A SAINT VINCENT DE PAUL
Elle le remercie d'avoir fait la visite canonique au deuxième monastère de Paris.
vive -J- jésus!
[Annecy, septembre 1630]
Vous êtes toujours admirable en votre humilité, dont je recois une très-grande et très-particulière consolation; mais spécialement de la satisfaction que vous dites avoir reçue en la visite que vous avez faite en notre maison du faubourg. Ma Sœur la Supérieure m'écrit aussi qu'elle et toutes ses filles en ont reçu un très-grand contentement. Dieu soit béni, loué et glorifié de tout, et veuille donner à mon très-cher Père une grande couronne pour les peines et charités qu'il exerce envers nos bonnes Sœurs. Hélas! mon très-cher Père, que vous m'êtes toujours bon ! je le connais par cette petite parcelle de larmes que vous avez jetée, voyant en gros nos dernières réponses.
ANNBB 1630. I I
LETTRE MXXXVI1
\ i..\ mi; h i: \ \ \ i:-m \iu i: BOSSET
■ l't KH.I U \ I.HKUIM t
( m Supt'-i ii-urc ne d..it |»a> négliger !<•> intérêts temporeli de m eonuManaté.
Détail* de construction.
vi\ I ; jk>i | !
[ftanoi | mhn 16 I
M \ nfts-cnàsi fii.i.k,
l'ai reçu la vôtre da 6 août, par Laquelle j'ai été granderoenl eooaolée, vous voyant un pea affranchie de vos extraordinaires incommodités, el que vos infirmités ne vous empécheol point
de Eure les fonctions' de voire charge. l'en bénii Dieu de tout mon iiiMir.
le ne vois pas, ma chère fille, que l'ordonnance de M. de Bnrges contrarie en rien a ce que je vous avais dit pour votre
nourriture; VOOl n'étCf pas une si grOSSC mangeuse que de mangej au point de porter préjudice a votre Vanté, car vous
n'êtes pas une fille a qui il faille une livre de pain par repas; doue, ma Chère lille, je vous prie de ne rien retranelu-r
de votre manger, ains de suivre comme nom vous faisions (aire ici; car ce peu [d'aliment] que «lit le sieur deBorj ei lerail plu> encore que cela. Pour la nuit, donne/ a votre ordinaire, ce u'osl pal trop : m M. de \\UI savait comme
vous vive/, il trouverai! bien qu'il n'j aurai! rien à retrancher; mais empéchcs*voos de dormir le jour. Pour voui charger <\<- beaucoup de médicaments, ijanl l'estomac bible comme vous [l'a ves], je pense que cols ne vous sers pas tant utile Néanmoins, poui quelquei petiles choses que vous or-
donnera \l. voire apothicaire selon qu'il le jugera nécessaire,
vous ferei bien d<- 1rs prondri , quoique je ci ligne toujours nn peu ceux qui vendent les drogues j parus qu'ils veulent trop ■egner. Il iaul que pour se dernier poral des mé licamenti vous
vous y comportiez à voire discrétion, selon que vous verrez que vous en aurez nécessité; et quant aux jeûnes, vous pourrez jeûner les [veilles des] grandissimes fêles de Tannée, et le vendredi du Carême, prenant une bonne panade le soir avec quelque collation de fruits et [boire] toujours quelque chose entre les repas, ainsi que nous vous faisions faire ici.
Quant aux dots de ces bonnes demoiselles, il me semble que vous ferez bien de seconder un peu les intentions de madame de Saint-Julien pour cela : huit cents écus de dot ne sont pas de trop pour des personnes telles que celles-là. J'aimerais mieux céder quelque chose pour ce qui serait des meubles; car, ma très-chère fille, il faut un grand soin, et je vous conseille et vous prie d'y prendre garde, de ne pas charger les maisons de filles, surtout en ces petites villes, si elles ne portent non-seulement pour leur entretien, mais pour aider un peu à accommo. der la maison ; car le général s'affaiblit grandement lorsque le temporel manque, et je le sais par expérience. Ce n'est pas pourtant que, pour cent ou cinquante écus, je voulusse éconduire une fille qui aurait l'esprit propre pour notre manière de vie- ceci est un autre point auquel les Supérieures doivent apporter une grande attention, et je vous prie de le faire, ma très-chère fille, afin de n'admettre point des esprits parmi nous qui n'aient les conditions nécessaires pour s'y accommoder. Ceci est un des plus grands biens que les Supérieures puissent faire pour les maisons.
Pour votre visite, vous n'avez pas bien fait d'en écrire à Mgr votre archevêque, puisque vous aviez là M. votre Père spirituel; mais, puisque vous l'y avez invité, il faut que vous patientiez, et je m'assure qu'il demeurera content et satisfait de votre maison, et que vous en recevrez de l'édification et consolation; car c'est un très-digne prélat. — Ce m'est une extrême consolation de voir le dessein que vous avez de faire bâtir un dortoir sur votre église, afin de vous mettre un peu au large; car il est
vrai que quand l'on est si resserré, cela caose 1 >i« n des incommodités aoi filles. .Je serais bien aise de savoir si l'église et le dortoir qne vous laites faire dessus demeureront pour toujours. Quand vous feres bâtir votre monastère, puisque ce n est que pour le mois de '"' (jue vous prétendes d'j faire travailler, li
nous pouvons, DOUA VOUS aiderons de cent t'eus ; mais, m i
chère fille, il me semble que si voos j pouviexiaire travailler cel automne, ce serait un grand bien; car voos voua ) pourriei remuer au printemps. Donnes-nous avis de ce que vous feres, car si nous ne pouvons recouvrer de l'argent, nous en emprunterons plutôt pour ions aider.
Je suis consolée de voir les continuelles assistances que vous tait et | romel de faire madame la présidente; certes, j'ai le
Cœur loin lie de von la charité de laquelle elle est remplie pour le bien de votre maison. Salue/.-ia h e>-bumbleinen t de noire part,
et lui faites savoir les sentiments de mon cœur pour ce regard,
niant que nous n'en demeurerons point ingrates devant \otr< -Sn neur, et qu'elle en aura enCOK une double îeeom-
pensepar le contentement que, j'espère, elle recevra de votre maison, le salue aussi madame de Saint-Julien et madame de Ifépieu, et leur souhaite s toutes un saint accroissement en l'amour sact é de noti e doux Sauveur. — Ma très-chèi e fille, je vous « béris avec une affection si entière qu'il ne s'j peut ri< a ajouter. Serves Dieu généreusement; sa Bonté voos remplisse «le soi-même, «'t toutes nos Sœurs, que je salue avec von-!
1 fiMc »ur I original jur li \J.r-- llouct cllr-
LETTRE MXXXVIII
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY
AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON
Impossibilité de recevoir sa nièce au monastère d'Annecy; désir de la voir entrer à celui de Bellecour. — Difficultés des Sœurs d'Avignon. — Eloge de Sœur A. F. de Glermont-Mont-Saint-Jean.
VIVE y JÉSUS !
[Annecy], 5 septembre [1630].
Ma très-chère fille,
Vous ne devez nullement douter, sachant ce que mon cœur est pour le vôtre, que tout ce qui vous appartient ne nous soit fort cher et que nous ne le servions toujours, autant que Dieu nous en donnera le pouvoir. Je le voudrais certes autant que vous, ma chère fille, que nous puissions retirer auprès de nous votre chère petite seconde nièce ; mais cette maison étant chargée de cinquante filles, sans celles qui en sont dehors pour y revenir, et ne voyant que quelques faibles et incertaines espérances de la pouvoir décharger, par le moyen de quelques fondations, il ne nous est pas possible de la recevoir. Mais, puisque l'on est si constamment résolu de vous garder à Lyon, il me semble que vous avez assez rendu de services à cette maison-là, et y avez été assez utile pour faire la charité à cette petite créature de l'y recevoir. Et je crois que si ma Sœur la Supérieure savait ceci, comme je désire qu'elle le sache, qu'elle s'offrirait de bon cœur à la recevoir; et de vrai, si elle a la vocation religieuse et qu'elle persévère, il faut qu'elle lui procure cette charité, car vous avez plusieurs fondations en main et votre maison bâtie et accommodée. Il ne vous coûtera guère de faire ce bien-là à celte pauvre petite, laquelle ne pouvant pas retirer auprès de moi ce que pourtant je ferais de tout mon c«'ur), je désire qu'au moins elle soit auprès de vous.
Ions verrez ce que j'écris à ma Sœur la Supérieure d'Avi-
gnon et à M. leur confesseur. Ce n'est pas une chose nouvelle que cette Bulle qu'elle nous a envoyée : Ton m* demande rien d'elle en cela de plus que ce que l'on demande de toutes les
autres maisons religieuses de ce pa^s-là; c'esfl pourquoi il
fan! qu'elle ail un peu de patience el qu'elle attende qne le
Père (loin Juste aille à Rome, que Ton l'essa] 61 a d'obtenir un peu
de modération sur la rigueur de celte Bulle Noua voulons quelquefois taol pénétrer lea affaires que nous les gâtons. Il tant que vous mandiez à ma Sœur la Supérieure qu'elle Buive on peu le
train de sa devant aère, et qu'il ne Tant rien remuer en ceci jusqa à
ce que l'on aille à Home, afin de ne rien hâter en cette affaire. Quant a la traduction italienne, nous tâcherons de la Faire raccommoder; mais ceux (jui m'en ont fait lecture ne m'ont jamais lu que nous suivrions nos rangs de profession partout Pour ce qui est que les Constitutions ne sont pas toutes traduites,
il DC s'en faut pas mettre en peine; car même feulfgr le eardi"
nal [de Ifarquemont] votre archevêque jugea qu il Buffisail de faire seulement traduire les points principaux, crainte d'ennuyer
IfeSSeigneurs lescardinaux par une si longue lecture; mais cela
n'empêche pas qu'on ne doive observer ce qui n'a pas été traduit aussi bien que ce qui Test.
Hélas I ma chère Bile, certes je ne fais rien en toute ma journée <pii vous puisse donner édification : au moins si vous voviei l'imperfection avec laquelle je fais toutes mes actions; je ne
jamais de travailler, cou • les mouches ne cessent deae
mouvoir; mais tout cel i asseï inutilement Dieu, par sa boni*
veuille toutefois toul prendre .i soi, car c'est mon désir, et
qu'il profite aux âmes pour lesquelles je suis si continuellement occupée Je donne toute licence à notre Sœur Anne Françoise [de Clennont-lfont-Saint-Jean] de imh rein, , , i( nue petite .une put. , lincère el de bon jugement; elle me soulage plui «pie [e ne sanraii dire, sa cette multitude de lettres qu'il me tant continuellement 6ci ire . car je les lui dicte toul d'une suite,
puis elle les va écrire quasi mot à mot comme je les lui dis. IVous en avons encore une autre qui fait tantôt aussi bien qu'elle , sans cela je ne pourrais satisfaire; elle me soulage encore à voir les lettres qui partent de céans, car je n'ai nullement le loisir de le faire. Quand elle y trouve quelque chose qui n'y va pas bien, elle me le dit et je le lui fais raccommoder, ou à celles qui les ont écrites, qui pensent que c'est moi qui les vois; bien qu'elles sont si bonnes que, pour le désir de mon soulagement, elles l'agréeraient.
Mon Dieu, ma fille, que de bénédictions Dieu répand sur cette famille! certes, si je ne me trompe fort, elle est bien au gré de notre Bienheureux Père. Il ne se peut rien voir de plus amiable, avec une sainte gravité et modestie provenant de dévotion : le Père SufFren [Jésuite] le remarqua. Adieu, je ne voulais pas tant écrire. Vous savez ce que je vous suis. Faites fort prier pour nos pauvres Sœurs de Chambéry, la pesle est à la ville.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE MXXXIX
A LA MÈRE JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉCHARD
A JilOM
Il ne faut pas multiplier les nouvelles fondations. — Pauvreté générale des monastères. — Ne pas réclamer trop souvent des confesseurs extraordinaires. — Importance de l'éducation des novices. — Affaires diverses.
VIVE f JÉSUS !
[Annecy], 18 septembre [1630].
Ma très-chère fille,
Je vous suis redevable de deux lettres, car je viens de recevoir la votre du 2G août. Il faut que je vous parle selon le sentiment de mon cœur- certes, je crois que c'est par une grande permission de Dieu que Mgr l'archevêque de Bourges est si ferme à ne vous vouloir point donner la permission de vous
établir à La Châtre; car, ma très-chère fOle, li bien o'eûtété un grand soulagement pour le présent a votre maison de Riona de se décharger par le moyen de cette Fondation, consi léres aussi (j ut- ce lui eût été nne nouvelle charge d'aider a entretenir Sœurs qui ^ feraient allées, puisque l<* lien est li petit, <'t qu'il ) s si peu de fondement, qu'il tût l>i < *n fallu que votre maison y eftl beaucoup contribué. Mais enfin, si elle s besoin d décharger maintenant, dans un an on deui la fondation qu'elle ferait aurait le même besoin, et ainsi nous ferons prou de fondations, mais sans fondement, an moins plusieurs, si Dien n'y pourvoit; et pour vous tout dire, ma chère fille, j'appréhende grandement de nous voir tant multipliées <'t «mi de si petits lieux. Nous sommes peut-être sur le point de voir revenir nn de ces jours des filles que l'on a envoyées en fondation «-n ers petites
villes, où elles 06 peuvent avoir de quoi .^entretenir; et DOUS
savons par expérience combien ces fondations-la sont à charge aux maisons qui les ont faites, et I»' soin el inquiétude que cela
donne. C'esl pourquoi vous vous devez consoler, et encourager DOS Soins a si bien servir Dieu qu'il leur donne du pain; et
cependant, ménages l«i peu que vous ave/, le mieux qu'il vous
>era possible, ne faisant point de depensequi ne SOil bien ahsu-
lumenfl nécessaij
Vous verres par la suite de cette affaire que ce n'est point dos Sœurs de Bourges qui sont cause que Ifgr leur prélat ne vous « pas voulu i< corder Is permission pour cefl établissement, en elles n'ont nulle prétention <T\ aller fonder : le lieu est trop chétif. I I quant i ce que votre monastère doit céans, ccrt< -, ma fille, en l'étal que vous me dépeignes que sont vos suait je n'aurais pas le cceov de réclamer maintenant cette somme.
I ne vois pis (pie unis pui-si./ recevoir grande assistance
pour emprunte! <!<• l'argenl de point de uns monastère -, car je
- Tel. il de tous; m. ns , li;h un (l v,t petite m. < ss,(r dans celte
ion. Nos Sesurs de Lyon, qui sont les plus riches, se plaignent
néanmoins, à cause de l'excessive cherté des provisions dont elles ont besoin : les monastères de Paris ne sont ni bâtis ni rentes. Ceux de ce pays sont fort surchargés, car le monastère de Chambéry a fait de grandes pertes cette année parla guerre, et maintenant la peste est fort furieuse en cette ville-là, dont une Sœur tourière en est morte; mais il n'y avait pas encore de mal dans le monastère grâce à Dieu ; nous en eûmes hier des nouvelles l. Je suis en peine de cette maison-là sur toutes ces choses; mais je m'en repose en Dieu et aux soins de leur bonne Alère , comme je fais aussi des nécessités de votre maison sur vous et sur celle qui en a le soin; car enfin, ma très-chère fille, voici mon passe-port, qui est que si nous cherchons premièrement le royaume de Dieu et sa justice, le reste nous sera donné. Je ne laisse pas cependant d'avoir grande compassion de votre pays et de votre pauvreté, et je vous assure que si nous avions le moyen de vous aider, nous le ferions de tout notre cœur; mais certes, ma fille, outre la peine que nous avons d'être payées de ceux qui nous doivent, ce monastère a de si grandes charges, que c'est merveille comme il peut fournir à tout. Il faut que je vous dise ce mot avant de finir de parlerde votre pauvreté, selon notre confiance à traiter ensemble; c'est que je trouve que vous surchargez un peu bien votre maison, en
1 Ces nouvelles sont consignées dans la fondation du monastère de Chambéry; en voici quelques détails : « La peste, suivant toujours la guerre et la famine, \int donner ses coups sur notre pauvre ville et y fit un grand ravage. S'approchant de notre monastère, elle s'attaqua tout premièrement à une Sœur tourière qu'elle emmena en deux jours en l'autre monde; mais, par la grâce de Notre-Seigneur, elle se contenta de cette bonne Sœur et n'entra pas plus avant... La plus sensible de toutes les douleurs que la calamilé apporta au cœur de notre digne Mère de Châtel et de ses filles, fut de voir que la peste emmena le Père recteur des Jésuites, le Père vice-recteur nommé Jean Bertrand, vrai Père de la Visitation, et cinq ou six autres, auxquels la chère Mère eut la consolation de rendre tous les petits services dont elle se put aviser »
ANNÉE 1630. Wl
ce commencement, de filles pauvres. Cela vous lèvera quasi le moyen de pouvoir passer outre; mais néanmoins Dieu e>t pardessus tout.
Pour ce que vous me dites de ces fréquentes confession! extraordinaires que nos Sœurs de votre monastère demandent]
celles je m'étonne de cela, puisqu'elles ont un confesseur si capable, une BJ bonne Mère, et qu'elles vous ont dans la
maison. Ces petites démangeaisons d'esprit ne procèdent que
(le l'imperfection de celles qui les demandent et ne servent qu'à (((''créditer une maison religieuse; c'est pourquoi il ne tant pas permettre cela, bien qu'aussi il ne les Tant pas gêner; mais
quand elles le demanderont, il faut avoir choisi un confesseur
sageel qui soit fidèle, auquel vous ayez confiance pour cela, el puis ne le point changer. Croiriei-vous que les cinq 1 1 >i\
armées se passeront en ce monastère, qu'il ne s'y demandera pas deux lois un confesseur extraordinaire par pas une des
Sœurs ? el encore est-ce pour des choses que la Mère sait, et cela
est marque dune vraie vertu, comme aussi le contraire est une
vraie marque d'imperfection. C'esl pourquoi il ne faut point
tant laisser- parler* ces immorlifiée s : elles peuvent parler de temps eu temps à M. l'ollicial; cela ne leur sullit-il pas bien
avec ce qu'elles on! au dedans '
\w surplus, ma très-chère fille, la chère el parfaite amitié que vous aveipour votre vieille Itère vous s fait appréhender son mal plus grand el dangereux qn'il o'a été en effet; car, grâce .1 Dieu, je me porte autant bien maintenant que j'aie fait il | a longtemps. Demeuret-en donc en plein repos, carie um^ assure de cela*; mais nue aolre fois ne um> laisses pas tant aller ,i l,i douleur* Cette incommodité que j'ai eue m'a laissée plus saine, ce me semble, en aorte que je n'ai peur sinon de
vivre trop longtemps; mus. i-n (out, la -amie volonté de Dieu > « » « i Elite! si le bon M. \mliclion lui venu ni, crovea (nie
nous l'eussions bien [reçu], car c'est un personnage quej'ho-
noie et estime pour les bonnes qualités que Dieu lui a données, toutes propres pour la charge qu'il exerce; car c'est un vrai bou confesseur. Vous êtes heureuses de l'avoir; mais certes je suis été bien aise que vous n'ayez pas fait cette dépense de l'enroyer ici; car il n'en faut pas faire de telle qu'en des occasions d'absolue nécessité.
Pour ce que vous me dites de l'instruction des novices, puisque le nombre n'est pas grand, et qu'elles sont déjà assez bien dressées, je crois que vous feriez une grande charité d'en prendre le soin, pour ce qui est de la conduite de l'esprit seulement; et les faire instruire, pour ce qui est de l'extérieur, par une autre Sœur, afin que cela ne vous occupe pas tant; car il est important de les bien former en ce commencement, surtout en l'humilité et mortification d'elles-mêmes, parce que du défaut de cela procède tout notre plus grand mal. — Ma toute très-chère fille, la Mère et notre Sœur F. G. m'ont écrit que si nous vous relirons, elles jugeraient à propos que vous fussiez iccompagnée de la Mère ou de notre Sœur Marie-Séraphine. Certes, ma fille, si je ne regardais que l'extrême affection que Dieu m'a donnée pour vous, et à vous pour moi, il ne faut rien douter que nous ne le fissions de tout notre cœur; mais quand je considère l'état spirituel et temporel de votre maison, ma conscience ne me peut permettre de préférer notre commune consolation à son bien; car que deviendrait tout cela? Je pense que pour ce sujet encore Notre-Seigneur n'a pas voulu celte fondation. — Pour notre Sœur M.-Séraphine, certes de tout mon cœur nous la prendrions si notre nombre n'était si grand. X'ous sommes quarante-six, et ne pouvons éviter de croître de six, tant de nos Sœurs que nous avons prêtées, que des filles que nous retardons il y a un et deux ans, appartenant à des personnes comme à Monseigneur, au Père spirituel, au président He ville. Cela me violente, car ce grand nombre surcharge excessivement le spirituel et le temporel, et nous fait passer le
nombre de quarante-cinq, que notre Bienhearcni Père m'avait dit; mais je n<' sais que faire à cela. Ma pauvre Sœur la Supérieure de Cbambérj ne pouvait refuser; car, de moi, je n'eu ai
m pas une drs (jiic la charge m'est remise, et li je pois Je relarderai encore.
On parlait de nous établir à Montpellier ; mais je n'en entends
plus rien. Que si cela m lait. Doua prendrons cette chère Sœor If.-Séra phine ; mais en attendant, ma Irès-cbère fille, il fiudrail obtenir de M. l'official et (!<• notre Sœur la Supérieure de ifontferrand qu'ils la retirassenfl la. Or toutefois, a cause des conséquences dangereuses et importantes qui se peuvent tirer de tels
changements de lieux, je ne suis nullement (le sentiment que
Ton fasse cela, qu'après avoir employé tous les moyens possibles pour la réduire a vivre doucement en son devoir, à quoi votre douceur pourra beaucoup contribuer. Elle m'écrit sa ((induite envers la Hère, mais asses différente de ce que vous m'en dites.
Elle me note deux choses à (juoi il tant remédier, m elles BOnt :
c'est que la Mère se méfie d'elle, et que vous, en qui elle pensait trouver soulagement, ne prenei pas ce qu'elle vous dit dans le -en- de son intention, et que vous lui ave/ dit certaines paroles fort pénétrantes, qu'elle me dit qui lui ont séché le cœur, .le lui réponds selon ce que Dieu m'a donné, ce m.' semble; die me promet de le faire. I< crois, ma Irès-cbère fille, ao il se I lut mettre mi peu au large avec elle, et la traiter avec franchise, amour el con6 selon que um^ jugeres, et beaucoup d
muler *\^ m - petites actions : car la plupart des maux de cette lie se guérissent par li J'écris s perte d'haleine pour ne perdre lion. — Je prie Dieu v<>u- confirmei « I iflennii i d l'amour de sa -note volonté. Croyes, car il I Si Vrai, (jne je mus
entièrement vôti
LETTRE MXL
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE AU DEUXIÈME MONASTÈRE DE PARIS
Fondation de Rouen. — Il est difficile de bien gouverner une communauté tw>p nombreuse. — Miracle opéré par l'intercession de saint François de Sales. — — Lettre à la duchesse de Nemours.
vive ■{■ JÉSUS f
Annecy, 22 septembre 1630.
Ma très-bonne et chère fille,
Il est plus à craindre que vous ne receviez pas toutes nos lettres, que nous toutes les vôtres; car je vous écris fort souvent, et n'en perds quasi point d'occasion. J'ai bien répondu à toutes vos lettres : je crois que vous aurez reçu le paquet que nous vous avons envoyé, il y a environ quinze jours.
Pour l'emploi de notre Sœur [Anne-Marguerite Guérin] à Rouen, ma très-chère fille, ce qui est nécessaire ne peut être empêché. Je ne plains en cela que vous, ma chère fille, parce que cette chère Sœur vous pouvait grandement soulager dans la multiplicité d'affaires que vous avez, et des commissions de nos monastères dont je sais que vous êtes surchargée, mais quel remède? car il faut que cela soit; c'est mon inclination, et je désire qu'ils aient ainsi recours à vous, afin qu'ils connaissent votre franchise à les assister. Mais il faut que vous dressiez deux Sœurs pour votre soulagement, qui soient employées à poursuivre l'exécution des commissions que l'on vous donne et à faire vos réponses; et ceci je vous prie pour l'amour de Dieu, ma chère fille, de le faire, car vous avez d'assez bons esprits auprès de vous qui pourront facilement être dressés à cela. Il me semble que, puisque vous donnez la Supérieure pour Rouen ', vous devriez faire celte fondation par ensemble, la
1 « Ce monastère (dit la Mère deChaucjy) eut pour premier et principal fondateur la Providence divine, qui inspira à M. de Bractuit, chanoine de
ANNÉE 1630. Ml
maison de la ville et la vôtre, afin de VOUS décharger un peu;
en je oe croyais pas votre nombre n grand que vous ne ditei :
ou ail moins que vous donnassiez une Sœur pour compagne a
ma Soeur A. -Marguerite, et ainsi ce serait toujours (aire plate a
deux dans fOtre maison, puisque vous avez tant de filles qui se présentent
De vrai oui, ma chère iille, que le nombre de VOS Sieurs est
/. grand de quarante, et vous avez raison d'appréhender
toujours un peu les grosses communautés ; car pour bonnes
que soient les biles, elles ont toujours besoin qu'on en ait du
soin. Néanmoins, je vous assure «pie je ne suis point surchargée
de notre communauté qui est de quai ante-si\, sans cinq DU lil de nos Sœurs < | ti i reviendront peut-être bientôt ; mais c'est que, comme la vôtre, elle esl d'extrêmement facile conduite, et me
semble (pie nos Sieurs s'avancent fort. Nous en avons de trèsbonnes pour employer en fondations, ce qui me ferait volontiers désirer d'en faire quelqu'une pour décharger un peu cette maison, Si faire place a tout plein qui Se présentent et (pie nous retardons il y a si longtemps, que nous ne savons plus comment nous excuser de les i » COVOir, parce qu'elles appartiennent a des
personnes de grande considération, comme la nièce de Mgr, du
Père spirituel, i\i-> filles de président et votre petite mer Semblables; outre tant d'autres quJ demandent avee tant d'in-
ihedrale el conseiller in parlement, nu lèle infatigable pour pourmiiv r Bien que plufiears penonnet de dit tin<
.•ni lenn la wtique, lej i - .1. -
■ nt pendant |»lu>n ur> anmrs ! .iiirnt. qoî
enfin le 27 octobi I1 WJ I es, venues du premier monastère ds
! Ii Mère \ r 1 1 1 . - \ I . i r : ■ 1 1 « ' i 1 1 . • (iiitiin, le S.i ur> \l
i lotti I ras Se bV i aard . J ■ lisabetfa l leline, An leine
l. i i le ('.••■n:.'. loue-Catherine de La Hotte l'Abbé,
fhins Mm i >!■ IriNii-, M irn'-l.ouite Cloutier, bm notice al aae Sœur toorière // U la J n du premier m
stances la grâce d'être admises en cette sainte vocation que, de vrai, si je ne regardais à Dieu parmi tout cela, je pense que je crierais holà, sous la pesanteur de la charge; mais j'espère que sa bonté pourvoira à tout. — Au reste, je vous prie, ma très-chère fille, ne soyez point en peine de ma santé ; car je me porte du tout bien, et me semble que cette incommodité que j'ai eue m'a laissée plus saine, en sorte que je chante l'Office comme les autres, et si ce n'était cette défluxion qui me donne parfois un peu de sciatique, il me semblerait n'avoir que vingtcinq ans, tant je me sens vigoureuse, grâce à Notre-Seigneur !
J'écris encore à la bonne madame de Nemours; j'ai bien envie qu'elle nous fasse notre affaire ; si vous pouviez faire qu'elle vous allât voir et que vous la priassiez de nous accorder ce que nous désirons, qui n'est pas grand'chose (car, pour vous dire la vérité, j'appréhende toujours un peu ces conseils de prince, quand nous n'y avons pas quelqu'un d'affidé) : tout ce que nous lui demandons n'est autre, sinon la soufferte [l'autorisation] pour pouvoir céder rière leurs fiefs et arrière-fiefs jusqu'à trois cents écus ; car pour ce qui est des droits, nous les voulons bien payer. lime fâche bien de vous donner celte commission ; mais pourquoi êtes-vous là et ma très-chère grande fille? Cette affaire nous accommodera bien, si elle peut réussir ; il en arrivera ce qu'il plaira à Dieu, car en tout sa sainte volonté soit faite.
J'ai été bien aise de voir le sentiment de notre bon archevêque [de Bourges] touchant l'établissement d'une de nos maisons à Nantua. Il ne trouve pas que ce lieu soit convenable pour nous, et cela est bien fort selon mon goùl, car j'appréhende toujours un peu de nous voir tant faire de fondations, au moins en ces petites villes. — Certes, ma très-chère fille, c'est un trait de la Providence de Dieu que ce jeune prince ait reçu la santé par lei intercessions de notre Bienheureux Père ; car cela, étant à la vue 'le toute la cour, fera un grand éclat. Mais ce qui me con-
solo le plus, < * si «:i cause de la présence de Ifgr le cardioaJ-
nonce qui esta Lyon. C'est bien la vérité que la détotion à ce Bienheureui le répand par toute l'Eglise de I >i*'u universellement; efl l'estime que Ton (ail de nous, nous la devons voir sortir de lui comme de sa source, afin d'en rendre toute la gloire à Dieu, et qu'elle soit à l'honneur de notre Bienheureux Père.
Je sois 1 > i < - 1 1 aise que nos Sœors de votre maison loi soienl bien dévotes; il s'esl reçu ici quelques grâces depuû peu de temps, assez signalées.
Messieurs vos (rèrei le portent tous bien, au moins comme je pense ; car il n'y a pas longtemps que nous en avons eu des nouvelles assurées Les deui qui étaient à Chambéry en sont sortis, dès le commencement que la peste y lut découverte. Nos
honnes Soins de là ont perdu leur Sœur tourière qui est morte • le celle maladie, qui y est furieuse, à ce que Ton dit ; tout ie portait bien dans le monastère, Dieu merci; il faut grandement
prier pour elles.
J'écris a madame de Nemours; mais je ne lui dis pas que noua désirons ces trois cents écus de rente. Vous le lui fera
lavoir, avec celle a>>urance que je ne crois pas néanmoins que
jamais nous ayons d ans ses fiefa plus de six ou sept cents livres . mail c'est afin qu'ayant pouvoir de plus tenir que nous n'en aurons de fort, Ton ne vienne point a mois inquiéter; car VOUA
laves, ma Bile, qu'il n'j s que trop de geni I rechercher telles pratiques, si je d< lire qu'ils n'aient point prise lui nous. — J'auraii d'autres choses i vous dire, mais fa n'ai loisir. Nous allons commencer nos solitudes de chacune dis joun I ertes, j'ai grand sujet de louer Dieu en la bonté de nos Scaora, toutes m i ni. i « me semble. Monseigneur est toujoon i Sales ;
nous eiiv^tiiis >a initie .1 Ljon, qu'il vous a destinée. O m |
fille, vous m '«-il -s précieuse plus que je ne puis dire I Dieu v ou s
rende de plui en plus toute iclofl s,m CCBOJr, et qu'il soit hem '
i ml ;î»r«l. i
LETTRE MXLI
A MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
Espérance de recevoir bientôt la visite de Son Altesse.
vive -J- JÉSUS !
[Aunecy, 22 septembre 1630.]
Madame ,
J'ai tant de confiance en la débonnaireté de Votre Grandeur, que je ne crains point qu'elle s'importune de mes fréquentes lettres : celle-ci n'a d'autre but que de vous faire très-humble révérence, Madame, et vous offrir, avec tous vos sujets et fidèles serviteurs, nos désirs et continuels souhaits de voir Votre Grandeur en ce pays, pour notre bonheur et la conservaion de ses biens et autorité. L'on prend quelque bonne espérance de recevoir cette bénédiction sur les occasions et nécessités présentes; si c'est votre contenteuient, Madame, nous supplions notre bon Dieu de ce vous inspirer fortement et de vous donner toute facilité et consolation de ce voyage. Mon Dieu ! notre très-honorée et très-chère Dame, quel honneur et quelle allégresse serait-ce à vos pauvres petites et très-humbles filles et servantes, de se voir visitées de leur très-digne fondatrice, protectrice et vraie mère ! Certes, cela ne se peut exprimer, et cette grâce nous serait si précieuse, que nous voudrions nous confondre devant Dieu en l'en remerciant. Je supplie son infinie Bonté de conduire les desseins de Votre Grandeur, et la remplir et tout ce qu'elle chérit de ses plus riches grâces. Je demeure en tout respect votre très-humble et très-obéissante et très-obligée servante et fille indigne.
[P. S.] Nous regrettons tous ici le départ de M. Deshayes, parce qu'il est très-particulièrement serviteur de Monseigneur et de vous, Madame, et qu'il faisait tenir un très-bon ordre pour
empêcher que la maladie contagieuse ne Bl progrès, et détour*
naît les ... des ,qens de guerre, el à quoi il sera besoin que Votre Grandeur prévoie.
-■forme à une t-'>|>H- .!-• l'figi— 1 §tréà <i Pan*, Archive» iiitiunalei, fuiidi fr*n n« I
LETTRE MXLI1
A LA MKKi: M.\H F i:- \ I M i;i; DE BLONAY m i a wiKH hou kfrtai m: 1 1 .
Maintenir la fondation de Para] ri contraire |fl — IIumM.- s -ut nient
de l.i Sainir au tojet de se- Bepomtes. — Coma -ut recevoir !<■> prédicateurs. — La dépensière <I<mi distribuer largement oe <|ni eal de woemploi. — \ Sopériearei
[Anu .cpt.»iiibr I
Je ne manquerais pas de raisons eu mou esprit, ma très-chère
fille, pour soutenir que nos maisons qui sont en des aussi petites villes que Paray sont miens que ne peut être celle-là, à eause que li bienle liea où elles sont est petit, elles sont néanmoini procbei des grandes villes, de qui elles sont appuyées,
et dont «'Iles peuvent recevoir le secours pour le spirituel et pour le temporel dont elles ont besoin. Mais laisSOM cel.i à n nt,
«H il !n. semble vous en avoir déjà ssseï écril mon sentiment,
(pu est que maintenant, puisque doi Sœun <>m déjà quelque
ommodemenfl I Paray, el quelles i*j trouvent bien, il
c'était .i moi a taire, je ne le- m retirerais nullement, pourvu qu'il v, ait moten de l.ur v, faire un bonnet.- b if un.nt lelOfl la petiteSSC du lieu. I.i vérité <'-t qu'au eommmee-
ment, .iv ml qu'elle* fatsent m tort eng en ce lien-là, par
I ,. liât de tant de logement et la réception de plnsieun biles
m eYul il. a moi a t. nie, j«> )et «ai .on.iis retirées, voyant que nOf SourS ne pouvaient JJOÙlerd'j demeurer, mail tuain-
t. uant que la ohoeei ont chai I qu'ellei disenl qu'< II-
sont bien, je ne trouve pas qu'il fût à propos de les transférer ailleurs, moyennant, comme je vous ai dit, que l'on voie qu'elles s'y puissent accommoder honnêtement; et voilà, ma chère fille, ce que je vous en ai déjà écrit, ce me semble.
Je ne suis pas hors d'étonnement de voir que, par nos maisons, à ce que l'on m'écrit, nos Sœurs trouvent si belles nos Réponses; car pour moi, j'ai un si grand dégoût de cette mulliplicité de paroles et d'avis que j'y donne, que je voudrais ôter tout cela, et me contenter de répondre simplement aux demandes que l'on me fait pour l'éclaircissement des choses de l'Institut, et non donner tant d'avis comme je fais ; car il me semble qu'il ne m'appartient pas de les donner, et que ce n'est pas mon affaire ; mais, je vous prie, considérez cela et m'en dites votre sentiment. — Et pour ce qui est des prédicateurs, faites-m'en la demande, et j'y répondrai. A la vérité, dans les grandes villes où ils viennent de loin, il faut bien qu'ils aient quelque lieu pour se reposer; mais il me semble que la chambre du confesseur peut servira cela. Néanmoins, c'est la coutume maintenant quasi par toute la France, de leur préparer un lieu particulier; mais j'ai une grande aversion à cela, comme aussi à ces collalions qu'il leur faut faire. De leur donner un peu de fruit cuit ou cru, quand c'est la saison, bon cela, et de leur donner dès marrons quand c'en est le temps. Mais de leur donner des confitures et de les y accoutumer, c'est ce qu'il me fâche que nous fassions. — Pour ce que j'ai dit qu'il ne faut pas mesurer le beurre, c'est parce qu'en quelqu'une de nos maisons, il y avait des Sœurs dépensières qui le distribuaient comme par morceaux aux Sœurs domestiques, et leur disaient : Voilà pour le pot et cela pour les épinards, et cela pour une telle sauce, et ainsi des autres choses. Je ne trouvais pas que cela fût bien; mais de le peser, c'est une autre chose ; on le peut bien, cela.
Il est vrai, ma très-chère fille, qu'il faut que les Supérieures soient bien faites selon l'esprit de la Visitation, pour leur tout
dire, il me semble que je lai dit. Mais néanmoins, pour moi, je foodrtîi toujours observer ma Règle, quelles qu'elles fassent, et je crois que celles qui le feront ainsi, Dion leur en donnera bénédiction. Non certes, ma très-chère Elle, les Supérieures ne doivent pas tant examiner leors f i 1 1 < • s sur ce qui est de la chasteté; et de leur vie passée, elles ne s'en doivent pas enquérir, il me semble que je l'ai dit assez ; mais, ma 611e, notre Bienheureux Père «lirait que ses paroles ne Faisaient pas des miracles, et beaucoup moins les miennes en feraient-elles. — las Supérieures ont si grande peur que leurs Sœurs sachent ce qu'elles doivent fane, qu'il a fallu que je leur aie «lit quelque chose en particulier.
Vous voyei bien parcelle lettre mal faite et pleine de répétitions la hâte que Ton nous donne; mais enfin je veux dire que, si Ton peut avoir place [à Parât | pour bâtir le monastère comme il faut, et avoir i\t'> jardinages suffisants el nécessaires a la ré-
i i é 'lion el saule des filles, il ne tant plus pen-ei a les (Mer de là,
et certes je l'ai déjà tant écrit qu'il dei rail su dire : mais, croyesmoi, ma fille, ne faisons plus dorénavant d'établissements dans
le- petits lieux OU l'on n'ait pas ee <pie le (ioulumier inanpie. Pour moi, feu BUÎS >i dégoûtée <pie j'en ai déjà diverti deux, et
jamais je ne les conseillerai, sinon qu'il y eût d{<< fondateurs si puissants, qu'à force d'argent Ton put avoir ce qu'il faut.
\ Dieu | i Dieu boj on- n<»uv | /,„, /, /
.!<• i» ni, n le aussi !«• bon M. Cœursilh de tout mon cœur de . mais p' ne me soucie pas beaucoup d'en avoir de nouveaux, car j'aime bien me tenir a l'ancienne doctrine de ooti i Bienheureux Pèi
I fi.rmr à I trifisâl i
LETTRE MXLIII (Inédite)