‹ Lettres, journal et documents pour servir à l'histoire du canal de Suez (volume 2)Chapitre 48 sur 87 · A M. LE DUC D'ALBUFÉRA, A PAUI · texte numérisé non relu

A M. LE DUC D'ALBUFÉRA, A PAUI

£1 Guisr, 17 janvier 1863

I^s eiïorts de sir Henry Buiwer, au moment de la dernière audience du vice-roi, se sont appliqués à em" ployer tous les arguments possibles pour empêcher Sou Altesse d'opérer sa liquidation financière avec la Ck)mpa--' gnie et d augmenter le contingent des travailleurs. Lea assurances qui m'ont ensuite été exprimées à moi-mêm< par le vice-roi me donnent tout lieu de croire que les observations de l'ambassadeur anglais, auquel il a très- dignement répondu, n'exerceront aucune influence fâcheus< sur son esprit. Si je m'en rapportais à l'impression qu< j'ai remarquée, je penserais même que l'espèce d'injonc tion de sir Henry Buiwer, quelle que fût la courtoisie de 1 forme, a produit un effet tout contraire à celui qu'il pou ^^' vait espérer.

Après être resté trois jours avec le vice-roi à la résr^ idence du barrage, les 8, 9 et iO, je me suis rendu à Suen -h d'où j'ai écrit à M. Ruyssenaers ia lettre ci- jointe (i).

En ce qui concerne l'augmentation des travaiileui j'insiste de nouveau directement auprès du vice-roi, ai quel j'écris ce matin.

Imaginez-vous que Buiwer s'est bien gardé de répéK^ er au vice-roi les rengaines publiques de Lord Palmerst ^:?/ï sur le travail forcé et le malheureux sort que nous SjSl i-

(1) Voir la lettre du 12 janvier.

lions aux infortunés fellahs. Il a, au contraire, cherché à xciter la jalousie du prince contre nous, lui disant que lous traitions si bien les Arabes, ainsi qu'il Tavait contaté, que bientôt ces gens nous obéiraient plus qu*à ii-même, que son autorité serait amoindrie et qu'en éfinitive la France deviendrait maîtresse de l'Egypte, .e vice-roi a répondu que lorsqu'on faisait du bien à tes sujets, il ne regardait pas qui le faisait et que peronne jusqu'à présent n'avait encore pu lui donner une eule bonne raison pour lui prouver que le canal de Suez luira à l'Egypte ou à une puissance quelconque.

On m'a assuré que Bulwer était parti peu satisfait de a fin de son séjour en Egypte, qui a coïncidé, sans ju'il en ait eu aucune connaissance préalable, avec rembarquement du bataillon Égyptien mis par le vice-roi à la disposition de l'Empereur.

Je pars aujourd'hui pour Port-Saïd où j'ai donné rendez-vous à MM. Voisin et de Chancel.

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