‹ Lettres, journal et documents pour servir à l'histoire du canal de Suez (volume 2)Chapitre 11 sur 87 · SÉANCE DU 6 MAI · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 6 MAI

Compte rendu du « Times. »

Le comte de Garnarvon présente une motion ayant pour objet de demander le dépôt, sur le bureau, de la correspondance échangée entre le gouvernement de Sa^ Majesté et son consul en Egypte et de toute autre communication qui aurait pu avoir lieu entre le gouvernement de Sa Majesté et les gouvernements de Turquie et de France, relativement à la construction projetée du canal de Suez.

Le noble orateur motive sa motion en ces (ermes :

« C'est parce que ce projet me semble destiné à échouer comme entreprise commerciale et que pourtant il n'est nullement abandonné, que je désire vivement appeler l'attention de vos Seigneuries, aussi bien que celle du gouvernement, sur un très-sérieux état de choses requérant leur sage considération. Sans entrer dans les détails relatifs à l'histoire du canal de Suez, il suffit de dire que, pendant des siècles, son exécution a été l'objet de l'ambition de plusieurs grands princes et souverains, et jamais peut-être projet ne fut plus propre à réunir les sympathies et à exciter l'imagination que l'accomplissement d'un grand ouvrage unissant la Méditerranée et la mer Rouge, ouvrage qui serait un stimulant pour le commerce et imprimerait un nouvel élan à la civilisation et même au christianisme. Mais entre la conception et l'exécution, il existe une large différence, et c'est sur le projet que je veux appeler l'attention de vos Seigneuries.

« Des objections lui ont été opposées d'une nature trèsgrave, relatives non-seulement au succès commercial de l'entreprise, mais aussi à la manière dont il pouvait affecter politiquement les intérêts de l'Egypte, de la Turquie, de

TEurope en général et de TAnglelerre en particulier. En ce qui concerne les difficultés d'art de l'entreprise, j'en parle avec une grande défiance; mais le projet n'est pas nouveau, et les difficultés qui existaient autrefois existent encore aujourd'hui, malgré Pétat avancé de la science. Tous les ingénieurs anglais déclarent que l'entreprise est impossible; mais en la supposant possible, la dépense en serait si grande qu'elle exclurait toute rémunération satisfaisante. Il faut aussi se rappeler que tous ces grands ouvrages dans TOrienl doivent être accomplis, non par le travail volontaire, mais par un système de travail forcé; et dès lors cette question se présente : Jusqu'à quel point peut être justifié le sacrifice des existences qui en doit résulter, même dans le but d'obtenir un grand avantage commercial?

« On avait cru qu'il y avait une différence de niveau entre la Méditerranée et la mer Rouge, mais il est certain que ce niveau ne fournit pas un courant suffisant pour tenir le canal libre et écarter tous les empêchements. Néanmoins et quoiqu'on doive regretter que des capitaux soient engagés dans un pareil leurre, ce ne serait pas une considération à porter devant vos Seigneuries. Mais s'il impliquait de puissants intérêts aiTectant l'Egypte, la Turquie, l'Europe et notre propre pays, ce serait alors un devoir pour le gouvernement de donner à la Chambre toutes les explications en son pouvoir, quant à la marche politique qu'il a jusqu'à présent poursuivie dans cette question.

« Je demande donc sous quelle sanction il est procédé à la construction de ce grand ouvrage. Je sais que le vice-roi d'Egypte a accordé une permission à M. de Lesseps; mais le vice-roi n'est sous aucun rapport une puissance indépendante, étant soumis à la suzeraineté de la Porte, et sa permission doit être ratifiée par la Porte. Or, j'ose dire que jamais cette permission n'a été ratifiée par la Turquie, et j'ai même compris que la Porte aurait distinctement refusé son assentiment, par le motif que l'arrangement était préjudiciable aux intérêts de la Turquie.

« Néanmoins, M. de Lesseps et sa Compagnie poursuivent leur œuvre, et par les termes de la concession ils sont autorisés non-seulement à construire le Canal, mais aussi à prendre

possession d'un territoire s'étendant de chaque côté à un mille ou à un mille et demi de distance. Ainsi, une Compagnie étrangère et un gouvernement étranger, agissant par l'intermédiaire de cette Compagnie, peuvent devenir possesseurs de propriétés d'une étendue considérable au cœur de l'Egypte, et comme cette partie de TÉgypte est entièrement dénuée de fortifications, ces travaux du canal, quoique entrepris maintenant dans un but purement commercial, pourraient facilement être convertis dans le long cours du temps en ouvrages d'une importance stratégique.

(( La position de M. de Lesseps serait à un haut degré justifiée s'il pouvait prouver que son entreprise est entièrement commerciale et qu'il n'a d'aucune façon cherché à imposer des conditions de nature à intervenir illégitimement dans l'action du gouvernement égyptien. Mais il se trouve que M. de Lesseps a persuadé au vice-roi de s'associer à l'œuvre pour l'énorme somme de 90 millions de francs, quoique les revenus actuels de l'Egypte n'excèdent pas 125 millions de francs par an.

« Je crois que la Chambre pensera avec moi que les objections à une telle façon de procéder ne sont pas légères, qu'elles sont au contraire graves et sérieuses, parce qu'une Compagnie pareille ne peut être considérée, dans aucun sens du mot, comme toute autre Compagnie privée, et que, dans le cours des événements, l'action de la Compagnie pourrait fort bien devenir l'action du gouvernement français, 11 y aurait beaucoup d'inconvénients pour ce gouvernement à être placé dans une semblable situation, et je ne dis point cela par rapport à la France seule, car je pense que la même objection existerait pour toute autre puissance isolée de l'Europe. Je n'ai pas envie d'entraver le développement du commerce français dans cette direction, car je crois que Taccroissement du commerce chez une nation stimule naturellement le commerce des autres; et comme le trafic de l'Inde avec l'Angleterre est aussi grand, sinon plus grand que celui que l'Inde entretient avec tous les autres pays, ce canal, si on pouvait s'en servir, serait principalement avantageux à l'Angleterre. Je ne désire pas davantage entraver la nation française à un point de vue

politique, pourvu que l'influence politique qu'elle recherche ne soit pas de nature à compromettre les intérêts anglais, et il n'y a là rien d'illégitime. Quant au système d'influence politique dont l'établissement forme une partie de la politique française, je le regretle autant par rapport à la France ellemême que par aucune autre raison. Je suis convaincu que c'est un système dispendieux, et des agents subordonnés souvent peu soucieux des moyens par lesquels ils obtiennent leurfe fins, placent constamment le gouvernement français dans une position humiliante, falsifiant aux yeux de l'Europe les intentions de leur gouvernement.

« Toutefois, si le gouvernement français préfère adopter ce système, c'est son affaire d'en considérer les résultais. Mais je crois que le gouvernement anglais est obligé de veiller à ce que des obligations ne soient pas imposées, des conditions arrachées ou une influence créée qui puissent, en quelque manière que ce soit, compromettre la neutralité de l'Egypte. Notre pays a été souvent accusé d'être jaloux et susceptil>Ie sur ce point, et naturellement il en sera ainsi aussi longtemps que l'Angleterre possédera l'empire des Indes ; et je ne puis pas croire que la France, si un appel était fait à ses sentiments de droiture et de magnanimité, permettrait à ses agents de faire naître la discorde par ces moyens indirects.

« Je n*ai aucun désir de dresser un réquisitoire contre la politique du gouvernement français dans ce cas; je ne désire point davantage me plaindre de la grande quantité de Français actuellement en Egypte, plus grande que dans aucune autre année précédente. Mais ce dont je me plains, c'est du ton pris et de la conduite poursuivie par la compagnie Lesseps, par ceux qui professent d'être les agents de la nation française, de représenter son gouvernement etd'exprimer la politique de la nation. L'objet de la Compagnie est clairement d'identifier ses actes avec la politique du gouvernement français et d'obtenir son appui. Je connais des cas dans lesquels des Anglais ont été forcés de s'en retourner par les employés de la Compagnie, non pour les empêcher d'inspecter les ouvrages encours d'exécution, mais pour leur interdire d'examiner la ligne de pays que le Canal projeté doit traverser. Il est donc clair que cette

Compagnie n'occupe point simplement le terrain, mais qu'elle y prétend à un droit exclusif à y établir en fait une juridiction territoriale. La nature de l'esprit oriental est si impressionnable qu'il est aisé pour une Compagnie comme celle-là d'acquérir le prestige qu'elle recherche.

« Le public a été informé, par des rapports périodiques, du nombre des ouvriers et de l'état des travaux, et, il y a quelques mois, il fut proclamé que le Canal serait suffisamment ouvert dansl'automne, pour livrer passage à un bateau, d'une de ses extrémités à l'autre. Je ne puis croire que le gouvernement français consente àse laisser compromettre dans le projet d'une Compagnie en banqueroute, et qu'il veuille se faire le ravaudeur d'une spéculation commerciale qui n'est qu'un leurre aussi grossier et aussi trompeur qu'aucun de ceux qui aient été lancés sur la mer du commerce.

« Je suis très -anxieux d'apprendre quelle politique le gouvernement anglais a l'intention d'adopter, et par le passé il m'est très-difficile de conjecturer ce que sera l'avenir. La dernière fois que la question fut discutée dans la Chambre des Communes, quatre membres du cabinet actuel prirent part au débat ; le noble lord aujourd'hui à la tête du gouvernement (lord Palmerston) soutint que ce projet, s'il était exécuté, ne serait rien moins que le démembrement de l'empire ottoman ; qu'il ne pouvait concorder avec les relations entre la Turquie et l'Egypte, et qu'il ne serait point satisfaisant pour l'Angleterre. M. Gladstone, en cette occasion, nia l'existence des dangers signalés par le noble lord et pensa que ses arguments étaient absurdes et incomplets. M. Milner Gibson partagea généralement les opinions exprimées par notre présent chancelier de l'Échiquier. Le noble lord qui est maintenant à la tète de nos affaires étrangères (lord John Russell) ne put, pour sa part, ni s'accorder avec lord Palmerston, ni aller aussi loin que M. Gladstone. Il pensait qu'en temps de paix le Canal n'aurait aucun danger, et qu'en temps de guerre les appréhensions exprimées se trouveraient être chimériques.

« Je ne suis point disposé à^appuyer entièrement une motion sur les arguments employés par le noble lord qui est à la tête du gouvernement (lord Palmerston), mais je serais bien aise

que le gouvernement de Sa Majesté voulût suivre les vues du noble vicomte, relativement à ce sujet. »

Lord Wodehouse. «Jenesuis point surpris quelenoblecomte qui vient de parler ait désiré appeler notre attention sur une question aussi importante que celle du canal de Suez. Je compte cependant que le noble préopinant n'insistera pointsur la question des papiers, parce qu'il serait préjudiciable au service public que la correspondance fût produite conformément à sa motion.

« Je suis bien aise d'assurer le noble comte que la politique du gouvernement de Sa Majesté, en ce qui concerne le canal de Suez, n'est en rien changée. Il continue à penser que le projet est impraticable en lui-même et que l'existence d'autres considérations rend nécessaire de le surveiller avec grand soin. Notre pays ne pensera jamais à s'opposer à un simple projet commercial, quelle qu'en soit l'origine; mais il doit en même temps songer à la position dans laquelle nous nous trouvons à l'égard de l'Empire turc et aux engagements que nous avons contractés en 184i, par rapport à la position du pacha d'Egypte. [Ecoutez ! écoutez!)

« Mon noble ami a fait allusion à la construction de certains ouvrages et à la position où se trouve en ce moment la Compagnie. Voici, je crois, l'état des faits :

"« M. de Lesseps, comme la Chambre le sait, a, en 1854, obtenu une concession du pacha d'Egypte qui lui donnait titre à exécuter son projet pour la construction d'un canal et à acquérir de grandes quantités de terre. Quelque temps après, M. de Lesseps jugeait qu'il était nécessaire d'obtenir une concession du sultan; cette concession, néanmoins, le sultan ne l'a jamais donnée. Sans déclarer positivement que, dans aucune circonstance, elle n'accéderait à l'établissement d'un canal pour réunir la Méditerranée à la mer Rouge, la -Porte dit qu'avant de consentir à un tel projet, elle devait recevoir certaines garanties de nature à assurer l'intégrité de l'Empire et l'observation due aux lois. Mon noble ami a fait allusion à une loi existante dans l'Empire turc et qui serait probablement violée si le projet était exécuté; j'entends parler de la loi par laquelle le travail forcé n'est pas permis. Le projet pour la construction d'un

canal ne peut être accompli que par une forte masse de travail et, dans un pays comme l'Egypte, ce serait probablement un travail forcé. Le sultan pourrait aussi naturellement opposer des objections à l'acquisition d'une grande quantité de terres par une Compagnie attachée à un pays étranger. On peut admettre aussi qu'une somme considérable de dangers pourrait surgir pour l'Empire ottoman de l'établissement d'une entreprise aussi importante en Egypte, divisant l'Empire turc et établissant un corps compacte d'étrangers avec des privilèges spéciaux et non sujets à la juridiction du pays. (Ecoutez! écoutez !)

« Ce sont là évidemment de grands dangers et le gouvernement de Sa Majesté n'a point caché ses opinions à ce sujet. Il a déclaré, comme l'avait fait le ministère auquel appartenait le noble lord auteur de la motion et comme l'avait fait aussi le ministère précédent de lord Palmerston, qu'il opposait des objections au projet par les motifs que je viens d'exposer à la Chambre. {Ecoutez! écoutez!) La position d'un grand gouvernement, notre allié, celui de la France, par rapport à ce projet, a rendu naturellement nécessaire que le gouvernement de Sa Majesté procédât avec beaucoup de circonspection; mais il n'a pas caché à ce gouvernement ses objections à l'égard de l'entreprise. Le sultan a signifié au pacha d'Egypte que la concession n'ayant pas été accordée par lui, on ne devait point persister à poursuivre le projet. M. de Lesseps néanmoins, dans cet intervalle, avait obtenu du pacha la permission de faire quelques arrangements préliminaires pour l'exécution de l'œuvre, et il a maintenant commencé ses travaux.

« Je ne pense pas toutefois qu'il faille beaucoup s'alarmer des progrès faits par le projet. En tant que le gouvernement de Sa Majesté est bien informé, l'embourbement du port, l'invasion des sables, la rareté de l'eau, le manque de travail ont eu leur plein effet. En point de fait, la partie la plus difficile du projet semble être l'établissement d'un port. Aussitôt qu'une jetée est construite afin de ménager un abri, l'excavation est comblée par l'envahissement des sables. L'opération dans sa réalité me rappelle le travail fabuleux de Sisyphe, roulant sans^esse une pierre au haut de sa montagne. (£coz//ez /)

« Je ressens une grande commisération pour les personnes engagées dans cette spéculation infortunée; il serait heureux que la perte d'argent fût limitée aux actionnaires. Mais M. de Lcsseps a réussi de la manière la plus ingénieuse à persuader au pacha d'Egypte de prendre lui-même la moitié des actions de la Compagnie. Le pacha est ainsi placé dans une position malheureuse. Si le projet se poursuit, il perdra probablement tout l'argent pour lequel il est obligé, et s'il est abandonné, il n'est pas impossible qu'on lui réclame des indemnités.

a Le gouvernement de Sa Majesté a considéré qu'il était tout à fait convenable que la question fût soumise à la considération de la Porte. La Porte est encore, sur ce sujet, en communicalion avec le pacha d'Egypte, et j'ai la confiance ou que le projet, que je crois impraticable, sera abandonné, ou qu'au moins il sera insisté pour obtenir toutes les garanties capables de donner à la Porte et à toutes les autres puissances européennes qui ont des intérêts dans cette partie du monde la sécurité que la ligne de communication projetée ne sera point préjudiciable à ces intérêts, et qu'elles ne seront point privées des avantages dont pourrait jouir toute autre puissance, spécialement en cas de guerre. (Très-bien! très-bien!) »

Lord Stratford de Redcliffe. — «Je pense que nous devons de la reconnaissance au noble comte qui a introduit la question pour nous avoir donné l'occasion d'exprimer nos opinions à ce sujet et de faire connaître nos vues de façon à encourager le gouvernement de Sa Majesté à poursuivre une droite ligne politique, et à prévenir ce qui serait un mal très-sérieux pour les intérêts de l'Empire turc comme pour ceux du pacha d'Egypte. Je dois dire, d'après toutes les informations que j'ai reçues de personnes pratiquant l'art de l'ingénieur et d'officiers qui ont été employés à lever le plan de la côte, que lesopiniuns de ceux auxquels il faut le plus se fier sont défavorables à la praticabilité de la spéculation. Si le projet n'avait qu'un caractère commercial et qu'il pût être avantageux au commerce du monde, je ne concevrais pas que, par un sentiment de jalousie, il pût trouver de l'opposition dans notre grand pays qui, à coup sûr, en ce cas, retirerait le principal bénéfice de son exécution. Lorsque j'étais ambassadeur à Constautinople,

mon opinion fut demandée sur l'état réel de la question, et, connaissant les vues générales du gouvernement de Sa Majesté, je crus devoir m'exprimer de manière à engager le gouvernement turc à peser avec grande attention toutes les circonstances qui devaient être considérées dans leur connexion avec le projet.

« Au total, je pense que l'affaire peut être sûrement abandonnée aux mains du gouvernement (très-bien^ très-bien!)^ et comme aucun dissentiment n'a été exprimé sur la politique qu'il poursuit, j'espère que le monde entier saura que le gouvernement de Sa Majesté sera soutenu par vos Seigneuries dans toute mesure qu'il adopterait pour donner un plus complet effet aux objections qui ont été déjà présentées. [Ecoutez! écoutez!)

Le comte Ellenborough. — « Mes opinions sur ce sujet peuvent s'exprimer en très-peu de mots. Un seul bosphore nous a déjà donné assez de trouble. Je crois que le projel que nous discutons est une tentative de créer un autre bosphore et de le placer dans les mains des Français {Rires et cris de : Ecoutez!) Dès l'abord je dois déclarer ma conviction que la tentative échouera [Ecoutez! écoutez!)'^ mais quels seraient ses effets si elle venait à réussir? C'est qu'au moyen de ce canal les Français pourraient envoyer une flotte dans les mers d'Orient en cinq semaines, tandis que nous ne pourrions le faire en moins de dix. [Ecoutez! écoutez!) En cas d'une guerre, et à Dieu ne plaise qu'une semblable occurence éclate, ces ouvriers, .comme on les appelle, pourraient descendre à Suez et couper la communication par l'Egypte entre l'Angleterre et l'Inde, si bien que l'Egypte cesserait d'être neutre.

A M. LE GÉNÉRAL MORRIS ET M. l'aMIRAL JURIBN DE LA ORAVIÈRE, A PARIS.

Malte, 23 mai 1861.

La lettre ci-jointe dont je confie la transmission à votre obligeance suffit pour vous mettre au courant du genre de service que je réclame de votre amitié. Absorbé par les soins impérieux de mon assemblée générale, il m*a été impossible, pendant mon dernier et court séjour à Paris, de m'occuper immédiatement de Tincident du comte ***. Je ne puis mieux faire que de m'en rapporter aveuglément à votre décision.

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