I. Éloge d'Éliza. Voir p
X NOTICE
dame du Deffand pour vaincre les résistances de M. et de madame de Vichy. Ni l'une ni l'autre ne réussirent dans une démarclie qui était purement de convenance. Toujours possédés de leurs incurables défiances, le frère et la sœur légitimes refusèrent de se prêter à un projet qu'ils considéraient comme une menace pour leur repos. Et cependant madame du Deffand avait pris soin elle-même de conjurer ce danger, en exigeant de mademoiselle de Lespinasse la promesse de n'user jamais de sa nouvelle position pour faire valoir des droits à un nom et à une fortune qu'elle lui contestait tout aussi énergiquement que son frère et sa belle-sœur de Vichy ^. Le désintéressement de mademoiselle de Lespinasse, son respect pour le nom de sa mère, auraient seuls sans doute suffi à lui faire tenir sa promesse. Elle en a donné elle-même d'autres motifs, et s'ils ne sont pas meilleurs, ils ont du moins l'avantage de révéler tout ce qu'il y avait de passionné dans sa nature. « Combien, dit-elle, j'ai usurpé d'éloges sur ma modération, sur ma noblesse d'âme, sur mon désintéressement, sur les sacrifices prétendus que je faisais k une mémoire respectable et chère et à la maison d'AlbonI Voilà comme le monde juge, comme il voit. Eh, bon Dieu 1 sots que vous êtes, je ne mérite pas vos louanges : mon âme n'était pas faite pour les petits intérêts qui vous occupent; tout entière au bonheur d'aimer et d'être aimée, il ne m'a fallu ni force ni honnêteté pour supporter la pauvreté et pour dédaigner les avantages de la vanité '. »
Dans cette négociation l'on voit intervenir le cardinal de Tencin, archevêque de Lyon, mais la manière même dont il fut engagé à le faire par madame du Deffand
1. Voir, sur toute cette négociation, la lettre de madame du DelTand à la^ duchesse de Luynes, p. LXXV.