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monde qui ne puisse pas faire valoir le droit de la Porte, qu'il a dénié jusqu'ici, c'est le gouvernement égyptien. Ou il savait qu'il avait besoin de l'autorisation de la Porte, avant de confîmencer les travaux, et qu'il ne l'obliendrait pas ; alors pourquoi a-t-il laissé faire les travaux? pourquoi vous a-t-il fait engager votre argent d'abord, l'honneur de la France ensuite, qui est plus que de l'argent? (Bravo! bravo!) Car notre honneur est engagé aujourd'hui, ce serait un échec moral que je ne veux pas prévoir pour mon pays, si cetlc grande entreprise était abandonnée. Ou bien le gouvernement égyptien savait que ce qu'il faisait n'était pas illégal, qu'il pouvait le faire, et il a bien fait; qu'il continue. Pour bien juger, examinons le fait et les théories : l'Egypte connaît Constantinople, les vicerois connaissent la politique ottomane ; ils savaient que ce qu'ils faisaient, ils avaient le droit de le faire; et, dans ces pays, rien n'est plus élastique que le droit : le droit est toujours dominé par le fait. Les vice-rois, l'ancien comme le nouveau, savaient à merveille que quand les faits sont accomplis, la Porte les accepte bien souvent, pour ne pas dire toujours, après les avoir contestés.
A cet égard, permettez-moi une excursion sur la politique de la Porte, puisque c'est le nœud de la situation, puisque c'est derrière la Porte que l'on cherche à créer des obstacles à l'achèvement du Canal. Je ne voudrais rien dire de trop méchant contre la Porte, quoiqu'on me reproche quelquefois de parler trop légèrement des gouvernements étrangers. {Rires). J'ai un patriotisme très-chaud, qui ne se laisse pas mesurer quand il s'agit de notre chère France, et peut-être ai-je le tort de me laisser entraîner à dire la vérité, quand je parle des gouvernements étrangers ; mais il ne s'agit pas de la politique ici, nous nous occupons purement d'affaires.
Je parlerai du gouvernement ottoman avec tous les égards qui lui sont dus. Je ne peux, je ne veux pas oublier que le sang généreux et pur des enfants de la France a coulé pour la Turquie ; mais elle ne devrait pas l'oublier non plus. (Trèsbien ! très-bien!) Eh bien! cette Turquie, qu'est-elle ? voyons. On vient nous parler du droit strict de la suzeraineté de la Porte sur l'Egypte. Mais ce droit est-il applicable ici ?
Messieurs, si vous aviez besoin d*un exemple, je le prendrais ici même et Je dirais : Si M. de Lesseps, président de la Société du canal de Suez, n*avait pas, avec sa connaissance approfondie des hommes et des choses de TOrient, agi comme il Ta fait, à Pheure qu*il est, au lieu d*avoir le canal d'eau douce terminé, et le canal maritime très-avancé, car il est vivement exécuté, vous auriez beaucoup de notes diplomatiques, vous auriez des monceaux de papiers {on rit) ; mais rien ne se serait fait. Eh bien, je le répète, grâce à sa connaissance profonde des hommes et des choses de l'Orient, M. de Lesseps s'est dit : Il faut agir avec le droit, mais avec le droit oriental, qui n'est pas le droit français. {Rires et opplaudissements,)
En Orient, le fait domine le droit. Si je voulais chercher une comparaison, elle s'offrirait tout naturellement à mon esprit ; je veux ménager toutes les opinions, toutes les tendances ; je vous dirai cependant que le sultan ressemble à un autre souverain temporel et spirituel que je ne veux pas nommer, pour qui la théorie est absolue, qui proteste toujours, qui ne veut jamais fléchir ; mais enfin cette politique orientale, il faut la prendre pour ce qu'elle est et pour ce qu'elle vaut : le sultan est souverain absolu ; il est ou plutôt il se dit, souverain de droit à Tunis, à Tripoli, en Egypte, en Arabie, que sais-je ? Je ne sais pas s'il n'a pas la prétention d'avoir encore un droit quelconque sur l'Algérie {hilarité), 11 est exactement comme ces gens qui protestent toujours et se disent : On ne sait pas ce qui peut arriver, nous aurons réponse à tous les arguments, en réservant toujours un droit que nous ne voulons pas abandonner.
Maintenant, à côté du droit, il y a le fait. Je n'ai pas besoin déparier de l'Algérie, ce que j'ai dit n'est qu'une plaisanterie. En fait, le sultan est peu souverain à Tunis, il l'est peu à Tripoli ; en Egypte, il ne l'est pas du tout ; en Arabie, si un soldat s'éloigne à deux cents pas, il reçoit des coups de fusil. La souveraineté de la Porte n'est pas trop solide chez ellemême.
Parlerai-je des traités de 1841, qui règlent les rapports entre la Porte et l'Egypte ? Je les avais lus, ces traités , je les ai
relus avant le banquet. Qu'est-ce qu'on y trouve ? Un étal de choses qui n'est pas exécuté. Il y est dit, entre autre choses, que le vice-roi d'Egypte n'a pas le droit d'infliger la peine de mort ; et on sait que, quand il veut se débarrasser de quelque sujet plus ou moins désagréable, on lui fait remonter le Nil dans une barque vers le Soudan. Il tombe dans le fleuve et on dit qu'il s'est noyé. {On rit.) Tout le monde est ainsi satisfait, les traités et le gouvernement égyptien.
Le vice-roi n'a pas le droit de nommer un pacha : qu'est-ce qu'il fait? Il nomme un bey ; un bey est une sorte de colonel, seulement il lui donne le rang et les droits de pacha, ce qui équivaut à un général, et le droit se trouve d'accord avec le fait. {Nouveaux rires,) Je deraa'hde que pour le Canal ce soit la même chose. {Trés-bien^ très-bien !)
Que la Porte proleste si cela fait du bien à sa situation politique, mais que cela ne vous empêche pas de faire le Canal. Persévérez, vous avez le droit pour vous. Vous avez des traités avec le vice-roi ; on a beau vouloir les briser, la rupture d'un contrat ne dépend pas de l'une des parties seule. Exigez-en l'application, il n'y a pas de danger.
On s'appuie sur l'Angleterre, Eh bien, parlons de l'Angleterre, quoique ce soit une question délicate et la plus désagréable à traiter, j'en conviens ; mais, cependant, en y mettant beaucoup de mesure et de franchise, je finirai par dire ce que je pense.
D'abord, quand bien même ma franchise devrait déplaire à quelques-uns d'entre vous, je n'entends absolument rien dire contre la nation anglaise, et je fais toujours une grande différence entre cette puissante nation qui m'attire... Oui! que voulez-vous I il y a un mirage qui me plaît beaucoup de l'autre côté du canal, c'est le mirage de la liberté que j'aime tant, et qui m'attire ! . . .
De toutes parts : Le mirage de la liberté ! {Applaudissements redoublés . )
s. A. 1. LE PRINCE NAPOLÉON. — Ouî, c'est le mirage de la liberté I {Nouveaux applaudissements,) Je l'aime, cette liberté, je l'aime chez tous ceux qui la pratiquent.
Mais, à côté de la nation anglaise et de l'opinion anglaise.
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>'t •".jt-i ::!•: lii? Ifes- -ei^ rT>* k ri'è-e evwremement '.z * 'riin .LriLd^ .i.>rL"à '. iLZiRic "csii jii'ïr cc^mbaUre noe lii-H: Titri ^zrL . :2T:t^ V* x:-!:* izi;ii::--r'2 -«$ que FÂDgle- ;>r:t -.^i:."i-- l:z:m:t* ricLTi^ ITigirTr-* de Soez! Allons : - 1 : ir i-ii: .L i-rr LT-ri r:-*"^. « r* «tcî pas des raisons, '.^'i 1 ri :.Lr t: : f: :*e*- ::: ci:* ;'VrDe à rappeler la dîstincl-:i T-r: .T fiJ^iki* ::-; i rircre etire le peuple anglais et son iy,z-r:n':zirrZ'i. Lrr * 1 -Ttnirnîenî aiîglaîs. qui a abandonné fi*ri ôri'l^i ths^ szT l'hiiiofre eî les traités; le gouTemement i.L^'hh. fri: a-ra p-rT:î-êa>e Je? remoris pour avoir fait défccti>:. à te* âeiii irranies caisses qise j'indiquais tout à l'heure; le gooTerneraf^L: a^z-a:?, qui a abandonné cette noble cause de la Pologne, oserii; entraîner son pays dans une guerre à cause du canal de Suez ? Allons donc î Voulez- vous que je vou» dif<e toute ma pensée? S'il Posait (il ne l'osera jamais},
ce n'est pas nous qui aurions à nous défendre contre lui, c'est lui qui aurait à se défendre contre le peuple anglais. Il tomberait sous son mépris, sous ses risées. {Bruyants applaudissements.) Gela n'est pas sérieux.
Je me résume. Vous avez un droit incontestable, vous le tenez de l'Egypte, continuez vos travaux. Vis-à-vis de la Porte, vous n'avez rien à voir, cela ne vous regarde pas ; c'est la question politique, et quand la Porte voudra faire soutenir ce qu'elle croit son droit par des actes, ce sera affaire à discuter. Quant à cet épou vantail de l'Angleterre, ne vous en préoccupez pas. Vos ennemis, vos adversaires peuvent parler de cela. Quant aux hommes du Canal, ils n'ont pas à s'en préoccuper, et je défie le gouvernement de ce grand pays d'Angleterre d'entraîner la nation dans une hostilité sérieuse contre le Canal. (Très-bien! très-bien!)
Je reprends mon historique de la mission de Nubar-Pacha. Arrivé à Paris, et se basant sur des irrégularités (je crois avoir prouvé et indiqué que ces irrégularités n'existent pas, et que si elles existaient, il serait interdit à l'Egypte plutôt qu'à tout autre de les faire valoir), s'appuyant sur ces irrégularités, il est venu vous faire trois propositions. Il vous a proposé de faire le canal d'eau douce : le canal d'eau douce est fait, c'est pour cela, probablement, qu'il vous a proposé de le terminer. Il vous a demandé l'abandon des terrains, moyennant indemnité. Enfin, il vous a proposé l'abolition de la corvée, l'abolition, non, je me trompe. Il vous a proposé de la réduire de 20,000 hommes à 6,000 hommes.
Eh bien, admettons, ce qui^n'était pas possible, que ces propositions eussent été acceptées par vous, et jetons un coup d'œil vers l'avenir ; car l'homme d'Etat, et ceux qui s'occupent de ces entreprises sont des hommes d'Etat, doit songer à l'avenir ; et jamais rien de plus grand, de plus noble, de plus utile n'a été entrepris et n'a mieux mérité d'être le but d'un grand pays. Jetons un coup d'œil sur l'avenir et voyons ce qui arriverait. J'admets que les propositions de Nubar eussent pu être acceptées par vous. Il arriverait quelque chose de bien triste. D'abord, la Compagnie serait ruinée; mais qu'à cela ne tienne ! je sais que c'est le but désiré ; passons là-dessus. Le
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montré son impuissance, il y aura là quelqu'un qui sera tout prêt, qui constituera une nouvelle Compagnie, et qui fera le Canal. Savez-vous qui ce sera? Ce sera Tiofluence, les capitaux et les ouvriers anglais, voilà ma prédiction. {Trés-bien ! trèsbien!)
Ainsi, lorsque votre Compagnie aura été ruinée sous les auspices du gouvernement égyptien, votre héritage futur arrivera dans un temps plus ou moins éloigné à une Compagnie rivale, qui profitera de votre argent, de vos études, de tout ce que vous avez fait. Devez-vous supporter cela? Non! à aucun prix. {Bravos prolongés»)
Et qu'est-ce qu'on ne nous a pas dit de ce Canal, car on a essayé de tout pour l'entraver. Go vous a d'abord dit, suus l'influence de ces messieurs, qui voulaient en savoir plus que vous, qui voulaient vous donner des conseils comme ils vous en donnent aujourd'hui, que le canal était impossible, que vous ne trouveriez pas d'argent, La possibilité a été démontrée par les hommes compétents ; l'argent est venu, l'argent a été trouvé, grâce au patriotisme qui, Dieu merci! ne fait jamais défaut en France. (Applaudissements,) Courage donc! ne vous préoccupez pas des embarras d'un jour, et votre grande œuvre se finira ; et dans l'avenir on ne verra que votre immense succès, les difficultés de détail auront disparu, et la postérité verra, accomplie par les enfants de la France , appuyés sur leur gouvernement, une des plus grandes et des plus glorieuses œuvres du monde. Voilà ce que vous ferez, avec du courage et de la persévérance. (Applatuiissements,)
J'ai à vous parler de la corvée que j'ai signalée en commen çant. La corvée! voilà le gros canon rayé avec lequel on veut battre en brèche la Compagnie. Moi, j'ai beaucoup de préjugés libéraux, je l'avoue ; j'ai l'amour-propre de croire comprendre et aimer la liberté, c'est un des côtés de mon caractère très-libéral. Eh bien! je vcfus l'avouerai franchement : je déplore la corvée plus que personne, et plus que le gouvernemen égryplien lui-même, ne lui en déplaise. (Sourires,)
Voulez-vous que je vous di^e ce que c'est que la corvée? C'est une détestable institution qui date des Pharaons, qui vient de très-loin, comme vous voyez, qui est peut-être inhé-
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>i.c: à :*!*: îi Cilrt i Sw-es, :1 nV a eu ni firman. ni jr:;rr TiL^ji- Lt- -: i::,:.r.2sa:î:c, ir-îr:» api>ès racbèTement des \m^,ii. Ai.*.. :if: -r nisir 't- -SerMiiT* de îi Pcrie se trouve c^ni*:: * j.ir -« iJi;^:êicLii vi:; gi>UTercrmrnl égyptien, qui * fi»: •ri^i:-.' ^-e ^îi-rniîz |:ar uce con-pagL^. anglaise, sans àutor-î*::;:: oe la Porte. Ceux qui !'oaî exécuté devraien» se rapp^e^jfrr quelles s*>Dt les horreurs dont ces traTaux ont été la
cause, quand ils n'étaient pas dirigés par un Français, esprit humanitaire et bienfaisant. Qu'ils se souviennent el qu'ils comptent, s'ils l'osent, les cadavres qui encombraient le chemin du Caire à Suez, un jour que l'eau a manqué aux travailleurs !
Ah I ce n'étaient pas des Français qui dirigeaient ces corvées! {non ! non!) Qu'ils comparent ces corvées conduites avec inhumanité, avec brutalité, qu'ils les comparent avec celles que conduisent les ingénieurs français. Qu'ils interrogent les fellahs, et les fellahs répondront que jamais ils n'ont été mieux traités, ni avec plus de bienveillance qu'aujourd'hui.
Ceci est bien constaté. Que la Compagnie de l'isthme de Suez ait profité de ce que j'appelle hautement un mal, c'est vrai, car je ne veux pas de la corvée. (Bruyants applaudissements.) Elle en à profité en rendant supportable ce qui avant elle était bien plus mauvais, détestable, intolérable.
Eh bien, si les propositions qu'on vous a faites avaient été acceptées, croyez-vous que la corvée serait abolie? Non, Messieurs. Je m'expliquerai franchement, comme j'ai promis de le faire; c'est chose souvent dangereuse, pour un homme qui parle en public, d'oser prédire l'avenir qui peut lui donner un démenti ; mais je suis si convaincu, que j'aime à vous ouvrir tout mon cœur. (Bravai Bravol) Non, la corvée ne sera pas abolie en Egypte: elle ne le sera pas de sitôt. On ne vous donnera plus 20,000 travailleurs, on vous en donnera 6,000, et puis ces 6,000, on vous les supprimera.
Croyez- vous que la corvée sera abolie pour cela en Egypte ? Point du tout, messieurs, elle sera abolie pour la Compagnie » mais elle ne le sera pas pour les terres à coton et à sucré du vice-roi et de messieurs les gros pachas. (Applaudissements.) Elle ne sera pas abolie, elle sera maintenue pour les malheureux fellahs forcés d'aller cultiver le coton et le sucre. Ne vous laissez donc pas séduire par des mots, par des grimaces. Ce sont de mauvaises plaisanteries. On abolira la corvée pour le Canal, on ne l'abolira pas en Egypte; on la conservera et on la conservera soigneusement, au profit de messieurs les pachas. (Très-bien! TréS'bien!)
Messieurs, ce que je trouve très-mauvais, car je suis de mon
votre affaire, je
el à fat question
ec ce qui arrÎTera,
V el m ne l'abolira
:€se prH da mal. Je ynar.tir Tas i ym vmàhia -ralioLr cette fâcheuse =±£;:L::;..ii it ^ r:ir^^ iffxr e •^nai.? El al^rs. reeberebaiit R» -srnz jA ru .vaHsiiiusiL a KCJe vilaine htitÂtatioo, je me diii nao'::^ t> 5iLi 3tt*fi luia sostub, bîen plas détestable, irfi 1 :^ •^scrzriuie ne '^aca^us: jeaie sûi demandé cornnrfs i-~:iir-ai âi: jsi leuoâe» iii aiaienc tooIh abolir Tescla- *>;?. ^e e nc^ dOLs ruœie ■'*TiHniu^ ^ oûlie Conv«itioD, de * A^L^rserr^ le a «siiiii»^ r^9aiiu({se de l84d, qoi a en le ;r-ïZiL '"rT«j"^ i..nni*ar l'uoixr TadaTige. Je me sais de- ■"sr?.TH> '..mr?T^*Tr m^-Iâ *.KC. SES çizuis po«iTûîis qa*oa n^ac- :in>ra las i* V7?t :*%ad:iirLair«9 ? Cdmiseat ont-ils aboli Tescla- -71^ * Zs ' :cz utui TT.:wT-'a-Tg jBiAsiEnîtê, c*est-à-dire eo res* ifî^aoi . i»ri i m aer.i.a z*uii: îe dn>cî exagéré de la pro-
^ ^fSLL ^ma ncctL^p loe ueedûe;e : je me soaTÎens qae, fî»"'* in& T^unun. Lccs ne rir^iâia anflaitf poor rabolition n» •-— -.f-ryp-^ jic xri»tîi:'.'fc:. S2> ar^men: qui m'est resté finis a TTt*miur» Ux ieaj£sr. avec des paroles plos éloquentes jdBir^^nrïor nie xrl^s rue /-^oiï prijcuocer derant tous, disait, LX fiiji'. CI TiL!iai iâs «scaves: « Oai, llndemnité pour les « ^siia-tf II. h êcr* Kcise cae amende que la société doit c fTTif x*r 1. •îil'^-ziiîcie ^:-ar aTotr à longtemps permis l'esc ^Mk-rhTt^ x'.i^ zLa:rvaJK. cece détestable insthution : ce n'est a latf xz.r»:aiu. £'£k z^t ameode qo*eUe se doit à elle-même c m pay<£r. ■» ri'«u£ dûî; roneUre entre| les mains des pro- « prêsaîres fescLaT^s. •
La ecrrée es: s=e ÎDSctnÂn bien mmns odieose ; elle tous tocsK eepeciiaz;: «C> me Ue»eplasqae tous: faisons-en josâce, ^: T j<<ci =:a fclstioo. Sî le goaTeroement égyptien est si paihoùqae. <i aa^ojr&ax do progrés, ah! je ne demande pas mieox ; il va as -datant de mes Tœoz les pins ardents, qu'il soit béni: je Tadmire et je le remercie. (Bravo! Braoo!) Votre
Compagnie a des traités avec le gouveroement égyptien, basés sur des devis qui établissent le chiffre des dépenses qu'elle avait à faire. Le mètre cube revient à tant, à la condition qu'on fournisse une corvée de 20,000 individus. Le mètre cube, si je ne me trompe, revient, l'un dans l'autre, à 70 ou 80 centimes. Eh bien, si le vice-roi veut revenirsur ces traités, rien de plus facile, il n'a qu'à faire la différence entre le prix du mètre cube fait par les corvées et le mètre cube fait par des travailleurs libres ou des machines. Je crois que le travail libre coûte à peu près le double; eh bien, il n'y a qu'à demander au vice-roi la différence entre le mètre cube exécuté par la corvée et le mètre cube exécuté par le travail libre; car enfin, la Compagnie ne doit pas payer les frais de l'émancipation en Egypte, quelque louable qu'elle soit.
La Compagnie peut dire au vice-roi : La corvée existait chez vous ce n'est pas moi qui l'ai créée, j'en ai profité parce que tel a été votre bon plaisir. Vous me demandez de Tabandonner, je le veux bien, mais je ne suis pas obligée de faire de la philanthropie, en Egypte, âmes frais. Que l'Egypte ne cherche pas à faire de l'humanité sur le dos de la Compagnie. Nous, patriotes français, payons notre gloire; mais payer la gloire et la philanthropie musulmanes, ce serait folie, insanité d'esprit. Si votre Conseil avait accepté cette condition sans compensation, il mériterait. Messieurs, d'être conduit aux Petites-Maisons, ou en police correctionnelle. {Très-bien! Trés-bim!)
Que le vice-roi d'Egypte vienne vous demander un acte de patriotisme, qu'il vienne vous demander, à vous, d'émanciper ses fellahs; non, cela n'est pas possible, cela n'est pas raisonnable, cela ne soutient pas l'examen; il n'y a pas un homme sérieux, pas un homme de bonne foi qui puisse le demander.
Ce que doit faire la Compagnie, ce qu'elle fera, c'est de se montrer conciliante, parce qu'après tout, la politique c'est souvent l'art de concilier les principes avec les intérêts.
Assurément, vous pouvez vous retrancher derrière vos contrats authentiques avec le gouvernement égyptien; mais y a-t-il pour vous un bien grand avantage ? Après avoir constaté, avec toute la conviction dont je suis capable, vos droits, la bonne direction que voui avez imprimée à vos travaux, Pexcel-
Icnle conduite que vous avez tenue jusqu'à présent; eh bien, je vuus dirai (de ma part rien ne vous sera suspect, c'est ud ami désintéressé, dévoué qui vous parle) je vous dirai : soyez conciliants. Oui, il le faut, il le faut dans l'intérêt de tout le monde, il le faut dans l'intérêt de l'Egypte, qui est liée vis-àvis de vuus, et qui ne peut rien faire sans vous. Il le faut dans l'intérêt de la Compagnie, car la Compagnie doit être appuyée par le vice-roi; elle a tout à gagner à la conciliation. Les efforts réunis du vice-roi et de la Compagnie ne sont pas de trop, croyez-moi. Pour cette œuvre du canal de Suez, n'abandonnez aucune de vos forces, si vous voulez réussir; mais soyez con* ciliaiits et adoptez ce que je considère comme juste, comme faisable. Faites disparaître cette corvée, qui est mon cauchemar.
Un exemple se présente à mon esprit, je le trouve en Egypte même : il est d'hier. Un bassin se creuse à Suez par les Messageries impériales. Je ne serai pas démenti pur l'ancien directeur des Messageries, aujourd'hui ministre des travaux publics, l'honorable M. Béhic. Ce travail devait être fait moyennant une corvée fournie par le gouvernement égyptien. Le traité est conclu. Et puis, le gouvernement égyptien trouva qu'il lui coûtait plus cher d'envoyer ses travailleurs, et qu'il aurait beaucoup plus d'avantages à les garder, qu'il trouverait mieux son compte à ce que le bassin fût creusé par le travail libre que par le travail forcé, parce que, depuis le traité avec les Messageries, il s'était passé de l'autre côté de l'Océan de grands événements qui avaient changé la condition agricole de l'Egypte. Le coton, autrefois très-bon marché, était très-cher, il y avait de gros bénéfices pour l'Egypte à le cultiver depuis qu'elle ne craignait plus la concurrence américaine. Le vice-roi, qui est très-intelligent et bon calculateur, s'est dit :
c( Je fournis aux Messageries impériales des travailleurs de la corvée^ c'est une erreur , j'aurais bien plus d'avantages à garder ces homcnes sur mes terres à coton et à sucre. » Et il a proposé à M. Béhic de ne plus lui fournir des ouvriers pnr la corvée, en parlant aussi de l'humanité qui s'y opposait. L'humanité! ah! c'est une si belle chose, même pour les Orientaux. (Rires,) M. Béhic lui a répondu : « Vous avez raison, l'humanité est une excellente chose ; mais calculons ce que, pour nous,
coûtera votre humanité. » Et le gouvernement égyptien, après avoir beaucoup compté, beaucoup calculé, après avoir fumé beaucoup de pipes et pris beaucoup de café, finit par s'exécuter et par payer, si je ne me trompe, trois millions et quelques cent mille francs à la Compagnie des Messageries, afin de remplacer, pour le creusement du bassin de Suei, la corvée à laquelle il était engagé par le travail libre.
Eh bien, qu'il fasse de même pour la Compagnie de Suez (Bravo! Bravo l)
Je reprends la discussion des autres points.
Le canal d'eau douce est fait, personne ne peut conseiller à la Compagnie de le céder; elle en a besoin pour achever le canal maritime, elle en a besoin pour transporter les pierres de la carrière de Gebe) GenefTé ; il n'y a donc pas à s'occuper de la cession du canal d'eau douce.
Le gouvernement égyptien veut rentrer dans les concessions de terres qu'il vous a faites? Mon Dieu! pourquoi vous y refuser? C'est un compte à faire entre vous et lui. Cette question a une certaine gravité, et je vous demande la permission de m'y arrêter.
Chez nous, à Paris surtout, on ne respecte peut-être pas toujours assez la propriété particulière. Il y a ce qu't)n appelle l'expropriation pour cause d'utilité publique, qui permet de vous dépouiller, à prix d'argent, et vous savez si on en use {rires)i cela coûte beaucoup d'argent, mais cela peut se faire, c'est légal.
La base de toute expropriation, c'est la valeur. Si l'on veut vous déposséder de vos terres, il faudra bien qu'on vous indemnise, qu'on vous en donne le prix.
Je crois qu'il est impossible d'apprécier aujourd'hui la valeur des terrains dont vous êtes concessionnaires. Vous êtes concessionnaires de toutes les terres que vous pouvez arroser et fertiliser avec le canal d'eau douce.
Toutes les fois qu'il y a de l'eau en Egypte, il y a de la fertilité, et toutes les terres que vous pouvez arroser vous appartiennent à perpétuité, d'après le droit musulman. Aujourd'hui on ne peut pas vous dire, elles valent tant, abandonnez-nousles pour tel prix, parce qu'aujourd'hui ces terres ne valent
rien. Telle une terre qui est stérile et improductive, avant qu'un chemin de fer ou un canal soit fait, acquiert une valeur qui est inappréciable tant que ce chemin de fer ou ce canal n'est pas fait. Leur valeur ne peut donc pas être appréciée aujourd'hui, cela est incontestable. Mais il y a un moyen de s'entendre. Pourquoi n'admettriez-vous pas comme base future le rachat après l'achèvement des travaux? Pourquoi ne diriez-vous pas : dans deux ans, dans trois ans, certains lots de terrains seront successivement rachetés par le vice-roi, selon la valeur qui leur aura alors été reconnue par une estimation loyale et réciproque. Vous saurez alors ce que vous vendrez. Mais si vous vendiez aujourd'hui ces terrains, dont la valeur n'est pas appréciée et n'est pas appréciable, ce serait ruine ou folie: ou vous vendriez pour rien, en faisant payer la valeur actuelle, ou vous devriez demander un prix exagéré, quant à présent. Il faut donc attendre que vous sachiez ce que valent vos terres pour les vendre.
Aujourd'hui, faites un arrangement, pour vendre par rachat, à Tamiable, successivement et partiellement vos terrains; n'agissez pas autrement.
Si l'on pouvait arriver à une conciliation encore pour les terrains, il me semble que la plus grande partie des difficultés du percement de l'isthme serait résolue.
Pour obtenir ce résultat, quelle est la seule marche à suivre? Une marche toute simple; appelez la lumière et la discussion sur vos affaires; elles ne peuvent qu'y gagner. Toutes les fois qu'on discutera franchement, loyalement, vous en sortirez victorieux. Vous n'avez à craindre que l'obscurité et les ténèbres, ne vous y laissez pas surprendre. Les ténèbres sont contre vous, la lumière est en votre faveur. {Bravo! Bravo!)
Eh bien, discutez, et n'oubliez pas que vous êtes les défenseurs obligés, nécessaires de vos actionnaires; discutez dans leur intérêt et dans l'intérêt de l'honneur de la France, que vous représentez dans cette affaire. Si vous suivez cette voie ferme et conciliante, tâchez de vous entendre d'abord directement avec le vice-roi ; et si tout échoue, s'il vous demande ce que vous devez et ne pouvez pas céder, et s'il veut vous opprimer SQU9 la menace de la Porte, alors adressez- vous au gou-
vernement de TEmpereur. Il faut que tout cela passe par la voie régulière et officielle du ministère des affaires étrangères, et non par ceux qui sont étrangers à vos affaires.
Agissez en pleiu soleil. Qu'est-ce que c'est que ces arbitres, que ces avis, que ces interventions dont on fait tant de bruit? Je n'en sais rien, et je n'en veux rien savoir. Ne vous occupez pas de cela, tout ce qui ne se fait pas au grand jour officiel, tout ce qui affecte Tombre est mauvais. {Bruyants applaudis* sements.)
Encore une fois, vous n'avez rien à craindre, marchez en avant, marchez au grand jour de l'opinion publique. Exposez, développez vos idées, vos projets, ne cachez rien; mais marchez régulièrement, honnêtement, comme vous l'avez toujours fait.
Permetttz-moi de déclarer, en terminant ce trop long discours, que vous ne devez attribuer aucune attache officielle à ce que je viens de vous dire. Si j'ai un défaut, je l'ai, et il me sera difficile de m'en corriger, c'est celui d'une extrême franchise. Tout ce que je vous ai dit, c'est mon opinion individuelle, personnelle ; elle n'engage que moi seul. Cependant, je suis tellement convaincu de la bonté de la cause que je viens de défendre, de la justesse des idées que je viens d'émettre, que si l'opinion publique les adopte, j'aime a espérer que le Gouvernement les approuvera aussi. J'ai confiance dans le gouvernement de l'Empereur, protecteur naturel des droits des citoyens français à l'étranger. {Applaudissements prolùfigés,)
DISCOURS