‹ Lettres, journal et documents pour servir à l'histoire du canal de Suez (volume 2)Chapitre 56 sur 87 · CONTINGENT · texte numérisé non relu

CONTINGENT

Depuis que M. le président nous a aanoncéqueS. A.Mohamrocd-Saïd avait décidé Penvoi d*un contingent mensuel de 20^000 hommes sur nos travaux, ce contingent n'a jamais été diminué, sous son règne, et jusqu'à la fin de janvier, époque de sa mort, il s'étail même élevé à 21 ou 22,000 hommes, afin que si, par quel{ue accident, il y avait eu une lacune dans le chiffre jiromis, cette lacune fût immédiatement remplie.

Depuis l'avéuement de S. A. le prince Ismaïl, les moudirs ont successivement diminué les chiffres de leurs envois. On peut évaluer celte diminution à 3,000 hommes par mois au moins. Les deux derniers mois, les contingents ont à peine atteint le chiffre de 15,000 hommes. Il est vrai que des causes particulières ont fait suspendre l'envoi des contingents de la province de Kemeh Esneh, mais ce contingent n'était que de 1,50) hommes.

Pour réparer les mécomptes que nous a occasionnés cette réduction, tout à fait inattendue, dans le nombre de nos ouvriers indigènes, nombre qui ne "peut descendre au-dessous de 20,000 hommes sans causer le plus grand préjudice à la bonne marchi des travaux et aux plus sérieux intérêts de la Compagnie, il serait vivement à désirer que M. le Président pût obtenir qu'on nous restituât, pendant les trois mois qui vont suivre, les manquants des derniers mois, autrement notre campagne serait loin d'être aussi fructueuse que nous avions été en droit de Tannoncer, comptant sur la promesse formelle de la permanence du contingent mensuel de 20,000 hommes.

2^ ALIMENTATION OU CANAL d'eaU OOUCB

Les intérêts de la Compagnie, en ce qui concerne le remplissage du canal d'eau douce, au fur et à mesure de la crue du Nil, ont été méconnus et sacrifiés. Les promesses et les conventions faites, les plus simples principes d'une bonne justice distributÎYe ordonnaient de tenir une balance égale entre les intérêts du cultivateur et ceux de la Compagnie. Il n'en a pas été ainsi. Malgré la crue du Nil, ce n'est que ces derniers jours que les eaux ont commencé à affluer avec abondance dans notre canal et à y rendre la navigation possible. On a attendu pour fermer les barrages des canaux inférieurs au canal du Ouady, c'est-à-dire pour permettre aux eaux de se diriger de notre côté, que les eaux, dans lesdits canaux, eussent atteint un niveau effrayant pour les riverains.

Ainsi, d'un côté on regorgeait d'eau, pendant que, chez nous, il y avait disette. La Compagnie était en droit de s'attendre à une meilleure justice distributive. La situation qui lui a été faite, sous ce rapport, a entravé ses travaux et toutes les opérations de transports et d'approvisionnements, et elle a dû faire d'énormes sacrifices pour parer au retard du rétablissement de la navigation sur le canal d'eau douce.

Ce qui s'est passé, cette année, démontre les dangers auxquels nous serions exposés, l'année prochaine, si Son Altesse ne mettait pas le plus promplement possible à exécution le traité du 18 mars 1863, qui l'oblige à faire immédiatement la première section du canal d'eau douce entre le Caire et le Ouady. M. le président jugera si le retard qui a eu lieu jusqu'à présent ne peut pas être considéré comme un manque au dit traité, entraînant les conséquences prévues par l'article 4.

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