‹ LettresChapitre 8 sur 281 · VI · texte numérisé non relu

VI

[Grenoble] . '« m v \ \hl~ .

M\ TRÈS-CHÈRE ni! B,

Je ne nui 8 VOUS écrire de ma main; car ma defluxion me tombe dessus les yeux. — Pour ee qui est des parents de nos Sœurs, il faut trancher; c'est une chose assurée que cela tirerail nne grande conséquence; et, puisque la condescendance

que l'on a déjà eue en leur endroit n'a pas assouvi leurs désira, et que cela esl lool à fait contre la Règle, qui dit que . !< - Sœurs ne sauront point à qui Boni les ouvragi s qu'elles font ■ . il faudrait plutôt donner quelque charge à ces filles qui les occu n sorte que Ton puisse dire véritablement qu'elles

ont .; lire en leur charge. — Je suis, certes, touchée d •

la m a lad io de nos p an uv S oeurs . Eli l>ien I qu'elles leronl heureuses d'aller trouver cette divine Bonté ! Pour la paui n din c- Irice, elle sérail encore bien n< i rc en la maison, mail

Dieu <:\\[ bien ee qu'il v. ni faire et de l'une et de l'autre, eir

ce '-ont di onnes. \ ous avei bien fait de mettre

votre Sœur l'assistante en sa place, car je m'assure qu'elle fera

bien el Tune et l'autre charge : c'est un bon cœur et une sage

fille.

Il faut prendre garde à ne pas recevoir cette damoiselle de Grenoble que son mari ne soit mort, car cela donnerait grand sujet de murmurer à ceux de Grenoble ; mais je ne désire pas que Ton sache que cet avis vient de moi. — Je vous remercie de tout mon cœur, et toutes nos chères Sœurs, de votre belle boîte de raisins de Damas; je ne mérite pas un si beau présent ; Dieu vous le rende, ma très-chère fille!

Oh! que vous m'avez contentée de me dire que vous ne vous regardez point, ains laissez a Dieu le soin et la connaissance de ce que vous êtes; il faut demeurer ferme et invariable en cet abandonnera en t. Certes, c'est notre bonheur de n'être rien qui vaille, pourvu que nous l'aimions et nous confiions en Dieu. Votre désir de me voir me donne celui de vous voir aussi. Je ne dirai jamais que non, quand Dieu le voudra. Fondez bien cet esprit en votre Sœur l'assistante, et l'affermissez et dressez comme celle sur qui vous devez jeter les yeux pour vous succéder en la charge de Supérieure; car, il est vrai, un esprit qui ne serait pas ferme se changerait parmi de si fréquents divertissements et sentiments contraires à notre esprit. Oh! qu'il le faut chèrement conserver! Je ne vous dis pas ce que j'écris, parce que vous le verrez dans les lettres. Mes yeux se fâchent d'écrire et me font mal, car la défluxion les travaille, Mille saluls à nos Sœurs. Bonjour, ma toute chère fille.

Dieu soit béni!

Conforme i l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

INNEE 1627. Il

LETTRE DCCLXXX

A LA MÊME

Départ do la Sainte pour Chambéry. — Broiti calomnieux au sujet le la fondation

de Bourj en Bresse.

VI VK Y JKSL'S!

[Grenoble], 16 mai [162

Ce n'es! que pour vous assurer seulement que me voiei toute guérie, Dieu merci. J'ai eu un fort rhume avec la lièvre qui m'a tenue à l'eau quatorze jours, mais l'on me redonna le vin vendredi : hier, je pris une médecine qui m'a laissée toute brave, ce me semble. le ne cesse de prendre1 des remèdes ici, [ce] qui m'a empêchée de bien rendre mon devoir à nos bonnes chères Sœurs. J'ai lait ce que j'ai pu, et elles me sont si cordiales, qu'elles se contentent. J'espère que nous partirons mercredi ou vendredi au plus lard, pour retourner à Chambéry. Je répondrai une autre Ibis plus amplement. — Je parlai avant-hier à M. (h1 Sacconnex. et lui lis bien entendre que le passage de sa sœur n'était pas facile, ni en tout cas ne se ferait pour Toc casion de la nouvelle maison.

Je ne pense pas que noire Sœur la Supérieure de Paris puisse avoir la licence de recevoir celle bonne damoiselle, parce qu'en ce pays-là il faut grande considération, à cause des conséquences. VOUS lui en pourre/ écrire, mais imn pas moi, pour les raisons que j<' vous dirai un jour. — Ma tres-chei e Bile, l'on nous a mande de Paris que Ton avait dit que noire établisse* ment de lîoui;; avait clé procure de mauvais hiai>, pal lue

et surprise, comme si nous eussions voulu mépriser l'autorité

de ||gr l'ardu vèque , par le recours (pie mois (Imei

Ifgr d'Autuo pour avoir la licence* foui itraire, ci

que non- écrivîmes a M. de la l'a\e, et cninine Loul ce] i passe. \.ui> n'.ivions rien du (OUI qui nous prOSêâl de notre

pari : mais c'étaient ceux de Bourg qui pressaient, afin de pouvoir avoir noire Sœur Favre, que Ton croyait devoir être envoyée en Piémont à ce printemps, et ses parenls avaient un ardent désir de l'avoir quelques mois. Ma fille, nous n'avons nullement l'esprit fait pour user d'artifice, ni manquer de respect aux prélats. Je vous prie, faites bien savoir par quelques amis la vérilé de notre innocence.

Oh Dieu! ma vraie fille, croyez qu'il me tarde autant qu'à vous de vous revoir et nos chères Sœurs ; car c'est la vérité que vous êtes la vraie fille de mon cœur et que je [vous] chéris d'une dilection toute particulière. Nos pauvres Sœurs, saluez-les tendrement, et priez Dieu que son amour règne en nos cœurs. Je ne pensais pas tant écrire. Bonsoir, ma toute très-chère fille.

Conforme à l'original gardé aux Archives delà Visilalion d'Annecy.

LETTRE DCCLXXXI

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