‹ Lettres, journal et documents pour servir à l'histoire du canal de Suez (volume 2)Chapitre 2 sur 87 · DEUXIÈME NOTE POUR M. DE BEAUVAL · texte numérisé non relu

DEUXIÈME NOTE POUR M. DE BEAUVAL

Caire, 17 janvier 1861.

Les adversaires du canal de Suez ayant vu successivement échouer depuis cinq ans toutes leurs manœuvres contre la marche que je suis imperturbablement, ont organisé aujourd'hui un système de dénigrement et de calomnies contre mon entourage et mes plus utiles collaborateurs.

Déjà Tannée dernière, avant la première assemblée générale des actionnaires, on avait sourdement répandu les bruits les plus malveillants sur la gestion des fonds qui m'avaient été confiés depuis 1855. Le rapport, présenté par moi à rassemblée générale du 15 mai 1860, a fait immédiatement avorter les tentatives de la malveillance, et je n'ai eu à me défendre devant les intéressés que d'une seule chose : c'était de l'entraînement que produisait, parmi nos actionnaires, une trop grande confiance, à la suite de l'exposé de mes opérations financières.

Maintenant, au sujet des bruits que font circuler des personnes n'ayant aucun intérêt dans la participation de l'entreprise, mais lui étant très-ouvertement hostiles, je pourrais me borner à les renvoyer à la prochaine assemblée générale des actionnaires, à laquelle seule j'ai à rendre compte de ma gestion et de celle de mes collègues du conseil d'administration.

Mais rien de ce que nous faisons n'est caché. Il est

loisible à toute personne de bonne foi qui nous demandera des explications sur un fait quelconque d'examiner dans nos bureaux, sur nos livres, dans nos écritures, sur chaque chantier où s'exécutent nos travsfux, tout ce qui, à ses yeux, pourrait faire Tobjet d'un doute ou d'une observation.

Toutes nos dépenses sont soumises au contrôle le plus sévère. Les nécessités de notre personnel sont constamment pesées et examinées sous le point de vue des économies qu'il est possible d'obtenir sans entraver la marche du service.

C'est ainsi qu'une fois la souscription réalisée, nous avons commencé par supprimer les agences à l'étranger qui jouissaient d'un traitement. Nous avons obtenu de cette manière, depuis peu de mois, une économie de plus de 100,000 francs par an.

Enfin je ne puis pas permettre que, tout en paraissant me respecter personnellement, l'on fasse planer des soupçons sur les personnes de mon entourage dont le concours m'aide à triompher de tant de difficultés dans une entreprise si controversée, que j'ai la prétention de diriger moralement et effectivement, dont je surveille journellement tous les détails et dont j'accepte vis-à-vis de tout le monde la part la plus complète de responsabilité.

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