AU PÈRE DOM GALICE
BARXABITK, A MON'TARGIS
Elle se réjouit des faveurs divines que reçoit la Mère Clément, et désire être instruite de l'état intérieur de cette grande âme.
VIVE j JÉSUS.'
[Annecy, août 1630.]
Mon Révérend Père,
Ma chère Sœur la Supérieure est bien heureuse de recevoir tant de grâces avec une si profonde humilité et anéantissement d'elle-même : c'est ce qui sert de pierre de touche pour éprouver si elles sont de Dieu, et pour tenir en assurance l'âme qui les reçoit. Mais pourtant, mon très-cher Père, je suis toujours de cet avis, qu'elle ne doit pas trop se laisser plonger dans ces grands sentiments, crainte qu'ils ne dissipent les forces du corps, et n'occupent tellement l'esprit, que ce qui est nécessaire en sa charge ne demeure à faire. Cette chère Sœur sert un si bon Maîlre ! Il saura bien conduire tous ces sentiments en la partie supérieure de l'âme, pour les y faire résider et empêcher qu'ils ne se répandent au corps, car cela est plus assuré. Ce me sera consolation, mon très-cher Père, de savoir plus particulièrement ce qui se passe en elle de temps en temps, comme vers la fin de l'année et selon que Votre Révérence le jugera à propos.
Extraite de la Vie manuscrite de la Mère A.-Marg. Clément.
AWII. 1630.
LETTRE If XXXIII
A Là IfÈRE MARIE-HÉLÈNE DE CHASTKLLUX
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Utilité qu'apporte l.i construction régulière <lu menât tire. — Recommandât!
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VIVK \ Jf M
[Anii.T j '. |« srpl.'tiibi.' 1 16
Oui certes, ma très*chèi <■ et bonne fille, «pu- je connaii bien votre cher cœur, aussi l'àimé-je parfaitement; car je Bail qu'il est tout a Dieu et a moi; bien que je ne mérite pas de garder ce trésor, je le ferai pourtant précieusement
Oh! <| ti«' je sois consolée, ma très-chère fille, desavoir qoe cette chère petite troupe marche fidèlement el droilemenl a sou Dieu! Je Le supplie uY les faire toujours avancer en son par
amour et qu'il vous donne de plus en plus BOU S mil K>pril poulies conduire. — Qoe je suis .use qoe voire bâtiment s'avance
comme VOUS dites, et que vous soi cz BJ ;;énei mise (jue de le vouloir poursuivre tant <| m «- vous pourrez; car VODS ne s. unie/
croire, avec la commodité, combien il \ ■ d'utilité pour l'esprit et l'observance a être bâtit
Il n'i a pas longtemps que j'ai écrit à ma fille; mais il v, i
bien m\ mois que je n'ai point eu de ses nouvelles. Quand vous
m'écrirez, si vous en savez, dites-m'en, comme ROSS! de celles
du hou \I de la Curne, que j'aime loujoun davantage en Notreiieur, et mademoiselle de la Curne sa chère femme, le ne lui
écris point, jusqu'à ce que les affaire! loieofl un peu en meilleur état, n'j ayant pas encore trois mois «pie je lui ai cent loiis 1rs s.ilurre/ bien cord lalemenl de nia pari, ma très-chère lill.', ).• vous, m prie, mais tout particulièrement le b00
M. Goyon et voire bon confesseur, Ohl «jue j'aj grande envie
(jii ils nie recommandent une lois a \olre-S leur; pi ie/ I- s-
en de ma part. Je salue toutes nos chères Sœurs et leur souhaite le comble des plus précieuses grâces célestes. Vous verrez toutes nos nouvelles par la lettre que notre communauté écrit à la vôtre. Je supplie sa Bonté faire abonder sur vous son saint et pur amour et sur toute votre chère troupe, que je salue avec vous très-parfaitement, et suis de cœur toute vôtre, ma trèschère fille.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MXXXIV (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE AU DEUXIEME MONASTERE DE PARIS
A la récréation, les novices ne doivent pas être séparées des professes. — Avis touchant les fondations. — Maintenir le chant de l'Office et se garder des nouveautés. — La peste gagne Chambéry.
vive -j- jésus!
[Annecy, 1630.]
Ma très-chère fille,
Je suis bien aise que vous ayez été visiter un peu notre maison de la ville, et que nos bonnes Sœurs y aient eu le bonheur de votre présence, ces trois jours que vous y avez été ; je m'assure qu'elles en tireront bien du profit. Mais ma Sœur la Supérieure vous devait bien faire parler à ses filles; je l'eusse bien désiré, et en effet il le fallait faire. Sans doute qu'elle n'y pensa pas, car je sais bien que son cœur est tout à vous.
Ma fille, quant à sa pensée de séparer les novices d'avec les professes en récréation, j'ai su que Ton en avait parlé à notre Bienheureux Père, mais il ne le voulut jamais permettre; et, pour moi, je crois que cela ne se doit pas, pour de bonnes raiions Mais l'on m'a proposé deux ou trois choses sur lesquelles je désire que vous me donniez votre avis, pour savoir ce que j'y doif répondre, parce qu'elles sont importantes.
La première qu'on me demande et que je trouve importante,
INNEE 1630. 193
pour l'ardeur que je rois .1 dos maisons de Faire des fondations . c'est que >i quelque monastère en l'ait quelqu'une mal conditionnée, et m lien où ks filles soaffrenl de grandes pantrefés, tl n'i puissent avoir le secours ai pour le spirituel ai pour le temporel que le Contomîer marque, les Sœurs ne pouvant Faire autre chose que d'obéir simplement; m en 1 h, elles ne
doivent pas avoir recours au monastère donl elles sonl sorties, et .s'il n'est pas obligé de les aider et d'en avoir du soin ou bien de les retirer ? Ecrivez-moi bien vos pensées s ce > m j < ■ t , et si j'en dois dire quelque chose.
le sons renvoie la lettre que notre Sœur P. .1. de Ifontboui vous écrit, qni était si bien jointe à la mienne que vous ne l'avez pas aperçue. Je vous envoie aussi «elle qu'elle m'écrit; sons verrez ce qu'elle me répond sur ce que je lui avais demandé son sentiment louchant les bains : qu'elle aimerait mieux mourir que d'j aller, et la suite. Certes, je ne sais que dire snr cette façon de parler avec moi, sinon que, quand afgrdeCharu
Sera a Paris, il lui Tant faire taire une remontrance par Mgr de
Boorges ou quelque antre prélat d< imis que von» pourrez
employer pour cela.
\ oici encore nue autre chose, ma lie»-ehere tille, sur laquelle
je désire »;ivoir votre sentiment : c'est <pie COUZ qui vont \
Rome avec Mgr le cardinal de Lyon ont promis de nous taire avoir la permission de dire notre Office comme non» le disions an commencement, avec ces mélanges que vous savez que notre Bienheureui l'ère nous avait dressés. Certes j'en serais bien aise, eai il Faut que je sons confesse qu'il m'en a été fort mal depuis que nous avons eu Até cela ; c'est pourquoi, si on non» peut obtenir de l<- redire ainsi avec ces mélangi 1, < s me st rail un. grande consolation. On m'écrit de quelqu'un de uns m, , aasti res que le chant de notre Office est grandement pénible, et que < est cal 1 qui (ail ainsi mourir les filles étiqm - .1 ai toujours réfuté cela; mais je serai bien aise d'en avoir votre senti-
ment. — Je retourne encore à ces novices que l'on veut séparer; car j'ai une très-forte idée de ce que notre Bienheureux Père m'en avait dit, qu'il ne l'approuvait pas; et en effet cela ne se doit pas, outre qu'il se faut garder d'ouvrir la porte aux nouveautés; car l'esprit qui est plein d'inventions ne ferait autre chose que d'en inventer.
Mon sentiment serait, si vous le trouvez bon, que vous missiez ma Sœur l'assistante directrice; car outre qu'elle est vertueuse, elle a son esprit plus mûr et sa façon plus rassise que la petite Sœur N. à laquelle, à mon avis, les emplois un peu bas et humbles seront utiles pour quelque temps; et si cette fille joint une fois la solide humilité avec l'esprit et clarté que Dieu lui a donnés, elle serait un jour une grande et utile servante de Dieu en votre maison. — Oui, ma fille, je savais que notre Sœur était retournée aux bains, et cependant ses lettres ne m'en disent rien. Vous verrez ce que je lui réponds sur les bains, car je vous l'envoie; mais, je vous prie, dites-moi s'il suffira; et tout franchement et tout candidement ajoutez-y ou y diminuez selon que vous jugerez être expédient; car ne faut-il pas que nous traitions ainsi pour la gloire de Dieu?
Je ne sais qui peut avoir élevé ce bruit de la mort de M. de Félicia; car je ne pense pas qu'il ait seulement été malade, et crois que tous les vôtres se portent bien, et que la plus grande perte qu'ils aient faite, c'est des [places] qu'ils avaient au Sénat. — La santé continue bonne ici, grâce à Notre-Seigneur; mais à Chambéry les malades continuent, quoique la peste n'y soit pas encore découverte; mais elle est quasi par tout le pays, et il y a apparence d'une grande disette si Dieu n'y pourvoit. — le ions recommande fort cette affaire de madame de Nemours, parce que nous sommes dans une saison où chacune cherche de* invention! pour avoir de l'argent, et je crois que celle bonne princesse ne voudrait pas qu'on nous incommodât pour cela. — Nous avons reçu les Épîlres de notre Bienheureux
INNÉE hi.;o. 105
Père, que vou> nous avez envoyées. Vous êles bien la Ifère ; 1 1 1 grand cœur, ma très-chère efl vraie fille, d'avoir envoyé mille francs s dos Sœnrs de Bourg; Dieu leur hase la grâce de bien employer celte charité I efl pour vous dire ce petifl mot de confiance, je crains qu'elles ne ménagenl pas lanl bien. Je tous prie, rcoommandei-lea toujours bien aux très-boni Messieurs Renaud et Roland. — J<* vous conjure, ma fille, entrelenea celte communication que vous me dites avec nos Sœnrs de .V**;
Car, Comme vous dites, il faul dissimuler ces petits mois qui
peuvent aussi être <lits aire simplicité, lia pauvre Sœur de [l'imi^ | peul retourner en assurance à [Dijon]; car elle y scia cordialement bien reçue: j'en ai reçu des lettres ou on me l'as- Mire, el qu'il n'j i point d'esprit qui ne l'aime chèrement II faudrait, ma chère fille, que voua la portiez doucement à réduire 1rs sorties à quelques petits voyages utiles s sa iant< qu'elle n'aille pas a la ville, ei ne sorte pour parler a cens qui
la viennent voir, car cela serait contre la clôture. — Ions ave/
bien lait d'avoir (ail imprimer ces petits Directoires : je vous prie, envoyes-nous-en encore quelques copies, cela sera fort
Utile.
\I)r lu nuiiii dl l<i Suinte | Mon Dieu ! ma fille, que de COnSO-
I ii ion a mon ame «le savoir la vôtre dans <•< Ue sainte liberté d'esprit qui ne tient plus qu'à Dieu et a ion bon plaisir I Cerfc b aussi, tout ce qaj !i\ st point Dieu n'est point capable d'amuser une ame noble, et «pu tant soit peu i goûté Dieu ci se ressente de li pm. !«• de ^<»u divin amour; sa Honte vous rende de plus en plus m Ion son I tcai efl vous ^ unisse parfaitement —
Hélas I certes, la pauvre Soin \ me fait pitié « n la continuation de m frayeur de la morfl el de m tentation .ni changement d'habit; <i-i maison m'en lut aussi nue très-grande d'avoir quitté « i tout aimable esprit que j'i ai vu autri fois.
\oiis oe lauries Croire combien m'est chère celle .'une,
comme Dieu la tient toujours bautemt m «levée dans mes allée-
(ions et dans mon estime; elle avait, et je crois qu'elle Ta encore, le vrai esprit de l'Evangile. Faites-la saluer de ma part, ma chère fille, avec l'assurance de cette vérité, que je suis autant sienne qu'à moi-même. Dieu soit sa joie et sa consolation! — Notre Sœur la Supérieure de Bourges ' m'écrit comme M. son frère la désire à Paris : je ne crois pas que cela se puisse ni se doive, au moins ne puis-je avoir ce sentiment ni cette prudence, sinon que quelque bonne et utile occasion du service de Dieu et de l'Institut l'y appelât. C'est une brave fille, encore jeune, mais qui a un bon jugement, et une grande, droite et bonne volonté. Elle voudrait tirer, de ce désir de M. son frère, quelque aide pour faire une fondation; mais, hélas I il me semble que leurs filles [mots illisibles]. Mon Dieul ma fille, je ne sais quel remède mettre à ces fondations, à cause de la nécessité que l'on représente de décharger les maisons. Oh! que cela m'affligerait si je ne regardais à Dieu ! Adieu, ma fille, tout uniquement chère. Jésus soit notre amour: en Lui je suis, mais incomparablement vôtre. L'on a peine de trouver des occasions d'écrire : maintenant la peste est à Chambéry; tous Messieurs vos frères se portent bien, ils en sont dehors.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.
LETTRE MXXXV
A LA MÈRE ANNE-MARIE BOLLAIN