‹ Lettres, journal et documents pour servir à l'histoire du canal de Suez (volume 2)Chapitre 27 sur 87 · A M. LE DUC D^ALBUFÉKA, A PARIS · texte numérisé non relu

A M. LE DUC D^ALBUFÉKA, A PARIS

Caire^ 26 décembre 1861.

J'ai été, comme vous le savez déjà, prendre possession de notre important domaine du Ouady accompagné de M. Sala, de M. Guichard et de M. Ch. Vernoni, le chef du service central de Fagence supérieure, dont le concours nous a été précieux, et, qui, dans toutes les circonstances où j'ai l'occasion d'employer son expérience, ne cesse de donner des preuves de zèle, d'intelligence et de dévouement éclairé. Trois jours après mon arrivée àTellel-Kébir, j'ai été appelé par le télégraphe auprès du viceroi qui désirait me faire assister à une réunion intime, à l'occasion de sa naissance. Dans un dîner où avaient été convoqués les ministres, quelques hauts fonctionnaires et de notables Européens, il a raconté son voyage dans risthme, a déclaré qu'il ne devait plus y avoir en Egypte d'anticanalisles et qu'il était maintenant le véritable président des travaux. S'adressant à un Anglais, M. Thurnburn, ami du consul général britannique, qui, d'ailleurs, venait de s'exprimer de la manière la plus gracieuse pour l'entreprise du Canal et pour moi, il lui dit qu'il lui donnait rendez-vous au mois d'avril pour le conduire lui-même en barque de Port-Saïd à Timsah.

J'ai remarqué que le vice-roi ne m'avait recommandé tant de discrétion que pour avoir la satisfaction de faire une surprise en faisant connaître presque publiquement

iSO LETTRES

ses impressions et en se proclamant aujourd'hui le principal exécuteur d'une œuvre qu'il avouait loyalement avoir été quelquefois forcé de contrarier.

J'ai profité de mon séjour à la résidence vice-royale du barrage pour remettre à Son Altesse mon rapport sur les moyens de liquider la participation financière du gouverneur égyptien au capital social de notre Compagnie. Il m'a paru évident, par mes conversations avec Son Altesse et par ce que j'ai su de son entourage, que son opinion est déjà toute faite, c'est-à-dire favorable à ma proposition, mais je Tai engagée à se faire traduire mon rapport en turc et à ne se décider qu'après un mûr examen* J'espère être prochainement en mesure de vous faire connaître son acceptation officielle, à la suite de laquelle il y aura lieu de m'envoyer un projet d'exécution des principes que j'ai posés. Ceci concerne des personnes plus compétentes que moi, particulièrement nos collègues de la commission des finances, parmi lesquels M. Couturier pourra être désigné; par vous pour être le rédacteur de la pensée du conseil dans une matière où ses connaissances spéciales me paraissent lui donner de Tautorité. Je m'empresse de vous transmettre une copie de mon rapport au vice-roi.

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