‹ LettresChapitre 89 sur 281 · A LA SOEUR FRANÇOISE-MARGUERITE FAVROT · texte numérisé non relu

A LA SOEUR FRANÇOISE-MARGUERITE FAVROT

A LYON l

Prière de passer h Bourg en revenant à Annecy. vive f jésus!

[Annecy], 11 octobre [1630].

Ma très-chère fille,

J'ai reçu une de vos lettres datée de septembre; mais j'en ai reçu auparavant de plus fraîches dates, auxquelles j'ai répondu, et vous ai priée de prendre votre passage en venant ici par notre monastère de Bourg, afin que vous vissiez l'état de cette maison et en quoi nous pourrons soulager et servir nos chères Sœurs de là ; et quand vous l'aurez reconnu, que vous nous envoyassiez un homme pour nous faire savoir tout ce que vous penserez être nécessaire que nous sachions pour aider celte maison-là, et ce que vous jugerez que nous devons faire pour cela. Nous vous avions aussi priée de nous mander, par ce même homme que vous enverrez, si madame la présidente de Bourg pourra prêter sa litière ou des montures pour vous faire conduire jusqu'à Crémieux ou à Belley, afin que si vous ne la pouvez avoir, nous vous envoyions d'ici M. Michel [Favre] pour vous aller prendre à Bourg ; car, d'ici là, il n'y a point de danger de la peste, d'autant que vous ne passerez par aucun lieu infect. Grâce à Dieu, il n'y a point de danger aussi en cette

1 Sœur Françoise-Marguerite Favrot, après avoir fondé et gouverné pendant six ans le monastère de Marseille, reçut Tordre de revenir à Annecy. Elle se mit immédiatement en route, malgré les prières de sa communauté qui lui représentait les difficultés du voyage à travers un pays ravagé par la pette. A tontes les objections, cette âme pleine de foi se contenta de répondre : « Dieu ouvre les chemins à ceux qui ouvrent leur cœur à l'obéislance. i Arrivée à Lyon, elle fut atteinte d'une fièvre maligne qui, en peu de jours, la conduisit aux portes du tombeau.

INVÉI 1630, •"'•!>

ville; car elle est nette, bien que de temps en temps il arrive toujours quelque petit accident, comme de mois à mois ou de quinze en quinze jours ; mais cela se prend par des personnes

qui l'apportant, el toujours depuis le passage do Roi il esl ainsi

arrivé (U'< accidents, qui ne font pas progrès, Dieu merci; de i i. 00 que vous pouvez venir sans rien craindre, avec l'aide de Nôtre-Seigneur. •!<* crois que le plus tôt que vous pourrez nous entoyer ce messager, pour nous avertir de ce que vous jug< qu'il faudra faire, sera le meilleur, afin de gagner du temps avant que le froid vienne.

Voilà ce que je désire, si le bon plaisir de Dieu s'y trouve ;

mais nonobstant mon affection de vous avoir ici promplement, ri vous jugea qu'il soit expédient que vous arrêtiez là quelques mois ou semaines, pour la gloire de Dieu, je renoncerai à mon inclination ; mais ce n'est toutefois nullement notre intention de vous \ laisser Supérieure, en cas que la \Iere |(]laude-.\;niès Daloi] soit morte, ou tellement inlirme (pie Ton soit contrainte

de la décharger. En ce cas vous choisirea ici celle qui leur

lerail plufl propre, ou bien nom- la vous enverrions en vous faisant revenir, car nous avons de bonnes Somiis; je remets tout à

votre conduite el suis de tout cœur loul à fait vôtre.

Confornir ft I ori;|iiul <j«rd« aux An Imn .le U V ImUUm <i \nnecy.

LETTRE MXLIV

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

AU PREMIEK MONASTÈRE DE LYON

Sollicitude pour Sœur F. M. Favrot, malade à Lyon.

vive -j- JÉSUS !

[Annecy], 16 octobre [1630].

Ma très- chère petite,

Nous avons su que ma pauvre Sœur [F. -Marg. Favrot] se rendait fort traînante et malsaine ; je vous supplie qu'avec tout le soin et discrétion qu'il vous sera possible, vous la soulagiez et fassiez soulager. Je la prie et conjure de vous croire en cela; mais aussi soyez discrète, afin qu'elle le fasse plus librement et joyeusement. Nous n'avons de loisir que pour ce mot.

J'embrasse et vous et vos chères novices de tout mon cœur, et prie Dieu qu'il les bénisse toutes, et vous fasse humblement cheminer en sa présence, sans regarder, ni vouloir voir votre chemin, ains Lui seul nous suffit.

Dieu soit béni!

Conforme à l'original gardé aux Archives delà Visitation d'Annecy.

LETTRE MXLV {Inédite)

A LA MERE MARIE- JACQUELINE FAVRE

SCCKIIIEURK AU DEUXIÈME MONASTÈRE DE PARIS

Requête au duc de .Yemours. — Guérisons signalées obtenues au monastère d'Annecy.

vive -J- Jésus!

[Annecy], 20 octobre [1630].

Je ne voulais point vous écrire, ma toute chère fille, que je n'eusse reçu de vos nouvelles ; mais les voyant retardées extra-

INNEE 1630. 521

ordinairement, je ne me puis contenir en cette occasion, qui est aasorée. Or, je pente qoe ce qui est la cause de ce retardement, « 'esl le refus que le conseil <1<' Ifgr de X- mours a Cail de notre demande, el qne sons ne sous rendes pas pour ce rebufl premier, tins qne mus laites faire des poursuites au double pour empoi ter de la piété de ce bon prince, ce que la prudence de Mm conseil a (ail refuser. Dans cette pensée, j'ai cru devoir écrire celle lettre à M. de Nemours : je l'ai laissée ouverte, afin que tout jugies ce que vous trouvères bon d'en (aire, «le la lui donner on la retenir. Pour moi, je ne puis que bien espérei

d'une si juste et >i modérée requête, qui déjà a été accorde-

qui esl de si petite conséquence, que, selon ce que nous avons traite avec de<. personnes séculières, es 6efs desquels nous avons une grande partie de ce que nous tenons, ce que nous donnera Ifgr de Nemours, en la soufferte de nous laisser jouir de ce qui esl dans son fief, ne peut valoir de singl ans en vingl ans qu'environ quatre ou cinq cents florins. Voudrait-il bien

exiger cela (Tune pauvre maison religieuse '. car cela esl le plus pour lui. Mais le pire pour nous est que cela ouvrira l'appétit a quelque affamé, qui lira demander pour nous faire mille

tronblei « t inquiétudes. Si voui ne pouves obtenir ce qne nous désirons, au moins qu'il doua fasse jouir du don qu'il nous avait [fait] d«- pouvoir posséder jusqu'à sis cents livres de rente. Certes, jusqu'à ec qu'il nous ait accordé cela, il n'aura qu'unport uni té de nous.

\u lurplus, ma très chère fille, j'attends bien amplement de

vo» nouvelles ; Ifs mitres sont Ikiiiii. >, ;;r,nv i Dieu. IfODSei-

gneur se porte bien j il est i Baies, — Il s'est (ail déni guérisoni ligoaléea en ce monastère : l'une d'un mal d'esprit trèsgrand, l'autre d'un mal de BOrps loi t extraordinaire, la saute

de l'esprit continue dès lis mots, e« Ile du corps des cinq ou *i\ semainesi Si cola continue, ce sont deux très-jpands muai l« s.

Dieu réduise tout a - i -loue . t nous , uinlde de son pur amOUr,

avec toutes nos chères Sœurs, que je salue avec vous, qui êtes ma vraie très-chère fille, uniquement bien-aimée.

Dieu soit béni!

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.

LETTRE MXLVI

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