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Histoire de la Société française pendant le Directoire

D3ntu, 1855.

pour la semaine sainte. Notre adresse est : Via di San A ndréa del frate N. 24 secondo piano. C'est près de la place d'Espagne, le grand centre de Rome. Mes respects à la dernière des Mocenigo.

A vous toutes nos bonnes amitiés.

Jules.

Écrivez-nous; poste restante, à Rome, le plus tôt qu'il sera possible à votre paresse fort occupée.

A GEORGES DUPLESSIS

Rome, 29 mars 1856.

Décidément, mon cher ami, vous êtes un journal, je veux dire un ami. Vous nous envoyez un peu de la patrie par la poste. Je vous en remercierai grandement, verre en main, rue Saint-Georges.

Savez-vous bien que je ne sais rien? Je lis un article des Débats, tous les huit jours; je vois des gens qui arrivent de France et qui la disent sous la neige; je cause avec des élèves de Rome qui ont le bon esprit denepasparler esthétique; je ne restitue aucune ruine ; je ne lis pas mon guide et je vais devant moi, sûr de trouver au bout de mes pas, quelques blocs de peperin : trois colonnes balafrées sur un ciel bleu, ou le pied gigantesque d'un colosse de marbre, écrasant des trognons de brocoli. Or, je vivrais fort heureux ainsi, mangeant des oranges à l'ombre, assis sur quelque base de cipolin, si je n'étais las d'admiration, d'attention et d'étude, si je n'avais au cœur et à l'esprit le ranz des vaches de Paris, de mon chez moi et de mes amis.

La Semaine sainte est la plus monstrueuse exploitation de l'homme par les cérémonies, qui soit au monde. Il y a des cinq heures d'attente debout, qui

m'ont renforcé dans ma haine pour les antichambres. La bénédiction est belle, mais à l'étroit, étranglée dans une fenêtre trop petite. Bref, allez à l'Opéra, et vous verrez une plus riche et plus savante mise en scène — assis *.

Nous sommes enchantés du succès de la vente des livres de votre père. Décidément les goûts deviennent des folies, je vous en félicite de tout mon cœur. A propos de livres, nous avons battu les bouquinistes du Corso; pas plus de Rosalba qu'à la Bibliothèque royale, quand la société que vous savez, l'avait retirée de la circulation, — et le petit livre de la maîtresse de Watelet, Mme Le Comte, complètement inconnu. Enfin, rien sur l'art.

Et ce qui vous étonnera encore plus, pas un document des artistes du xviii6 siècle, aux archives de Rome : les archives ayant été emportées par les Napolitains et ne repartant que depuis 1803 2. Connaîtriezvous d'aventure une brochure intitulée le Philotechne françois, 1776? Je crois au fait que vous l'avez ou du moins que vous l'avez vue.

L'ami Chennevières nous a écrit une bonne grosse lettre, où il nous dit, à demi-mot, toutes ses tribulations. C'est un grand tort de mériter en ce temps-ci. Voilà ce que je pense de ses disgrâces et des fortunes de X. Il remet son journal et n'y renonce pas. Nous le verrons ce journal-là, nous le verrons, mon ami, un jour où l'autre.

1. Notre appréciation de Rome, de ses cérémonies de la Semaine sainte, de ses ruines, de son enguirlandement du forestière, a complètement changé, lors de notre second voyage, lorsque nous y sommes retournés pour les études de Madame Gervaisais. Rome pour être goûtée, aimée, demande plusieurs séjours.

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