‹ Lettres (volume 2)Chapitre 199 sur 264 · DE M-e r)E SÉVIG.\É AU COMTE DE EUSSV · texte numérisé non relu

DE M-e r)E SÉVIG.\É AU COMTE DE EUSSV

A Paris, ce 16 décembre 168.1.

Knfm, après tant de peine, je marierai mon oauvre sarcon>. Je vous demande votre procuration pour sii^ner à' son contrat de mariage. Voiià deux petites lettres d'honnêteté que je vous prie de faire tenir à ma tante de Toiilongeon et à mon iirand cousin. Il ne tnut jamais désespérer de sa bonne fortune. Je crovais mon fils hors d'état de pouvoir prétendre à un bon parti, après tant d'orages et tant de naufrages , sans charges et sans chemin pour la fortune; et pendant que je m'entretenais de ces tristes pensées, la Providence nous destinait ou nous avait destinés à un mariage si avantageux , que, dans le temps où mon fils pouvait le plus espérer , je ne lui -en aurais pas désiré un meilleur. C'est ainsi que nous marchons en aveugles, ne sachant où nous allons, prenant pour mauvais ce qui est bon, prenant pour bon ce qui est mauvais, et toujours dans une entière ignorance. Auriez-vous jamais cru aussi que le père Bourdaloue , pour exécuter la dernière volonté du président Perrault, eut fait depuis six jours aux Jésuites la plus belle oraison funèbre qu'il est possible d'imaginer ? Jamais une action n'a été admirée avec plus de raison que celle-là. Il a pris le prince dans ses points de vue avantageux ; et comme son retour à la religion a fait un grand effet pour les catholiques, cet. endroit, manié par le père Bourdaloue , a composé le plus beau et le plus chrétien panégyrique qui ait jamais été prononcé =>.

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