‹ Lettres médicales sur VichyChapitre 7 sur 36 · LETTRE IV · texte numérisé non relu

LETTRE IV

L'ancien établissement thermal de Vichy et le nouveau. — Jaugeage des sources. — > Bains et douches. — Ge qu'il reste à faire à Vichy. — La source d'Hauterive et la nouvelle source des Célestins. — Piscines et bains de vapeur.

L'établissement thermal de Vichy avait été construit en 4329, dans la prévision d'avoir à fournir de 45 à .50,000 bains par saison, an maximum. En 1833, on n'en donnait encore que 19,000; ce nombre avait atteint 71,000 en 1850, et dépassé 100,000 en 1853.

Les événements politiques, la difficulté qu'éprouve toujours l'État à administrer lui-même des établissements de cette nature, l'étendue des travaux devenus indispensables pour la conservation même de Vichy, n'avaient permis d'apporter aucun changement au régime de cet établissement thermal. Il serait inutile d'insister sur les conséquences de cette espèce d'abandon. L'impossibilité pour beaucoup de malades d'aborder seulement le traitement thermal, la nécessité de prendre des bains au milieu de ]a nuit, l'obliga- Uou de renoncer presque complètement à l'emploi des dou-

ches, à cause de leurs dispositions vicieuses et de l'insuffisance de l'eau minérale, l'addition excessive de l'eau douce à l'eau thermale, et bien d'autres abus contre lesquels la direction, personnellement active et éclairée, de l'établissement thermal se trouvait désarmée, tels en étaient les principaux résultats.

Tout cela n'était que trop connu; personne, soit dans le monde, soit parmi les médecins, n'ignorait les conditions déplorables où était tombé l'établissement thermal de Vichy, et beaucoup de nos confrères hésitaient à envoyer leurs malades chercher au loin un traitement qu'ils ne pourraient peut-être exécuter, ou dont la sincérité n'était pas suffisamment reconnue.

11 n'en saurait plus être ainsi désormais. Par la loi dn 48 juin 1853, le gouvernement a abandonné à des concessionnaires, pour un laps de temps de trente-trois années, l'exploitation des thermes de Vichy, à des conditions exprimées dans un cahier des charges qui garantit à la fois les intérêts du Trésor et ceux de la santé publique; c'est ainsi qu'il s'est réservé le droit exclusif des travaux relatifs à l'aménagement des eaux, à l'entretien et à la conservation des sources.

Les travaux exécutés à Yichy ont déjà changé radicalement l'aspect de la ville des Bains. Nous jetterons un coup d'oeil sur l'ensemble de la réorganisation accomplie; l'exposé de ce que possède l'établissement thermal de Yichy nous amènera tout naturellement à parler de ce qui lui manque.

Se procurer de l'eau minérale en proportion suffisante pour satisfaire aux besoins actuels du service et à de futures exigences faciles à prévoir, tel était d'abord le problème à résoudre, celui de la solution duquel le sort de Vichy sera-

blait absolument dépendre; car le reste ne concernait plus que de simples questions d'installation.

Déjà, en 1850, nous avions eu l'occasion, à propos d'un rapport de M. 0. Henri sur la source Brosson, d'exprimer devant l'Académie de médecine que ce n'était pas l'eau minérale qui faisait défaut à Vichy, mais bien l'existence de moyens suffisants de captage et d'aménagement des eaux.

On a pu se faire une idée, par les détails que nous avons exposés dans une précédente lettre, des richesses incalculables que le bassin de Vichy renferme en eaux minérales; mais il faut pouvoir les utiliser. Tous les hommes du métier savent les graves inconvénients qu'il pourrait y avoir à multiplier les sondages, au moyen desquels on semblé à peu près assuré de se procurer autant de sources minérales qu'on le voudrait; tout ce qui peut être de nature à altérer en quelque chose le régime des eaux existantes doit être absolument prohibé. Ceci est élémentaire en matière de protection des eaux minérales, bien qu'oublié par la loi jusqu'à ces jours-ci, que la législation se propose enfin d'assurer à cette précieuse propriété de l'hygiène et de la santé publiques, la protection qui n'est refusée à aucune industrie des plus modestes et des moins utiles.

D'un autre côté nous avons également rappelé, d'après M. Dufrénois, les difficultés qui s'attachent aux travaux dont les sources existantes peuvent devenir l'objet. Ces difficultés, auxquelles bien d'autres devaient accidentellement s'ajouter, telles que l'irruption de masses d'eau d'un volume et d'une force prodigieuses, l'accumulation du gaz acide carbonique dans les travaux souterrains, la présence de dépôts cristallins énormes qu'il a fallu briser avec la hache, etc., ont été surmontées avec un bonheur extrême par M. François, ingénieur en chef des mines, dont l'habileté connue et

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l'expérience toute spéciale ne devaient pas tromper la confiance qu'elles avaient inspirée.

U serait trop long d'entrer ici dans le détail des travaux intéressants auxquels a donné lieu le captage nouveau des tources de Vichy. Nous nous contenterons d'exposer les rélultats obtenus.

Ces travaux n'ont encore porté que sur trois sources :

La Grande-Grille; Le Puits-Carré; La source Lucas.

Nous sommes en mesure de donner ici le jaugeage officiel de ces sources, sous la responsabilité de M. François, et tel que cet habile ingénieur vient de nous le communiquer. Les chiffres que l'on va lire rectifieront, soit en plus, soit en moins, ceux que nous avions donnés dans une notice publiée l'année dernière, dans la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, sur la Réorganisation de l'établissement thermal de Vichy.

La Grande-Grille fournissait 6,000 litres par vingt-quatre heures. Elle donne aujourd'hui, à 3",30 au-dessous du sol, 98,064 litres, et à 0-,935, 63,432 litres. Cest à ce dernier point que son émergence reste fixée. Son trop plein, dans le jour, sera donc l'écoulement de 32,211 litres, moins la buvette, et la nuit, par la bonde de fond, de 49,032 litres (1).

(1) Par une circonstance remarquable et inattendue, bien que l'explication en soit facile à trouver, l'eau de la Grande-Grille, qui n'était qu'a 31°, s'est élevée, par suite des travaux qui en ont augmenté le volume dans une proportion extraordinaire, à 61°,80, retrouvant ainsi la température qu'elle avait présentée, il y a environ un siècle, à Lassone»

Le Puits-Carré donnait entre 477,000 et 189,000 litres par vingt-quatre heures; il en donne aujourd'hui 212,544 litres, à 2 m ,92 au-dessous du sol.

La source Lucas, dont le produit était évalué à 81,000 litres, en fournit actuellement 52,747 à l'orifice du puits, et 405,000 au bas du puits. .

On a dû réserver pour une campagne prochaine les travaux relatifs à la source de Y Hôpital, une de celles dont le captage est certainement le plus imparfait, et dont le débit actuel est de 65,750 litres. Il est permis d'espérer qu'il sera considérablement accru.

Si nous ajoutons à cela la source du Parc (ci-devant source Brmon), laquelle donne, d'une manière intermittente et irrégulière, il est vrai, 50,000 litres par jour, nous trouvons pourtota

Grande-Grille .

Puits-Carré . .

Puits-Lucas. .

Hôpital

Source du Parc.

81,243 litres.

524,537 litres.

Voici maintenant à quel service on doit fournir, avec cette proportion d'eau minérale.

H n'existait en 1853 que 92 baignoires au grand établissement, 25 à l'hôpital, et 3 piscines, dont 2, exclusivement consacrées à l'assistance, pouvaient recevoir de 25 à 30 malades chacune, et la troisième de 12 à 15 seulement. C'est avec ce matériel insuffisant qu'il avait fallu donner jusqu'à i>600 bains dans une journée.

Dans la saison de 1854, rétablissement thermal a pu disposer de :

172 baignoires au grand établissement 32 à l'Hôpital.

24 consacrées à l'assistance, dont le service est désormais séparé.

Ce chiffre, à raison de 9 bains par jour, les nouveaux règlements ne permettant pas d'administrer les bains avant cinq heures du matin, ni après six heures du soir, donne 2,052 bains par jour.

Les baignoires cubant environ 300 litres, chaque bain réclame en moyenne 150 litres d'eau minérale; en eCfet, l'eau de Vichy renferme, pour un litre, de 7,800 à 9 grammes de principes minéralisateurs, dont sensiblement 5 de bicarbonate de soude. On comprend dès lors que l'addition d'au moins moitié d'eau douce soit généralement indispensable; car chaque bain renfermera encore près de 4,000 grammes de principes minéralisateurs, dont 750 de bicarbonate de soude, sans compter les gaz encore en dissolution, et il n'est guère de malades qui puissent supporter des bains quotidiens à dose plus élevée.

Or, si les 2,052 bains absorbent par jour 307,800 litres d'eau minérale, il en restera pour la buvette et le service des douches 266,200.

La proportion d'eau nécessaire pour la buvette peut être considérée comme à peu près insignifiante, relativement à ce chiffre de 266,200 litres. Car en prenant deux suppositions exagérées, 2,500 malades, buvant chacun 2 litres d'eau minérale par jour, cela ne ferait que 5,000 litres; et encore un très-grand nombre de malades boivent l'eau des Célestins,

de la source Lardy ou delà source de Mesdames, dont le débit n'a pas été compris dans rénumération précédente.

Il nous reste à parler des douches.

On ne parait pas s'être fait aucune idée, dans l'organisation primitive de l'établissement thermal de Vichy, des services que peuvent rendre les douches dans le traitement des maladies qui s'y rencontrent le plus communément.

Quatre cabinets de douches froides, sombres et humides, munis des appareils les plus imparfaits, alimentés par une eau d'une température uniforme de 40 à 43 degrés, c'est-àdire beaucoup trop élevée dans un grand nombre de cas, telles étaient les uniques ressources que nous offrait rétablissement, sous ce rapport, et encore la pénurie d'eau rendait-elle fort souvent impossible d'en user.

Une des lettres suivantes sera consacrée à l'étude des douches de Vichy, et de leur utilité thérapeutique. Nous nous contenterons d'avancer ici, comme une proposition basée sur une étude très-attentive et une certaine expérience de la question, qu'un système de douches bien organisé à Vichy doit trouver une application utile chez le sixième des malades.

Si nous supposons 2,100 bains à donner par jour, c'est-àdire 2,100 malades, nous pourrons évaluer à 350 environ le nombre de ceux chez qui les douches se trouveront indiquées, sous une forme quelconque. Mais les douches ne se prennent pas quotidiennement comme les bains. Le nombre que chaque malade en réclame varie beaucoup. Une douche pour trois bains représente certainement là proportion la plus élevée que nous puissions admettre, ce qui porterait à 120 par jour le nombre de douches à administrer.

11 sera facile de satisfaire à ce service au moyen de douze appareils de douches qui viennent d'être installés au grand

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établissement, huit douches locales annexées aux baignoires, et quatre grandes douches. Nous préférerions une proportion inverse relativement à la destination spéciale de ces différents appareils; mais on pourra augmenter le nombre des grandes douches, si l'expérience, comme nous le pensons, en démontre la nécessité.

Quant à l'eau minérale nécessaire à l'alimentation de ces douches, dussions-nous fixer à une proportion correspondant à trois bains la dépense d'une douche, ce qui n'est exact que pour les grandes douches, nous trouverions un chiffre, pour 420 douches, de 108,000 litres, si l'on emploie l'eau minérale pure) de 54,000, si l'on fait usage d'eau minérale coupée avec de l'eau douce. Le chiffre le plus élevé laisserait encore disponibles environ 150,000 litres d'eau minérale pour Pusage des douches ascendantes, etc.

Nous pourrions ajouter que ces douches viennent d'être établies dans les conditions les plus satisfaisantes, sous le double rapport de l'application médicale et du confortable. Aux six appareils de douches ascendantes qui existaient à Y Hôpital, on en a ajouté quatre au grand établissement, dans des conditions d'appropriation plus convenables qu'elles n'en avaient présenté jusqu'ici.

Si nous ajoutons à ces travaux le transport, à rétablissement thermal lui-même, de la source ferrugineuse de Mesdames, qui en était éloignée de 2 kilomètres, l'installation d'une prise d'eau sur l'Allier, travail d'une haute importance, — car l'eau douce ne faisait pas moins défaut que l'eau minérale elle-même, — rétablissement d'une buanderie, d'un séchoir, nous aurons à peu près énuméré les résultats obtenus jusqu'à ce jour.

Mais une partie de ces travaux, ceux au moins relatifs au développement des moyens balnéatoires, ne sont que provi-

L'ÉTABUSSEMBNT THERMAL. 39

soires. De vastes constructions doivent s'élever à Vichy, et nous espérons que, par leur caractère autant que par leurs aménagements, elles réaliseront l'idée d'un établissement thermal modèle.

Qu'il nous soit permis d'émettre à ce sujet quelques conseils.

On a trop vécu jusqu'ici sur cette idée que les eaux minérales constituaient de véritables médicaments spécifiques qu'il suffisait d'introduire, par une voie quelconque, dans l'économie, généralement en plus grande proportion pos» aible, pour en obtenir les effets attendus.

Il est loin d'en être ainsi. On peut établir, comme fait gé* néral, que l'action des eaux minérales dépend en grande partie de leurs modes d'administration, et que plus on mul* tiplie ces derniers, plus on ajoute à leurs propriétés thérapeutiques, plus on étend le champ des indications auxquelles les eaux peuvent satisfaire. Ceci est aussi vrai des eaux de Vichy, que leur composition chimique range au nombre des plus médicamenteuses, que de ces eaux salines dont le degré de saturation chimique parait dépasser à peine celui de cer* tunes eaux douces, et dont les propriétés -thérapeutiques effectives semblent au premier abord devoir être artificiel* lement obtenues, plutôt qu'elles n'appartiendraient à la nature de l'eau thermale elle-même.

Pour nous donc, la valeur d'un établissement thermal se mesure surtout par la multiplicité des moyens mis à la dis* position du médecin pour réaliser les indications qu'il poursuit. Ce n'est jamais sans étonnement que l'on considère le grand nombre d'affections morbides diverses qui trouvent dans l'emploi d'une même eau minérale des chances à peu près égales, ou de guérison, ou de ce degré d'amélioration qui, dans le plus grand nombre des maladie? chroniques, est

la seule guérison possible. Il ne faut pas que Ion s'imagine trouver toujours dans des conditions de diathèse, d'étiologie, de constitution physiologique, une explication à ce fait surprenant. Les malades auxquels les eaux de Vichy, par exemple, offrent les ressources les plus certaines et les plus étendues, ne nous offrent-ils pas les types les plus opposés, chez les graveleux à tempérament sanguin ou à constitution athlétique, les dyspeptiques, chez qui le système nerveux paraît avoir revêtu une prédominance exclusive, enfin chez les individus atteints d'affections du foie, et qui multiplient sous nos yeux toutes les formes du tempérament bilieux et de la constitution hépatique?

Comment applique-t-on un traitement, en apparence identique, à tant de conditions diverses? C'est en en modifiant le plus possible les modes d'application. La nature s'y est prêtée elle-même en fournissant, sur un espace restreint, le même médicament, sous une température froide, tiède ou élevée, ici chargé de matière organique, là combiné avec une quantité notable de fer, ailleurs dégageant une certaine proportion d'hydrogène sulfuré. A ces ressources variées offertes par la nature, l'art en a bien d'autres à ajouter : ainsi pour les bains, la durée, la température, la proportion d'eau minérale; pour les douches, les infinies variétés de formes, d'intensité, de siège, etc., sous lesquelles elles peuvent être usitées, et qui toutes répondent à une indication spéciale, qu'il ne sera jamais indifférent de confondre avec une autre.

Tel est l'ordre d'idées qui devra dominer l'aménagement définitif de l'établissement thermal de Vichy, maintenant que l'on n'a plus de doutes à conserver touchant l'étendue des ressources dont cet établissement peut disposer en fait d'eau minérale.

On peut dire que, sous ce rapport, en effet, les ressources

de Vichy paraissent en quelque sorte infinies. A peu de distance de Vichy se trouve la source à'Hauterwe, dont le débit était, de 1843 à 1847, de 86,000 litres par 24 heures. Le 16 septembre 1854, M. François débarrassait l'orifice de la source, d'une sorte d'étranglement qui en réduisait notablement le diamètre, et, trois jours après, la source donnait 104,342 litres. Alors que Ton ignorait encore les importants résultats que devaient fournir les travaux de captage entrepris, pendant l'hiver de 1853-1854, sur les sources dites de l'État, on avait préparé un travail complet sur la conduite de ces eaux à Vichy même. Cette opération, devenue moins pressante aujourd'hui, mais à laquelle l'affaiblissement incessant de la source des Célestins ne tardera peut-être pas à donner une opportunité nouvelle, reste toujours comme un moyen assuré de fournir aux exigences nouvelles qui pourraient survenir. Il est vrai qu'on a découvert récemment, à côté de la source des Célestins, une source aujourd'hui connue sous le nom de Nouvelle Source des Célestins, fournissant actuellement par jour 3,400 litres à 12°, et que l'on a crue d'abord tout à fait propre à remplacer la précédente. Mais une circonstance nous frappe dans l'analyse que M. Bouquet a faite de cette source, c'est sa qualité ferrugineuse. Cette source serait la plus ferrugineuse de Vichy, et voici dans quelle proportion :

Nouvelle source des Célestins 0,020 de protoxyde

Source Lardy ou de l'Enclos des Célestins 0,013 [de fer.]

Source de Mesdames 0,013

Source d'Hauterive 0,008

Source des Célestins (ancienne). . . . 0,002

N'ayant pas à revenir ultérieurement sur une eau qui n a pas encore été utilisée, nous devons insister ici sur une considération qui ne devra pas échapper dans les applications que, l'on fera de cette nouvelle eau minérale. Si la proportion

de fer indiquée par M. Bouquet persiste alors que cette source aura joui, pendant un certain tempe, d'un libre écoulement au dehors, nous pensons qu'elle sera loin de convenir à la plupart des malades qui fréquentent aujourd'hui avec tant de luocès la source des Célntinê. 11 est vrai qu'Hauterwê est également plus ferrugineuse que les Céleitim, mais dans une proportion asses Inférieure pour pouvoir être négligée, sinon toujours, au moins dans le plus grand nombre des cas.

On voit, en résumé, que l'eau minérale, h Vichy, parait devoir se trouver toujours en proportion suffisante pour les besoins, quelque étendue que ceux-ci puissent acquérir. Ajoutons que M. Dufrénois, dans le remarquable rapport dont nous avons cité plus haut un passage, a étudié avec beaucoup de soin les conditions qui permettraient d'exécuter avec sécurité de nouveaux et fructueux sondages autour de Vichy.

Nous indiquerons quelques points sur lesquels il est bon que l'attention de l'administration soit fixée, au sujet de l'extension que doit prendre la réorganisation complète do Vichy, afin qu'il soit donné satisfaction à tous les besoins de la médication thermale.

Nous parlerons d'abord des piscines dont il serait fort à désirer que les applications vinssent à se développer à Vichy, où nous ne les avons guère vues encouragées encore que par l'initiative de Prunelle, malheureusement fort insuffisante dans ses résultats, et par notre insistance personnelle, souvent réitérée, mais parfaitement stérile. La direction actuelle de rétablissement thermal a toujours manifesté, au sujet de l'installation des piscines à Vichy, une répugnance dont nous ne nous sommes jamais rendu compte, non pas, sans doute, sous le rapport de leur action thérapeutique.

qu'elle ne se reconnût pas apte à juger, mais sous tous les autres rapports.

Un des points cependant qui ont semblé ressortir le plus clairement delà discussion sur les piscines, à laquelle la &• ciété d'hydrologie médicale de Paris a consacré Tan dernier plusieurs séances, est que : « les piscines peuvent être utilisées pour l'assistance publique. Elles simplifient beaucoup le service dans un établissement thermal, en y apportant une grande économie sous le rapport du matérielet du personnel.»

Quant aux avantages thérapeutiques qui peuvent leur appartenir, nous trouvons signalés, dans le résumé officiel de I4 discussion, comme les plus certains et les plus importants ; « la prolongation du bain et la facilité de l'exercice dans le bain. La durée du bain, nécessairement limitée à un temps assez court, dans la baignoire, et par l'ennui, et par des inconvénients plus sérieux, peut être prolongée» suivant le besoin, dans la piscine. Par l'exercice, il faut entendre non-seulement la natation là où elle sera possible, une gymnastique appropriée là où elle se trouvera indiquée, mais encore la liberté des mouvements résultant de l'espace dont les malades peuvent disposer, et des déplace* ments qu'ils peuvent effectuer dans l'eau. »

La nature des maladies que l'on traite à Vichy n'exige pas que ce moyen balnéatoire y reçoive tout le développement qu'on a pu lui donner dans certaines eaux salines ou sulfu reuses. Nous convenons, volontiers, que c'est le plus petit nombre des malades de Vichy qui réclament la piscine; BWûs, quelque faible qu'il fût, il ne faudrait pas qu'ils s'en trouvassent systématiquement privés. Nous signalerons, parmi ces malades, les individus cachectiques ou très-affaibUs* ceux affectés d'engorgements difficiles à résoudre, les femmes atteintes d'affection de matrice, etc.

Les dimensions à donner aux piscines, considérées d'une manière absolue, n'ont pas une grande importance. Une piscine de quelques mètres de diamètre sera plus avantageuse, si elle renferme peu de personnes, que les plus vastes bassins s'ils sont remplis de malades. Aussi, là où les ressources en eau thermale ne permettent pas de construire de vastes piscines, peut-on utiliser ce qu'on appelle bains de famille : ce sont de petits bassins destinés à six ou huit malades. Ces faibles dimensions permettent aux personnes qui se conviennent de se rapprocher, à celles qui veulent payer suffisamment, de se baigner seules ou à deux ou trois, dans une piscine, enfin permettent de mieux accommoder la température de l'eau aux convenances de ceux qui s'y baignent.

Nous considérons la question des piscines comme capitale dans le complément de la réorganisation projetée de rétablissement thermal de Vichy. Espérons qu'elle recevra une solution conforme aux vœux de la généralité des médecins, et aux besoins des malades.

11 serait également à désirer que l'on pût donner, quand l'indication s'en présente, des bains médicamenteux associés à l'usage des eaux de Vichy, sulfureux ou iodés, par exemple. Nous avons à plusieurs reprises émis des vœux pressants à cet égard. Il n'est pas un établissement de bains, dans une grande ville, où l'on ne trouve moyen d'accommoder les inconvénients inséparables d'un tel voisinage, à la nécessité de leur emploi dans certains cas déterminés.

Du temps de madame de Sévigné, Vichy possédait des bains de vapeur, ou étuves, dont la spirituelle marquise nous a laissé une peinture, peu flattée sans doute. 11 est certain que l'indication des bains de vapeur, étuves, vaporarium, salles d'inhalation, ne se présente pas à Vichy

aussi communément que dans d'autres stations thermales; cependant nous ne comprenons pas qu'un établissement aussi important, et fréquenté par un aussi grand nombre de malades, se trouve dépourvu de moyens qui semblent devoir faire partie intégrante de toute médication thermale.

Nous reviendrons plus loin sur les indications qui peuvent en réclamer l'usage : contentons-nous d'émettre ici le vœu que ceux de ces moyens qui peuvent rencontrer quelques applications à Vichy, y reçoivent le degré de développement qui leur appartient. Ce vœu sera inévitablement satisfait, car nous savons que nous pouvons compter sur l'intelligente et loyale direction que la Compagnie concessionnaire de Vichy a déjà su imprimer à ses premiers travaux, pour donner satisfaction à tous les vœux des médecins, c'est-à-dire à toutes les nécessités et à toutes les convenances de la pratique médicale.

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