‹ LettresChapitre 95 sur 281 · i-dire «| n ' •- 1 1 •- examinai les papien anil · texte numérisé non relu

i-dire «| n ' •- 1 1 •- examinai les papien anil

i procure et I

:>(i2 LETTRES DE SAINTE CHANTAL.

Vous me dépeignez votre cœur dans un grand abandonnement des consolations; néanmoins je vois que vous recevez encore des lumières et des sentiments en la sainte oraison ; qui a cela n'est pas tant à plaindre. Mais Dieu ! quel bonheur à une âme de n'avoir, au milieu de ses désolations et afflictions, autre soutien que celui de son Dieu, par la foi nue et simple ! Enfin, ma trèschère Sœur, notre souverain bien est en sa volonté toute sainte: qu'il nous mène donc par les voies de crainte ou assurance, selon qu'il Lui plaira, il nous sera tout un; car, en l'un et en l'autre, nous ne voulons chercher que son bon plaisir. Ne vous amusez donc point à regarderie chemin par où II vous conduit: voilà ce que je vous dis sur le deuxième point de votre lettre, m'étant venu ainsi.

Quant au premier, il n'y a nul doute qu'il ne faille que vous serviez d'aide et de conseil, en tout ce qui sera possible, pour la conduite des personnes et des affaires qui vous ont été laissées par le trépas de cette chère mère. Vous y aurez un peu d'occupation en ce commencement; mais, à la suite, vous y serez toute soulagée, et vous verrez que Dieu vous donnera du temps pour tout porter de l'une et de l'autre charge, et sans que vous en soyez oppressée; car je ne suis nullement d'avis que vous quittiez la conduite de notre maison de [Montferrand] que la divine Providence vous a commise. Il faudra donc que vous vous déterminiez à suivre votre train, sans rien laisser ni de l'un ni de l'autre devoir, et cela gaiement; mais j'approuve bien que vous vous déchargiez du soin du ménage et affaires ordinaires du monastère, sinon que quelque Sœur prenne l'ordre de vous tous les soirs pour les occasions où elle aura besoin de votre autorité et conseil.

Je suis vieille de soixante ans, cette famille est composée de quarante-six Religieuses ; de plus, le dehors et quantité d'affaires plus qu'en aucune de nos autres maisons, pour le temporel; et, avec cela, les affairesdes autres monastères me donnent incom-

parablemenfl plus d'occupations qoe ne sauraient a\oir celles de li maison de M- v nh . père et de MM. 10s enfants, et cependant Dieu me fournit du temps poortoat. .1»' >ui^ entièrement la communauté, excepté quelquefois que je n'assiste aux Offices, mais rarement; et avec cela je bis encore quelque autre petite besogne. C'est pour vous dire que vous ne deves rien craindre aui charges que Dieu vous impof

V \<>iis départes point, pour aucune chose que l'on vous puisse «lire, de votre manière de conduite par la voie de douceur. Tous les jours j'expérimente que c'est la plus utile, i I que rien ne se lait bien que par cette voie-la. le ne dis pas qu'en certaines occasions il ne faille parler Fortement, niais toujours suavement, et qu'on connaisse que la cordiale dilection règne dans le cœur. — C'est la vérité que quand nous prétendons obtenir quelque grâce pat la voie d'oraison, qu'il la la ut accompagner d'une profonde humilité et entière résignation, en ne demandant sinon que la volonté de Dieu soit accomplie. I

que nous requérons pour votre chère Bile, et taisons faire des prières particulières, afin qoe si notre hou Dieu s le dessein

sur < Ile de la rendre toute si. -une, H le I ISS KM! >nit l.it ce

qu'il a destiné en son éternel conseil.

loi . -le.

LETTRE MLXVI (Inédite)

A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE

SUPÉRIEURE AU DEUXIÈME MOMASTÈRE DE PARIS

Dans tous les états de la vie spirituelle, l'âme ne doit chercher d'appui qu'en Dieu. Estime pour la Mère Clément. — Divers détails.

vive f jésus!

[Annecy], 7 janvier [1631].

Nos Sœurs de la ville [de Paris] nous font envoyer des hommes exprès de Lyon, bien souvent pour peu de chose et qui ne presse pas; cela m'empresse, moi, ma très-chère grande fille, et me surcharge. Enfin les lettres se multiplient si fort de toutes parts, que j'ai peine à fournir, bien que j'emploie d'ordinaire deux jours à y répondre. — Je dirai donc nettement et brièvement qu'il faut laisser aller ces filles par cette voie de simplicité, bien qu'il me semble que, pour la consolation de celles qui y marchent, il faudrait ajouter quelque chose pour quand elles sont privées des sentiments ou de la vue de cette douce attention à Dieu, laquelle leur sert de soutien; et quand elles en sont sevrées, l'âme se met en peine et cherche quelque chose pour s'appuyer, ce qu'elle ne doit pas faire. Quand Dieu me donnera du temps, je n'oublierai rien de tout ce que vous me marquez.

Pour les Réponses, dites-moi bien tout ce que vous penserez : je vois que des maisons en profitent et se les rendent fort familières; d'autres aussi les tiennent cachées aux filles, chacun abonde en son sens; il me suffit d'obéir à vos désirs et des

autres qui le souhaitent. — Notre Sœur de Ifontargis est tirée de Dieu dès son enfance; mais on la <l«*v <>\ a de son chemin a Orléans. -Je n'y saurais rien craindre; mais ce m'est consolation que Mgr de Langres la prenne [sons sa direction]. Il but que roui i / v. i ï lui (ju'il tempère Ta nie m- de cri ni qui la conduit; je n'ai rien sn voir encore de tous ses écrits. — Je ne crois pas qu'il faille presser notre Sœur \. de venir vers nous : aussi bien ne pensé-je pas qu'elle se puisse guérir que par une longue pratique; c'est pourquoi je p< ose qull serait tout à lait i écessaire qu'elle demeurât an moins du an avec vous. — Sœur V est on bon cœur qui peut bien servir l'Institut; mais il lui (autéter i esprit soupçonneux et de prudence humaine et cette grande communication .in dehors, et lui apprendre la simplicité et confiance honteuse ai < c ses lilles, et à se nourrir «lu pain que Dieu s donné à l'Institut. .le n'ai loisirde lire ce que je vous écris. — 1 m désin bien fort de nous donner notre Sœur M. M.: ils ont écrit pour que nous l'acceptions, mais je crois qu'elle refusera, notre Sœur la Supérieure l«- désirant ainsi; mais je lui dis toujours qu'il faut la faire passer au faubourg. Enfin, ma Irès-chère grande

fille, laites 8i adroitement aiee \l Vincent que. S8US «conduire ses désirs, cette fille ne sienne point ici ; ce n'est pas qu'elle ne soit de bon cœur; mais je n'ai loisir d'examiner son esprit comme il serait requis. — Hélas ! ma fille, je le sens au

milieu de mon Cœur que vou ma vraie Irès-chère tille;

aussi suis-je vôtre d'une façon inexplicable, le salue notre chère S or de Vigny; il m'est impossible d'écrire davantage.

LETTRE MLXVII (Inédite)

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

AU PREMIER MONASTÈRE DE LYOV

Comment pacifier un léger différend. — La diversité de manières de voir n'empêche pas la perfection. — II ne faut parler des défauts du prochain qu'à ceux qui peuvent y remédier.

vive y jésus!

[Annecy], 7 janvier [1631].

Ma très-chère fille.

Ma Sœur la Supérieure de Chambéry nous a envoyé la lettre que ma Sœur la Supérieure d'Arles lui a écrite, et la réponse qu'elle lui fait, ouverte. J'ai admiré l'une et l'autre : en celle d'Arles, la liberté avec laquelle elle fait voir les vifs ressentiments qu'elle eut contre une Mère de telle bonté et vertu que celle de Chambéry, l'humilité et charité de laquelle j'ai admiré en sa réponse. Tout cela, ma chère fille, nous fait connaître qu'il y a de l'altération en la Mère d'Arles contre l'assistante d'Aix, à quoi nous désirerions fort de pouvoir remédier et les faire remettre en leur première union et bonne intelligence ensemble ; et pour cela j'avais pensé qu'il serait à propos que la Mère d'Arles retournât pour quelque temps à Aix achever son triennal, me semblant que toutes choses s'en accommoderaient mieux et se passeraient plus doucement; mais comme je vois maintenant la vivacité de son esprit, je crains qu'elle n'y fasse quelque éclat contre la Sœur assistante, laquelle pourtant est fort retenue et se maintient dans une grande modération. Vous savez que feu notre pauvre chère Sœur [F. M. Favrot] disait que cette affaire me donnerait de la peine, et il est vrai, car je ne sais ce que je dois faire; je ne connais que fort peu l'une et l'autre de vue, et ce que j'en sais n'est que par leurs lettres. L'on vient au conseil vers moi, certes je suis bien empochée là-dessus : c'est pourquoi j'ai pensé que Mgr votre bon car-

INNÉE 16*1. mit

dinal et M. Marcher ayant me grande connaissance d'elles et de toutes '' - affaires ici, il serait bon qu'Eu jour, vous on ma Serar la Supérieure, oc loolei deux ensemble, leur m pari tssiex, pour lavoir qu'est-ce qu'ils jogeraienl plus a propot qu'où lit pour l«' l>i <*n «h1 ces deui maisons el pour accommoder el pacifier toutes choses, el que vous m'en mandassiez bien leurs sentiments, afin que je puisse donner solide résolution .1 ces chères Sœurs sur ce quelles me demandent; eependanl je

vous prie de faire tenir lu 6U sûrement ee paquet a \iles.

\u reste, ma chère fille, je me porte a--.'/ bien, grâce à Notre* Seigneur. Il y a bien toujours quelque petite chose [à souffrir], mais cela n'es! rien, car je sens qu'il \ a encore bien de l'huile

dans I i lampe pour durer prou, de quoi j'ai plus d'inclination d'être BSUiric que de m'en réjouir; mais la sainte volonté (le Dieu

soit faitel Vous dites que tousavei toojoors quelque espérance de me voir, <'t moi, je n'j pense plus, quoique je sente bien que si

cela arrivait, ce me sciait une douce COMolation, et peut-élre

des plus grandes que je puisse recevoir. Voyes-vons, mati chère fille, voosaves toujours été tellement partiale pour moi

que cela vous tait dire des choses qui donnent des impressions de moi qui ne sont pas véritables. Hélas I -i Mgr votre bon cardinal me voyait, il trouverai! qu'il] s bien (\c la différence avec

I - (pu- Ton lui lait entendre. Mais, qui VOUS i lut'' si hardie

«pie di i lire voir dehors ma Déposition de notre Bienheureux Pi re ' J ti toujours envie que mes affaires demeurent cachet .

l'on ne t.ot «pie les montrer; de vin, je n'en luis point aise,

s toutefois prou indifférente. J'ai encore sur le cœur le n'avoii rien dit, su taveui de 1 1 vérité et charité due .m prochain . «pu- < 'est i tort (pu- l'on i dit n'< tre pas bien édifié de la v isite d.^ deui Supérieures; j'ai in tout ce qui -■• pass.i < » , Dieu! in us celle qui présidait ne lit ni ne dit rien que conformément a l'esprit de charité de * iiion; mu- cela procède de li diversité des esprits : l'un porte a l'aiisléril

sécheresse, l'autre à la douceur et support du prochain, car il était lors question de cette pauvre SœurN. Oh! tout cela n'empêche point la perfection, selon que nous, chétives créatures, la pouvons avoir; tant de grands Saints ont été de divers sentiments.

Mais voici un petit avis que je désire qui ne parte jamais de votre cœur : jamais, éternellement, ne parlez dans le commerce de confiance, pour entière qu'elle soit, des défauts d'autrui, sinon pour y mettre du remède et qu'il fût en votre pouvoir de le faire : cela était une des maximes de notre Bienheureux Père. Je me suis souvenue de quelques Sœurs qui lui faisaient de la peine en chose importante , dont l'une n'est ni n7était en ce monastère; l'autre en est, mais dehors; l'autre, je crois, est céans, qui est notre Sœur J. F. de Sales. Ce Bienheureux en était fort importuné alors, et cela lui fit lâcher celte parole; mais, grâce à Dieu, tout va mieux partout. Ce qui découlpe le prochain, j'ai peine à le retenir. Ma fille, croyez que vous êtes bien uniquement ma très-chère fille. Oui, vivez dans un grand anéantissement de tout soin des choses qui ne vous sont commises; mais si, sans le chercher, vous rencontrez quelque chose à réparer, faites-le en esprit d'humilité et franche cordialité vers qui que ce soit. A Dieu soyons-nous éternellement en la façon qu'il Lui plaira. Amen.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE HLXVIU

I I. \ MÈBE \\"\r.-M \i;ii: IOSSBT

imil \ OiKUlM I

Soudait* <le boOM aune B, — lue Supérieure ne doit tnlrrrr aucun. mire

fobéissftace, UmI m m nautranl coiulescimlanU' >

im y tàn - '.

[Ara |

M \ Ttte-CHilE FII.I.K,

Noos voux souhaitons bien aussi la bonne et sainte année, 1 1 toutes sortes <!«' saintes prospérités en icelle, sur vous et sur toute votre chère communauté, que nous saluons très-cordialement de ki pari de la nôtre, qui la remercie et vous aussi «lu souvenir que vou^ avez d'elle. Je ne sais que vous dire, ma très-chère fille, sur les reconnaissances que voua nous témoignes <lu peu d'assistance que nous faisons a votre maison, sinon que si dos moyens égalaient nos affections, vous eu ressentiriez

defl effets plu- Utiles qoe vous ne laites pas; mais au moins

G rons-nous ce que nous avons promis et ce que nous pourrons, v(»uv vous en devei assurer, ma très-chère fille, <it cela de bon cœur avec l'aide «le Notre-Seigneur, lequel, a ce que je voi<, von- a favorisée, vous faisant trouver !«■> matériaux pour votre ment sur le Heu, ce qui est un grand avantage1. De vrai, je suis bien marri* de voir que l'obéissance ne règne pai comme il faut dans votif maison. l< vous prie, ma trèschère tille, travailles soigneusement a l'i bien établir, faisant connaître » vos Sœurs l'importance <!<• cette sainte vertu et des butes qu'elles \ commettent; parlés-leur souvent là d< isos <'t

' I M H : .iv.int rrx.Iii, iu.il;;rr U piiuiii.' ii i n ^ laquelle se trouvai! Il COmmui !•• coiiiinciiri>r à l».\tir un in«>n iruilu'r,

av. ut acquis i Irès-haut juiv !•• ,|..nt on la bli

i Ifiinrit. M - , ur jii>1i!i i Ii . «mi |»--i -

iiu'tiniil ijiio !•••» nu. .(imjui- lieu même UJM abondante

•ur- «p. m,

leur faites lire ce que notre Bienheureux Père en dit. J'écris une bonne lettre sur ce sujet à ma Sœur N. , par où je lui mande nettement qu'il faut qu'elle s'affranchisse de ce manquement et qu'elle reçoive et accomplisse toutes les obéissances que vous lui donnerez, avec simplicité et humilité; mais quand elle fait ces fautes, vous lui en devez donner une bonne mortification devant les autres, si c'est en leur présence qu'elle vous fait ces répliques. Et de même pour ma Sœur N. quand elle parle ainsi légèrement à la récréation. Il ne faut laisser tels manquements sans leur en donner quelque pénitence; mais aussi, après qu'elles auront reçu les obéissances, il faut que vous leur donniez la confiance de vous dire leurs petites difficultés en particulier, quand elles auront quelque légitime empêchement de les pouvoir accomplir, et que, s'il est juste, vous leur condescendiez, afin de les rendre plus affectionnées à l'obéissance, voyant que, quand elles ne le peuvent faire, l'on reçoit avec douceur d'esprit leurs raisons et qu'on leur condescend. Et au reste, je vous prie, ma très-chère fille, de croire que je vous dis toujours sincèrement, et selon qu'il me semble, ce que Dieu me donne pour l'utilité de celle à qui je parle. C'est pourquoi prenez toujours tout ce que je vous dirai, et ne laissez entrer aucun ombrage dans votre esprit, qui vous empêche de me dire tout ce que vous jugerez être utile tant à vous qu'à nos Sœurs. Et je vous supplie aussi que pour ce qui regarde vos infirmités, vous preniez tous les soulagements nécessaires et raisonnables, selon que votre conscience vous dictera être de mes intentions, et que si j'étais auprès de vous je vous ferais prendre. Mais surtout ne vous laissez plus saigner, sinon pour quelque violente fièvre continue, car je sais qu'ici les médecins ne le voulaient pas à cause de l'hydropisie dont vous êtes menacée. Il vous faut bien nourrir et prendre du repos après cet accident qui vous a ainsi affaiblie.

Conforme | une copie faite sur l'original par la Mère Rossct elle-même. Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE IILXIX

â L'ASSISTAITTE R AUX IHJGlEUSBfl DE LA VKITATION DE IENNES

I di k Mire (11. -.A. Joly il»' la Rod I

Cotflfll I II toriifiiu ri • m t, .

UVK y JK.M - !

[Annecy. lii.'il.]

Ma trks-chère fille, Kniin, Dieu I \oulu retirer à soi votre très-bonne Mère

Claude-Agnès Joli de la Roche ', pour la faire jouir, comme nous l'est érons, da repos < t de la félicité que le Sauveur nous a acquis par son sang <t qu'elle s mérités par son humilité, ardent amour de Dieu et grande patience. De vous dire combien un n cœur i ressenti celte perte, cela ne ferait qoe tons attendrir davantage. Je crois que vous gères toutes demeurées en cette occasion dans l'amoureosj soumission am divines ordonnances, qne nous devons oénéreus» nient aimer dan> les reneon-

donloorenses et amères. Embrasses donc cette divine vo-

1 La V « mérable Ifère Claude-/! Jolj de la Roche fut confiée au

llei le : mbre 1630. s inte <!»' Chantai a consacré les

suivant mémoire dans le Livra des Vœox do premier monastère

il' \ n 1 1 . 1 1 : . Ella e» i< i toutes I' - \ remit n - i barg< - de l'Institut atec dm

- humilité, prodence, inpporf «-t patience tout I fait n aarquahli I

- I imi al on '!«• qoalqoaa grandi lenriteon «!•' Dieu, eette mimenl lainta

it rhnmiliatioa «-t !<• méprii d'elle-même atec un»* avidité nonpareille; fil'' aimait tant ces chères vertu qne, l'il loi eût été

. elle ••ut lait «I •• l.iii •• iiirsr.slimi't' r[ n

\ S ir lui u. lit donné |, i de douceur el de pal

» si pleinement qn'el atimenti contraires. « —

\I t : d'autant plus juste [dit ailL N |ue, perdant

I M be, H' I ri un de 14 I pli

\ i l'uiti-s 'l.-s i • t - • . i » soutenir « b< i

u mérita l'immortalité. I i Ile qui .i ea soin de i - « aeillir lei cahien

de Bi< reux I et la pi - ien i. I Ile avait la

• mémoire si heureuse qu'elle nVitait m..: I prélat ■ n\ mit . •

lonté, mes filles, et demeurez toutes dans la parfaite union et bonne intelligence que cette sainte âme vous a tant recommandées. Puisqu'elle vous a dit d'attendre à l'Ascension prochaine de faire votre élection, il faut lui obéir, vu même qu'il y a peu de temps à s'écouler d'ici là, et alors vous élirez celle que Dieu vous inspirera. Mais, je vous prie, ne regardez que Lui et confiez-vous absolument à sa Providence, et vous sentirez des effets de sa bonté. Je vous dis cela à toutes en général , mes très-chères filles, avec la tendre et cordiale dilection que Dieu m'a donnée pour vos âmes.

Et à vous, ma très-chère Sœur l'assistante, je vous dis que vous gouverniez cette bénite troupe, attendant l'élection, avec une profonde humilité; et faites en cela selon l'exemple que la bénite défunte vous a donné. Comportez-vous au dedans avec une grande douceur et observance, et au dehors avec une sainte modestie et dévote conversation ; que vous conserviez envers tous la bonne odeur que la chère Mère avait répandue d'une parfaite vertu. Oh! non vraiment, ma fille, je ne serai point en peine de votre maison, car j'espère que Dieu en sera le maître et le pilote. Assurez toutes les Sœurs que je les tiens dans mon cœur, mais particulièrement vous, de qui je suis, etc.

LETTRE MLXX

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

AU PREMIER MONASTÈRE DE LYON

Voyage de M. Marcher à Aix. — Mort de la Supérieure de Rennes.

vive -j- jksus!

[Annecy], 21 janvier [1631].

Ma très-chère fille,

Vous verrez ce que j'écris au bon M. Marcher. Je ne sais si je me serai bien expliquée, car c'est toujours dans mon empresse-

sèment ordinaire, par la multitude de lettres qu'il me font faire. Je conlinue à être de Sentiment qu'il faut que ma Sonir la

Supérieure «l'Arles retourne à Aix; mais comme je ne puis pas savoir toutes choses si bien que eeu\ qui sont sur lei lieux, ce nous est un grand bien que M. Marcher aille là, parce qu'il

pourra voir ce qoi sera pour le mieux en fouie façon, et je ne délire nullement qu'il lasse aucun fondement sur tout ce que je dis; mais qu'il lasse selon Dieu ce qu'il jugera le devoir faire

pour le bien de ces deux chères âmes que je chéris également, Ion pourtant les disposition! que je sais que Dieu a mises en

(dles. Je ne désire que leur hien et celui de leur maison -an»

aucune autre prétention, le vois hien que ma Sœur l'assistante a cette impression dans son esprit, que si ma Soeur la Supérieure retourne a Aix, elle y apportera du préjudice; mais je crois que non, moi, si M. Marcher peut la réduire dans le de<

d'humilité qu'il CSl requis pour la faire tenir dans la modération. Au contraire, j'estime que ma Soair l'assistante a besoin

de cette occasion pour s<« remettre tout a (ail bien avec elle, qui

i le cœur du toul hou; et pourvu qu'on lui laisse la liberté de

parler en confiance à 11 Marcher, et de m'écrire, et moi, à elle,

Dm me je crois que la Mère fera, j'espère que toul ira hien. Je

DO leur écris point maintenant, parce que je crois qu'il ne partira pi- i i »i. me disanl que ce ne sera qu'en carême-prenant le voui prie cependant de m'en due des nouvelles au plus ii.i, parce que li je peux, je ^< rai hien sise d'écrire pai lui. Croyei moi, ma très-chère fille, qu'il esl peu d'âmes d ms ce degré de lincérité et simplicité où était notre chère défonte; c'est pourquoi il est bon de tenir ferme dan- !<• document de ne jam l trier dei imperfections du prochain i qui que ce soit, quand

OU D \ peut pis i . r 1 1 . . 1 1 . i

Hélas I voila I* pauvre chère Supérieure de Rennes partie

[décédée], el moi qui Cependant demeure dans |.i sensible

douleur <\<- me soir privée du lecoon 1 1 i onsolalion que j'ai

tendais de ces chères âmes-là! Je ressens toujours plus le grand dépouillement que Notre-Seigneur m'a fait de la présence de notre chère Sœur F. -Marguerite Favrot; car je me vois par ce moyen quasi hors d'espérance de pouvoir être dans la liberté que j'attendais, me déchargeant des affaires de cette maison sur elle, ce que je vous dis sur la proposition que vous me faites qu'il faut que j'aille en Provence, à quoi je ne vois pas grande apparence. Je ne sais pas ce qu'il plaira à la divine Providence d'en ordonner, mais je sais bien que j'obéirai toujours de bon cœur en tout. Et si Dieu me donne la consolation de vous revoir, son saint Nom en soit béni! S'il ne Lui plaît pas, son saint Nom soit aussi béni! Je vous dis ceci, parce que voici ma petite secrétaire l qui dit que vous parlez pour les autres, mais que vous prêchez pour vous.

Je suis marrie de ce que votre ancienne assistante croit que je ne l'estime plus, car je l'aime bien; mais non pas toutes ses , inclinations, parce qu'elle se recherche trop. Je vous prie pourtant de me conserver un peu dans ses bonnes grâces et de la saluer chèrement de ma part. Je prendrai le loisir entre ci et un mois de répondre à ses demandes, car je ne l'ai encore su faire et je ne puis pas tant écrire de lettres inutiles, parce que je suis accablée des nécessaires. — Notre Sœur la Supérieure de Dijon m'écrit qu'elle est en peine que je n'aie pas reçu certaines lettres auxquelles j'ai répondu, et vous avons envoyé le paquet. Je vous prie d'avoir soin de faire donner bonne adresse à nos lettres.

[P. S.] Je n'en puis plus. Priez pour moi, que Dieu reçoive tous mes moments, mes actions et mes pensées; car si ce n'était cette espérance, il se faudrait rendre et tout quitter.

Dieu soit béni!

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy. 1 Sœur Anne-Francoise de Clermont Mont-Sainl-Jean.

AW1.L 1631. 575

LETTRE IfLXXl

\ L I MÊME Prévision pour une prochaine élection de Supérieure. — .Aiïaire da BMBftftèrei

de I'ritvi-iii V l V I y J y

[AjMMCj], •» f-v rir [K

M I \i;\i\ii:\t i!n\\i: Ti;ï.s-<aij;iiK PILLE,

II iaut dire la vérité, mais il m'a (ail grand bien, nonobstant huit mon embarras, <!<' reoetoir de vos nouvt Iles el <le soir des lettres écrites de la main de ma vraiment toute bonne el chère fille; car il me semble qne je l'aime bien. M ris ce n'est pas cela qne je sens dire

Noua venons entre ci et l'Ascension C6 (jne nnu< pourrons

(aire pour l'élection de nos Sœurs de Valence, le crois bi pourvons parler simplement, qu'il leur sérail forl utile si elles pouvaient avoir une Supérieure de céans, <•! si non- ne brisons plus <lc deux on troi> fondations, nous leur en pourrons bien donner une qui sera telle qu'il la faut et que vous dites; mais je pense qu'elles rééliront celle (jnï est maint» nanl ; néanmoins

ut toul laisser conduire a Notre Seigneur, le ne crois pas que vous dévies penser à remettre en charge votre js distante, si ce n'esl pai le moyen <lr quelque fondation <jni se puisse Eaire proche de vous, comme à l illefranche <«n \\m parl.i 1 1 de von- établir; mais il lui faudrail donner une bonne assistante forl sa [e 1 1 vertueuse, el des Sœurs bien douces, souples et de boom II lui faol i lire «•mendie que l'on s ce

dessein là, pourvu qu'elle s'j dispose par une humble soumission, exacte observance, el qu'elle lâche d'affranchir ion i ipril de tant de réflexiona el <le ne se plus tint rechercher elle* même; car je croia bien comme vous, ma très-chère fille, que

■ le aeul moyen «le la remettre que cela El pour voua din

mot de cœur, nous en avons aussi une ici que vous savez que nous avons rappelée pour tel sujet, qui en est quasi de même, quoique non pas si inquiète que la vôtre, mais qui a un peu de ces impressions-là; mais j'espère pourtant que quand elle aura accoisé son esprit, elle pourra encore dans quelque temps être employée et rendre de bons services à Dieu.

Je suis fort consolée de ce que Mgr votre cardinal a reçu tant de satisfaction de nos bonnes Sœurs de Bourg. Je n'en attendais pas autre chose que cela; j'écrirai encore, si je puis, à M. le prévôt et à nos Sœurs de Provence. Voilà cependant la lettre pour notre Sœur la Supérieure de Bourg, que vous avez mandé que j'écrivisse.

Croyez, ma très-chère fille, que c'est bien empressement que j'écris ces lettres pour la Provence et au bon M. Marcher. Le plus important, c'est de bien mettre l'observance es deux maisons d'Aix et d'Arles, et je ne sais si l'on pourra donner ce moyen. Je le vois bien, ma très-chère fille, que si j'étais telle que je devrais être, une petite visite leur ferait grand bien; mais je laisse tout cela à la Providence divine, voyant difficulté d'être tirée des mains de Mgr de Genève et de cette maison, si quelqu'un de puissant n'en montrait la nécessité ou grande utilité : j'ai toujours vu que Mgr se rend à cela. De ma part, nonobstant les répugnances qu'a la nature d'aller et tracasser, je me sens, par la divine grâce, sans difficulté ni résistance à suivre en tout ce que Dieu voudra, dont II soit éternellement béni! Amen.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

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