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J*» \i*:r;5 depi.*':. -r.: ià ;ur.e -i»; Càîial. depuis Suez jusqu'à ^7 6'»4''f. . L^i travaux marehenl bien. — Lesouvri'rrs or:t fai». le m .is dernier, cinquante mèlres cubes par hornrne. l.s e:np.'rvent un bon pécule et partent bali.sfaits.
Le creui^emeiit du canaî d'eau douce se poursuit actuellement au de!d du .S«frapéum, et le Canal maritime, qui edt déjà creusé jusqu'au pied de Toussouni, va seconli' nuer plus loin.
L'ifau du Ml est attendue à Suez avec une grande iiBpaliiiice. Le ^'ouvemeur est assailli par tous les deraan- (U'MTs d'eau , car Teau apportée par le chemin de fer du Caire, à si fjrn/ifJs frais, ^ai insuffisante. Les commandants des biHinicnls anglais et français ont beaucoup de peine à se procur(;r l'approvisionnement d'eau qui leur est nécessaire ; et les habitants, vu leur nombre croissant, necessent (le KC plaindre du prix que leur coûte Teau, ainsi que de la (liflic-ulté (iiriis ont à. s'en procurer, même avec leur urgïînt. Ils Ix'îiiiront Votre Altesse, le jour où lecanalbienfaisant viendra baigner la ville.
Av(^c t;(),()()() hommes spécialement affectés à ce travail» je réponds, après avoir consulté les gens du métier, d'amener le canal au pied du chaletde Votre Altesse, àSueZi
vers la fin d'avril, et, lorsque les 20,000 hommes de notre contingent ordinaire, dont je ne demande pas l'augmentation, continueront parallèlement le creusement du Canal maritime, sans être dérangés, le triomphe de Votre Altesse sera prochain et complet. Quelle gloire pour Elle!
276 LETTKES
LXXXÏV
JOCRNAL.
17, 18, 19 et 20 janvier 1863.
Parti le soir, à cheval, d'Ismaïlia pour me rendre à Kanlara plus promptemenl qu'en bateau, je parcours le déserl suivi démon Adèle Jlassan, par une nuit assez sombre et uniquement guidé par Tétoile du Nord. Après deux heures de repos, je suis réveillé par un courrier; j'ouvre la dépêche. On m'annonce que Mohammed-Saïd, arrivé bien souffrant à Alexandrie, est à toute extrémité, et que si je veux encore le voir, je n'ai pas un instant à perdre. Je vaisselier un cheval. Au lieu de reprendre la route du désert, je veux suivre les berges du canal qui sont encore incomplètes et qui ont quelques solutions de continuité. Au milieu de Tobscurité, mon brave cheval me tire de tous les mauvaispas et j'arrive, au jour, àlsmaïlia. Une barque, que j'avais fait préparer par le télégraphe. m'attend; (rainée par deux dromadaires, elle passe eu une heure devant Hamsès. Comme j'atteignais Tell-el- Kébir, une barque vient au-devant de moi ; Jules Voisin, envoyé par Guichard, notre directeur des domaines du Ouady, qui n'avait pas voulu m'annoncer lui-même la triste nouvelle, m'apprend que le vice-roi a succombé dans la matinée du 18. Je suis désespéré, non pas à cause de mon entreprise pour laquelle je conserve la foi la plus sereine, malgré toutes les difficultés qui pourront survenir, mais pour cette cruelle séparation d'un fidèle ami qui, depuis vingt-cinq ans, m'avait donné tant de
témoignages d'affection et de confiance. Jusqu'à mon arrivée à Alexandrie, je repasse dans mon esprit toutes les circonstances de nos relations pendant son enfance, sa vie insouciante de jeune homme et son règne bienfaisant. Avant de prendre quelque repos, je m'empresse de faire demander à la noble et digne princesse, sa veuve, de me faire entrer dans la mosquée de famille où Ton venait de déposer le corps du prince. J'y reste enfermé pendant une heure, sans témoins, la tête appuyée sur le turban du mort. Ses serviteurs, que j'interroge ensuite, me disent que, dans les derniers jours de sa maladie, leur maître se servait de temps en temps d'une canne que je lui avais donnée, lors d'une excursion au milieu de nos travaux, et qu'il l'avait encore à côté de lui, en expirant. Je fis faire des recherches pour garder cette relique ; impossible de la trouver au palais, elle avait disparu. J'en donne le signalement à la police, dont les agents finissent par la reconnaître dans les mains d'un Arabe qui passait dans la rue. On me rapporte le précieux souvenir. Voici l'histoire de cette canne :
Un jour, Mohammed-Saïd, au retour d'un voyage en Angleterre, me présenta deux cannes, celle que je lui avais donnée et une autre dont lui avait fait présent un amiral anglais, en me disant : « Il arrive quelquefois que vous « me parlez des affaires du Canal -en présence de gens qui « peuvent raconter notre conversation dans un moment « inopportun. Pour éviter à l'avenir cet inconvénient, « chaque fois que vous viendrez me faire visite et que t( vous me verrez avec la canne anglaise, vous vous rap- (( pellerez qu'il ne doit pas être question du Canal, c( mais vous pourrez m'en entretenir tant que vous vou- « drez, quand j'aurai votre canne, »
Après être resté trois jours à Alexandrie et après avoir laissé passer la série des félicitations ofQcielles adressées au successeur de Mohammed-Saïd, je pars pour le Caire, où le nouveau vice-roi, loin de m'en vouloir, m'a su gré de mon relard et de mes regrets, et a bien voulu m'assurer spontanément qu'il traiterait la veuve, le fils et les personnes de la maison de son prédécesseur, comme appartenant à sa propre famille.
A M, LE DUC D'aLBUFÉRA, A PARIS.
Caire, 24 janvier 1863.
Appelé par le télégraphe, lorsque S. A. le vice-roi était déjà à toute extrémité, je suis arrivé, en vingt heures, de Kantara à Alexandrie, avec le regret de n*avoir pu fermer les yeux au prince qui fut pour moi un ami constant et dévoué, mais je me mis à la disposition de sa famille auprès de laquelle je suis resté deux jours.
Le nouveau vice-roi, Ismail-Pacha, a bien voulu me faire connaître immédiatement ses bonnes dispositions pour notre entreprise. Je vous ai alors expédié la dépêche suivante : « Les nouveaux contingents du mois lunaire se « rendent aux travaux qui continueront avec vigueur sans « interruption. »
Aujourd'hui, après avoir eu un long entretien confidentiel avecS. A. Ismaïl-Pacha, je suis en mesure de vous assurer que nous pouvons avoir une sécurité parfaite, tant sur la marche des travaux que sur Tacquittement régulier des engagements du gouvernement égyptien pour le payement de ses actions, les idées d*lsmaïl-Pacha étant contraires au système des emprunts ; et des habitudes d'ordre et d'économie lui faisant espérer qu'il pourra s'en passer, il se montre décidé à faire effectuer successivement ses versements de manière à permettre à la Compagnie de suffire à toutes ses dépenses, sans recourir au moindre appel aux actionnaires, jusqu'à Tacquittement complet de
la dette du Trésor égyptien. Nous ferons pour cet objet une convention très-simple, au retour du voyage que le nouveau vice-roi va faire très-prochainement à Constantinople, pour aller y recevoir l'investiture du Sultan. Jusque-là, on comprend qu'lsmaïl-Pacha ne puisse pas faire plus que de maintenir purement et simplement la situation qui lui a été laissée par son prédécesseur. Plus tard, il ira plus loin; lui et ses intimes me rassurent, ajoutant qu'il comprend combien il est important pour la gloire de son règne de mener à bonne fin l'entreprise du canal de Suez.
S.A. R. le duc de Brabant, qui revient d'une excursion dans la Haute-Egypte, m'a exprimé le désir de visiter en détail tous nos travaux. Je pars avec lui ce matin, après avoir pris les ordres du vice-roi qui nous donne un train express du Caire à Samanoud et un bateau à vapeur de Samanoud à Damiette. Demain nous irons à Port-Saïd par le lac Mensaleh. J'ai .prévenu par télégraphe M. Voisin qui nous accompagnera, car, avant de connaître le projet du duc de Brabant, nous devions à cette époque passer ensemble la revue de nos chantiers.
Le vice-roi partira dans trois ou quatre jours pour Constantinople, il sera de retour au Caire, quinze jours après, et ce sera à celte époque que nous terminerons notre règlement financier, avant mon départ pour la France. « Je ne veux pas que vous arriviez à Paris, m'a- «. t-il dit à plusieurs reprises, avant que la Compagnie ne « soit complètement satisfaite. )>
Aujourd'hui même, il a déclaré à M. de Beauval, l'autorisant à en faire part dans une dépêche au gouvernement de l'Empereur, qu'il prendrait, d'accord avec moi, toutes les mesures nécessaires pour que les versements
du Trésor égyptien, en ce qui concerne le payement de ses actions, fussent effectués comme Tont été ceux des autres actionnaires, de manière à permettre à la Compa* gnie de suffire à toutes ses dépenses sans avoir besoin de recourir à de nouveaux appels de fonds aux actionnaires français. La dépêche de notre consul partira par ce courrier.
Aussitôt que le vice-roi se mettra en roule pour Constanlinople, je me rendrai avec M. de Chancel àDamiette, où nous prendrons M. Voisin, pour faire une nouvelle et complète tournée sur nos travaux et établissements; j'attendrai à Timsah le retour de Son Altesse que j*irai rejoindre ensuite au Caire.
S.' A. Ismaïl-Pacha m'a annoncé, il y a quelques jours, qu'il avait envoyé des bateaux à vapeur pour amener les contingents de travailleurs de la Haute et delà Moyenne- Egypte pour le mois de Ramadan pendant lequel, par exception, il n'y aura pas de chômage dans les travaux de rislhme. Il était fort important, cette année, qu'il n'y eût, durant le carême musulman, aucune interruption de travail ; car cette interruption, explicable dans les circonstances ordinaires, aurait été certainement mal interprétée dans ce moment. Le vice-roi l'a bien compris.
Les faits qui se produisent viennent donc confirmer les dispositions favorables manifestées par Son Altesse, dès le premier jour de son avènement au pouvoir. Nos affaires en Egypte vont pour le mieux.