I. Odes, Ut. I, 35. Ad Fortunam Aotiatem
Te semper anteil faeva nécessitai»
Clavos trahales et cuneos manu Gestaas ahena;
cœur,.je croirai voir écrites sur la porte les terribles paroles que le Dante a mises sur la porte de son enfer : malhkureux oci ENTREZ ICI, RENONCEZ A l'espérance ' ! Je Serai tout entier au sentiment de mon malheur, au souvenir de ce que la mort m'a fait perdre; ma dernière pensée sera pour vous, Bia chère Julie, et tous les sentimens de ma vie vous auront pour objet. Que ne puis-je en ce moment expirer sur ce tombeau que j'arrose de mes larmes, et dire comme Jonathas : J'ai goûté un peu de miel, et je meurs *. 0 ma chère et tendre amie ! ô vous qui habitez à présent ce séjour de la mort, où mes désirs et mes pleurs vous suivent, pardonnezmoi de troubler encore de mes vains regrets votre éternelle et paisible demeure, et songez que, si en ce moment je verse des larmes, c'est au moins sur votre tombe que je les répands. Hélas I personne n'en versera sur la mienne, etj'y descendrai bientôt après vous, en m'écriant avec Brutus, au moment où il se donne la mort' : 0 vertu! nomsteiile etvainl A quoi m'as-tu servi durant les soixante années que j'ai traînées sur la terre, puisque tu n'as pu me faire aimer que pendant quelques instans de celte longue durée , dont la triste fin va me paroître si languissante et si vide! heureusement elle sera courte. Je verrai bientôt disparoître devant moi l'espèce humaine, sans me plaindre d'elle, il est vrai, car elle a donné quelquel'ois à mon amour-propre des satisfactions qui l'auroient flatté si je n'avois pas eu un cœur; mais aussi sans la regretter, puisqu'on fermant les yeux je n'aurai pas môme la triste douceur de pouvoir dire à personne : Je ne vous verrai plus; souvenez-vous quelquefois de moi. Je pourrai du moins dans le peu de jours qui me restent à vivre, au centre de la plus accablante solitude, répéter à chaque instant ces vers d'Oreste, qui paroissent faits pour moi comme pour lui :