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A LA MÈRE ANNE-MARGUERITE CLÉMENT

SUPÉRIEURE A MONTAr.GIS l

Dans les consolations, l'àme doit regarder Dieu plutôt que savourer ses dons. — Soins à apporter au bon choix des sujets; craindre surtout les esprits légers. — Il ne faut rien changer au chant de l'Office. — De l'entrée des dames séculières.

vive f JÉSUS !

[Annecy, 1630.]

Ma très-chère fille,

Selon que vous m'écrivez de ce qui se passe en vous, cela part de notre bon Dieu. Je ne saurais rien ajouter à ce que vous me diles que vous faites, qui est de ne rien faire, mais vous laisser à la merci de l'amour et recevoirhumblement les lumières et grâces qu'il veut bien vous donner; car ce que vous m'en marquez est solide, et il ne reste aucun lieu de douter. J'ai ce seul mol à vous dire, ma Irès-cbère fille : demeurez en paix pour ce

1 Les lettres de Sainte de Clianlal à la Vénérable Mère Clément n'ayant 1 té ( onservéef, on a dû se borner à reproduire la réunion de plusieurs nenli tell qu'ils se voient dans sa Vie manuscrite gardée aux Archives de l.t V isitation d'Annecy.

qui regarde voire intérieur, car Dieu ^ est, mail muii doute, l'our ce (jui est des sentiments sensibles à la nature, vous d< ves vous divertir de cela et n'en faire mil cas, mais vous tenir ferme ,i ne regarder que Dieu simplement, muii vous abandonner loi :;<>ù(s et suaiiifs que la nature peut prendre en telle* cbos<

Vous ne devez point faire de icrapole, ma très-chère fille, de (lornu r quelque peu de temps à ces âmes, qui désirent de communiquer avec vous de leur conscience, car il faut faire tout ce que Ton peut pour la consolation <lu prochain, pourvu toutefois que cela le fasse sans aucun intérêt «le ce que vous devei a nos Sœurs et à voire charge; car il Tant payer les délies avant que de faire l'aumône. — Puisque la Règle donne liberté am Sœurs «le parler de leur conscience à des personnes capables, il leur faut ôler ces faiblesses, de oe pas vouloir l«- demander; et quand elles en amont besoin leur donner courage <!<• le faire, sans qu'elles soient obligées «le «lire l«' lojel à la Supérieure ni autre. — Surtout, je vous conjure, ma Irès-chère fille, je vous recommande et vous prie au nom de Dieu, de 1 > î < * n prendre garde sus «-puis que vous admette/ en votre maison; eu- quoique voua les puissiei supporter, peut-être qu'une autre Supérieure après vous n«' l«' pourra pas faire «le même, et ainsi lera on continuel exercice pour lei unes et pour les autres; et ce serait une grande charité <1«' laisser les esprits mal laits dani l«' monde, plutôt quede les recevoir, parce qu'ils peuvent beaucoup nuire i la Religion. Il esl vrai «pu1 I 'on ne doit pas i m. d'étal <!<• l'amendemenl <|u<' tout les filles, étanl proches le lempi de I « profession. Si celle que vous me dites a l'espril naturellement léger, voua ^ ,v. /. ma Irès-chère fille, que la le dit lout clairement qu'elle ne doit point être reçue. Pour moi,

je ne la ivinnih point, quille il « ut lui nu uni lionne

année de noviciat Pour « ■• Lie autre, il serait beaucoup meilleur

qu'elle Se portât » umitilK r son jugement et ^a volonté, (jue non p U au\ SUSti i i!«> coi porelles.

Pour cède Sœur [prétendante] que vous avez mise dehors à cause des écrouelles, si elle vient à être guérie par l'attouchement du Roi, il n'y a point de doute que vous ne la puissiez reprendre. — Il me semble qu'il ne faut pas nommer les personnes qui nous disent quelque chose secrètement, et si c'est chose de péché et de conscience, il en faut tenir le secret. Pour le reste, on le peut dire à quelque âme discrète, quoiqu'il serait mieux de n'en point parler, si n'était pour quelque nécescité ou utilité. C'est autour de tels esprits qu'il y a beaucoup à travailler pour Dieu, où je supplie sa Bonté que vous agissiez ainsi. Il les faut cultiver doucement, persévéramment et courageusement, enfin renvoyer celles qui ne seraient pas propres. Mais, pour les infirmes de corps, ô ma fille ! il les faut cacher et conserver dans notre sein. Notre saint Fondateur ne trouvait pas bon qu'on s'arrêtât aux infirmités des filles qui ont des talents propres pour la Religion : nos Sœurs ont tort, si elles s'y arrêtent trop. Il n'y a point de doute que vous ne puissiez laisser novice votre Sœur tourière, qui n'a pas envie de faire profession, car, par ce moyen, vous garderez votre liberté, et elle, la sienne.

Pour ce qui regarde le chant de notre Office, c'est la vérité qu'il me fâcherait bien si on le changeait; il n'est point trouvé désagréable par deçà, pourvu qu'on le chante comme il est marqué sur un ton modéré, d'une voix douce et un peu gaiement; très-assurément on le trouve plus dévot que désagréable. — Pour ce qui est de l'entrée de cette bonne dame veuve, si vous voyez qu'il y ait de l'utilité pour votre maison et du profit spirituel pour celte âme, et qu'elle ait toutes les bonnes conditions que vous dites, vous lui pouvez donner l'entrée, pourvu que votre digne prélat le trouve bon. Je vous avertis seulement que c'est une grande sujétion de donner l'entrée aux dames •' filières, et qu'il ne faut pas le faire sans l'avoir beaucoup considéré.

ANNÉE 1630 '.Il

LETTRE CHLXXXVI

M PÈRE DOU «i u.n.i i: \\\x \i;i I i.

I le li Itère Anoe-Mirguerite Clément.

v h k ; itfsi

\iint c ff létriei 1630.]

M<»\ l'u.VI.KKM» Pl.KK,

Le divin Sauveur soit par son amour la v ie de votre âme !

Nom remercions Irès-humblement Votre Révérence d<i la congratulation qu'elle nous l'ail, de ce que Dieu a préservé celle maison, au milieu i\r> déluges d'afflictions dont il Lui a plu visiter celle pauvre ville, et puisque sa charité esl si grande pour dous, ]•• 1 1 supplie d'en offrir une bis le sainl sacrifice de 1 i ne --.' en action de grâces à la divine Majesté.

.!-• suis très-incapable, mon très-cher Père, de répondre ulilemenlè votre lettre, touchant ma Sœur la Supérieure deMontargis. -le prie Noire-Seigneur qu'il me donne sa sainte lumière, afin que je !<• Fasse selon ion bon plaisir. Cesl nue âme en laquelle on a vu toujours beaucoup de traits d'une spéciale communication de Dieu : Ton a toujours vu en elle une vraie liumi-

litéj une sol de charité envers I«' prochain et une grande droiture «•t sincérité envers ici Supérieurs, avec on grand amour a la mortification et a la pratique des veiius; <t tout cela ><>nt de solides dispositions, «pi oui accoutumé pour l'ordinaire d'être favorisé* - de Dieu. Je v<»is qu'il donne a Votre Révérence une si claire el délicate lumière pour discerner les mouvements de : icc i n < > lie âme, el (pu- vois la conduises par des i

-i lages ri si solides, <|iie j'.ii plus a \ admirer cpi'a parler. -I

vous dirai seulement, mon Irès-ch i Père, «pu- y n'ai rien vu de plus net que '«• 1 1 le cb< re Sœur : elle s'exprime

en dei termes si simples, si 1 1 1 1 m I » I r s ,| >i n.tifs, et inonln

distinctement les opérations de Dieu en elle et les mouvements de son âme, qu'il m'est impossible de croire que ce soit autre chose que l'esprit de Dieu qui la meut. On dit communément que le bon arbre porte de bons fruits; les effets de cette oraison portant le fruit de la pratique des solides vertus, comme ils font, je ne crois pas qu'il y ait rien à craindre. Avec votre congé, mon très-cher Père, je vous dirai seulement que le silence intérieur avec l'anéantissement dans ces faveurs si grandes sont, me semble, bien convenables. Elle m'écrit une bonne partie de ses sentiments, sur quoi je lui réponds courtement, mais assez selon ma pensée ; elle se doit fort peu regarder et ce qui se passe en elle, se contentant d'arrêter sa vue à celte unité et simplicité de présence de Dieu, le laissant faire. Pour ce qui est de la communion, Votre Révérence lui en fera user selon que sa prudence et discrétion le jugeront à propos. On dit que Mgr de Sens est un prélat de grande piété et fort intérieur ; j'ai pensé que s'il allait là, qu'étant ce qu'il est à cette maison, il serait bon, si vous le jugez à propos, de lui communiquer ce qui se passe en celle chère âme, et que l'on en pourrait recevoir beaucoup de lumières, ou du moins, que ce serait toujours assurer les affaires. Je suis bien de votre sentiment, qu'il serait bon qu'elle écrivît ce qui se passe en elle.

Extraite de la Vie manuscrite de la Mère A.-Marg. Clément.

LETTRE CIILXXXVII

\ i. I \n.ui: ji; \\\i; \i \i;«,i BRI 1 1: CH \m

Ml. i».i . ( \ i .1.1 i I6SCI

Con : - rar la m<>rt de Hgr <!<• Revol, évéque de Dol. - Véccssil

transférer ailleurs la eomnaottite* <!<• eelle ville.

V IV K y JK-I il

I i I fi vricr I

M \ TOUTE itowK kt ïi;i:s-i:iii i;i: nui.

J'ai ressenti avec beaucoup de doolear de cœur la perte <j ne pool au-/ faite de ce bon el digue prélat, qui vous était vrai père. J'appris lentement hier quiétail le I » de ce moii cette nouvelle, par la réception de la vôtre «lu -1 octobre, et aujourd'hui j'ai lait la sainte communion pour lui, que j'espère en la

bonté el miséricorde de Dieu, être jouissant de la gloire, on en chemin pour ^ aller, lu quanl à vos aotrei afflictions, ma trèschère fille, ions êtes bien beureu>e de n-ecioir CCS visites «le

Notre-Seigoeur ; car i esl a cens qu'il aime à (jui II les envoie, alin dr les rendre plui conformes à Lui. Tout le plus grand mal que je soii en cela, c'esl que vous êtes aussi atteinte «bmaladie <pii ne sa guère bien pour nos pauvres Sœurs;

mais Dieu >ait bien CC qu'il leur laul, c'csl pourquoi mois ile-

voni loul laisseï au loin el conduite de is Provi len< e, avec une

entière eonliam e en m Honte.

i il.- bonne fille qui vous i lait venue <!<• Renn< - < tsl bien heur, use 'l être all< e posséda r le paradis . i ir, en vérité, ma 1res cher* fille, ceux qui partent «le cette u<- en paii et en la

grâce de Dieu sont les plus aianl J'ai < i. consolée de Voir

que la divine Bonté ail lire ce bien de vos maladies, que «le

I.UIn ,i\n|[ (|r< il. Il ;. ■«■ <|r («s (|tll\ lillos, (|lll ll'elaMIlt pl^

propres pour nous al que roui eussJea peut-être eu bien peine

ili LETTRES DE SAINTE CHANTAL.

de renvoyer j voilà, ma chère fille, comme ce bon Dieu sait bien convertir toutes choses au profit de ceux qui l'aiment et qui se confient en Lui.

Je ne vois pas qu'il faille beaucoup consulter pour le changement de lieu1, sur les raisons que vous m'en représentez; c'est pourquoi il faut chercher les moyens pour cela, et le plus tôt sera le meilleur. — Je réponds le plus promptement que je peux à ma Sœur la Supérieure de Paris qui m'en a écrit ; mais je n'ai reçu sa lettre qu'avec la vôtre ; j'en ai aussi écrit à ma Sœur la Supérieure de Moulins, qui prétendait à la fondation deXantes; mais je crois qu'étant si bonne et remplie de charité, elle préférera toujours le bien général de votre maison au particulier de la sienne, et ne fera pas difficulté de vous la céder dans votre nécessité, el j'espère qu'en changeant de lieu, vous en recevrez un grand soulagement en vos incommodités, et que Xotre-Seigneur pourvoira à tous vos besoins; car, ma fille, jamais sa Bonté n'abandonne ni laisse sans secours ceux qui espèrent en Lui, et je crois aussi que la très-parfaite charité de ma Sœur la Supérieure de la ville [de Paris] ne manquera pas de vous aider en tout ce qu'elle pourra. — Au reste, ma chère fille, je ne puis finir celle lettre sans vous dire la consolation que j'ai prise à lire les qualités de l'esprit de celle bonne novice dont vous me parlez. Il ne faut point craindre que les maisons de la Visitation diminuent jamais pour la réception de telles filles ; car il faut toujours préférer celles qui ont l'esprit de celte vocation aux autres, pour riches qu'elles soient. Je prie Dieu qu'il nous fasse la grâce d'être fidèles en ceci el de n'en point recevoir qui ne soient capables.

Je crois que vous aurez reçu notre grande lettre, que nous

L4 transfert de la communauté de Dol dans une autre ville devenait " I cause de l'insalubrité du climat, dont les Religieuses avaient beaoeoop I touffrir.

écrivîmes à 11 Su de l'an passé, où étaient toutes q<m nouvelles.

fi race ,i \riirr-Sci:jn«'iir, la sa nié continuel la ville, Je prie Dieu

qu'il vous redonoe la vôtre enlièremenl, ma Irèa-chère fille, et

i abonder sur vous les mérites de sa sainte Passioo, et sur

loules nos chères Sœurs que je salue avec VOUS de (oui mon cœur qui est vôtre.

lu. i, toH h, ni ' Conforme à l'original g»rdé tui Arcliiics de la Vitilalion <1 Annecy.

LETTRE i:\II.W\l III (Inédite)

\ LA M I. i; K A N N i: -Il A H I B ROSS i. I

\ pas accor 1er l'entrée «lu mon H >a i-lnitr

v i\ k \ têt

Po m ce que voui m'écrives que vous aves de la peine de vous défendre «les Religieuses qui désirent l'entrée dans votre monastère, li j'étais k votre place, ma très-chère fille, les Religieuses qui >oi lent n'j entrerai*] ni pas : car cela ne se «loi t nullement permettre que poor quelque grande utilité. — Au reste,

Si nOUS avion- le iiinven de \ on > aidera la ire VOS provisions, nous

le Ferions de grand cœur, je vous pu usure, ma chère BHcj

mais véritablement nOOS avons peine de fournir aux nul

parce que nous n, pouvons rien lires de ceux qui nous doivent i i et nécessités sont si grandes que c'csl pitié ; mus,

néanmoins, si je savais que vus eussiei nécessité, quand nous le devrions emprunter en cent bourses, nous voui i n enverrions ei de imii notre cœur. Faites avecnoui en loote confiance . i u votre maison noua est fort chère, et vous i<»iii particulièrement

et vos chèn - prol J l< - aune lu. n, mais j, les prie detOUt

mou cœui <le n'être point parl< les choses doo( elles doivent

laisser le soin à la Supérieure, et n'avoir que celui de bien obéir et vivre en parfaite observance.

Il me lardera, ma très-chère fille, d'avoir de vos nouvelles. Je prie Dieu de répandre sur vous ses plus riches grâces et sur votre petite troupe, que je salue avec vous, sans oublier nos chères mesdames de Saint-Julien et de Mépieu et les autres amies. Ma fille, je suis toute vôtre en Notre-Seigneur.

Conforme à une copie faile sur l'original par la Mère Rosset elle-même. Archives de la Visitation d"Annecy.

LETTRE CMLXXXIX

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

AU PREMIliR MOXASTKHE DU LYON

La Sainte ne quittera pas Annecy; son amour pour la pauvreté.

vive -J- jésus!

[Annecy], 23 février [1630].

Certes, ma très-chère fille, vous êtes bien facile à croire ce que vous désirez. Je vous dirai pourlanl que je tiendrais tout à fait pour assuré que ce serait la volonté de Dieu que je fisse ce voyage, si je voyais celle de Mgr de Genève disposée à me le permettre. Il est vrai que le bon M. Gautery trouva à l'abord un peu de facilité dans l'esprit de Mgr pour cela, mais il s'en déprit tout aussitôt, de sorte qu'il ne veut point que je bouge d'ici; je remets le tout entre les mains de la divine Providence, qui en ordonnera ce qu'il lui plaira. — C'est la vérité, ma très-chère G lie, que le bon M. Gautery est un homme vraiment comme il le faut à la Visitation; je l'ai trouvé parfaitement à mon gré.

Je vous prie de nous continuer votre soin en l'affaire de madame Daloz ; j'en ai écrit à ma Sœur la Supérieure de Bourg, je croii qui vous en aurez bientôt la réponse ; je vous prie de la bi< n solliciter, afin que promplement vous nous en fassiez avoir

A.wi.i; 1630. III

quelque chose; carnous avons grand besoin d'argi m, je von assure, car il De s'en trouve point en ce pays. Dieu soit béni, et

nous la>se la ;;ràce <lc l)icn aimer la Bftinle pan 1 1 '«'le ! .In -un 'ici, je ne lais qU€ me rire de noire panne économe, qui ne sait de

quel bois (aire flèche, me confiant qoe Notre-Seigoeur enterra le lecoors quand il sera tout à fait nécessaire. Hélas I nonobstanl tout ce défaut d'argent, rien ne nous manqoe : telle pauvreté esl bien aisée à souffrir. Ma très-chère, vous êtes incomparablement ma très-chère fille, je désire par-dessus loul que nous

SOyoni tontes sans aucune réserve a noire divin Sauveur. Qu'il soit béni ! A mm.

Conforme a l'ori.;(inal g»rdé aux ArcfctVM ic II V isilation il |

LETTRE CMXC

\ MONSIBI I L' i\ 0C il PIOTON

Prière et l'inU retMf I Pîmuc d'an ;

Vif]

Mo.v box il CIIKR mua.,

le crois que ces Messieurs qui disputent tant contre la justice de notre cause <>nt boone intention .Je prie Dieu qu'il donne s i v uni, lumière toi juges . ifin qu'ils rendent à chacun ce qui lui ippai tient . L'importance de cette affaire pour nous n,. ,-,.. garde pas tant la perte des qoatre mille Oorins, comm<

ouvrir une porte a mille sortes de troubles et d'inqu sus maisons dé la l isilatioa ; mais Dieo, qui en i it le m illre. aui.i soin de leuf consenrer leor paii <i tranquillité , >' 1 1 Lui plaît. C'est de quoi je Le supplie de i * • t • t mon césar, et voos, mon cher frère, de continuer s travailler comme vous laites pour consi rver notre bon droit, lequel nous recommandera

\olre-Seigneur, et aujourd'hui à la sainte communion le remettrons entre ses mains, pour en disposer selon son bon plaisir. Je supplie ce divin Sauveur de nos âmes faire abonder la vôtre es grâces et mérites de sa sainte Passion, et demeure pour jamais, mon bon et cher frère, etc.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CMXCI

A MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

A PARIS

Regrets de n'avoir pas reçu ses lettres. — Témoignage de reconnaissance

et de dévouement.

vive -j- jésus!

Annecy, 2 mars [1630].

Madame,

Le divin Sauveur soit l'amour de votre digne cœur!

Ce m'est une grande disgrâce que les lettres dont il plaît à Votre Grandeur de m'honorer ne viennent pas jusqu'à moi, qui n'en ai reçu une seule avec cette dernière. Je n'ai osé. durant la furie du mal dont cette ville a été affligée, vous écrire, Madame, craignant d'envoyer à Votre Grandeur quelque mauvais air, Je le fis au commencement et à la fin du mal, ne sais-je si elle les aura reçues. Les obligations infinies que nous avons à votre Lonlé seront toujours vivantes en notre mémoire, et n'aurons rien de plus à cœur, Madame, que de nous conserver l'honneur de votre chère bienveillance, que nous révérons

1 L' original de cette lettre, fractionné en deux parties, ainsi qu'on le voit à I'aiis aux Archives nationales, fonds français, n° 3397, ayant été relié à ni, oui s, un des derniers éditeurs de la Correspondance de sainte de Chantai a publié ces fragments comme deux lettres différentes, bien qu'ils n'en forment qu'une seule, reproduite ici textuellement.

awi.i; IG30. 119

comme l'on de nos (résors plus précieux; et comme nous le tenons de la seule bonlé de voire cœur, sans un mérite de notre pari, ainsi avons-nous confiance que celle mérne booté nom le

conlinuera, puisque nous avons l'honneur d'être les humbles et très-obéissantes filles et Religieux - de Votre Grandeur, que nous honorons avec tout l'amour el respecl de nos cœurs, qui souhaitent incessamment le honheur de votre Irètchère el digne présence. Mon Dieu ! ma Irès-honoréé Mère, n'en jouirons-nous jamais7 Certes, il me semble qu'il serait bien m ire à Ifgr el à nous

\I idarne, venez un peu visiter vos pauvres sujets pour les revigorer el soutenir par la douceur et l'autorité de votre présence; ils désirent, el tous les officiers de Voire Grandeur, que celle grâce leur arrive. Mon Dieu î n'y a-l-il point lieu à l'espérance! Nous en supplierons de hou emur \otre-Sei;>neur, afin qu'il dispose toutes choses à celle fin, si ce doit être sa gloire el le con lentement de Vos Grandeurs, comme chacun le pense.

Nous avons tait mettre [sur le tombeau de saint V. (le Sales], proche de voire lampe, reniant d'argent que voua ave/ offert,

Madame, cl aVOUI aerompamu' de nos prières et eommunion-

particulière! et générales voire neuvainej que ce bon prêtre a faite avec singulière dévotion, dont nous tommi i été édifiées i ; consoK -t pourquoi, Mad nue, j*- prends 1 1 confiance de le

• mmamlrr eu toute timidité a Voire Grandeur, au désir qu'il a d'être admii en notre église de Noln Dame de celle ville : en i piélé mérite cette . ainsi m'assurerai je que votre

boule !<• lui accorde) i. Je prie Dieu, Madame, .!<• lui.' abond< r le- plus richei trésors de - - ror \ olre Grandeur el tout

ce qu'elle chérit le plut, demeurant en tout respecl el de toute noire affection. Madame, ele,

LETTRE CMXCII {Inédite)

A LA MÈRE FRANÇOISE-GASPARDE DE LA GRAVE

SUPÉRIEURE A BELLEY

Affaires matérielles.

vive f jésus!

Annecy, 14 mars [1630].

Ma très-chère fille,

Je me réjouis bien de la consolation que vous recevrez de voir Mgr de Genève. Je vous en donne la joie ; vous vous pouvez ouvrir à lui avec loule sincérité et parfaite confiance; car certes il le mérite, d'autant que c'est un très-vertueux et digne prélat.

J'ai écrit à M. Bebin deNanlua. Il y a fort longtemps qu'on lui remit à Dijon un réveil pour nous faire tenir, et cependant nous ne l'avons point reçu. Je l'ai prié vous l'adresser, s'il ne trouve pas commodité pour l'envoyer ici, afin que vous le nous mandiez par la voie de Chambéry, si vous ne pouvez autrement. Je vous prie, ma chère fille, d'avoir bien soin qu'il ne s'y fasse point de mal, d'autant qu'il est fort bon ; ce serait dommage qu'il se gàlàt. Je vous envoie la lettre pour lui faire tenir avec une pour M. du Blaire, de Nantua, par laquelle nous le prions vous faire tenir les cinquante écus de ma pension ', et pour cela voilà la quittance que nous vous mandons, afin que vous la remettiez à ceux qui vous apporteront l'argent. Si vous le pouvez avoir avec le réveil pour le nous envoyer par Mgr, ce serait une belle commodité; sinon vous nous l'enverrez le plus sûrement que vous pourrez par la voie de Chambéry. Je vous recommande le tout, afin que vous donniez bonne adresse à ces Messieurs pour le nous envoyer, par le moyen de M. Janlel ou autrement.

On Mut que Mgr Frémyot avait nature à la Sainte une pension viagère.

Adieu, car cV-st sans loisir (|ue j'écris ; maû voui devei être assurée que je rais vôtre de cœur. Diea nous rende toutes sieones et soifl béoi Amen. — Nous vooi avions priée de Boni eotoyer l'intitolation de ce livre qu'on lisait a table quand nous passâmes à Belley, fail parmi Père Jésuite; mandes-la-nous l'il vous plaît, et faites tenir cette lettre du marchand.

iformc à l'on" jiml jpr.lé atii Arcliivoi de U Visitation il Ami.

LETTRE CMXCIII

\ l. \ Il ÈRE II \Kll.-\l IRGI BRI 11. M ICIll.l.

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