M. de Mora, dont c'étoit le prénom
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Eh! mon Dieu! croyez-la : rendez-lui le repos; ef, s'il est possible, soyez heureux : c'est le souhait, c'est le vœu, c'est le désir de la malheureuse créature qui a toujours sous les yeux cette inscription afireuse de la porte de l'enfer : En entrant ici, on laisse toute espérance. Non, je n'en ai plus ; je n'en veux plus. Je devois m'anéantir le jour que je suis restée seule. Hélas! vous m'égarez, et vous ne sauriez me consoler.
[Il mai] 1774.
Vous ne me connoissez pas encore : il est presque impossible de blesser mon amour-propre; et le cœur est si indulgent! En effet, la soiiée d'hier au soir ressembloit assez à ces insipides romans qui font bâiller tout ensemble l'auteur et les lecteurs. Mais il faut dire comme le roi de Prusse dans une occasion un peu plus mémorable : Nous ferons mieux une autre fois. Ce qui fait époque, plaît ou fâche ; voilà que vous n'oublierez jamais que, le jour de la mort de Louis XV *, vous avez passe la soirée dans un profond sommeil. Croyez-moi, il y a des souvenirs plus douloureux que celui-là. Bonjour.
[Jeudi] onze heures du soir, 1774.
Je parie que vous n'êtes pas aussi endormi aujourd'hui que vous l'étiez hier à cette heure-ci, et cela est bien simple : on vous amuse, on vous inléiesse, et vous avez envie de plaire. Mon ami, vous n'êtes pas fait pour l'intimité : vous avez besoin de vous répandre; le mouvement, le brouhaha de la société vous sont nécessaires : ce n'est pas le besoin de votre vanité, mais c'est celui de votre activité. La confiance, la tendresse, cet oubli de soi et de tout amour-propre, tous ces biens sentis et appréciés par une âme tendre et