ARTICLE PREMIER
« La somme due à la Goropagnîe par le gouvernenienl « égyptien, pour la réalisalion des trois premiers versements (( de cent francs par action déjà effectués par les autres ac- « tionnaires, a été réglée, le !«' janvier 1863, conformément à « l'annexe nM, au chiffre de 52,686,225 fr. 75 c.
ff Les obligations du Trésor égypiien, remises à la Gompa-
(( gDie pour solde du premier versement de cent francs appelé « au moment de la souscription et s*é1evant en capital (suivant « l'annexe n* 2) à la somme de 15,248,042 fr. 88 c, restent à la (( disposition de la Compagnie pour être négociées par elle, à « sa convenance.
« Les deuxième et troisième versements seront effectués « entre les mains de la Compagnie par le Trésor égyptien, à M dater du 1°*" juillet 1863, au moyen d'un payement mensuel «de 1,500,000 francs.
« Fait double au Caire le
A ce projet était jointe une note dont voici la reproduction :
« Si Son Altesse préférait s'en tenir à la combinaison (( des obligations trentenaires, qui, de la part de S. A. « Mobammed-Saïd- Pacha, avait été proposée à l'assemblée « générale des actionnaires du 1" mai de Tannée dernière, (( la Compagnie est toujours disposée à Tadopter, soit pour (( la totalité de la somme due par le gouvernement égyp- (( tien, soit pour une partie seulement. La partie qui ne a serait pas remboursée en obligations serait éteinte « alors au moyen d'un payement mensuel d'un million « de francs. La Compagnie accepterait également cet arec rangement sur les bases qui avaient été concertées « avec S. A. Saïd-Pacha et qui ont déjà été portées à la « connaissance de S. A. Ismaïl-Pacha. »
AU MEME
Alexandrie, 10 mars 18G3.
Je me suis hâté d'arriver à Alexandrie, au moment où le vice-roi devait y débarquer, à son retour de Constantinople. J'ai été un des premiers à le voir. Il m'a confidentiellement entretenu de tous les détails de son séjour auprès du Sultan, détails que je charge mon frère Théodore de vous communiquer, avant d'en faire part à M. Drouyn de L'huys.
Le voyage du vice-roi a été excellent pour nous. Je le résume par les propres paroles de Son Altesse lorsque je suis allé la féliciter : a Vous auriez été vice-roi d'E- « gypte^ en même temps que président de votre Compagnie^ ({ que vous n'auriez pas mieux fait les affaires du canal (( de Suez, »
La marche rapide de nos travaux et l'acquittement de la dette du Trésor égyptien vont donc découler naturellement de cette situation, sans aucune crainte ni embarras. Le vice-roi est parti hier pour le Caire, après la réception du nouveau consul général de France, M. Tastu, mon ancien ami.
S. A. Ismaïl- Pacha m'a donné rendez- vous au Caire, pour terminer toutes nos affaires^ avant ma rentrée en France,
M. Tastu est et sera toujours parfait pour nous, mais nous ne devons pas oublier les services rendus par M. de Beauval.
Je VOUS remercie de vos deux bonnes lettres du 26 février. Je partage tout à fait votre avis de laisser à Paris les huit millions qui s'y trouvent et de nous servir en Egypte de nos ressources pour faire marcher nos travaux. Je me suis déjà assuré de la possibilité de négocier quand nous voudrons, en totalité ou en partie, les premières obligations de quinze millions. Notre situation financière n'a jamais été meilleure.
M. Voisin vous expédie, par ce courrier, un bulletin sur les travaux. Je Tai laissé avant-hier au Caire avec M. Chancel et M. Angot ; toute notre réorganisation est terminée. Notre excellent directeur général a été depuis quelque temps accablé de travail, et vous comprendrez que ses rapports à Paris ne peuvent pas avoir, en ce moment, les développements qu'il sera en mesure de leur donner plus tard. Il doit aujourd'hui retourner à Damiette pour aller s'installer, le 15 de ce mois, au bord du lac Timsah, dans la nouvelle ville que nous venons de nommer IsmaUia. — Port-Saïd a consacré le nom du prince qui a créé et commencé le Canal maritime ; IsmaUia rappellera le nom du prince qui continuera et terminera notre grande entreprise, et fera revivre en même temps pour les Arabes, appelés à féconder les terrains incultes de l'Isthme, la mémoire du fondateur de leur race, du fils d'Abraham et d'Agar, en l'honneur duquel la tradition orientale raconte que le Pharaon Tarsis a fait ouvrir, le premier, un canal entre le Nil et la mer Rouge.
C'est ce que j'ai dit aux employés et aux ouvriers rassemblés, ces jours derniers, à Timsah. AI a proposition du baptême û'JsmaUia a été acclamée par eux, a été agréée par le vice-roi et sera certainement approuvée par vous et nos collègues.
Depoîs ma dernière lettre du li, j'ai été continuellement en tournée et j*ai fait trois fois la visite de tous nos établissements et chantiers de Damiette et de Port-Saïd, i Gebel Geueffé et à Tell-el*Kébir.
Dans ma première tournée, j'étais accompagné par M. Kay, correspondant du Times en Egypte; dans la seconde, par M. Lévi, un des principaux banquiers et négociants d'Alexandrie ; dans la troisième, par M. Elliot, ancien gouverneur à Delhi, connu en Angleterre par plusieurs publications, et dont les impressions favorables ne manqueront pas d'avoir de l'influence sur l'esprit de ses compatriotes.
J'ai eu le plaisir de naviguer sur la dérivation du canal d'eau douce, depuis Néflche jusqu'à Toussoum; j'ai ensuite cheminé à cheval sur la berge du même canal, creusé et terminé au contour des lacs Amers, aune ] quinzaine de Ivilomètres de Geneffé, et j'ai pu admireriez immenses terrains qui, à droite et à gauche, pourront ëtte facilement irrigués, puisqu'ils se trouvent au-dessous ^^ la ligne d'eau du Canal. Déjà de nombreuses végétatio^^* y croissent naturellement. Les contingents d'ouvriers t^^' vaillaient avec tant d'ardeur pendant les deux premife ^^^ semaines de Ramadan, qu'ils avaient déjà presque ach ^^^ leur tâche mensuelle (fixée pour ce mois, d'accord a ^^^^ Ismaïl-Bey, à 40 mètres cubes au lieu de 50 par honinr^w* Les contingents de la Ilaute-Égypte, qui sont les i^ ^"^ vigoureux, ont fait cette tâche en 14 jours. Je m'éf- -^^^ rendu au milieu d'eux, parce qu'à leur passage à Zaga:^ 'c> ils avaient montré quelque indiscipline, malgré l'autoici/^ du gouverneur, sur de faux bruits qui avaient été répandus, au sujet des intentions du nouveau vice-roi. Eux^^ leurs cheiks ont eu pour moi la plus grande déferenc^^
et je ne les al jamais vus travailler avec plus d^entrain et de gailé.
En quittant Gebel Geneffé pour retourner au Caire, le 5 de ce mois, j'ai été reconnaître une route nouvelle qui m'avait été indiquée par un de nos chefs de chantiers. Nous avons traversé la montagne par un sentier qu'il sera très-facile de rendre praticable pour tout le monde, et, en la descendant de l'autre côté, nous sommes arrivés, au pas, en une heure et demie ^ au sommet d*une courbe du chemin de fer de Suez, où je vais demander au vice-roi d'établir une station.
Nous avons pris un convoi venant de Suez, et quelques heures après, nous étions au Caire.
Pour l'arrivée des contingents de la Haute et de la Moyenne-Egypte sur nos travaux, ainsi que pour beaucoup de transports et pour les relations entre le Caire et Toussoum ou Ismaïlia, la route pourra se faire en une journée, du Caire, et cette route sera tout à fait facile lorsque le canal d'eau douce arrivera, dans un mois, devant Gebel Geneffé.
-W LKTTHES