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Le 1«' août

î. Mémoires, II, 299. — le comte d'AngiTiller, que nous Terrons égalemen» lié avec mademoiselle de Lespinasse, écrivait à David Hume, vers le mois d'août ou septembre 1765: «C'est avec la plus grande joie que M. d'Angiviller a l'honneur d'informer M. Hume que la philosophie n'a plus de larmes à répandre. D'Alembert est hors d'affaire. Il a été transporté chez Watelet. Il s'en trouve fort bien: il plaisante, il dit des bons mots et s'impatiente. Tout cela est de bon augure. Duclos a dit assez plaisamment, le jour que l'on a transporté le malade chez Watelet : Yoicy un jour remarquable, c'est aujourd'huy que l'on a sevré d'Alembert. Nous sommes sûrs, au moins, qu'il n'y a pas de miracle à cette guérison : les prêtres n'ont pas prié pour lui.— Ce mardi 30. — (Hill Burton, Life andcorrespondenceofD. Hume; l.oaàon,liA6, t. II,p.216.) Voir encore Mémoire» et Corresp. de Diderot, 1830, t. II, p. 247.

3. Lettre à Gilbert Elliot, 2î septembre 1764 : « Since I ■wrote the above, I weni to see mademoiselle de Lespinasse, d'Alembert's mistress, who is realiy

même n'indique pas sa santé comme ayant été la raison déterminante de son établissement rue Saint-Dominique, et confesse avec sincérité que, s'il quitta « sa pauvre nourrice, avec laquelle il avait passé vingt-cinq années les plus douces de sa vie, ce fut pour obéir à un sentiment plus tendre^ » Il ne faut d'ailleurs rien exagérer et constater que cette réunion consista seulement delà part ded'Aleraberlàvenir« se loger dans la même maison^, » ce qui, jusqu'à un certain point, sauvait les apparences, mademoiselle de Lespinasse conservant toujours son appartement séparé.

Ce qui doit plus étonner que cette vie commune, c'est qu'elle n'ait pas abouti à un mariage ou même débuté par là, et que mademoiselle de Lespinasse n'ait pas ainsi conquis la situation à laquelle elle ne cessait d'aspirer. Ce n'est certes pas dans une répugnance pour le lien conjugal qu'il faut en chercher la raison. Sur ce point, nous avons le témoignage de Marmontel : « Avec tous les moyens qu'elle avait de séduire et de plaire, dit-il, il lui parut possible que, dans le nombre de ses amis, et même des plus distingués, quelqu'un fût assez épris d'elle pour vouloir l'épouser. Cette ambitieuse espérance, plus d'une fois trompée, ne se rebutait point; elle changeait d'objet, toujours plus exaltée et si vive, qu'on l'aurait prise pour l'enivrement de l'amour'.»

Est-ce donc que d'Alembert « ne fut pas assez épris?» C'est là un doute que ne permettent pas les expressions dont il se sert quand il parle du sentiment qu'elle lui inspira. « 0 vous que j'ai si tendrement et si constam-

one of the most sensible -wornen of Paris, t (Hill Burton, Life and corresp. nf D. Hume; London, 1846, t. U, p. 237.) De celte liaison entre mademoitelle de Lespinasse et D. Hume, naquit une correspondance dont M. Burton a trouvé la trace dans les papiers du célèbre historien, (/d., p. 215.)

1. Aux mânes de mademoiselle de Lespinasse, Toir plut loin, p. 376.

2. La Harpe, Corresp. lilt., t. 1, p. 335. 1. Marraonlel, Mémoires^ t. II, p. 301.

ment aimée, vous dont j'ai cm être aimé...» s'écrie-t-il après sa mort. Ailleurs il parle « de ce cœur qui na jamais cessé d'être à elle^ » Et cependant, malgré ces protestations d'amour, voici en quels termes, près d'un an après cette réunion accomplie, il repoussait, dans une lettre à Voltaire, les bruits de mariage qu'elle avait contribué à faire naître. »

« Si je devenais'plus à mon aise, j'irais m'enfermer dans quelque campagne, où je vivrais seul, heureux, et affranchi de toute espèce de contrainte. Vous devez juger par celte manière de penser que je suis bien éloigné du mariage, quoique les gazettes m'aient marié. Eh! mon Dieu! que deviendrais-je avec une femme et des enfants? la personne à laquelle on me marie (dans les gazettes) est à la vérité une personne respectable par son caractère, et faite, par la douceur et l'agrément de sa société, pour rendre heureux un mari; mais elle est digne d'un établissement meilleur que le mien, et il n'y a entre nous, ni mariage, ni amour, mais de l'estime réciproque, et toute la douceur de l'amitié. Je demeure actuellement dans la même maison qu'elle, oiî il y a d'ailleurs dix autres locataires ; voilà ce qui a occasionné le bruit qui a couru. Je ne doute pas d'ailleurs qu'il n'ait été appuyé par madame du Deffand, à laquelle on dit que vous écrivez de belles lettres (je ne sais pas pourquoi). Elle sait bien qu'il n'en est rien de mon mariage; mais elle voudrait faire croire qu'il y a autre chose. Une vieille et infâme catin comme elle ne croit pas aux femmes honnêtes : heureusement elle est bien connue et crue comme elle le mérite *. »

Membre de l'Académie des sciences depuis 1 741 , de YAcadémie française depuis 4754, bientôt secrétaire perpétuel (1772), chef reconnu des encyclopédistes, d'Alembert n'était pas un aussi mauvais parti qu'il se plaît à le dire. C'est trop de modestie. La vérité est que l'amitié, Vamour du pauvre d'Alembert, ne régnèrent jamais sans

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