LETTRE VIL
Les douches jouent un rôle important dans le traitement thermal à Vichy. — Douches résolutives; douches révulsives. — Douches ascendantes et leurs indications multipliées. — n n'existe point à Yichy de médication par les vapeurs. — Nécessité d'introduire cette médication. — Composition chimi<jue des vapeurs des eaux de Yichy, — Ce qu'il faut en conclure.
Les douches n'ont guère été employées à Vichy jusqu'à présent que d'une manière tout élémentaire. Les dispositions vicieuses des appareils, l'insuffisante quantité d'eau minérale dont il était permis de disposer, ne permettaient d'avoir recours à ce puissant moyen thérapeutique que dans des limites fort incomplètes. 11 n'en est plus de même aujourd'hui.
L'établissement thermal de Vichy est muni d'appareils de douches en rapport avec l'importante médication qu'il a à desservir, et les médecins n'ont plus à craindre de se voir entravés dans les traitements qu'ils dirigent, par des obstacles
que leur plus grande bonne volonté ne leur permettait pas
de surmonter.
Cependant nous ayons pu nous faire, depuis plusieurs années, une idée précise des ressources que des douches bien administrées sont propres à fournir dans le traitement du plus grand nombre des maladies auxquelles les eaux de Vichy se trouvent applicables. Nous en exposerons ici le résumé : lorsqu'un moyen thérapeutique répond à des indications aussi nettement définies que celui dont il est question, il importe que ces indications soient connues des médecins qui n'ont à en apprécier la valeur que de loin, comme de ceux qui ont à l'appliquer eux-mêmes.
Nous traiterons séparément des douches à percusssion et des douches ascendantes.
Les douches à percussion peuvent être divisées, suivant les indications auxquelles elles ont à satisfaire, en douches résolutives et en douches révulsives; les premières appliquées le plus près, les secondes au contraire le plus loin possible du siège de la maladie. Ce n'est guère que le premier ordre d'indications qui ait été poursuivi jusqu'à présent dans la pratique de Vichy. Nous croyons que c'est d'après le second, que ce moyen thérapeutique doit trouver le plus d'applications utiles.
Les douches résolutives ont pour objet d'aider à la résolution d'un engorgement ou d'un travail morbide quelconque, en développant un surcroît d'activité dans l'organe malade et dans les tissus environnants. Telles sont les douches appliquées sur la région du foie et de la rate, dans les engorgements de ces organes, sur les lombes ou lliypogastre dans les maladies de matrice, etc.
Ce moyen trompe souvent les espérances que l'on avait fondées sur lui. Assurément nous ne pouvons douter que
dans beaucoup de tumeurs utérines indolentes, d'engorgements mésentériques, d'engorgements du foie moins souvent, la résolution soit complète, soit partielle, de ces tumeurs n'ait été facilitée par l'usage des douches ; mais le nombre des cas où leur emploi nous a paru stérile ou d'une très-faible utilité, n'est certainement pas moindre. Les bains, prolongés surtout, et l'usage interne de l'eau minérale suffisent presque toujours pour obtenir les résultats auxquels il est permis de prétendre. Cependant nous considérons que, dans la plupart des cas du genre de ceux qui nous occupent ici, lorsqu'il n'existe pas de contre-indication à leur emploi, on ne doit pas se dispenser de recourir aux douches, dont le degré d'efficacité est assez difficile à prévoir d'avance.
Il y a des personnes à qui une certaine excitabilité du système nerveux, ou bien une disposition prononcée aux fluxions actives, rend assez difficile de supporter les douches. La réaction qui suit les douches à basse température, l'atmosphère que développent les douches chaudes sont également mal supportées par elles. Cependant les contre-indications aux douches à percussion peuvent à peu près être réduites à l'existence de phénomènes douloureux. Ainsi l'engorgement du foie est très-souvent accompagné d'une névralgie intercostale qu'il faut distinguer de l'affection du foie luimême, bien qu'elle paraisse être sous sa dépendance. Nous avons presque toujours vu cette douleur névralgique s'exaspérer sous l'influence des douches et contraindre à les interrompre.
Les douches sur la région hépatique seraient certainement de nature à rendre de grands services dans les coliques hépatiques calculeuses; mais la susceptibilité que les malades apportent à Vichy ou que les eaux développent au sujet de
l'apparition de ces coliques, rend presque toujours impossible d'y recourir sans inconvénients.
Nous avons obtenu cependant de bons effets des douches lombaires, dans beaucoup de cas de douleurs rénales ou lombaires, chez les rhumatisants ou chez les graveleux. Mais il faut une surveillance très-attentive dans les cas où l'on a des raisons de croire que la douleur a son siège dans le rein ou dans son enveloppe, surtout chez les sujets atteints antérieurement de coliques néphrétiques.
C'est surtout dans les maladies de matrice que l'emploi des douches doit être soumis à une réserve extrême et à de grandes précautions. Nous ne parlons pas ici des tumeurs utérines et ovariques, au traitement desquelles les douches peuvent au contraire prendre une part considérable, mais de la métrite chronique et de ses variétés. Les symptômes utérins sont exaspérés avec une grande facilité par les douches lombaires et hypogastriques, et il est rarement prudent même de les essayer. D n'y a guère d'exception à cela que lorsque tous les accidents névropathiques et fluxionnaires ont disparu, et lorsqu'on n'a plus affaire qu'à un simple état de relâchement et d'atonie.
Si les applications des douches résolutives sont restreintes, et presque toujours douteuses dans leurs résultats, nous n'en dirons pas autant des douches révulsives à l'usage et à l'utilité desquelles nous assignons une portée considérable. Les indications capitales que ces douches sont appelées à remplir, sont les suivantes, et relatives à leur mode d'emploi : sur les extrémités refroidies, pour y rappeler la chaleur et la circulation ; sur la région rachidienne pour stimuler le système nerveux; sur les membres pour en ranimer la tonicité; sur la surface cutanée pour relever les fonctions de la peau.
Ces sottes de douches se trouvent indiquées chez la plu* part des malades qui se rencontrent à Vichy, si nous en exceptons toutefois la classe des goutteux et des graveleux qui, dans le plus grand nombre des cas au moins, ne les réclament à aucun titre,
La température, la force et le mode de projection de ces douches doivent varier suivant les circonstances; il serait trop long d'entrer dans des détails sur ce sujet. Nous nous contenterons de citer comme exemple des cas où Ton en peut tirer les meilleurs effets , les dyspepsies anciennes, avec état cachectique plus ou moins prononcé. C'est dans ces sortes de cas que Ton peut apprécier surtout ce qu'un mode particulier de direction, dans l'administration du traitement, peut ajouter à l'activité propre des eaux elles-
Les douches ascendantes peuvent être divisées, comme les douches à percussion, en résolutives et révulsives, ou bien en directes et indirectes, suivant qu'elles sont adressées au siège même du mal, ou à un point éloigné de la maladie. Les indications auxquelles elles répondent sont du reste singulièrement multipliées.
On peut les distinguer, suivant leur siège, en douches rectales, périnéales et vaginales, en internes et externes, selon que l'eau doit pénétrer avant dans le rectum ou le vagin, ou bien frapper seulement la vulve ou la marge de l'anus. On peut les employer dans les maladies de l'appareil digestif, dans celles de l'utérus ou de l'appareil vésical, ou bien comme moyen général dans des affections d'autres organes.
Les douches rectales sont très-fréquemment employées dans le cas de constipation. Tantôt le jet est reçu simplement sur la marge de l'anus, qu'il entr'ouvre de manière à
pénétrer à une certaine hauteur dans l'intestin; tantôt une canule est introduite de manière à le porter plus avant. Ces douches constituent, comme les lavements, un moyen déplétif, mais elles en diffèrent essentiellement par leur mode d'action définitif. En effet, tandis que les lavements, pris d'une manière un peu répétée, ne font qu'habituer et affaiblir l'intestin, de telle sorte que plus on en a pris, et plus l'usage en devient nécessaire, les douches ascendantes au contraire tonifient l'intestin, en stimulent la contractilité, en activent les sécrétions et tendent précisément à rétablir la régularité de ses fonctions. Il nous a semblé en outre que cette stimulation exercée à l'extrémité du canal intestinal était de nature à se faire sentir à distance, et à modifier d'une manière favorable certains états dyspeptiques.
Les douches ascendantes rectales rendent quelquefois encore de grands services dans les engorgements atoniques du corps ou du col de la matrice, dans le relâchement de cet organe, dans le catarrhe vésical aussi, pourvu toutefois qu'on n'ait à craindre aucunement le retour d'accidents aigus. Quant à l'opportunité de leur emploi dans les affections utérines, elle est soumise à la réserve et aux précautions dont nous avons signalé la nécessité au sujet des douches lombaires. Ceci est à plus forte raison applicable aux douches vulvaires et vaginales. Nous ajouterons cependant que nous avons vu plusieurs fois les douches ascendantes vulvaires, avec de l'eau de l'Hôpital de 18 à 20° environ, apporter à des prurits vulvaires, anciens et opiniâtres, un soulagement considérable et persistant.
Il est encore un ordre de faits où les douches ascendantes, anales ou périnéales, combinées quelquefois avec des douches lombaires, peuvent rendre de grands services.
Les Allemands ont décrit, sous le nom de vénosité abdo-
minale, un état sur lequel nos pathologistes n'ont guère cherché à acquérir de notions, peut-être parce qu'il est plutôt fonctionnel qu'organique. Par vénosité abdominale, les médecins allemands entendent un développement particulier du système veineux abdominal, avec ralentissement, torpeur dans la circulation, d'où un état d'embarras et d'inertie dans les fonctions abdominales, et une certaine disposition aux congestions actives ou passives vers les parties supérieures, la tête ou la poitrine, enfin un état hémorrhoîdaire plus ou moins actif.
Pour n'être pas très-facile à définir et à démontrer, cet état, qui n'est pas lui-même une maladie, n'en existe pas moins sans doute, et semble se rapporter à un grand nombre de troubles fonctionnels qui s'observent en particulier chez les individus à l'âge de retour et chez les vieillards. Les eaux de Vichy nous ont semblé d'un emploi fort utile dans bien des circonstances, où nous avons cru devoir invoquer cet état demi-physiologique, demi-pathologique, pour nous rendre compte des symptômes observés. Prunelle pensait que les eaux de Vichy agissaient spécialement sur la circulation lombaire et favorisaient ainsi l'apparition des règles où des hémorrhoïdes (notes inédites). Mais c'est alors surtout qu'il faut faire concourir avec l'action propre attribuée aux eaux, l'intervention directe de modes d'administration appropriés, et les douches ascendantes sont évidemment d'une grande efficacité dans les cas de ce genre. C'est ainsi que nous avons vu des douches anales agir comme révulsif, dans des cas de congestions vers la tête, aussi rapidement que des sinapismes ou bien des lavements purgatifs.
L'usage interne de l'eau minérale, les bains, les douches ne sont pas les seules formes sous lesquelles le traitement thermal doit être administré. Il y a encore les vapeurs d'eau
minérale ou autre, qui constituent un moyen thérapeutique
d'une grande importance.
Nous ayons déjà fiait remarquer qu'il n'existait point de traces à Vichy d'emploi des vapeurs sous une forme quelconque. Les bains de vapeur ou étuves qui y existaient à la fin du dix-septième siècle ont disparu, nous ne savons à quelle époque.
Quelle place l'emploi des vapeurs peut-il prendre dans le traitement thermal de Vichy ? Voici ce qu'il y a une opportunité incontestable à examiner, à un moment où l'on procède à une réinstallation complète de l'établissement. Nous devons cependant nous contenter de présenter ici un rapide aperçu de cette intéressante question.
La majorité des malades, il faut d'abord en convenir, qui se trouvent réunis à Vichy, ne réclament aucunement l'usage des eaux en vapeurs. Telle est sans doute la raison qui en a laissé disparaître cet important moyen thérapeutique. 11 suffit cependant que ce moyen trouve une application utile dans un certain nombre de cas, pour que son existence ait une raison d'être absolue, et que nous la réclamions avec instances.
Or, si nous déclarons que nous avons eu maintes fois à déplorer pour nos malades l'absence de bains de vapeur à Vichy, et que nous avons été obligé, quand nous ne croyions pas pouvoir nous en passer, d'y suppléer par des moyens artificiels et passablement grossiers, on conviendra sans doute qu'il est déplorable pour un établissement semblable, avec l'importance du renom, la valeur thérapeutique, Influence universelle, qu'on se trouve exposé à venir du bout du monde à Vichy, dans l'espoir unique d'y rétablir sa santé, et pour ne pas rencontrer un bain de vapeur dont on a besoin.
U suffirait d'établir cette hypothèse pour qu'on dût déclarer d'urgence le complément de l'établissement thermal de Vichy, sous le rapport des vapeurs.
Mais il vaut mieux spécifier les cas.
Certaines formes de goutte, les rhumatismes, le diabète et les maladies cachectiques par suite de dyspepsie, dysenterie, fièvres intermittentes, etc., tels sont les premiers exemples qui s'offrent à nous, de cas pouvant indiquer l'usage des eaux en vapeurs.
Les eaux de Vichy ne sont pas ce qu'on peut appeler des eaux à rhumatismes. Néris et Bourbon-l'Archambault s'en trouvent trop voisins pour que l'on songe à y instituer une thérapeutique spéciale du rhumatisme à laquelle ces eaux minérales, si précieuses à différents titres, s'adaptent infiniment mieux. Mais le rhumatisme est une maladie si commune, qu'il y aura toujours parmi les malades qui ont affaire à Vichy, beaucoup de rhumatisants chez qui ce côté particulier de la santé ne saurait être négligé, et d'un autre côté les eaux de Vichy reclament, dans leur spécialité, un certain nombre de maladies dont l'origine est certainement ou probablement rhumatismale. Les formes de la goutte où les bains de vapeur peuvent se trouver indiqués sont surtout les formes chroniques qui se rapprochent plus ou moins du rhumatisme. On sait quelle place cette même médication a à prendre dans le traitement du diabète. Enfin, il est un certain nombre d'individus cachectiques chez qui le flétrissement de la peau, le ralentissement de la circulation vers la périphérie, le refroidissement des extrémités indiquent de la manière la plus saisissante l'utilité des bains de vapeur. 11 doit suffire de ce court exposé pour légitimer les observations que nous présentons sur la nécessité d'introduire les vapeurs dans le traitement thermal de Vichy.
Qu'objecterait-on à cela? Que les malades peuvent aller prendre ailleurs et à d'autres époques les bains de Tapeur que réclament leur santé? Mais on conviendra que, s'ils en ont besoin à Vichy, il peut leur être difficile, malgré les chemins de fer, d'aller prendre un bain de vapeur à Paris ou ailleurs, ou bien très-préjudiciable d'en remettre l'usage à un temps ultérieur.
On dira peut-être encore que l'usage des vapeurs n'étant pas inhérent au traitement thermal de Vichy, il est bon de ne pas compliquer les médications et de s'en tenir à celle que comporte naturellement l'usage de ces eaux sous la forme habituelle, et la plus simple possible.
Ce principe de ne pas compliquer les médications est fort sage et trouve souvent à s'appliquer utilement. Cependant, il nous paraît ici plutôt propre à favoriser une certaine paresse, une routine commode, qu'à profiter beaucoup aux malades.
On peut considérer le traitement d'une maladie chronique comme une lutte, longue et pénible le plus souvent, entre une direction médicatrice et un principe morbide. Le traitement thermal constitue en général une époque décisive, critique dans cette grande opération de la cure d'une maladie chronique. C'est donc l'instant où le médecin, au lieu de s'abandonner au courant facile d'un traitement banal, doit s'entourer de toutes les ressources et de tous les moyens dont il lui est permis de disposer. Quelquefois, arrivé près du but, il échouera faute d'un effort, d'un moyen de plus, et nous regarderions comme chargés d'une grande responsabilité, ceux qui viendraient limiter arbitrairement l'étendue des ressources dont nous pouvons avoir à disposer pour le traitement de nos malades à Vichy.
Cela dit, jetons un coup d'œil sur la forme suivant laquelle les vapeurs doivent être administrées à Vichy. C'est une
question fort grave et que nous ne prétendons nullement résoudre en ce moment; cependant nous pouvons encore présenter à son sujet quelques considérations intéressantes.
L'usage interne d'une eau minérale a pour objet d'agir sur l'estomac comme sur une surface à modifier, et d'y trouver une voie de pénétration dans l'économie; les bains en font autant sur la peau. Il est un mode d'emploi des vapeurs qui s'adresse de la même manière à la surface bronchique, ce sont les inhalations. Mais comme les inhalations ne s'adressent guère qu'aux maladies de l'appareil de la respiration, tt est clair que ce n'est pas dans ce sens que les vapeurs ont à être usitées à Vichy.
C'est sous forme d'étuves ou de bains de vapeur partiels, que les vapeurs doivent trouver ici d'utiles applications. Le premier point qui se présente est celui relatif à leur composition chimique.
M. Petit a communiqué récemment à la Société d'Hydrologie Médicale de Paris, au nom de M. 0. Henri, la seule analyse des vapeurs de Vichy que nous connaissions. Il résulte de cette analyse « qu'il y a dans les vapeurs des sources de Vichy de l'acide carbonique avec des traces de carbonate d'ammoniaque, que ces vapeurs entraînent avec elles une matière organique dans laquelle il existe de l'iode,» et que l'hydrogène sulfuré qui se dégage en faible proportion des sources peut être entièrement négligé.
Les résultats de cette analyse nous paraissent à peu près négatifs, sauf sur un point qui n'y est pas suffisamment éclairé,, c'est-à-dire la proportion de l'acide carbonique. En effet, des traces de carbonate d'ammoniaque et un peu de matière organique ne sauraient ajouter à ces vapeurs aucune propriété particulière. 11 n'en parait pas de même au premier abord de l'iode : ce médicament pourrait, en effet, être
utilisé en inhalation, à très-faible dose. Mais ce n'est pas sous forme d'inhalation que nous étudions l'emploi de ces vapeurs, et d'ailleurs l'acide carbonique qui s'y trouve joint ne se prêterait peut-être pas aussi bien à un tel mode d'administration. Mais s'il s'agit de bains de vapeur, ces principes dont M. Bouquet a pu contester la présence dans l'eau des sources de Vichy, doit exister, s'il existe, en si faible proportion, qu'il nous parait non moins indifférent que les autres.
Il reste donc l'acide carbonique, et il manque à cette analyse précisément ce qui en aurait fait le sujet le plus intéressant, c'est-à-dire la détermination de la proportion suivant laquelle l'acide carbonique existe dans les vapeurs des eaux de Vichy. Espérons que notre très-habile collègue, M. 0. Henri, achèvera ce travail.
L'acide carbonique, bien qu'il ait été essayé sous cette forme, ne saurait évidemment être recommandé ici pour son action sur l'appareil de la respiration, et ne pourrait être qu'un obstacle à l'usage des vapeurs en inhalation, pour peu qu'il y existât dans une certaine proportion. Quant à l'action sur la surface cutanée de vapeurs chargées d'acide carbonique, il est probable que ces vapeurs emprunteraient à la présence de ce gaz quelques propriétés stimulantes qui ne pourraient être qu'avantageuses.
En résumé, toute la question de l'appropriation des vapeurs des eaux de Vichy, soit directement obtenues par l'évaporation spontanée des sources les plus chaudes, soit artificiellement des eaux échauffées par un procédé quelconque, nous parait subordonnée à l'appréciation de la proportion suivant laquelle l'acide carbonique s'y rencontrerait. Mais il nous paraît vraisemblable que si cette proportion ne dépassait pas les limites qui pourraient la rendre nuisible, elle serait en réalité tout à fait insignifiante.
La conclusion de ceci, c'est qu'il n'est peut-être pas nécessaire, pour établir à Vichy un système approprié de bains de vapeur, d'emprunter ces vapeurs aux eaux minérales ellesmêmes, et qu'il conviendrait peut-être mieux de recourir à des vapeurs artificielles et auxquelles on donnerait telle composition médicamenteuse que l'on voudrait.
Le complément de cette médication serait l'établissement de bains russes, etc. 11 est certain qu'une fois admis le principe de l'utilité d'une telle installation à Vichy, il conviendrait de lui donner les développements les plus complets possibles,, tout en se tenant naturellement dans les limites des applications vraisemblables, sujet sur lequel les médecins doivent être tous parfaitement en mesure d'éclairer l'administration.
~4^3 N g\gg\§Ne/T>~'