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NOTICE BIOGRAPHIQUE XLÎ
C est dans cette ville que le P. Duplessis prononcaît ses derniers vœux, le deux février 1729. Il demanda alors à ses supérieurs de l'envoyer au Canada. Mais ceux-ci jugeant que les prédications de cette orateur déjà fameux produiraient plus de bien en France que dans les forêts d'Amérique décidèrent de le garder à son poste.
Depuis deux ans déjà le P. Duplessis consacrait au salut des âmes les jours de fête et de congé dont il pouvait disposer au» gré de son zèle . La Flandre ne connaissait pas encore les grandes retraites publiques, les missions royales organisées pour ramener à la foi les protestants et les indifférents. Il rêvait de les inaugurer. Tout le temps qu'il pouvait dérober aux études arides de la philosophie il l'employait à la conversion des pêcheurs. On le voyait au confessionnal depuis cinq heures du matin jusqu'à huit heures du soir. Il ne lui fallait qu'une demie heure pour préparer un sermon. Il prenait deux ou trois réflexions et il s'abandonnait aux mouvements de l'improvisation dictés, par l'Esprit-Saint. Dieu bénissait sa méthode. Dans une seule retraite il entendit sept cents confessions, générales.
Le voisinage de la Hollande lui donnait l'occasion de rencontrer souvent des calvinistes et des luthériens,, il en ramena plusieurs à la religion catholique.
XLII NOTICE BIOGRAPHIQUE
Les jansénîstes, jalousant ses succès, firent imprimer à Armsterdam des pamphlets dans lesquels on l'accusait de prêcher une doctrine anti-chrétienne, et où on le citait comme un des plus hardis défenseurs ^es jésuites.
Le P. Duplessis qui pendant tout son noviciat avait eu une santé chancelante sentait accroître ses forces à mesure que ses travaux augmentaient. Ses jours se partageaient entre l'enseignement, la prédication et le confessionnal. Il était obligé de réciter son bréviaire pendant la nuit. Il trouvait encore moyen de visiter les prisonniers, les malades et les pauvres. Ses bonnes œuvres ne se comptaient plus. En 1732, il entreprit de faire faire les pàques aux nombreux soldats des régiments en garnison à Arras. Par ses prédications ardentes, douze mille, cette année-là, remplirent leur devoir pascal.