‹ Lettres, journal et documents pour servir à l'histoire du canal de Suez (volume 2)Chapitre 69 sur 87 · I- — .r. '.- y.^rrÂ: iras-iifc annuÉfr de» ^raspêriié, selon · texte numérisé non relu

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donner, tout d'un coup sa conduite ait changé? Pourquoi? Je vais le dire; j'entrerai dans tous les détails, et je prononcerai les noms propres quand ce sera nécessaire^ parce que je n'ai rien à cacher. ( Mouvements de curiosité, )

Il avait, parmi ses secrétaires, un homme capable, je mets un certain amour-propre à dire qu'il est capable, car nous avons été élevés ensemble pendant deux années, et j'ai été très-étonné de pelpouver sur le bord du Nil un de mes condisciples avec le quel j'avais travaillé et joué, quand j'étais en exil en Suisse : il s'agit de Nu bar-Pacha.

Nubar et iDoi , nous avons été élevés dans la même pension près de Genève. Il est devenu pacha, l'ami du vice-roi, et moi, je suis devenu autre chose que vous savez {Sourires)^ et nous nous sommes retrouvés, fort étonnés l'un et l'autre de nous rencontrer sur les bords du Nil.

Le vice-roi, changeant de conduite, envoie Nubar à Gonstantinople. Je crois que je pourrais vous éclairer sur sa mission à Gonstantinople; je crois même que je pourrais vous donner beaucoup de détails. Mais je me suis imposé le devoir de ne parler que des affaires de l'Isthme, des affaires qui peuvent vous intéresser directement.

Le vice-roi a eu une idée que je ne vous dirai pas, idée louable et fort honorable que je ne blâme pas et qu'il a voulu faire triompher à Gonstantinople. Il a trouvé un homme intelligent pour exposer ses idées, et il l'a envoyé à Gonstantinople.

Une fois là, Nubar a vu que pour obtenir quelque chose des Turcs, c'était difficile toujours, mais qu'il fallait avant tout beaucoup promettre, quelquefois donner, surtout promettre. Il n'avait pas grand'chose à donner; il pouvait beaucoup promettre ; il avait l'isthme de Suez dans son sac : il promit l'isthme de Suez. {Rires et applaudissements.)

Il a dit aux Turcs : Il y a quelque chose que je désire beaucoup. On lui a répondu : 11 y a quelque chose que nous désirons beaucoup aussi, c'est l'isthme de Suez. Ge diable d'Isthme nous embarrasse tous; donnez-le-nous, et nous vous donnerons ce que vous désirez. Mais il faut se montrer méchant pour risthme^ et on s'est entendu pour agir contre votre Compagnie

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sion. Pour cela, que faut il? Faire appel aux idées généreuses, aux nobles sentiments; et alors il a mis en avant le droit, qui a toujours une si grande et si légitime influence sur les idées et les cœurs français ; el puis, pour exciter les sentiments généreux et libéraux, il a parlé de Pémancipation des fellahs, de l'abolition de la corvée. (Très-bien! trèsbien !)

Discutons ces deux points : le droil d'abord, l'abolition de la corvée ensuite, et ainsi que je l'ai dit en commençant, déchirons les voiles pour être à notre aise. {Bravo ! Bravo !)

Ceux qui soutiennent nos ennemis, et par nos ennemis je veux désigner les ennemis de la grande œuvre que vous faites, les ennemis d'une idée française, que disent ils? Ils n'attaquent pas le Canal... Oh! non! non! le Canal, ils le veulent comme nous, plus que nous !

Seulement, ils commencent par ruiner la Compagnie ; c'est pour le bien du Canal. {Rires approbatifs.) Ils commencent par ruiner la Compagnie, ils crient contre la corvée, cette abominable corvée, comme si nous l'aimions plus qu'eux; il calomnient nos honorables ingénieurs, ils répandent les allégations les plus fausses, en disant que les ouvriers sont conduits au travail à coups de bâton et avec des menottes... Ah! ceux-là ne connaissent pas les agents français! Ils les calomnient, et ils méconnaissent le bon sens autant que la bonne foi quand ils imputent de pareils faits à nos ingénieurs, à l'élite de cette grande Ecole polytechnique qui est l'orgueil de la France. {Bravo ! bravo !) Quand ils viennent les salir ainsi, en leur jetant la boue à la figure, leur audace doit être confondue, nous devons leur répondre avec chaleur et conviction. {Bravo ! bravo /)

Poursuivons, messieurs. Les adversaires de l'entreprise disent : Ce n'est pas l'entreprise que nous combattons ! mais c'est pour le bien de l'entreprise que nous commençons par la ruiner, par calomnier tous ses agents; si nous voulons la rendre impossible, c'est pour qu'elle triomphe mieux. {Rires.) Ah ! ils n'ont pas même le bénéfice de l'invention. Ces messieurs, ils ont pris pour modèle une célèbre et exécrable institution dont ils suivent les traditions : ce modèle, vous le

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