonne Mère votre procédé. Ne les allez pas chercher, mais aussi ne les refusez pas, d'où qu'elles viennent; et néanmoins je vous sais très-bon gré de cela, ma très-chère fille, car c'est faire en vraie fille de la Visitation. Mandez-le-lui donc, afin de maintenir la sainte union entre vous et nos mo-
INNÉE 1629. m"
naatères. Pour ce qoi est de leur établissement de Paray, il Paul un peu lait ifle affaire a nos bonnes Sœurs de Lyon. Je
leur en ;ii dit C« que j'en pouvais dire : elles en vei TOûl l'e\periciicc; mais je vous prie, laites yen leur Supérieur qu'il ne
leur limite point la dot (\r< tilles qu'elles recevront, car cela leur pourrai! nuire, d'autant qu'il s'en présente quelquefois qui
ont des qualités et dispositions si bonnes qu'elles portent leur
dot
i ii vu les demandes de ma Sœur Ifarie-Aimée [de Horville] de Moulins; je crois que bj l'on lait bien ce que j'ai écrit pour i « Lu qu'il n'j aura nul danger de lui donner ce logement qu'elle désire, avec tout- lois les conditions que j'ai marquées. L'af-
I lire < Bt maintenant entre les mains de ma Sœur la Supérieure
du faubourg de Paris, pour la résoudre avec Messieurs les parents de ootredite Sieur. Voilà, ma Lrès-chère fille, ce que je vous
puis due bien s la bAte, ayant devoir votre lettre et ne pouvant
seulement voir celle de la bonne veuve, notre chère S<eur
|\I.-\lad. Darlay], que je salue chèrement, et prie Dien de répandre sur sa profession le comble d< récs bénédictions, et sur tout le reste de la troupe qui m'est extrêmement cbèi e.
J«- la salue de tout mon CCBUr, mais gortOUl votre chère àme «pie |« M'iis au milieu de la mienne toute jointe et unie .1 mon
cœur, qui est autant tôtre que mien. \iv«/ bon toujours dans l' - maximes dt I Institut et les donnes s vos filles.
U béni!
LETTRE CMLXIV {Inédite)
A LA MÈRE MARIE-MARGUERITE MICHEL
SUPÉRIEURE A DIJOM
Acheminement de la fondation de Besançon et dispositions à prendre pour la communauté de Dijon. — La peste diminue à Annecy.
VIVE f JÉSUS !
[Annecy, octobre 1629.]
Ma très-chère fille,
Le bon Père dom Maurice nous a écrit qu'il avait passé vers vous et nous a assuré que tout se portait bien en votre maison, dont je loue Dieu; mais j'ai été un peu étonnée qu'il ne nous ait pas apporté de vos lettres. Je crois bien que ce n'est pas faute d'affection, car je sais que votre bon cœur est tout mien; mais comme je vous aime chèrement, j'aurais bien pris plaisir, par une si bonne et assurée commodité, de voir de vos lettres et d'apprendre plus particulièrement comment tout se porte en voire cher monastère et en notre Dijon. Je vous écrivis il y a environ deux mois et point dès depuis; je ne sais si vous avez reçu le paquet ; il y avait une lettre pour notre cher M. Boulier, où je lui disais toutes les nouvelles de la maladie; sachez s'il l'aura reçue; il y en avait aussi pour Mgr de Châlon, pour Autun et pour ma fille. Je serais bien marrie si ce paquet s'était perdu.
Le Père dom Maurice nous a aussi écrit que votre fondation de Besançon était prêle : nous serons bien aise de savoir quand vous la ferez; et, si vous y allez, qui vous laisserez en votre place; si Mgr de Langres agréerait que nos Sœurs demeurent sous la conduite de ma Sœur assistante et si nos Sœurs en seraient contentes. Dites-nous bien tout cela, ma très-chère fille, et nous mandez de vos nouvelles, car il me semble qu'il y a longlempi que nous n'en avons point eu. Envoyez-nous aussi, je vous prie, [l'histoire dej l'établissement de votre monastère le
plus au long el amplement que voua pourra, \ faisan! ajouter a que doi Sœora qui ] allèrent d'ici el celles qui sonl de la ville se pourront souvenir, qui est anivi'' à celle fondation.
Au reste, ma très-chère fille, nous nonsportons fort bien, wrh e a Notre-Seignenr. Noos pensions être hors de la prison où nous sommes par la divine disposition, il v, a x'pt mois entiers, mais au boni «le la quarantaine esl survenu do mal en déni maisons, de sorte qu'il la faut recommencer; au reste, il n'j a plus rien à craindre pour le mal, mais oui bien pour la pauvreté el misère que le peuple pâtit. Notre bon Dieu nous fasse la grâce de profiter «le ces occasions qui nous doivent être précieuses. Dites ce peu de nos nouvelles a IL Boulier, ce bon cousin, el que je les aime comme tous nos chers parents el surtout nos
tl es-<hrn s Sd'lll B.
Jr n'ai loisir de plus, car il ne faut laisser passer les occasion*, p iree que nous ne les avons a notre commo lilé. Il n'j a tongtempi que nous écrivîmes a nos chères Sœurs de Lorraine, lesquelles j'aime bien ; mais si vous aves occasion, mande/-!» ur de nos nouvelles et |d salue/ elieremeul de notre part. Ma très-clière fille, notre divin Sauveur vous comble de saint anioui-, auquel je suis toute vôtre, mais de tout mon
omur.
Conforme à une copie de l'ori;|in*l ;|*rdr à I* V itilâl
LETTRE CMLXV
A LA MÈRE MARIE-COXSTANCE DE RRESSAND
SUPÉRIEURE A MOULIXS
\e pas craindre la calomnie. — L'humiliation doit être appréciée comme un riche trésor. — Conduite à tenir envers la Sœur de Morville.
VIVE -J- JÉSUS.'
[Annecy], 31 octobre 1629.
Je vous assure, ma très-chère Sœur ma mie, que si ce n'était notre bon Dieu qui m'attache ici et me rend impossible l'obéissance à votre désir, que j'aurais bien de la douleur de n'y pas satisfaire tout promptement; mais j'espère de sa bonté souveraine, qu'elle vous enverra un meilleur secours. Enfin, ma très-chère fille, il faut embrasser cette croix et généreusement. Tout ce qu'on dit de vous et de votre maison, étant sans fondement ni vérité, il passera et s'étouffera, et la bonne renommée subsistera. Cependant profitez de cette occasion, mais je vous en conjure, car jamais peut-être n'aurez-vous une semblable pour vous conformer à Notre-Seigneur. Embrassez tout, chérissez tous ces mépris, cachez-les dans votre sein et vous enrichissez d'un si précieux trésor. Ne regardez ni la langue ni la main qui vous frappe, mais voyez en tout cela la seule très-sainte volonté de Dieu, qui vous veut rendre conforme à Lui par celle tribulation.
Au reste, si mes lettres précédentes ne font rien et que celte pauvre créature se veuille retirer, laissez-la aller en paix, ou du moins demeurez-y et croyez que la divine Providence ne vous manquera pas. Mais tenez-vous ferme et constante dans l'enclos d'une très-humble générosité et d'une extraordinaire douceur, charité, égalité et modestie. N'échappez en une seule parole de ressentiment et parlez sobrement de ses défauls, avec lapporl el charité : vous verrez que Dieu vous aidera. Ne relOfea 1 assistance de personne- mais, je vous prie, que chacun
INNÉE 1629 corn que l'esprit de Dieu habite en vous et en vos Biles.
\r refoseï aucune soumission, s'il en faut faire, et dites toujours que von- i- res en lool ce qui vous si ra conseillé et (ju" l'évéque ordonnera, que tout votre désir est de vivre en l'observance en votre communauté el paisiblement avec Me bonne Sœur.
Ma in - chère Soin, i cette pauvre créature sort, el qu'elle veuille emporter les meubles qu'elle a donnés, nv lui résistes mai- rapportes-vou! de loul à Mgr l'évéque ou à quelque sain il l'en faul remettre à un liers, et ne lui donner
&ujel <!<• mécontentemenl en cela. Que si i veut retirer,
après lui avoir fail faire les remontrances dues, oh Dieul ma
Qlle, laissa s-la aller, <-i ne craignes point la pauvi Pour la iiil<' (|ni la iert, p irlez-lui maternellement, «-i lui faites parler, el | la vous aine/ L'avis de Mgr l'évéque el
autorité, el le conseil «lu bon Père recteur qui ne vous m querapac J'écris àMgi l'évéque: il nous peut rendre favorable ime la | » 1 1 1 1 1 • laquelle voua devei faire faire la révé-
. .1. lui eusi i n le loisir, mais Mgr l'évéque
prou, Croy< i, m i Irès-chère fille, que c'esl bi< n par force que je suis [retenue ici; m lis il faul le vouloir] puisque i l.i volonté d< Dieu <-i pour son service. Or, si I»1 m.»! continue el que ma présence pu ir, nous avancerons tant que
pourrons les affaires <l ici poor aller li Dieu soil votre nu n èsH hèi e fille, el vous tienne de - 1 main. Il Ii soil béni.
35i LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
LETTRE CMLXVI
A LA MÈRE CATHERINE-CHARLOTTE DE CRÉMAIIX DE LA GRANGE
SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON
Conseils pour la fondation de Condrieu. — Il ne faut pas s'engager à dire l'Office des Morts pour tous les parents des fondateurs. — Sentiment de saint François de Sales au sujet de l'éducation des jeunes filles à la Visitation.
vive -J- jésus!
[Annecy, 1629.]
Ma très-chère fille,
J'ai vu les articles de votre fondation de Condrieu et j'y ai remarqué beaucoup de piété, de civilité et d'humilité en ce bon gentilhomme l qui vous les propose et une grande affection pour cet établissement. Vraiment il est bien raisonnable de faire tout ce qui se pourra pour sa consolation. Mais pour cette première proposition de nommer celles qu'il veut qui soient reçues sans dot, il faudrait obtenir, s'il se peut, que les Sœurs eussent la liberté de choisir les filles, à cause du danger qu'il y aurait que celles qu'il nommerait ne se trouvassent pas propres pour être reçues, et ceci est un point important, pour la conservation de la paix de notre Institut; car, pour l'ordinaire, ceux qui présentent les filles ont tant de désir qu'elles soient reçues que, quand on vient à les renvoyer pour n'être pas propres, on
1 M. de Villais, ayant résolu de se rendre fondateur d'une maison de la Visitation à Condrieu, s'adressa au premier monaslèrede Lyon pour avoir des Religieuses. Persuadée que ce désir venait du ciel, la Mère de Crémaux lui envoya 1rs Sœurs Marie-Denise Goubert, Marie-Catherine de Villars, Marie- Claire Bonchetel, Françoise-Marguerite de Ruffy, Claude-Françoise du Pelons, Marguerite-Charlotte Tantillon, une novice domestique et une loorière. Mgr de Villars, archevêque de Vienne, frère du fondateur, vint lui-même faire l'établissement le 1er janvier 1630, et dès lors il se plut à donner aux Pilles de saint François de Sales des témoignages particuliers 'i MM .ii rite affection et d'une paternelle bienveillance.
Histoire inédite de la fondation de Condrieu.)
les acquiert pour ennemii au liea d'amis. < < il pourquoi, dm très-cbère fille, il faudra bien ajuster ce point, < n lorte que I Sœurs ne soient point généei de prendra cellei qu'elle! ne trouveront pas propres; le Coulomier voua servira d* lomii en («• sujet.
Quant au deuxième article, il est bien raisonnable que madame m femme ail l< i entré* - qu'il d< comme E ndatri* mais pour 1rs autres <j u i viendront après elle, certes, je crois <|if il sera nécessaire de lei lirait* r, 1 1 ar i vil* i l'inquiétude que h - Sœun en pourraient n ( «voir, ne sachant pas de quel esprit pourraient être celles c 1 1 j ï lui succéderont. Pour leur sépulta au lieu «j u ils désireront de 1 . i i la est juste; et lei prier* roui leur pourresdire celles que le Cou tumier ordonne, qui, me s* mble, ion! les mêmes que jour I* i Sœurs, sani loutefoii le
leur dire; niais M ulemeiit <|iie l'un dit tant de mOSS* -, que l\ D
l'ail tant de communions et tant de pi ici l - pour Ie> fondateurs ;
rdc voui charger de dire l'Office des Iforti et autres prières pour sei père et mère, pour Mgr de \ Ienne, ei pour lui et - 1 femme, chacun en particulier, ce serait cou ire l'Institut. Vous le poufei bien dire une foii l'année, leur appliquer la messe el la sainte communion poui i* - père < t mère défonts; mail qu'ar près m mort, roui n'augmentiei pas les prières , aini le 'i une loi» pour toui ensemble a perpétuité.
l'ouï < . quatrième arti* le de l'instruction de six jeunei iil! i til < outre l'Institut de pn ndre d* - p* Dsionuaires; notre Bienheureui Père ne !«• toulul - approoter. fe De laii li
roui Irouterei point i i pitres une lettre qu'il en «<ri-
v .lit .1 une de nos Sop. i j* ur< -, qui était ><dlh it* i d. ion prélat pool ce lujet l- Coutumier permet bien de prendre ti jeunes filles d'entiron dii • douse ans, que leurs parenti .mut quelque dessein d.' fair* Religieuses, pour les instruire el b-
►on* i . mai- non <l iv.ini i i pai iiui, >i l'on p. u\ ,,( obtenir <pi'il l'on donnât I Insli action qu'ils d. -
sirent, au parloir, aux jeunes filles et à quelques amies, les fêtes et encore un jour par semaine, cela se pourrait faire, de la sorte que je vous dis; car, de faire autrement, ce serait contre l'Institut. Et voilà, ma chère fille, mes petites pensées, puisque vous les avez désirées. — Je bénis Dieu de ce qu'il n'y a pas tant de mal en celte petite que vous m'en aviez écrit. — Pour ce qui est de madame Daloz, je vous remets cela pour en tirer ce que vous pourrez et quand vous le pourrez, me confiant que votre affection filiale en aura tout le soin nécessaire.
Voilà que j'écris à AI. le comte de la Faye ; vous lui ferez donner ma lettre si vous le jugez à propos. Je lui dis ce qui m'est venu avec franchise; c'est un seigneur que j'honore cordialement et filialement, tant pour l'amour et le soin qu'il a pour vos deux monastères, qu'encore pour l'affection qu'il me témoigne, dont je lui demeure grandement obligée, et pour ce qui regarde ma consolation particulière d'avoir un peu ma Sœur AI. -Aimée [de Blonay] ici, j'en laisse le soin à la divine Providence. — Nous reçûmes hier vos lettres et y répondrons le plus tôt que nous pourrons; mais celui qui les apporta ne nous donna pas seulement le loisir de les ouvrir; nous les tiendrons prêtes pour les envoyer à la première commodité qui se présentera.
Conforme à l'original gardé aux Archives delà Visitation d'Annecy.
LETTRE <:\IIAV II
\ | \ mi. il K M I il l i: - \ I \l i \: DE B LO \ \\ ii rox
1 --ai BUépril d« lOÎ- l"it |ir<>lmr.' I.i confiance fil Dieu. — Moi
\l Mile Bertille. — KIogede la Mère de Villelte.
vu •
Mon Dieu ! ma vraie fille, qu'il doua esl bonde nous revoir et de trouver des misères en non-! Cela nous enfonce dans le saint mépris de nous-méme, el non- élève i une plus parfaite el ibsolue confiance en Celui qui lient en soi (ont noire bien; je l'aime mieui la qu'en moi-même, Vous êtes grandemenl obi
h immense Bonté; elle vous fournil de grandes lumières
«•i un bon coui i . Corresponde i fidèlement, <•( pour cela mou-
n/ i toutes < choses <-t a vous-même, pour ne plus vivre que
- 1 divine volonté, «'i priei toit pour moi, afin que je Fasse
le même ; je le désire, mail je suis misérable. — Non- jouissons
d'une solitude la plus douce 1 1 désirable qu'il esl possible.
allons nullement an parloir, oh! s'il pouvait dorer, car
mon esprit esl fort dégoûté «le la conversation «In mondi le
1 i ne parlai qu'à moitié bouebe; mais pourtant je ne
veui nullement vivre selon celte inclination, mais comme notre
bon Dieu voudra, cai rien n'esl précieux ni aimable < | ii<- ion
div m bon plaisir.
J< -m- h que l< bon Pèi s ne i oui ait point il itt<
- besoin «le passe r p n- telles mains . mais Dieu ne l«- voulant pas, m mot aussi. Non de vin, vous n'avea point <!<• rmilpe .i v « » f 1 1 (jnel moyen de faire dei i al
Ci la n'. ^i pi- notre esprit II v ml mieui louflrirque l'on noua
lasse toit .pie (le n "imlni , il I ml | |j !., ,, [), ,| ,,, lm,in-
pourencon il ne dut rien remuai le luis bien lise que vous
soyez éloignée de l'affection des austérités du corps, je n'y ai nul attrait, ce n'est pas notre esprit; mais employons vaillamment celle du cœur. Oh! qu'elle est excellente! Croyez que vos lettres ne me sont jamais trop longues ; car il y a une si intime union et confiance entre nous deux, que je sens bien qu'il n'y a rien de semblable. — Certes je crois qu'il fera grand bien à notre Sœur votre Supérieure de venir ici ; mais il ne le faut proposer maintenant. Je l'aime bien, elle a le cœur bon; mais il lui ferait du bien. Je vois, ce me semble, son esprit. — Je n'ose toujours vous écrire selon l'étendue de mon cœur; je crains trop les accidents.
Oh ! la grande perle pour l'Église que l'absence de Mgr de Bérulle! mais qu'il est heureux! — J'écris à M. de la Faye,
mais je ne sais s'il faudra donner la lettre — L'on voudrait
bien que la Sœur Jéronyme [de Villelte] fût ici. J'ai peine de voir que l'on se veut vite décharger de ces bonnes Mères déposées. Elle m'écrit que si j'agrée qu'on l'envoie ici, qu'elle le fera de bon cœur, et je la crois; mais n'étant pas encore bien assurée de notre séjour ici, à cause de cette fondation de l/erceil, nous ne pouvons accorder cela et pour d'autres raisons encore. La bonne Sœur m'écrit qu'elle est fort contente et me dit mille biens de sa Supérieure, et de la confiance qu'elle y a et comme elle lui est obligée. Sa lettre me semble fort sincère, et enfin elle a bien servi celle maison-là [de Saint-Etienne]. Dieu veuille que toutes les Supérieures de la Visitation ne fassent pas pis. La Supérieure actuelle parle un peu au désavantage de celle qui l'a précédée. On n'en est pas édifié, non
plus que je ne le fus pas de ce qu'elle vous écrivit [plusieurs lignes illisibles] ; car celle Mère est grandement zélée au bien de
l'Institut, et de toutes les maisons en général et en particulier : if un cœur droit et sincère et de bon jugement. Il est à
1 1 lindi < que prenant ainsi facilement des petites opinions contre Bon et les disant ailleurs, que l'esprit de charité et
.\\.\u; 162a d'union ne se détruise bientôt astre oooi ; avertisses ifin qu'elle
Je m»- Riif ressouvenue, .1 propos de ce que vont m'é< h de n'avoir nulle coulpe en votre demeure-là, <pi il m'avait sem<- Ué mm voua devic/ prévenir l'esprit dei ScMun avant votre déposition, aiin de les empêcher de préoccuper celai la Supérieur, comme elles firent, en quoi elles manqu Teul fort, selon l'espril d'humilité el de soumission que noire Bienheureoi Père noau a enseigné. L'antre manquement que j'ai trouvé, t lorsque Mgr de Lyoo voua demanda de quelle m ûson vous pensiea être professe, voua lui répondîtes que voas avies pria l'habit et le voile noir en celle de Nesay, el j'eusse voulu que vona eussiei «lit franchement que vous éliea de ce monastère, in quoi voua «lie/ particnlîèremenl obligée à Dieu, el que vona n'avili fait aucun acte de profession à Lyon, comme il esl vrai :
\oil 1 lout , surquoi il n'j B nulle eoulpc.
Conforme a I oriyiiitl gat.l.- m\ Air!. \. | .!■ | V - I itioa il'.lir
LETTRE CULXVIII
\ l.\ Mi. m. i:\iiir.uiVK-oi\iti.oiTr-: l)i: CaélIAUX in LA utw.
•ITCltlMtir AU rilKUKR V. I». L\.'\
■ iiH-m. - 0a m 1»' ■(
vu
laatq II
B mi m. Dtû Irèa chère Bile, votre cœur ai plein de
bonté cordiale pour moi me ravit tout • (ait; mail je ne pu comment voua ponvoii plui aimer que je fais, parce que je aena que c'est de tout mon cœur, el je voudra amoini
aller BU delà, li je pouvais, pu re< mm iis>.mee île voire houle.
Qi mis, M 11 uippiéera ï tout, el je aupplie sa bonté «le voui
rendre loule selon son Cœur, en douceur, en humilité, simplicité et vrai mépris de tout ce qui est créé, et qu'en votre cher cœur et en tout votre gouvernement ces divines vertus paraissent et éclatent de toutes parts. Certes, je vous le dis comme à mon propre cœur, et selon que je le désire faire moi-même. — Oh! il est vrai que je souhaite toujours notre chère Sœur M. -Aimée pour quelque temps, car certes je désire qu'elle serve à Lyon tant qu'il sera jugé à propos. Mais, mon cher enfant, c'est la vérité que cela ne doit pas venir de vous; Dieu donnera quelque ouverture. Soignez toujours hien sa -santé, car elle le mérite.
Je vous laisse tout à fait de gouverner Derobert et le reste de celte affaire. Je lui ai écrit à Paris, je pense qu'il sera étonné de ce que vous avez obtenu. — Je désire fort de savoir des nouvelles de nos Sœurs de Valence. La Mère [M. -Hélène Guérin] est une colombe que j'aime chèrement; faites-lui mes recommandations, car je ne puis écrire. Votre sûreté n'est que trop ample. — Mille remercîmenfs de la poudre; croyez qu'en tout ce qui sera possible nous vous servirons toujours et de grand cœur. Rien ne rne manque que le temps et la force d'écrire de ma main, étant incommodée de le faire.
Voilà une bonne croix pour votre maison que cette petite nièce, car si M. de la Faye ne la veut retirer avec franchise, vous gâterez tout vers lui; il ie doit toutefois h cause du mal caduc, cela étant contre la Règle. Ce mal surprenant effraye à merveille les filles. Nous avons toujours fait renvoyer celles qui s'en sont trouvées atteintes. Pour son innocence, je la garderais, mais sans lui donner l'habit; car assurément il ne faut p i- obliger aux vœux celles qui ne sont pas capables de les obfc i w r De vrai, ma fille, si ce mal ne peut guérir, il faut trouver moyen de s'en défaire dextrement avec un peu de loisir. — Croyez, ma très-chère fille, que ce me serait une consolation incomparable de vous revoir encore une bonne fois; mais il
faut attendre que Dieu le veuille, car je De sais s'il pi lira a Dieu. \Ii très-chère fille, en vérité, je suis toute vôti
Conforme à Tori^inal garuV aux Arcliiv.» <!•■ Ii V
LETTRE CHLXIX
\ 1. \ son i: M IR1E-J ICQI i i.i\i. COU PAIN
\ \J'i\TM l.ll Wll
La Sftiob n réjo ;u de l'éle :tion '!«• la Mire «le Préchooiet.
VI VK ; lit
Umeq 1629.] \I \ 1 1 ; i , — « : n i î i i : PILLE,
i. me réjouis il<i loul mon cœur avec vous du bonheur que . ip< pe qui viendra a votre maison de la bonne élection qu'elle ,i faite; car cette chère Mère a l<' vrai espril <i< la Visitation. Dieu donc en >"it bénil Mais il faudra faire ce que j'écris, i e me semble : vous l«- vern / dans sa lettre <•( [dans celle] <!<• notre Sœur Dssisl inte, comme aussi ce qui louche l'élection. Il d \ i rien dam l'inslitul do contraire i ce <in<' les Supéri< urs, les uns et lei autres onl lait et feronl en cela. •!«' <li< ce que notre Bienheureux Père i fafl i< i : si mi » v «•« | n < • faisait le semblable, j<i ne conseillerais pai bus Religieuses «le lui montrer de la méfiant
Mon Dieu! qu< khin faites sagemenl 'lf no laisser dire cette nouvelle d< m «lin* votre communauté; nulle ne le sail
| i ; i ■ i « 1 1 e ( j 1 1 | é CTÎ I -<'ll> II! < . I! I I 1 1 . 1 1 IV I 1 1 ( I . - . I e I ■ |
fille, je mi >e d'< crii •• «le m i main. \ oui 1 1 1 1 - 1
loul dans la lettre que \\ i m- i notre ch< v n ! i Supérieure; faites bien ensemble ce que je lui man I M • n par sa honte, vous continue les cii jusqu'au comble de l'extrême
pei i» < lion «-n - 1 Pi .»v i<1< m i fille toute
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Coofnru
3(i2 LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
LETTRE CMLXX
CIRCULAIRE ADRESSÉE AUX SUPÉRIEURES DE LA VISITATION
Situation du monastère d'Annecy pendant la peste. Précautions prises pour le préserver de l'épidémie.
Maintenant que nous voici sur la fin de Tannée, ma trèschère fille, il vous faut bien dire un peu de nos nouvelles, qui, grâce à Dieu, sont très-bonnes, sa divine Bonté ayant, comme nous pensons, préservé cette maison du mal qui l'a si fort environnée. La ville n'en est pas encore entièrement purgée, quoiqu'il y arrive peu de mal; mais cela nous tient toujours dans notre prison, et fait que le pauvre peuple souffre des nécessités et misères très-grandes. C'est pourquoi nous le recommandons de tout notre cœur à vos prières et toutes les autres misères et nécessités publiques; car, selon que les hommes jugent, si Dieu n'y pourvoit selon la grandeur de ses miséricordes, ils pensent qu'elles seront encore plus grandes l'année prochaine que celle-ci. Mais, pour moi, j'espère que sa douce Bonté fera abonder les biens où tant d'afflictions ont régné, et ont été reçues par plusieurs avec beaucoup de soumission et d'actions de grâces.
Pour celte maison, il me semble qu'elle n'a pâti ni au corps ni en l'esprit; rien du nécessaire pour l'entretien de la vie ne nous ayant manqué, grâce à la divine Bonté, nos jardins ayant suppléé à tout plein de petits besoins, excepté que nous avons eu faute de tassineset de verres, que nous avons été contraintes de boire dans les grandes salières de bois et des tasses de confitures, et qu'ayant distribué une partie de notre provision de blé aux pauvres, il nous a manqué dès le mois de septembre que dous avons eu grande peine d'en avoir jusqu'à maintenant,
si qu'il a fallu maoger de gros pain, ce que nos chères Stton ont (ail fort allègrement. El quant à l'esprit, je loi il toujours rnei dans '«mr tranquillité ordinaire, lani qu'il aoH jamais pari dans 11 communauté aucun effroi, trouble, ni appréhentioa;ains aile a cheminé eiactemenJ el Mm retranchement de chose quelconque dans les exercices ordinairei de noir.- v lion, avec h paix et sa joie accoutumées, bien quesouvenfes (bii non- avons eu d< isioni de bonnes el fortes al urmei ,
tant dedani qne de la pari de ceux <lr dehors. Nous pensâmes être des premières prises, i ir [le maître] de la maison où le m. il commença et ) fui assea longtemps sani que Ton s'en eperçAl étail charpentier el travaillait céans avec ses leri itenn .
cl on leur apportait leur vivre de là dedans, lequel notre So-ur portière maniait el leur donnait; et même, lei Sœurs
allaient parmi eux pour la charpenterie née. --tire au para lis [ou reposoii de l'église], jusqu'au jour qu'ils Curent enfermés,
que le maille n'était pai venu, mais seulement >on valet, qui
trouva le soir la porte fermée chei lui, quand il s'en retourna.
Diverses autres Ibis, la divine Providence nous i préaen du péril éminenl de ce mal, ou (\^> bons ecclésiastiques, qui venaient dire la messe («ans, nous oui mises, en étant déjà quelque peu atteints. Or, comme on l'appréhende el l'eu étonne-t-on extrêmement en <-e pays, des qu'il fut découvert i la ville, toutes les personnes de qualité, magistrats el bourgeois se retirèrent lui champs, de sorte qu'elle demeura eotii
ment di slilm <■ <le tout irs, lioriu -lui qu.- Dît u \,
poun nt par l'entremise de M ;i d< <. ève et des < \I lis
j( crois que notre Seeur Is Supérieure <!.• <;iiam!>. rv, imi> a déjà
i < omme ce bon el digne prélat a assisté sou pi uple, non-
SOUleUM nt de vrv m,i ,|,,'i| |,.|ir a (leji.irtîs SVl ifa i I Hliv
et ( huiii incroyables, mai> i m m.- de sa personne, a Iministrtnt v iaitanl • I « anaolanl les | el \ em-
plovanl m — i les ecclésiastiques de sa maison, dont \I dr
Boisy, son neveu, et l'un de ses aumôniers en sont morts. Et dès lors, voyant que le mal était si enflammé, on fit sortir presque tous ceux qui étaient restés dans la ville, et les envoyat-on en cabane par les montagnes afin de la pouvoir plus tôt nettoyer, et par ce conseil que Dieu donna, il y resta peu de personnes, et l'on sauva la vie à plusieurs.
Mais il faut que nous vous disions un peu par le menu comme nous nous sommes comportées en celte occasion de la maladie, afin que vous nous disiez ce en quoi nous avons manqué. Premièrement, quand nous vîmes que le mal s'échauffait, nous fîmes prier les ecclésiastiques qui venaient dire la sainte messe céans, de s'en abstenir; et par l'avis de Mgr de Genève, l'on fit mettre un autel proche de la grande porte de l'église, où les seuls ecclésiastiques de sa maison disaient messe, et le peuple l'entendait depuis la rue, de sorte qu'il n'y avait plus que ce digne prélat qui la dît au grand autel. Nous fermâmes aussi notre parloir à toutes sortes de personnes, excepté à lui et à ceux de sa maison, qui était bien la plus exposée de la ville, et celle dont la communication nous mettait au plus grand péril ; car non-seulement il administrait les sacrements aux malades avec ses prêtres, mais aussi tout le reste de sa famille était employé à distribuer les aumônes, que sa maison et la nôtre faisaient aux pestiférés et enfermés. Mais quel moyen, ma trèschère fille, de voir ce bon et digne prélat se priver, comme il voulait faire, de la seule consolation qui lui restait de se venir un peu soulager céans de l'extrême douleur que son âme souffrait, pour la grande compassion qu'il portait à son pauvre peuple, qu'il voyait si affligé?
Outre que c'eût été nous priver d'une très-rare consolation que nous recevions, voyant la grandeur de son courage et de son Bêle au bien dei âmes, ce qui nous fortifiait et aidait merveilwosemenl a (aire le total abandonnemenl de nous-mêmes entre Ici brai fl< la divine Providence, à laquelle, comme vous voyez,
INNEE 1629 par C6 pelil récit, nous avons l'entière obligation <le la cooseï valion «le ce mooastère el ans prièrei <le notre sainl IVie.auquel, après Dien el la Sainte Vierge, doua avion- tonte notre
eonli.m
Pour le reste de l'extérieur, noua avons usé de toutes les pj cautions possibh r nous limes provision de quantité de
Farine et de bois pour chauffer I»' four, el retirâmes au dedans une de nos Sœurs lourières pour faire le pain et les lessi
deoi furent laissé* - a Nouvelles, qui est un que nous «vous à un |»< lit quart de lieue <le la ville, d'o nom apportaienl ce qu'elles pouvaient ps isus !<• lac, de sorte que non- ne faisions prendre chose quelconque dam ville; el de crainte que nos chats qui y allaient ne nous ap|
ei ( le mal, noua les limes lu< r. Or, comme I. - gêna de chei véque venaient souvenl céans, nous fûmes contraint de laisi i une lionne ei \ ei i m n >e prétendante, <|ui a trois sœurs qui oui prit l'habit en ce mon istère, dehors au tour pour leur ouvrir la porte; mais certes elle j mourut, sans autre apparence de peste que quantité «le lac qu'elle jeta depuis <|u i Ile fut morte, L on iii venu- une femme de la ville pour la servir, que
- ! tissam< i faire sa quarantaine dans le parloir. - Nous fîmes aussi dès I commencement serrer les plus précieui ornements de la - tcristie dans nue chambre bi< a cachet* e, avec tous les meuble* el habits dont on n'avail pas n< i pi. -.nie, don-
nai i dehors cens qui étaient nécessaires pour duc la sainte lesquels nous ne relirions point, .nu- notre clerc les s pi . n. ni on tjne les but « tvec du pap
ou quelques feuilles d'herbes pour les jetei dans l'eau avant que «le les louch< i . el de même faisait-on de (oui ce qui venait de «leimi v, que I on parfumait, on quand c'était ni «I. - ustensiles, comme ce que l'on rapportait I- tors M. Michel, notre eon
leor, (] u I a toujours sou vivie de céaOS, <»u le imitait dans l'eau. el ne [OU 4 h iil-on l< lonl ijii'.iv | •< dn |u|h.i ,
L'on avait donné obéissance aux Sœurs, que dès que quelqu'une se trouverait mal, pour peu que ce fui, elle en avertît et se retirât en une chambre destinée à cela, hors du commerce des Sœurs; plusieurs desquelles ont eu des grandes enflures de cou, des grosses gales au visage, qu'on ne savait si c'étaient des charbons, des accès de fièvre, des grands maux de cœur et dévoiements d'estomac et semblables, qui donnaient doute que ce ne fût le mal contagieux. Quand cela était, l'on destinait tout promptement deux Sœurs pour leur service, lesquelles, après avoir pris la bénédiction de la Supérieure, allaient gaiement prendre le lit de la malade, qu'elles enveloppaient entièrement dans la couverture, puis nettoyaient et parfumaient entièrement sa cellule, y laissaient un gros parfum, ouvraient la fenêtre et fermaient la porte; et quand elles emportaient ce qu'elles y avaient pris, deux Sœurs allaient, éloignées, l'une devant, l'autre derrière, avec du grand parfum, les portes des cellules et lieux où elles passaient étant toutes fermées. Incontinent aussi, on faisait bien parfumer tout le monastère, et les Sœurs auxquelles on faisait prendre quelque préservatif plus spécial. Et bien que deux ou trois fois l'on eût beaucoup plus de probabilité que le mal y était, néanmoins je u'en ai jamais vu de l'étonnement parmi nos Sœurs, qui prenaient leurs petits remèdes fort joyeusement, chacune se tenant dans la disposition du départ, comme elles en étaient averties; car nous étions résolues de ne pas exposer notre bon et vertueux confesseur, et que si quelqu'une eût eu besoin de se confesser, il l'eût ouïe, mais de loin; et, pour les communier, il eût mis le Très-Saint Sacrement entre deux petites lèches [tranches] de pain, puis l'eût posé sur le lieu préparé à cela, où celle qui servait les m al.irlfs le fût venu prendre le plus révéremment qu'elle eût pu; car c est ainsi que l'on confère les sacrements en ce pays ■■s. pestiférés. Xousnous étions aussi pourvues de préservatifs el remède! requis à ce mal, et de l'intelligence nécessaire pour
\wi.i; 16*9.
les appliquer; parce que pour médecin et chirorgien il n'en (allait point attendre ici, ni penser de (aire entrer personne pour Eure le fosse au cas de mori : nos Sœnn l'eussent laite elles-mêmes en on lien fort reculé dans le jardin que bous
avons hors l'enceinte de la \ille, et qui est néanmoins clans
noire endos.
le ne veux pas oublier de von> dire ici le grand courage avec lequel nos Sœurs l'étaient résolues de s'assisti r lune l'autre, et connue elles |*J BOttl toujours offertes avec tant de
franchise et de cordiale charité, qu'elles en ont [donné] bean-
roup de consolation et une entière satisfaction, non-» ub nient à la maison, mais aussi à M{]r de Génère, et à tous c< u\ qui Pool M. \otis avons «té en grand péril pour ce qui était de IV, lu. n'en eyanfl Bile Celle d'ua beau canal courant, qui sort du lie, au Ion;; duquel est pose l'hôpital d< •> pestifi rés, « t Ton y
avait mis les cabanes de ceux qui Elisaient quarantaine, entre h Maeli plosieurs monraîenfl tout proche du monastère, en
soi le que tout M punliait et nettoyait en celle même eau ; « pourquoi nous en faisions prendre di-< la fine aube du malin ce qu'il mm» < n (allai! pour tout le jour. I/ou prenait quelques
petite préservatifs après la messe qui le disait à la fin «le Primé, et le reste de l'Office à l'heure ordinaire. Pendant i ides
chal< noua Fhnei séparer les Sœurs eu deui chcBun : les
DUOS disaient l'OHicc au chapitre , « t les autres au (lueur, semaine par semaine, -t ne s'assemblait on qm pour la
un «;-»
Aui récréations et assemblées, Di avait ordonnance aV
i un p< ii. e l'une de I lutrc et < n se parlant i
méni. V n- M prenioni point d'eau bénite que dans nos cellule-, oè celles qui (but la vi-ite le soir • t lenMtinn'ensraieul
; i L'on ne < hanjn ail point aussi les ser\iclt< - au n l« « loire,
et chacune laissait le reste de ion pain plié dedans, roui les
malm- et le Soir Une SotUr portail rlu parfum par les cel-
Iules, au chœur et par le monastère, et l'on ne baisait point terre ni la main de la Supérieure.
Pour les prières extraordinaires que nous avons faites, tous les jours après la messe, nous disions la Stella cœli, le verset et Yoremus. C'est une prière que l'on tient être très-agréable à la Sainte Vierge, et que nous disons toujours de bon cœur tandis qu'il y a bruit de peste au pays. Outre cela, après None on disait ses litanies, le Sub tuum et Yoremus Défende, quœsumus.
Nous faisions fort souvent des neuvaines de processions en divers oratoires, et nos Sœurs en firent deux particulières par le cloître, pieds nus et la corde au cou , avec tant de dévotion, qu'elles tiraient des larmes des yeux de celles qui les considéraient, et à la fin elles allaient faire une forte discipline d'un Miserere. Mais tout cela se faisait y élanl excitées plus par la commisération que nous avions de la grandeur de l'affliction du peuple, et pour la conservation de notre bon prélat, que pour celle de celle maison; et il semblait que cette manière de prier était ulile et agréable à Dieu. Mais spécialement nous remarquâmes de l'efficace aune neuvaine de processions où nous allions premièrement en l'oratoire de Notre-Dame, puis en celui de notre Bienheureux Père, implorer leur secours vers \otre-Seigneur ; et de là nous montions en celui du Calvaire, où l'on disait une anlienne de la Sainte Croix, et la Supérieure le Hespice, quœsumus : cl, de vrai, j'ai reconnu que nos Sœurs faisaient ces dévotions avec grands sentiments de piété et compassion envers le peuple. Nous dédiâmes aussi nos infirmeries que l'on a bâties nouvellement sur le jardin, à sainte Anne, à saint Sébastien et à saint Roch , et y portâmes leurs images procettionnellemenl, lesquelles la Supérieurealtacha en chaque étage, et J dil les antiennes et oremus propres en chaque lieu. Outre cela, la communauté a jeûné deux fois, c'est-à-dire trois loui les jours, on a (ait deux fois le tour; et celles qui jeûnaient
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faisaient la sainte communion, des pénitencei ta réfectoire, la discipline et demi-heure d'oraison extraordinaire;
Voila, ma Irès-chère fille, ce qui s'est passé ici dorant cette Iribulation, pendant laquelle nous avons connu qoelqui chose de la valeur de l'affliction, et des grands biem que Di( d cache ioos son écorce, (j u i parait si dore soi yeui da inonde, mais (jui est abondante <n ses fruits. Car il faut confesser ingénument qu'elle contient les irais et plus riches trésors qui se puissent trouver en la vie spirituelle, et desquels, si nous avions le goût un peu bien affiné, nous savourerions la douceur et !<• prix (jui est inestimable, <'t incomparablement plus désirable que lous les contentements et consolations que cette vie puisse fournir.
\<»> monastères nous ont témoigné en cette occasion une charité si cordiale, <'i nous oui assistées <!<' leurs prières avec tant d'affection, que cela nous adonné une consolation très*particu-
■ el beaucoup de sujets de bénir Dieu, de voir des fruits si suaves de la sainte union qu'il a répandue parmi nous. Sitôt que nos Irès-chères Sœurs les Supérieures de Paris et la digne et Irès-vertueuse fondatrice du premier monastère eurent appris la nouvelle que la peste était i< i , elles envoyèrent promptement un homme exprès, avec force préservatifs contre ce mal, et chacune trois centi livres pour nous secourir, si nous en • m liais cela se fil par un amour -i véritable el une
licipaiion uY nos allliriions - inde, que jamais cette charité or se peut as* i ni ne m- peut et doit oubli* r:
■ !!• i pâtissaient plu- que nous, par 1 1 a andeur de I .ippi.li. Dsion que leur charité l< or faisail avoir qu'il m- n
.ni iv. il 'in mil.
Moi n oui aussi ren lu tout le secoui i
le l«*iii i !>:••:, i qu'ils «ait pu , leur pays. El
poui m., irès-chères Sœurs de Lyon, que n'oni-clles pas faii
cetti ( ombien ces ileu\ l>onn< s Mères nous ont-elles
envoyé de messagers exprès avec quantité de choses pour notre soulagement, et des préservatifs des plus exquis que je pense qui fussent dans Lyon! Et la bonté du cœur de ma très-chère Sœur la Supérieure du premier monastère, qui, sachant l'extrême pauvreté et nécessité du peuple et voyant que sa maison n'avait pas sujet de faire des aumônes, en eut une si grande commisération qu'elle nous écrivit qu'elle désirait que nous employassions pour elle jusqu'à trois ou quatre cents écus pour le secourir, charité cordiale et qui me console extrêmement. Car il faut dire ici en passant que le défaut de commerce et d'assistance, qui a tout à fait manqué ici, a réduit non-seulement les pauvres, mais aussi ceux qui avaient bien de quoi s'entretenir avant la maladie, à une telle et si grande nécessité qu'il fallait départir l'aumône à tous, et faut encore continuer jusqu'à ce que Dieu y donne bénédiction, par l'entier rétablissement de la santé et le retour des magistrats et bourgeois.
Mais avant que je finisse celte lettre, je vous vais dire tout confidemment quelque chose de la bonté et vertu de nos Sœurs. Nous n'avons que deux novices, et sommes quarantetrois professes, entre lesquelles il y en a plusieurs qui ont de bons talents et dispositions pour rendre du service à la Religion, et toutes vivent avec un respect et union si cordiale, et leur récréation et conversation est si gracieuse et suave, que je vous assure, ma très-chère fille, qu'il y a de la consolation à les voir. Elles sont fort pures et égales, et marchent, grâce à la divine Bonté, gaiement et fidèlement dans l'exacte observance (,l aiment fort leur vocation, en laquelle elles vivent avec beaucoup de paix et contentement, et sont grandement affectionnées à l'oraison : aussi n'en perdent-elles point des extraordinaires que la Règle permet, si ce n'est par vraie nécessité. Elles disent fort bien l'Office, et, ce me semble, selon le genre de notre Bienheoreui Père, qui voulait qu'on le dît doucement et sur un ton foi t médiocre. Bref, si je ne me trompe, c'est une troupe
lîmablc el bien digne d'amour et d'estime. Nom attendons encore le retour de quelques-unes de doi Su nra qoi viennent pour reprendre ici Pair du premier esprit [se retremper dans leur première ferveur],
Or bus, c'esl bien tout dire, ma Irëa-chère Elle. Nom \ prions de faire du peu »lr pari de ces nouvelles à nos chèrei Sœurs, et de leur dire qu'elle! nous continuent toujours l'as
lance de leurs prier. •> et la cordiale dilection qu'elles ont p nous, qui les saluons très-chèrement, et leur souhaitons un saint
roissement en la parfaite observance, et l'abondance i\*> plus riches bénédictions du ciel, étant, d'une affection incomparable, votre très-humble el indigne Sœur el servante en Notre- S ju( or,
Sœur Jbadmb-Fbjivçoisi Piémtot, de ta \ ifitalion Sainte-Marie.
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