GRAVELLE
U gmelle peut guérir radicalement par* l'usage des eaux de Vichy. * Les coliques néphrétiques sont facilement enrayées par le traitement thermal. — Les eaux de Vichy ne dissoWent pu les pierres dans le rein ni dans 1a Tessie.
Il ne suffit pas, pour constituer la gravelle, de ces urines fortement acides, sédimenteuses, colorant en rouge brique les parois du vase; il faut qu'il se dépose, avec un sédiment plus ou moins épais, ou même, dans une urine très-claire, un sable criant sous le doigt, ou de petits graviers isolés. Du reste, rien de plus variable que les produits de la gravelle, soit pour la forme, soit pour la quantité.
Tantôt, dans les cas observés par nous, il se déposait seulement un peu de sable à la suite des fatigues ou des excès. Tantôt la présence du sable dans l'urine était habituelle, sinon constante, et indépendante, en apparence, des condi-
tions actuelles de genre de vie et de santé générale. Quelquefois il s'y joignait des graviers multiples, semblables à des grains de plomb à tirer, ou irréguliers, d'autres fois des graviers isolés et rares. Le cas le plus remarquable que nous ayons observé, sous le rapport de l'intensité de la production du sable, est relatif à un monsieur, âgé de 39 ans, offrant, bien qu'affecté de diarrhée chronique et d'un engorgement de la rate, un assez grand embonpoint et une apparence de forte constitution. La graveUe était héréditaire dans sa famille, la goutte aussi, dont il était également atteint. Son fils, âgé de 6 ans, était aussi graveleux. Lui-même faisait remonter le début de sa maladie à sa première enfance. Il n'urinait jamais sans amener, à la fin de la miction, un peu de sable rouge pur, quelquefois une cuiller à café ; sous la moindre influence, lorsqu'il avait seulement fumé un cigare, la quantité de sable augmentait. 11 ne souffrait, du reste, presque pas des reins.
La gravelle ne constitue souvent qu'une légère incommodité à laquelle on peut à peine donner le nom de maladie. Sous aucune forme, cependant, elle ne doit être négligée: car la gravelle la plus bénigne en apparence peut, alors qu'on s'y attend le moins, aboutir à cet accident si douloureux, et quelquefois si grave, qu'on nomme colique néphrétique, ou au moins devenir la cause de douleurs rénales, ou bien d'irritations ou d'inflammations de la vessie ou du bassinet (pyélite) fort difficiles à déraciner.
Que la gravelle soit une maladie générale, une maladie diathésique comme la goutte, ce (jui nous paraît devoir être au moins dans le plus grand nombre des cas, ou qu'elle puisse être considérée quelquefois comme une affection primitive de l'appareil urinaire, elle est certainement une des maladies qui se trouvent le plus souvent et le plus sûrement