‹ Lettres, journal et documents pour servir à l'histoire du canal de Suez (volume 2)Chapitre 32 sur 87 · A 11. LB DUC D*ALBUFÉRA, A PARIS · texte numérisé non relu

A 11. LB DUC D*ALBUFÉRA, A PARIS

El Guisr, 6 février 18d2.

(Détails sur mon voyage en barque da Caire à Timsah.)

(Réunion des chefs et employés du canal d*eau douce et des chantiers du Seuil.)

Depuis que je suis retourné sur les chantiers, je suis satisfait de Fesprit qui règne parmi les ouvriers indigènes. Les engagements de ce mois ont fourni jusqu'à présent 15,000 hommes, sans compter les gens de la Haule-Eg>pte qui ne sont pas encore arrivés. Les Saïdiens restés au chantier n"" 6 au nombre de 750, après avoir résisté à la contagion de désertion qui avait entraîné leurs camarades, se sont mis en train sârieusement ; ils enlèvent facilement 2°50 par jour. Les ouvriers de la Basse-Egypte ne font en moyenne que 1"50.

Le vice-roi retarde de mois en mois sa grande levée. En janvier, un message ofQcieux qui lui était arrivé dans la Haute-Egypte avait commencé à lui faire reprendre l'alarme sur les intentions du gouvernement anglais à son égard. Ces jours derniers, un entretien du consul général britannique, qui lui a annoncé d'une certaine façon la >1site prochaine du prince de Galles, a été loin de Tencourager. Les démarches insaisissables des agents anglais sont appuyées sur les conseils de quelques afTidés ayant leurs entrées à la cour du vice-roi. Ces messieurs ne cessent de représenter d'un côté la rancune anglaise

comme étant extrêmement redoutable, et de l'autre c6t Tamitié de la France comme étant peu efficace et peu ^ persévérante. Ils ajoutent, dans des moments bien choisis, qu'à Tendroit du Canal la politique anglaise trèsferme dit norij tandis que la politique française fort timide ne dit n'en du tout. Ma position, je vous assure, est parfois bien difficile, mais grâce à Tamitié ûu vice-roi, à sa conviction et à ses bons sentiments naturels, je réussis en définitive à gagner continuellement et peu à peu du terrain. Le mois dernier, nous avions moins d'ouvriers ([ue nous n'en[aurons ce mois-ci. Enfin, ce que je regarde comme un événement fort important pour Tavancement et la sûreté de nos travaux, c'est l'arrivée et le séjour aa Seuil du représentant officiel du vice-roi. Je viens de faire installer moi-même Ismaïl-Bey au chantier n"" 5. 11 a une chambre dans les autres chantiers de la ligne du Seuil, car il a ordre de ne pas perdre de vue un seul jour le travail des ouvriers et de leur faire enlever le plus promptement possible les déblais dont ils sont chargés.

Je suis d'avis de ne pas faire d'engagements d'ouvriers indigènes dans les provinces pendant le mois de Ramadan (mars); nous ne garderons que les ouvriers nécessaires pour exécuter certains travaux spéciaux et particulièrement celui des palissades destinées à garantir les tranchées du Seuil des apports de sable. Nous profiterons du chômage du Ramadan pour mettre en règle les écritures, dresser les inventaires des magasins, approvisionner à l'avance tous les campements en vue d'une reprise de travail dans de plus grandes proportions qu'aujourd'hui. Tous mes efibrts vont tendre à obtenir du vice-roi, à partir du 1" avril, un contingent de

30,000 hommes et à coDsener ce chiffre, jusqu*à ce que la rigole maritime et le canal d'eau douce aient atteint Suez.

 la fln de ce mois, il nous restera 2 millions de mètres cubes à déblayer pour introduire la rigole maritime dans le lac Timsah. Il faudra enlever ensuite 2 millions de mètres cubes de Timsah aux lacs Amers, 1 ,500,000 des lacs Amers à Suez et 2,000,000 pour le canal d*eau douce de Timsah à Suez. 30,000 hommes, à un million de mètres cubes par mois, peuvent exécuter ces travaux en sept mois et demi.

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