SUPÉRIEURE DES FILLES REPENTIES DE LA MAGDELAINE, A PARIS
Encouragement à dresser des Constitutions aux Filles de la Magdelaine.
VIVE f JÉSUS !
Annecy, 12 juin 1630.
Ma très-bonne et très-chère fille,
Je suis toujours extrêmement consolée quand je reçois de vos lettres, voyant combien votre emploi est utile et profitable à ces bonnes et chères âmes. Il se faut grandement humilier et anéantir devant Dieu, de ce qu'il Lui a plu vous appeler et vos chères Sœurs en un office de charité si important à sa gloire et au salut des âmes.
Je bénis Dieu, ma très-chère fille, de quoi vous êtes prête à faire des professes 1 ; je trouve grandement bonne votre résolution de leur donner deux années de noviciat, espérant que le tout réussira à son plus grand honneur et gloire. Je Le supplie, ce bon Dieu, qu'il vous donne bien son esprit, afin que les Constitutions que vous allez commencer soient conformes à icelui. Mais, ma très-chère fille, il vous faut bien humilier par une totale démission de vous-même, et une parfaite confiance en sa bonté et providence. Redoublez votre courage, et vous verrez que Dieu vous donnera l'esprit de force et de lumière qui vous sera nécessaire, et à notre bonne et chère Sœur Marie-Simone 2 et nos autres Sœurs pour parachever l'œuvre qu'il vous a commise.
1 Recevoir à la profession des filles de la Magdelaine.
* Sœur Marie-Simone Tollue, native de Chartres, passa de cette cité dévouée au culte de la Vierge Mère dans L'humble Institut de la Visitation. Entrée au premier monastère de Paris à l'âge de quarante-deux ans, elle parut tout d'abord formée aux exercices des parfaits; aussi la ju#ea-t-on capable, peu après sa profession, de seconder la Mère Rollain dans la con-
Voilà tout ce (|u»' sans loi-i; je \<>u^ puis dire. Hais vou< savez, ma trèsHchère fille, avec quelle imoérilé non cœur cbéi ït et afiedioone le vôtre, que j'ai toujours tenu pour intimement iuicu. Je salue notre bonne et chère Sœur Marie-Simone et née Sœurs, sans oublier toutes vos chères nouvelles converties, lesquelles je prie Moire-Seigneur vouloir rendre toutes siennes,
afin que nous nous puissions un jour toutes voir eu Paradis, le
suis d'une affection incomparable votre, etc.
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saint Augustin les permet; mais <'ll<' permettait aussi de sortir
pour voir les parents, donl la coutume n'est plus maintenant.
I que notre Bienheureux Père en dit. El pour moi,
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point aller, et je suis bien aise de voir que c'est aussi le vôtre, comme je crois que ce sera toujours celui des vraies Filles de la lisitation. Dieu suscitera quelque autre moyen moins illicite et dangereux pour conserver notre santé, si elle est utile à sa gloire.
Conforme à une copie gardée au premier monastère de la Visitation de Paris.
LETTRE MXII
A LA MÈRE ANNE-MARIE ROSSET
' SUPÉRIEURE A CRKMIEUX
La peslc reparaît en Savoie. — Comment il faut traiter avec les bienfaitrices.
vivra 7 jésus !
[Annecy], 12 juin [1630].
Ma très-chère fille ,
Je vois bien, par les vôtres dernières, que vous n'avez pas reçu les deux ou trois lettres que je vous ai écrites depuis peu; au moins ne m'en faites-vous point de mention. Je suis bien aise de savoir que vous n'êtes pas en nécessité pour votre entretien maintenant; car certes, comme nous vous avons mandé, ma chère fille, nous eussions>plutôt emprunté en cent bourses, que de manquer de vous assister dans le besoin; mais Dieu soit loué, qui y a pourvu. Aussi n'avions-nous guère de moyens de le pouvoir faire maintenant, à cause des misères de ce pauvre pays, où la guerre a fait beaucoup de ravages; et enfin les soldats ont remis la peste dans cette ville, par les meubles qu'ils ont pris aux villages infectés, ce qui a grandement affligé ce peuple, bien que l'on espère qu'elle n'y fera beaucoup de progrès. — Mon Dieu, que vous êtes heureuse, ma très-chère bile, de vous reposer sur la divine Providence pour ce qui est «e l avenir! Assurément elle aura soin de pourvoir à vos besoins; car elle ne manque jamais à ceux qui ont mis en elle
leur confiance comme vous faites; loué en soifl notre bon
Nom vous remercions d<- l'offrande <pi«' voua avez laite .1 notre Bieoheureui Père; mii< certes, ma très-chère fille, vous m'aves mortifiée <!•• nous avoir envoyé cette aube; ce n'était pas mon intention. — le suis bien aise de quoi vous recevez ces deui filles de bonnes maisons; mais certes il faut représenter ;i leurs parents qu'il but bien qu'ils leur donnent davantage que ce que vons me marquez, et < j 1 1 < * le moins qu'ils puissent donner, c'est huit cents écus de fonds. Au reste, je >uis bien consolée de -noir que madame la présidente de Granel est sortie for! satisfaite de votre maison, et madame de Saint- Julien. C'est fort peu de chose, ce qu'elles donnent ; mais il i oit avoir égard .1 leur bonne volonté, qui promet de taire toujours quelque chose pour le bien de votre maison. Pour notre chère madame de ilépieu, c'esl une petite âme que j'aime bien ; assurez-l'en de ma part, ma chère fille, je vous prie, et entretenez bien sa chère affection, le serais fort aise que sa Ifargol tut des ii"' ni je pouvais, j'écrirais volontiers à ces chères dames; mais certes, ma fille, je ne puis, tant je suis accablée d'occupations. Gouvernez-vous bien par leurs avis en ce qui concerne voir.- bâtiment, afin de ne l'entreprendre que bien a I ropos el de 11 \ rien faire qui soil inutile, lia toute «hère tille, ]»• prie Dieu de répandre ion saint amour en votre Ime, jusqu'au Dble de tonte perfection <-t lur toutes m»- chères Sœurs. J<* rais de cœur tonte vôtre, m. us de bon cœur.
452 LETTRES DE SAINTE CHAiXTAL.
LETTRE MXIII
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
AU PREMIER MONASTÈRE DE LYOX
Nouvelles démarches au sujet de son départ de Lyon.
VIVE -J- JÉSUS
[Annecy], 15 juin [16301-
Ma très-chère fille,
Nous avons fait ce que nous avons dû, écrivant pour votre retour en ce monastère ; car je vois que qui considérera la lettre que Mgr le cardinal nous a fait écrire par M. d'Aoste, jugera qu'on eût taxé Mgr de Genève et moi d'imprudence, si nous n'eussions fait ce que nous avons fait; c'est pourquoi je désire, mais bien fort, que ma lettre soit donnée à Mgr le cardinal, et pour vous, ma fille, vous obéirez à ce qu'il ordonnera ; mais certes, je suis un peu étonnée et ne sais pourquoi il y a tant de larmes, puisque nous avons tant promis de vous rendre quand on le désirerait, et qu'on le jugerait utile au bien de votre maison. De vrai, ma très-chère fille, je vous prie de croire que cette affaire m'est aussi ennuyeuse qu'à vous; car je me romps la tête à tant écrire pour cela, et j'ai déjà écrit tant de raisons qu'on en ferait des volumes.
Enfin, ma très-chère fille, nous ne pouvons, ni ne devons
écrire autre chose à Mgr le cardinal sur ce qu'il nous a fait
écrire ; c'est à lui à dire maintenant s'il désire vous garder ou
non, et je vous prie que la lettre que j'écris à M. de la Faye lui
sort donnée, et que celle de M. d'Aoste lui soit montrée; mais
que je sois crue, ma très-chère fille, car si déjà l'on n'eût pas
retenu celle que je lui écrivis il y a quelque temps, les affaires
raient peut-être une autre face. Dieu fasse en tout son bon
plaisir. Qu'il soit béni!
Cofcforac i l'original jjardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
A MONSEIGNEUR ILPH.-LOUIS Dl PLESSIS-RICHSLIBI
M LTOJf '
ieitations respecta laseï pour obtenir : de 1 1 W< re de Blonaj.
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Mn\SKH;\Kl R,
Le style de votre lettre, la suavité qu'elle répand dans mon
cœur, voyant comme vous nous continuel si débonnairement
votre faveur, fait que je sens mon âme portée à une grande ré-
nce el confiance filiale envers vous, Monseigneur, el à une
totale ouverture de cœur, pour vous <lini avec franchise mes
pensées sur le Bujei [ < 1 1 1 retour à \< ssj <1<' notre Sœur <l<i Blo-
oay], el j*ai on t « - 1 sentiment de la douceur el débonnaireté de
votre cœur paternel, <jui m'assure que vous ne !<• trouvères
point mauvais; car l'extrême amour ri respect que Dieu ma
donnés pour vous, Uonseigneur, ni' pourraient souffrir ni tue
de lâcher une seule parole <jni, tant peu que ce soit,
! pût être dés igi i ible.
En ci Iti assurance donc je trous dirai, comme a notre tri shonoré & igneur et Père, que le refus que l'on nous a i ut de notre ch< re Su- m [ « 1 « • Blonay] est tout à fait contre notre Institua; i haque pr< de « ■• lie Con< r< ilion dépend toujours du
Supérieur el du monastère où < II.- ■ fait la profession : il i est ainsi constamment pratiqué. Votre règle el le sacré Concile donnent pouvoir aux monastères d'élire pour Supérieure,
M ,f Uph I do l ':■ Richelieu, foi r« du i - 1< bre mini
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p "u pre ro n tinc II t . h.inir j ..t mort,
iV, LETTRES DE SAINTE CHANTAL.
leur besoin, une Sœur du même Institut, de quelque monastère que ce soit : notre chère Sœur [de Blonay] avait été élue en celui de Grenoble, elle a été refusée : ces choses-là sont importantes, Monseigneur. Que si [celle-ci] était empêchée, il en reviendrait un grand préjudice à notre Congrégation. Je m'assure que si cela vous eût été représenté, et les mauvaises conséquences qui se peuvent tirer de cet exemple, votre piété, prudence et saint zèle à la conservation de ce pauvre petit Institut vous l'eussent fait lâcher ; de cette sorte donc que pour éviter tout ce mal, si vous m'en croyez, Monseigneur, vous la donnerez un peu, quand vous en jugerez la saison propre, sur l'assurance que je vous donne, que non-seulement cette chère Sœur, mais les autresMe cette maison, sont entièrement vôtres ; et que nous vous la renvoierons assurément, sitôt que vous nous signifierez qu'elle sera nécessaire aux maisons de delà.
De vrai, Monseigneur et très-honoré Père, vous ferez chose agréable à Dieu et vous m'obligerez bien si vous faites cela, en faveur de la conservation de nos observances régulières. Je ne sais si c'est présomption ; mais j'ai le sentiment qu'il lui sera utile de revoir un peu sa maison et recevoir l'air du premier esprit, qui sera même profitable à vos maisons. Monseigneur, usez donc un peu de condescendance et de charité, nous faisant ce que vous voudriez que nous vous fissions si celte chère Sœur était ici, ou quelqu'une de celles de vos maisons, qui vous fût autant agréable qu'elle m'est. Je vous en supplie très-humblement. Que s'il ne vous plaît pas, certes, pour le respect que nous vous portons, nous en demeurerons en paix.
Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.
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