‹ Lettres napolitainesChapitre 26 sur 27 · A LONDRES · texte numérisé non relu

A LONDRES

JMilordy

Je compte tellement sur la bonté de V. G. que j'espère qu'elle voudra me pardonner la liberté que je prends de lui écrire et qu'elle ne s'offensera pas si je &is imprimer cette lettre avant d'en avoir obtenu la permission. Mais le temps me presse: l'autorité de votre parole peut engendrer un doute cruel dans les esprits, doute qui, dans notre position, nous serait désastreux.

Appelé à la présidence du Conseil de S. M. mon auguste Roi , j'ai pu, Milord, apprécier les vertus de ce prince, qui ont été pour moi un noble spectacle , soit au milieu des dangers d'un siège cruel , soit dans les douleurs et les peines de l'exil. Je me suis donc cru plus en devoir que personne de les dévoiler et les défendre publiquement.

L'abîme de maux dans lequel est tombée ma patrie me commandait d'ailleurs d'en plaider la cause. C'était pour moi un devoir de sujet et de citoyen , et si ma liberté a été trop grande , c'était pour moi, Milord, le droit du malheur.

Je profite de celte occasion pour vous présenter l'assurance du profond respect avec lequel je suis, etc.

1 Cette lettre et la suivante ont été adressées en italien.

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