I. La Harpe, Corresp. littér., i804, t. I, p
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pour sa fille, et elle lai fit un mystère de sa naissance; souvent elle la baignait en secret de ses larmes, elle semblait, par le redoublement de sa tendresse, vouloir la consoler du présent funeste qu'elle lui avait fait de la vie. Elle la comblait de caresses et de bienfaits. Elle lui donna elle-même le premier de tous, une excellente éducation; c'était dans peu tout ce qui devait lui rester. Elle mourut presque subitement, et au momcat où elk allait tout tenter pour donner à sa fille un état que lei lois pouvaient peut-être lui accorder'. »
Il résulte de ce récit que mademoiselle de Lespinasse fut élevée près de sa mère, qu'elle reçut d'elle une éducation solide et même brillante ^, sur laquelle sont d'accord tous les contemporains, et que la tendresse de celle-ci alla jusqu'à songer à la faire reconnaître comme sa fille légitime ^. Madame du Deffand, bien que plus réservée, confirme presque toutes les assertions de Guibert. Racontant à la duchesse de Luynes sa première rencontre avec elle au château de Chamrond, elle en parle comme d'une personne «qui n'a point de parents qui l'avouent ou du moins qui veuillent et qui doivent l'avouer. » « Cela, ajoute-t-elle, vous apprend son état. C'est à Chamrond que je l'ai trouvée; elle s'y était établie après la mort de madame d'Albon, mère de ma belle-sœur, qui l'avait élevée, et qui malgré sa jeunesse lui avait donné des marques de la plus grande amitié. » Un peu plus loin elle raconte « qu'elle a passé