‹ LettresChapitre 9 sur 17 · X AU CARDINAL DU BELLAY · texte numérisé non relu

X AU CARDINAL DU BELLAY

Monseigneur, le seelleur de Mons"" de Paris l'a ce matin envoyé une lettre de change de douze ens escutz, pour vostre ordinaire de novembre % le priant de la vous faire tenir, ce que j'ay faict icontinent, et Tay envoyé sur Theure enclose en i présente à vostre banquier Didato % qui à ma îqueste et sur ma cédulle a fourny une grand artye desdicts XII cens escutz. Ce n'est la prelière foys qu'il a faict le semblable et est encore rest de faire selon les occurrences, qui mérite ien, ce me semble, que Ton en face quelque re- Dngnoissance en son endroict. Il vous avoit pieu, lonseigneur, luy en donner quelque asseurance ar ung mot de lectre que je luy baillay de vostre art, il y a environ d'un an. Toutesfois depuys ne

1 Lettre autographe (Fr. 10485, f. i85).

2 Pour les revenus des mois suivants, expédiés à mejre, soit par Joachim, soit par l'évêque de Paris au carinal, V. Append. V et \'II.

•^ Sur ce banquier italien, établi à Paris, qui faisait les [faires du cardinal, v. Appendice V.

s^en est ensuyvy aulcun effet. S^il vous plaisoyt en faire une nouvelle recharge à Mons'" de Paris, on le contenteroit de peu de chose et que Ton baille ordinairement à d'aultres, qui ne sont pour vous faire tant de service que ledict Didato. Je vous ay escript par cy devant que le filz de feu Mons"^ de Saveuse avoit esté pourveu de la prébende vacquée par la mort d^ng nepveu de Mons"" le Gard^^ de Meudon, suyvant vostre commendement. Vous estiez obligé envers ung conseiller de ceste court nommé Helyn en la somme de mil escutz, dont luy aviez constitué rànte de deux cens livres par an. Vostre recepveur Combraille a payé lesdicts mil escutz et, par ce moyen, est esteincte ladicte rante et le contraci cassé, que je mectray entre les mains de Mons' de Paris incontinenl qu'il sera de retour. Ledici Helyn, par une aultre partye, vous debvoit deu5i cens escutz pour quelques lotz et vantes ; il a pryé qu.'on lut donnast terme jusques au XXV* de ce présent moys, dedans lequel il ne fauldra de satisfaire à ce qu'il vous doibt.

Je vous ay escript touschant les deux aultres prébendes et les importunitez et instances qu'en font messieurs les courtizans. Vous y adviserez,

'il vous plaist, Monseigneur, et voyrez si je vous y •uys servir de quelque chose. En quoy je m'em- •loyray et en toutes aultres choses, qui concerneont vostre service, sans aulcune exception. Et me rouverez tousjours tel jusques au dernier souspir e ma vye. Ce qui sera Tendroict où je suppliray e Créateur vous donner, Monseigneur, en parîicte santé très heureuse et très longue vye. De *aris, ce vn® de octobre i55g.

Vostre très humble et très obéissant serviteur,

J. Dubellay.

Mons'" d^Ivry * m^est venu voyr ce matin, qui i^a dict vous avoyr escript touchant l'expédition e son abbaye de Sainct Sierge, que Ton luy eult faire perdre, vous suppliant de luy estre ydant en ceste affaire. Il m'en a parlé plus parti-

1 C'est le grand architecte Philibert de Lorme^ qui sucéda par la faveur de Catherine de Médicis, au 52^ abbé es bénédictins de Saint-Serge d'Angers, Jacques d'Anneault^ mort le y juin i558. (V. Hauréau, Gall. Christ., t. ^IV, 653 E). Il fut aussi abbé d'Ivry et de St-Eloy-lezioyon. On s'ait que ce fut le cardinal du Bellay qui le résenta à la cour. Les démêlés de Philibert de Lorme avec .onsard sont racontés par Binet dans sa Vie de Ronsat^ : e poète composa une satire, où « il blasme le Roy de ce ue les bénéfices se donnoient à des maçons et autres plus

culièrement, et que, s'il vous plaist lui faire avoyr ladicte expédition, il ne plaindra V cens escutz pour la dilligence du convoyeur. Il m'a aussi parlé de quelques permutations avecques pensions rédimables comme Ton advisera. Je n'ay voulu faillir à vous en advertir, Monseigneur, affin que vous advisiez, s'il vous plaist, ce qu'il vous plaira de m'en commender.

Au (dos) : A Monseigneur.

viles personnes, taxant particulièrement un De Lorme, architecte des Tuilleries, qui avoit obtenu l'abbaye de Livry... » (V. Œuvres de Ronsard, éd. Blanchemain, tome prélim., 1867, p. 3o).

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