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XXIV NOTICE

chose d'élégant, de noble, de doux, d'animé... Elle ne pouvait supporter ce qui sentait l'effort et l'apprêt. Elle aurait presque préféré le rude et l'ébauché à ce qui était trop gracieux ou trop fini... Elle disait souvent, et le plus souvent des choses simples, mais elle ne les disait jamais d'une manière commune, et cet art qui semblait n'en être pas un chez elle, ne se faisait jamais sentir, et ne la faisait jamais tomber dans la recherche et dans l'affectation... Ce qui m'a toujours le plus frappé en elle, c'est le rapport qui régnait entre ses pensées et ses expressions. Ses mouvements, son visage, tout, jusqu'au son de sa voix, formaient un accord parfait avec ses paroles... Elle était instruite, et n'en avait pas la prétention; son instruction était si heureusement fondue dans son esprit, et son esprit dominait si bien sur elle, que c'était toujours lui qu'on sentait davantage... Son esprit, tout aimable, tout animé qu'il était, réunissait le mérite de la justesse et de la solidité... Le tact si rare, si difficile des personnes et des convenances, voilà encore ce qu'elle possédait au suprême degré; elle semblait avoir le secret de tous les caractères, la mesure et la nuance de tous les esprits*.»

D'Alembert insiste particulièrement sur ce tact exquis en toutes choses : « Co qui vous distingue surtout, lui disait-il, c'est l'art de dire à chacun ce qui lui convient, et cet art, quoique peu commun, est pourtant bien simple chez vous : il consiste à ne parler jamais de vous aux autres, et beaucoup d'eux. C'est un moyen infaillible de plaire. Ce désir de plaire à tout le monde vous a fait dire un mot qui pourrait donner mauvaise opinion de vous à ceux qui ne vous connaîtraient pas à fond. Ah ! que je voudrais, vous ètes-vous écriée une fois, connaître le faible de chacun^. » — Et La Harpe : « Je n'ai point connu de femme qui eût plus d'esprit naturel, moins d'envie d'en montrer, et plus de talent pour faire valoir celui des autres'. » — Marmontel enfin : « L'un de ses charmes

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