‹ Lettres, journal et documents pour servir à l'histoire du canal de SuezChapitre 47 sur 67 · SITUATION DES TRAVAUX · texte numérisé non relu

SITUATION DES TRAVAUX

Messieurs ,

Nous vous disioDs dans notre précédeDtc réunion :

« Dans un an le travail aura été avancé partout avec une « telle activité et nous aurons une telle expérience de Tusage « de nos nouvelles machines, que nous pourrons alors, sans « craindre aucune erreur, vous fixer le jour de Touverlure du « canal à la grande navigation^ et le coût définitif de Pentrca prise. »

Nous vous apportons aujourd'hui la réalisation de cette promesse. {Très bien! Très bien! Marques générales de satisfac* tion.)

Les prévisions de nos ingénieurs relativement aux terrains de l'isthme se trouvent confirmées chaque jour, car ces terrains ne présentent aucune diTficuIté que la science ne puisse surmonter.

A la traversée du lac Menzaleh, dont le sol vaseux devait, disait-on, rendre le canal impossible, les talus des berges oifrent au contraire une solidité remarquable.

Les chantiers, déjà organisés, lors de votre dernière réunion,

sur toule la ligne du canal maritime, n*ont pas tardé à sorlir partout de la phase des install liions préparatoires.

Dès le mois de décembre, le canal d*eau douce, curé parles soins empressés du vice-roi d*Égypte, laissait passer les grandes dragues qui devaient achever le creusement du canal maritime entre le lac Timsah et la mer Rouge.

Les unes, franchissant Técluse du canal d'eau douce devant Suez, s'échelonnaient entre Tembouchure du canal maritime et la rade.

Les autres, quittant le canal d'eau douce en face de leurs chantiers, gagnaient par des branchements creusés ad hoc leur emplacement définitif.

Toutes ces opérations se sont effectuées aVec le plus complet succès. La plus imporiaute était la transformation du plateau dit du Sérapéum, terrain ondulé de sable fin, en uue série de bassins d'eau douce, au milieu desquels les dragues devaient s'installer sur le tracé du canal maritime, pour le creuser jusqu'à un niveau inférieur à celui de la mer.

On pouvait craindre, dans la saison où nous étions, que le canal d'eau douce n'amen&t pas assez d'eau pour remplir rapidement d'aussi grands espaces, que le terrain sablonneux, la laissant échapper dans les lacs Amers et dans le lac Timsah, ne vînt rendre impossible une solution'qui paraissait simple et ingénieuse. Les sinistres prophéties ne manquaient pas à ce sujet.

Au i^'f janvier, les dragues du Sérapéum, montées dans nos ateliers de Port-Saïd, étaient à leur place, réalisant l'heureuse idée de nos entrepreneurs, MM. Borel et Lavalley.

Depuis lors, les appareils de toutes sortes composant notre matériel s'établissaient plus nombreux, de mois en mois, entre la Méditerranée et le lac Timsah.

A Suez, où la nature a fait un port excellent qn'amélioreronl encore' les grands travaux commencés par le vice-roi d'Égyple, nous n'avons qu'un chenal à creuser. Le dragage y marche rapidement dans un sol facile. Un banc de sable qui s^étend jusqu'en face de l'embouchure du canal maritime, sur un parcours de 2 kilomètres, au sud de la ville de Suez, était à chaque marée recouvert par la mer ; le lot qui

nous y a été concédé se remblaie avec une rapidité remarquable.

Sur la portion déjà remblayée de ce terre- plein — qui surgit comme un tlot en tête de la rade de Suez, les entrepreneurs ont élevé les constructions nécessaires à leurs travaux et ont creusé uo bassin pour notre matériel flottant.

L'habileté, Tentrain et la vigueur avec lesquels tous ces travaux ont été conduits, frappent les marins et les nombreux passagers que les services maritimes de la France et de TAngleterre amènent des Indes à Suez.

Entrons maintenaut dans les détails dei travaux.

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