‹ LettresChapitre 12 sur 17 · I\' — L EVEQUE DE PARIS A JOACHIM DU BELLAY · texte numérisé non relu

I\' — L EVEQUE DE PARIS A JOACHIM DU BELLAY

Monsieur mon cousin, j'ay receu deux de voz lectres Tune du dernier d'aoust, Taultre du XVP

mon frère, St Ayl n'en sçait, sinon ce que Je vous en ay desja mandé. J'ai eu des lectres de Rabelays qui ne m'en escript rien... » (Fr. 10485, f. 167).

1 Giseux, en Anjou, seigneurie de la maison du Bellay. Eustache du Bellay s'y fit enterrer dans une sépulture de famille.

2 Lettre autographe. (Fr. 10485, f. 162).

de ce moys. Quant à la première où m^escripvez des colères de mons"" du Bellay, à tous le moings que vous les baptizés telles, je ne vous y fays response. Si vous pansez y gangner quelque chose, adressez vous à luy. Il a esté par le monde pour vous sçavoir respondre. Quant au second article de vostre dicte lectre, vous n^aurez aultre chose de moy sinon que j^ay les cheveulx gris. Je n'^aprandré de plus jeunes que moy, et qui n^entendent si bien mon estât et ce que je doibs, à me gouverner par leur oppinion. Quant celluy qui a toute puissance de me commander me aura baillé la loy, je luy obéyray et non à aultre. Quant à vostre seconde lectre du XVI® de ce moys, par laquelle me mandés qu^avés communicqué à mon scelleur une lectre de monseigneur le Cardinal, puis me parlés des bénéfices vacqués et prestz à vacquer, je suys d^un lieu duquel vous estes sorty, là où les gens ne se veullent avoir par audace et aucthorité, mais par amytié ne refusant jamays à faire plésir. Les vaccations advenuees dont m^escripvés, moy estant à Paris de retour, nous en ferons bien ensemble au contentement de monseigneur le Cardinal et de vous et de moy. Ce sera au plustost que je pouray, acheminant

mes affaires pour ceste effect chascung jour. Après m^estre recommandé à votre bonne grâce, je pry le créateur, mons'^ mon cousin, vous donner en santé très bonne et longue vie. Du Plessis, ce xxix'^ de septembre i55g.

Vostre meilleur cousin et amy a vous faire à jamays plésir,

Eustache Dubellay, E. de Paris.

(Au dos) : A mons'' mon cousin mons"" de Liray, à Paris.

V — l'ÉVÊQUE de paris au cardinal du BELLAY ^

Monseigneur, je vous ay escript du XXI 11° du passé et envoyé deulx moys de vostre ordinaire, sçavoir décembre et janvier, et par mesme dépes-

' Lettre autographe inédite (Fr. 10485, f. l63).

che VOUS ay envoyé voz deulx basgues, Témeraude et le rubis. J'estime, monseigneur, qu'aurés receu le tout et seurement pour estre bien obligé le banquier Didato de ce faire. Aussi, monseigneur, je vous ay escript des trois prébendes vacquées en vostre église de Paris; Tune desquelles a esté baillée à mons'" de Saveuse; Faultre, personne ne s'est trouvé pour mons'" Nicquét; et ce pendant un Régaliste ' estoyt prest à le faire recepvoir, estant icelle prébende en Régale non encores assopie, qui estoyt celle de Gallandius. Quoy voyant, mons^ de Lyray a esté d'advis la bailler à mons"" Padvocat du Mes'nil, qui la défendra, et par ce moyen demeure paisible du tout mons'' de Lyray pour la chanterie. L'aultre elle est en main seure^, pour en disposer ainsin qu'il vous plaira commander, soyt pour mons'" de Nicquét qui m'en a escript à ceste fin du xvi^ du passé, soyt à mons"" de Lyray qui la demande ^.

1 Le régaliste était celui qui était pourvu par le roi a'un bénéfice en régale; il pouvait céder son droit à un autre régaliste. V. sur la nature delà prébende de Galland la lettre IX et la note.

^ Entre les mains d'un commendataire.

3 Si Joachim du Bellay demandait une prébende, c'est qu'il n'était point, quoi qu'en disent les témoignages con-

Je VOUS supply, monseigneur, me mander à qui je la bailleray aftin que ne Tung ne Paultre s'en préne à moy. Si je ne voys vostre commandement, elle demeurera tousjours où Pay mise, attendant qu'il vous plaise en ordonner.

Monseigneur, après avoir présenté mes très humbles recommandations à vostre bonne grâce je pry le Créateur vous donner en santé très longue et heureuse vie. De vostre maison de Gizieulx le x*^ de novembre iSSg.

Vostre très humble et très obéissant nepveu et à jamays serviteur,

Eustache Dubellay.

(Au dos) A Monseigneur.

temporains, chanoine de Notre-Dame. M. Revillout a déjà fait cette remarque à propos de la lettre de Tévêque de Paris du 28 décembre.

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