‹ Lettres (volume 2)Chapitre 24 sur 91 · A MESS" LES ESLEUZ DE LIONNOIS · texte numérisé non relu

A MESS" LES ESLEUZ DE LIONNOIS

« Mess" les esleuz, je me recommande à vous tant comme je

puis. Le roy m'a présentement escript unes lettres, pour quoy est

de neccessité que vous et moy nous assenblons lundi prochain,

qui sera xxnue jour de janvier, au lieu de Roanne ; et pour ce je

vous commande de par le roy sur voz viez, ainsi comme ledit

seigneur le commande par lesdictes lettres, que vous trouvez

audit jour et la vous monstrer en ce que ledit seigneur veult et

commande qu'on face, et à Dieu, Mess", à qui je prie que vous

doint ce que désirés. Escript à la Palasse (sic), le xvn« jour de

janvier.

« Le tout vostre,

« Ghabannes. »

Il fut fait droit par le Consulat à la demande du roi, le dimanche 30 janvier 1480. (Arch. mun. de Lyon, GG477, n» 29.)

MGGGCV.

AU PARLEMENT (v.).

Les Forges près Chinon, 15 janvier 1480.

Renouvellement de l'ordre d'entériner des lettres de confirmation de privilèges en faveur de la chartreuse de N.-D. de Saint-Jean du Liget, près Loches. — (Orig. Arch. nat., X'a9318, fol. 47.)

De par le roy.

Noz amez et feaulx, par autres noz lettres vous avons escript et mandé bien expressément que voulsissiez entendre à l'expédition et entérinement des lettres en forme de chartre des privilèges, franchises et inmunitions et confirmations par noz prédécesseurs roys et nous donnez et octroyez aux religieux, prieur et convent de Nostre Dame et Saint Jehan du Liget lez Loches ^ de l'ordre de Chartreuse, le tout selon leur forme et teneur; à laquelle expédition et entérinement avez différé y vacquer, soubz couleur des grans charges qui sont à présent en nostredicte court, et que lesdictes lettres sont grans, prolixes, et autres excusations, dont sommes très mal contens. Et pour ce que desirons lesdictes lettres avoir lieu et sortir leur plain et entier effect, nous vous mandons, commandons et expressément enjoingnons, que, incontinent toutes choses laissées et toutes excusations cessans, vous procédez sans delay à l'expédition et entérinement desdictes lectres, le tout selon leur forme

1. "Voy. les lettres par Louis XI confirmant les privilèges de la chartreuse du Liget, en date du Plessis-du-Parc, janvier 1478. (Ordonn. des rois de Fr., XVIII, 328.)

et teneur. Et gardez surtout, tant que nous pourriez desplaire, qu'il n'y ait faulte, et ne souffrez aucune chose estre exigée ne demandée ausdiz religieux pour ladicte expédition, ne autrement, en quelque manière que ce soit ; et faictes en tout et partout tellement que lesdiz religieux pour ce n'aient cause de venir plaintifz devers nous, car tel est nostre plaisir et vouloir. Donné aux Forges près Ghinon, le quinziesme jour de jehanvier.

LOYS

J. Du Ban.

A noz amez et féaux conseillers [les] gens tenans nostre parlement à Paris.

Recepte xj januarii M° IIH^ LXXIX".

MGGGGVI.

AU PARLEMENT (v.).

Bonaventure-lès-GhinoD, 16 janvier 1480.

Ordre d'expédier rapidement le procès pendant entre le seigneur de Baudeville, comte de Charolais et maréchal de Bourgogne, d'une part, et le comte de Montpensier, d'autre, au sujet de la propriété de certaines terres. — (Orig. Arch. nat., X1a9318, fol. 49.)

De par le roy.

Noz amez et feaulx, nostre très cher et amé nepveu et cousin le s"" de Baudeville, conte de Gharoloys et mareschal de Bourgongne, nous a dit et remonstré, que puis aucun temps en çà s'est meu procès en nostre court de parlement, entre nostre cousin le conte de Montpancier, d'une part, et nostredit nepveu et cousin.

d'autre, pour raison de plusieurs belles terres et seigneuries, à présent détenues et occuppées par nostredit cousin le conte de Montpancier, lesquelles iceluy nostre nepveu maintient, à certains justes tiltres et moyens, lui compecter et appartenir, qui sont plus à plain declairées oudit procès, ouquel n'a encores esté guieres procédé, pour les grans fuytes et delaiz que nostredit cousin le conte de Montpancier et ses gens et officiers ont quis et quierent de jour en jour, pour cuider le faire assoupper. Et pour ce que nous desirons finale expédition estre donnée oudit procès en faveur de nostredit nepveu et cousin, qui est continuellement occuppé en nostre service, en noz plus grans et privez affaires, et aussi pour le bien de justice et des parties, nous vous mandons, commandons et très expressément enjoingnons, et sur tout le service que faire nous desirez, que en toute diligence vous faictes besongner et tirer avant oudit procès, sans mectre ne tenir l'expédition d'iceluy en aucun delay, en donnant et pronunçant sur iceluy vostre arrest et jugement en justice, ainsi que verrez estre à faire par raison, et le plus tost que bonnement faire se pourra. Et tellement y faictes que nostredit nepveu et cousin, les affaires duquel avons en très grant et singulière recommandation, congnoisse par effect que vous en avons escript. Donné à Bonneavanture lez Ghinon, le XVI* jour de janvier '.

LOYS

De Marle.

\. Il s'agissait, dans ce procès, de la succession de Guillaume de Vienne, seigneur de Saint-George, disputée pour partie entre Philippe de Hochberg, maréchal de Bourgogne,' fils de la mar-

A noz amez et feaulx les gens tenans nostre court de parlement à Paris.

Recepte iij februarii iW" CCCC° LXXII°.

MGCGGVII.

A FRANÇOIS DE GENAS ET AU TRESORIER DE LANGUEDOC (v.).

Selommes, 17 janvier 1480.

Conclusion de la négociation entamée avec l'évêque de Marseille et Honorât de Berre envoyés du roi de Sicile; ordre de se procurer, sur quelques fonds que ce puisse être, les 10,000 livres formant la première des six annuités convenues avec le roi René, toutefois, sans que « le conte de Prades et le castellan demeure derrière. » — (Orig. Arch. du château de Cabrières. Publ. par M. le comte de Balincourt dans la Revue du Midi (année 1887), pp. 328-329.)

Mons"^ le gênerai, et vous thresorier, depuis le partement de vous, gênerai, Mons"" l'evesque de Marseille* et Honorât de Berre sont retournés devers moy de part mon honcle, le roy de Sicile, pour la matière que vous sçavés, pour laquelle j'avois envoyé Mons' de Falcon^

quise de Rothelin, elle-même fille dudit seigneur de Saint-George, et Louis de Bourbon, comte de Montpensier, acquéreur de 1,200 1. de rente et de deux places à choisir dans ladite succession, mais avec faculté de réméré laissée audit Guillaume de Vienne. (Arch. nat.. Parlement, Matinées, Xi^ 4821, fol. 101, 10 février 1480.)

1. Jean AUardel ou Allardeau, évêque de Marseille du 30 avril 1466 au 27 décembre 1496, date de sa résignation au profit d'Ogier d'Anglure. (Gall. christ., I, 664-665.)

2. Raymond de Glandèves, seigneur de Faulcon, gendre de Palamède de Forbin, dont il avait épousé la fille Baptistine. Il en eut Marguerite, qui épousa elle-même Jean d'Anjou, marquis

par delà ; et leur a baillé mondit honcle pouvoir pour en besogner avec moy ou mes clercs, ce que j'ay fait, Dieu niercy! Par ainsi (jue je suis obligé à leur faire bailler lx" 1. t. en six années à x" 1. par an, dont il y en avoit dix mil comptants à payer à la feste de la Trinité prochaine, à prendre lesdiz lx" 1. t. en six années de la part de ma ferme du tirage de l'Empire, par la simple quictance de mondit honcle. Et pour ce que, comme vous sçavés, que ceste matière me touche fort, il en peut venir du bien à tout mon royaume, je leur ay promis que je leur feroys délivrer par vous lesdictes x" 1., qu'il leur faut bailler comptant pour ladicte feste de la Trinité, pour ceste première année. Par quoy, je vous prie, que sur tous les services que jamais vous me désirés faire, en quelque façon que ce soit fait, la prendre sur ledit tirage, à perte de finance, ou ailleurs que vous jugerés que mieux sera; vous faictes délivrer incontinent x mil livres en Avignon, et vous aidés, pour ce faire, de l'argent que vous devés recouvrer à Lyon ou à Tholose, ou d'aultre argent que vous trouvères pour le leur bailler. Aidés vous aussi de l'emprunt de xvi" 1. dont vous demandiés une commission, laquelle je vous envoyé. Mons"^ le

du Pont, S"" de Saint-Remy et de Saint-Ganat, fils naturel du roi René. (Maynier, Histoire de la principale noblesse de Provence (Aix, 1719, in-4o), {'^ part., p. 159.) Suivant Peiresc, « Raymond de Glandevez, seigneur de Faucon, gendre de Palamedes de Forbin, fut un valeureux chevalier et grand politique, très expert au maniement des affaires, éloquent et de grand entendement ; par ses mérites, il fut gouverneur de Daupliiné et de Gênes, ambassadeur à Rome et en Espagne. » Note manuscrite dans les dossiers bleus, vol. 316. (Bibl. nat., Ms. fr. 29861, Glandèves 8069, n" 26.)

gênerai, et vous, thresorier^ je vous prie qu'il n'y ait point de faulte en ceste matière, j'en pourrois avoir dommage de plus de cent mil livres. Et l'argent que vous aurés prins pour employer et payer comptant lesdictes X" ]., remboursés le, ainsi que verres que mieux sera. Mais gardés bien que le conte de Prades et le Castellan^ ne demeure pas derrière, et le contentés bien, ainsi que je vous ay dit, car vous voyés que j'ay à besongner d'eux pour ceste heure. Je vous feray sçavoir de ce que ses gens auront besogné avec les miens, et ce que vous aurés sur ce à faire et l'acquit des lettres qu'il en faudra prendre. Faictes vostre diligence, et tenés ceste matière secrète. Donné à Selommes, le xvii" janvier.

LOYS

De Marle.

1. Michel Le Tainturier, « conseiller du roy, trésorier et receveur gênerai des finances ou pays de Languedoc, Lyonnoys, Forestz et Beaujeuloys, » d'après un acte des » generaulx conseillers du roy sur le fait et gouvernement de toutes ses finances, » du 25 janvier 1481, constatant qu'il a reçu de Pierre Bayart, receveur particulier « ou diocèse de Narbonne, » de l'aide octroyée au roi à Montpellier en juin 1479, la somme de 3,844 1. 18 s. 6 d. t. (Bibl. nat.. Pièces orig., vol. 2803, doss. Le Tainturier 62352, no 3.) 11 cessa d'exercer ses fonctions après la mort de Louis XI, et, dans un procès qu'il eut alors avec François de Gênas au parlement de Paris, on le voit, le 5 juillet 1485, présenter ses excuses de ce qu'il est resté « en la ville de Monpellier, » parce qu' « il est vieil et ancien, de l'âge de lxx ans ou environ, et aussi rompu par le bas, tellement qu'il luy semble qu'il ne pourroit venir à pié ne à cheval, sans danger de sa personne, au jour à luy assigné à comparoir en personne à la court. » (Arch. nat., X2a 52".)

2. Jean, comte de Cardone et de Prades, et Bernard-Hugues de Bocaberti, castellan d'Amposta.

MCCCCVIII.

A FRANÇOIS DE GENAS (v.).

Saint-Épain, 19 janvier 1480.

Étonnement du roi de ce qu'il a refusé de s'obliger envers le roi de Sicile; prière de n'y plus faire de difficulté et de s'en rapporter à ce que lui dira Gleriadicus, — (Orig. Arch. du château de Cabrières. Publ. par M. le comte de Balincourt dans la Revue du Midi (année 1887), p. 329.)

Mons"^ le gênerai, je m'esbahis comme vous avés fait difificulté de vous obliger au roy de Sicile. N'y faicles point difficulté, car vous sçavés que la chose touche mon bien, et je vous feray obliger celuy qui se devoit obliger. Et pour ce, si voulés que j'aye jamais seureté et fiance en vous, faictes le, comme plus au long j'ay chargé Gleriadicus* vous dire, lequel je envoyé pour ceste cause, et luy ay chargé ne plus délayer jusques à ce que vous ayés baillé vostre obligation, et à Dieu. Escript à Saint Espain, le xix® janvier.

LOYS

GOURTIN.

MGCGCIX.

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