‹ Lettres médicales sur VichyChapitre 16 sur 36 · LETTRE XII · texte numérisé non relu

LETTRE XII

Engorgement du col, avec érosions et catarrhe utérin. — Troubles généraux de la santé. — Effets du traitement thermal. — Celui-ci constitue surtout une médication générale. — Peu d'action sur l'état utérin. — Contre-indications déduites de l'état général de l'économie! ou de l'état local. — Mode d'administration du traitement. — Engorgements de l'ovaire. — Tumeurs fibreuses de l'utérus.

Le sujet dont nous allons nous occuper doit être divisé en deux parties : 1° maladies de matrice* proprement dites, engorgements, érosions, déplacements; 2° tumeurs utérines et tumeurs ovariques. Nous étudierons successivement ces deux groupes de maladies.

Nous rencontrons d'abord, dans le premier, des femmes affectées d'érosions et d'engorgement du col de l'utérus, mais ayant subi déjà un traitement local, dont les cautérisations avaient toujours Fait partie. Ces érosions, plus ou moins profondes et étendues, soit sur les lèvres, soit dans l'intérieur du col, quelquefois saignantes, ont toujours été

caractérisées par nous-même, ou par les médecins qui les avaient traitées, comme simples ou granulées. Dans quelques cas, elles avaient complètement disparu ayant le traitement thermal; dans d'autres, elles persistaient encore, quoique toujours en voie d'amélioration, sous l'influence des cautérisations pratiquées, et des autres moyens qui avaient pu être employés.

Gomme il arrive à peu près constamment dans les cas de ce genre, le col était plus ou moins tuméfié, dur et déformé, mais sans laisser soupçonner autre chose qu'un état d'engorgement simple et susceptible de résolution. Dans beaucoup de cas aussi, il y avait un état de renversement de la matrice, presque toujours en avant.

On admettra, sans doute, que ces sortes de malades forment entre elles un groupe pathologique assez naturel, quelles que soient les dissemblances qu'elles pouvaient présenter au point de vue des altérations locales que nous venons d'indiquer en masse; en effet, ce n'est pas de la nature particulière de celles-ci que paraissent dépendre les indications thérapeutiques que nous avons spécialement en vue, non plus que les résultats les plus importants du traitement.

La plupart de ces malades offraient, à un haut degré, lie symptômes utérins, tels que douleurs et tiraillements lombaires et inguinaux, pesanteur hypogastrique et périnéale, station debout et marche pénibles ou même à peu près impossibles, irritations vulvaires douloureuses, règles précédées ou accompagnées de douleurs abdominales ou lombaires. La leucorrhée était, de tous ces symptômes, le plus variable : tantôt peu prononcée, tantôt annonçant un catarrhe utéro-vaginal considérable.

Dans presque tous les cas, la santé générale était altérée:

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dérangement considérable des fonctions digestives, dyspepsie, constipation, affaiblissement général, suite ou du défaut d'exercice ou d'une leucorrhée abondante, ou semblant dépendre du fait de la maladie elle-même ou d'une mau*» vaise constitution.

En un mot, chez toutes ces femmes, la maladie était bien caractérisée. Dans la moitié des cas, ses débuts paraissaient remonter à deux ans et plus; dans un seul, sa durée semblait moindre d'un an.

Voici quels ont été, dans le plus grand nombre des cas, les résultats obtenus au moyen du traitement thermal.

L'amélioration des fonctions digestives et des forces générales est habituellement le premier effet du traitement. L'appétit se développe, les digestions longues et pénibles tendent à reprendre une marche normale. Ces langueurs épigastriques, cet état général d'anéantissement qui accompagne les digestions des dyspeptiques, et que présentent si souvent les femmes atteintes de maladies de matrice, diminuent ou disparaissent ; il en est de même des aigreurs, des pneumatoses,des ballonnements épigastriques. La constipation, on le comprend, cède beaucoup moins vite; mais, comme nous le verrons plus loin, on y remédie artificiellement à l'aide de douches ascendantes, et celles-ci amènent le plus souvent un bien-être considérable. En même temps, cet état de brisement général, de découragement, si commun chez ces sortes de malades, commence à céder; la physionomie acquiert de l'animation, et chez les plus maigres, les joues ne tardent pas à se remplir; la peau reprend de la chaleur et de la souplesse.

Parmi les symptômes utérins, ceux qui se ressentent le plus tôt et au plus haut degré de l'action favorable du traitement, ce sont la faiblesse lombaire et hypogasirique, les

tiraillements, les pesanteurs, et un phénomène moins commun, mais fort pénible, nous voulons parler des irritations vulvo-urétrales, auxquelles certaines malades sont fort sujettes, ou qui existent même d'une manière permanente. Les douches vulvaires et les bains de piscine prolongés ont surtout une action marquée, et quelquefois immédiate, sur ces symptômes très-douloureux, ou au moins fort incommodes.

La possibilité de se tenir debout, de marcher, d'aller en Toiture, reparaît donc en général assez promptement chef ces malades, et concourt, avec le rétablissement des digestions, à changer leur physionomie et leurs allures de la manière la plus satisfaisante.

Il n'en est pas de même de la leucorrhée. Il est rare que celle-ci se trouve primitivement et manifestement modifiée par le traitement thermal; c'est certainement de tous les symptômes utérins celui qui se soustrait le plus communément à l'action des eaux de Vichy, quel qu'en soit le mode d'administration. Ceci ne veut pas dire que, consécutivement, et quand la maladie tend formellement à disparaître, ou a disparu, la leucorrhée ne puisse subir des changements analogues; mais il nous parait évident que ceux-ci sont plutôt sous la dépendance de la marche définitive de la maladie que sous celle de la médication.

Quant à l'état de l'utérus lui-même, nous avons vu plusieurs fois, de la manière la plus manifeste, le col diminuer de grosseur; mais jamais nous n'avons vu que les érosions fussent sensiblement modifiées par le traitement lui-même, soit pendant sa durée, soit à sa suite. Celui-ci ne dispense pas habituellement de cautérisations consécutives. L'utérus abaissé ne parait pas davantage se redresser sensiblement sous l'influence des eaux.

Nous ne saurions donc indiquer, comme résultat de l'action directe du traitement sur l'utérus lui-même, qu'une tendance à la résolution des engorgements du col; mais pour ce qui est des érosions, des déplacements, des sécrétions morbides, il n'y a généralement pas à compter sur des effets immédiats.

Cependant les choses ne se passent pas toujours ainsi. Nous n'insisterons pas sur la contre-indication banale qui résulte de l'existence de phénomènes aigus ou inflammatoires. Mais il est des malades qui, placées en apparence dans des conditions identiques avec celles dont nous venons de tracer le tableau, sont loin de ressentir des effets aussi favorables de la part du traitement thermal.

Une première catégorie se compose de femmes offrant un état hystérique caractérisé, ou ayant déjà présenté des accidents névropathiques déterminés du côté de l'utérus.

Nous avons eu occasion de reconnaître dans mainte circonstance que les femmes hystériques supportent assez mal les eaux de Vichy. Les phénomènes d'excitation que ces eaux peuvent déterminer chez tout le monde, lorsqu'elles sont prises à trop haute dose ou pendant un temps trop prolongé, surviennent en général aussitôt chez elles. Douleurs cardialgiques, anorexie, insomnie, accidents nerveux et enfin accès d'hystérie, voilà ce que l'on voit souvent se reproduire malgré les précautions les plus grandes dans l'administration du traitement. Nous avons vu également se renouveler, sous l'influence manifeste du traitement thermal, des phénomènes considérables de névralgie utérine qui s'étaient déjà montrés à des époques antérieures.

H est un autre ordre de faits non moins intéressant, où il est question de femmes qui ne diffèrent en apparence de celles dont nous avons vu tout à l'heure la santé se rétablir,

au moins en partie, sous l'influença des «aux 4e Vichy, que par la circonstance suivante : qu'elles n'avaient encore subi aucun traitement propre à modifier l'état de l'utérus et à le diriger, pour ainsi dire, dans le sens de la guérison; dans tous les cas de ce genre qui se sont présentés à notre observation, les accidents utérins ont empiré; la santé générale, après une amélioration apparente, s'est trouvée plus vivement encore compromise et les résultats définitifs du traitement thermal ont été certainement nuisibles.

Il faut remarquer qu'il n'est pas ici question d'accidents récents, inflammatoires encore, qui, par leur caractère aigu, ne dussent se prêter que difficilement à l'application d'un traitement de ce genre. Il s'agissait, au contraire, d'accidents utérins dont l'origine paraissait, dans la plupart des cas, éloignée, et dont l'apparence offrait précisément si peu d'acuité, que l'existence des lésions utérines avait été quelquefois méconnue, soit à cause de l'inattention des médecins, soit à cause du peu de caractère des symptômes signalés par les malades.

Nous avons rencontré des faits de ce genre où, méconnaissant nous-même l'existence d'une' affection utérine, nous croyions appliquer le traitement à une simple dyspepsie chlorotique. Nous avons d'autres fois adressé directement le traitement thermal à la maladie utérine, alors que nous ne connaissions pas encore la contre-indication actuelle* ment signalée. Aujourd'hui que notre attention est éveillée sur ce point, nous interrogeons avec beaucoup plus de soin l'état de l'appareil utérin, surtout quand l'insuccès de la médication thermale, dans des cas où elle semblait devoir réussir, nous porte à soupçonner quelque altération méconnue.

Nous avons bien essayé de combiner le traitement direct

de l'affection utérine, ainsi les cautérisations, arec le traitement thermal; mais nous n J en avons obtenu que des résultats au moins médiocres. Aussi nous croyons très-préférable de suivre une autre marche, et de n'aborder le traitement therntal que lorsque la maladie a été préalablement modifiée par un traitement approprié.

Ce qui ressort le plus manifestement de tous ces détails, c'est que le traitement thermal de Vichy ne parait exercer qu\rae très-faible action sur les altérations de l'utérus luimême, mais a une influence considérable sur le rétablissement de la santé générale .

Lorsque les symptômes utérins propres à déceler les altérations dont nous nous sommes occupés , deviennent assez Apparents pour fixer l'attention du médecin avant que la santé de la femme s'en soit profondément ressentie, et que celle-ci ne refuse pas de se soumettre en temps opportun aux soins indiqués, il suffît ordinairement d'un traitement approprié, général et local surtout, pour que toutes traces de la maladie disparaissent et sans laisser de suites après elles. Il n'est pas précisément rare de rencontrer des femmes que de légères cautérisations du col de l'utérus débarrassent entièrement de quelques accidents locaux, sans retentissement sur la santé générale. Il n'y a aucun doute que les eaux de Vichy n'auraient rien d'utile à faire dans les cas <*e ce genre.

Mais les choses sont loin de se passer toujours ainsi. L'obscurité des symptômes utérins, la répugnance que les femmes éprouvent à les accuser, la résistance qu'elles apportent surtout à l'emploi des moyens propres à les faire reconnaître et à les traiter, laissent la maladie s'aggraver ; alors la santé générale s'altère à un degré souvent considérable : la circulation, la digestion, les fonctions cutanées semblent

Ijô LETTRES SUR VICHY.

s'enrayer dans leur évolution, et Ton se trouve placé dans

une sorte d'impasse dont il est fort difficile de sortir.

On ne parvient pas à guérir les altérations locales de la matrice, parce que celles-ci ont besoin, pour se résoudre, de trouver dans le reste de l'organisme des ressources qui leur manquent, et la santé générale ne se rétablit pas, parce que les lésions dont le retentissement avait troublé l'ensemble des fonctions, subsistent encore. Elle ne se rétablit pas, surtout, à cause de l'insuffisance de nos moyens thérapeutiques qui, ne s'adressant qu'à des indications isolées, comme le fer, les toniques, les révulsifs, usent stérilement leur action, faute de pouvoir embrasser dans leur cercle une somme suffisante de phénomènes organiques.

C'est ainsi que l'on voit languir, pendant de longues périodes, un si grand nombre de femmes auxquelles tous les efforts de la thérapeutique n'apportent que des soulagements temporaires et incomplets. Lorsqu'on a obtenu par plusieurs cautérisations la cicatrisation d'une surface ulcérée, une autre s'ulcère à côté; la matrice, toujours engorgée, continue de peser avec exagération sur un appareil suspenseur que le défaut de ressort oblige de céder de plus en plus à son poids; et si, de temps en temps, le retour de saisons plus favorables, le séjour plus salutaire de la campagne, l'éloignement momentané d'habitudes hygiéniques mauvaises, amènent quelque retour apparent dans la santé délabrée, ce n'est que pour retomber ensuite dans un état plus pénible et plus décourageant encore.

Mais ce que la thérapeutique ordinaire ne peut effectuer, on l'obtiendra de ces grands modificateurs de l'économie que constituent les bains de mer, les eaux minérales, l'hydrothérapie. Eux seuls peuvent résoudre ce problème de la reconstitution générale et simultanée des fonctions, condition

expresse de la guérison de la maladie locale, et du retour à la santé.

Mais comme ces médications n'ont qu'une action lointaine et en apparence tout à fait indirecte sur les altérations locales, qui sont elles-mêmes un obstacle absolu au rétablissement de la santé, il faut, pour arriver au but final, que cellesci aient été déjà directement atteintes et modifiées par leurs modificateurs spéciaux. Autrement, il est à craindre que ce traitement général, par cela même qu'il est sans prise sur elles, n'agisse d'une manière perturbatrice et n'en aggrave les conditions.

La plupart des malades auxquelles nous avons eu à donner des soins portaient les traces d'une altération profonde de la santé. Malgré des traitements assidus et en général dirigés par des praticiens pleins d'expérience, malgré une amélioration réelle obtenue dans les conditions morbides de l'utérus, quelquefois même dans la santé générale, elles ne guérissaient pas, et de nouvelles érosions tendaient à se reproduire, ou au moins l'engorgement utérin, le relâchement des ligaments, l'état catarrhal, la dysménorrhée persistaient, et toutes les fonctions se traînaient dans une extrême langueur.

Eh bien ! ce que l'on avait en vain demandé dans presque tous ces cas aux ressources variées de la thérapeutique, de l'hygiène même, nous le voyons se produire ici de la manière la plus manifeste. Et ce que nous voyons se produire ainsi, étaient-ce des effets curatifs très-remarquables et trèstranchés? Non, c'était un retour graduel et général vers la santé, vers la suffisance des forces et l'équilibre des fonctions.

Or, le point capital, dans le traitement d'une foule de maladies chroniques, c'est d'arriver là, de parvenir à marquer cette direction vers le retour physiologique. Une fois dans cette voie, si les conditions constitutionnelles ne sont pas

trop mauvaises, l'impulsion est donnée, et il semble que le reste se fasse tout seul. C'est pour cela que des eaux minérales très-différentes, bien qu'elles soient loin d'avoir toutes la même valeur et la même action, peuvent revendiquer des succès de ce genre.

Quand une fois cette impulsion heureuse est subie par l'organisme et suffisamment entretenue, la thérapeutique reprend alors ses droits. Ces cautérisations, en vain réitérées auparavant, ces ferrugineux si difficiles à supporter, ces résolutifs même si inutiles d'abord, s'adressant à des conditions nouvelles, acquièrent une efficacité nouvelle et achèvent la guérison.

Mais pour arriver là, pour que cette révolution salutaire s'opère dans les conditions physiologiques de l'économie, il ne faut pas que le traitement, institué dans une telle vue, vienne à se heurter contre quelque obstacle impossible à surmonter. S'il se rencontre, par exemple, avec des altérations matérielles sur lesquelles il n'a pas lui-même de prise, et qui, point de départ des désordres de la santé, en sont au moins restées un des éléments essentiels, n'est-il pas à craindre qu'il ne soit frappé de stérilité? Et comme l'introduction de tels modificateurs ne saurait être subie indifféremment par l'organisme, il faut s'attendre à voir les effets salutaires qu'on en espérait, remplacés par une action perturbatrice impossible à diriger et nécessairement nuisible.

C'est, en effet, ce que nous voyons arriver tant que l'affection utérine n'a pas été maîtrisée par un traitement antérieur, et sinon guérie, du moins modifiée dans le sens de la guérison.

Nous devons faire observer que toutes ces remarques ont spécialement trait à l'emploi du traitement thermal de Vichy dans les maladies de l'utérus. Nous ne prétendons pas que

les choses se passent de même à propos de toutes les eaux minérales. C'est ainsi qu'à Néris, à Uriage, à La Motte (Isère), à Saint-Sauveur, aux Eaux-Chaudes, etc., il est permis de traiter plus directement les affections du col utérin dont nous nous occupons : ces eaux elles-mêmes posséderaient jusqu'à un certain point des propriétés cicatrisantes, ou bien se prêteraient plus facilement à l'emploi simultané de moyens directs et plus énergiques de traitement. Ce que nous avons étudié, c'est une médication générale, la seule que Vichy soit, à proprement parler, apte à constituer ici, et celle dont la nécessité se fait d'abord sentir dans les cas auxquels nous avons fait allusion.

Nous ajouterons à cette étude quelques renseignements relatifs au mode d'administration des eaux de Vichy, qui nous a paru le mieux réussir dans le traitement des maladies utérines dont il est question.

Il faut, en général, commencer le traitement interne par l'eau de l'Hôpital, qui est facilement supportée à petites doses, et remplacer bientôt celle-ci par l'eau ferrugineuse de la source Lardy ou de la source de Mesdames. Mais c'est le traitement externe dont la direction est surtout importante à considérer*

Chez presque toutes nos malades, les bains de piscine ont produit des effets très-avantageux, et que nous n'avions pas obtenus des bains de baignoire. La comparaison a été facile, car la plupart de ces traitements ont été faits successivement avec l'un et l'autre de ces deux modes de balnéation. Le prurit vulvaire , et même ces vulvites subaiguës avec exacerbations si douloureuses, que présentent beaucoup de ces malades, les douleurs lombaires, la faiblesse hypogastrique et lombaire surtout, tels sont les phénomènes qui se trouvent le plus directement influencés par ces bains prolongés de

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deux à cinq heures de durée. Aussi les bains de piscine sontils fort recherchés par ces sortes de malades, et les effets qu'on en retire ont-ils porté à attribuer à l'eau de la source de l'Hôpital une véritable spécificité dans les maladies de matrice, ce qui vient tout simplement de ce que l'eau de cette source alimente seule la piscine. Cependant il ne faut pas croire que les bains de piscine conviennent toujours : ils sont mal supportés par les femmes très-nerveuses et se rapprochant des conditions qui contre - indiquent les eaux de Vichy elles-mêmes. 11 faut à ces malades de* bains de courte durée, adoucis avec du son. Il y a également des femmes qui ne se trouvent pas bien des bains de piscine, par suite d'une disposition particulière impossible à déterminer.

Nous faisons souvent usage de douches ascendantes, avec l'eau de Y Hôpital, de 15 à 20°, sur l'anus ou sur le périnée, la vulve, extérieures le plus souvent, ou laissant quelquefois pénétrer l'eau minérale dans le rectum, plus rarement dans le vagin. 11 faut, en effet, toujours craindre un excès de stimulation de la part des moyens de ce genre, dans les circonstances auxquelles nous faisons allusion : lors même qu'il existe le moins de phlogose et de disposition à l'inflammation, vers l'appareil utérin, il règne par toute cette région une susceptibilité nerveuse que la moindre circonstance développe à un haut degré, et qui réagit souvent d'une manière violente sur le reste de l'économie. Les douches à percussion sur les régions dorsale, lombaire ou hypogastrique ne trouvent que des applications restreintes, car le plus grand nombre des malades ne sauraient les supporter impunément. La question de la température est, du reste, fort importante dans l'emploi de ce genre de médication.

Nous avons eu occasion d'adresser le traitement thermal

MALADIES DE L'UTÉRUS. Mi

à des tumeurs ovariques ou à des tumeurs fibreuses de la matrice.

Nous n'avons jamais rien obtenu dans les tumeurs enkystées de l'ovaire, ce qui ne surprendra pas beaucoup, et ce qui est conforme à l'expérience de M. Petit. Mais dans les tumeurs qui méritent le nom d'engorgement de l'ovaire, c'est-à-dire qui ne permettent pas de supposer l'existence de changements dans la structure de cet organe, l'action résolutive des eaux de Vichy trouve à s'exercer d'une manière très-efficace, et nous avons vu maintes fois disparaître entièrement de petits engorgements, qui n'étaient peut-être pas encore grand'chose par eux-mêmes, mais qui auraient pu, sans doute, aboutir à des transformations d'une extrême gravité.

Nous avons observé, à Vichy, un certain nombre de cas de tumeurs fibreuses de l'utérus, c'est-à-dire indolentes par elles-mêmes, irrégulières, implantées sur un des points du corps de l'utérus, où l'exploration delà région hypogastrique permettait de reconnaître aisément leur forme et leurs dimensions, sans altération de la santé générale, quelquefois sans troubles notables des fonctions utérines, mais non pas sans que leur présence et leur pesanteur ne déterminassent quelques malaises plus ou moins sérieux, ou même quelques phénomènes douloureux.

Dans la moitié des cas où nous avons eu occasion d'employer le traitement thermal contre ces tumeurs, nous en avons obtenu une diminution notable de leur volume, ainsi que des douleurs, ou de la pesanteur abdominale, ou des douleurs lombaires qui les accompagnaient. De l'examen de ces tumeurs, reproduit à des époques ultérieures, il semblait résulter qu'elles s'étaient réduites à un noyau parfois volumineux encore, mais comme débarrassé d'une enveloppe

celluleuse qui aurait disparu. On peut admettre, en effet, que la partie la plus extérieure et le plus récemment développée de ces tumeurs, n'ait pas encore acquis ce degré d'organisation et de densité qui fait, du tissu fibreux, une production impossible à résoudre.

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