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SUR MADEMOISFLLK PE I.ESPINASSK. \\
M. de Guibert, à qui elle contia ces douloui-eux secrels de son cœur, a dit également : « Elle m'avait raconté plusieurs fois les premières années de sa vie. Que tout ce qu'on entend sur nos théâtres, que ce qu'on lit dans nos romans est froid et dénué d'intérêt auprès de ce récit ' ! » Se passa-t-il à Chamrond des faits plus graves que ceux indiqués par madame du Deffand ? Il serait difficile de rien affirmer à cet égard, bien que certains mots dont se sert mademoiselle de Lespinasse le fassent supposer, ni de savoir si ces allusions se réfèrent aux années de son séjour à Chamrond ou bien à celles qui précédèrent la mort de sa mère.
Quoi qu'il en soit, mademoiselle de Lespinasse était résolue à se jeter dans un cloître plutôt que de rester plus longtemps près des Vichy, lorsque madame du Deffand, qui, déjà presque aveugle, cherchait à se donner une compagne, lui proposa de venir vivre avec elle, à Paris, dans ce couvent de Saint-Joseph qui, sans avoir rien de claustral, servait, comme de nos jours celui de l'Abbaye-aux-Bois, de retraite décente, mais encore très-mondaine, à un petit nombre de femmes de qualité, et où elle occupait un appartement indépendant et séparé. C'était vers la fin d'octobre 1752 que madame du Deffand avait fait cette ouverture à mademoiselle de Lespinasse, quelques jours seulement avant la rupture définitive de celle-ci avec les Vichy et son départ pour Lyon. Ce ne fut cependant que seize mois plus tard, au mois de mars 1754, que mademoiselle de Lespinasse vit se réaliser une proposition qu'elle avait tout d'abord acceptée avec empressement. Ce temps avait été employé en négociations, tant de la part de mademoiselle de Lespinasse pour obtenir le consentement du jeune comte d'Aibon, que de celle de ma-