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QUATORZIÈME LETTRE

Sommaire : De l’aide (on chef) de clinique d’accouchement [Assistent).

Gœttingue, le 10 septembre 1861.

Très-Cher ami, dans votre dernière lettre vous m’adressez une prière, celle d’ajouter à tout ce que je vous ai dit jusqu’ici sur l’enseignement obstétrical théorique, sur les maternités et la manière de les utiliser pour l’étude, quelques mots sur un point assez important, savoir : la position d’un aideou assîstot(l) dans une maison d’accouchement. Je me rends d’autant plus volontiers à^votre désir, que j’ai fait sur ce point quantité d expériences, et des plus variées, pendant la longue série d’années que j’ai passées comme directeur dans divers établissements, outre les trois ans pendant lesquels j’ai rempli le poste d’aide sous mon père. Comme directeur dans les trois instituts où j’ai vécu, de Berlin, de Marbourg et de Gœttmgue, j’ai eu quatorze aides {Assistenten), en ce moment je suis sur le point d’avoir le quinzième; vous le voyez, un nombre fort respectable. Chacun d’entre eux m’a fourni sa quote-part d’expérience pour le développement du sujet dont je vais vous 'entretenir.

(1) Chef de clinique.

Il n’y a qu’nne voix sur leur nécessité et il serait superflu de vous en parier longuement : ils doivent remplacer le directeur en tout et pour tout, quand celui-ci est absent ou qu’il est appelé ailleurs par ses fonctions. Ils doivent seconder le professeur dans sou enseignement : par exemple, dans les exercices d’exploration; pendant les accouchements auxquels le directeur ne peut cependant pas assister du commencement à la fin. On peut confier à Vaide la réception des femmes enceintes, ainsi que la sortie de l’hospice des femmes relevées de couche; il est chargé de la surveillance du personnel secondaire de la maison, il passe la revue des salles, il visite les accouchées, soit avec le directeur, soit seul; il a soin de réunir les élèves au moment des accouchements; il tient les journaux de la maison; quand le directeur le demande il se charge des écritures, de la correspondance avec les autorités, etc.

Avant tout, Vas&ütant a un grand cercle d’activité à déployer au moment où il se fait un accouchement : il fait explorer, les élèves à tour de rôle, et leur donne, en l’absence du directeur,les instructions nécessaires pour les soins que réclame la femme en travail, et dans des cas pressants, quand il est impossible d’attendre l’arrivée du directeur, il doit pratiquer lui-même l’opération nécessaire ou la faire pratiquer sous ses yeux. Chaque directeur fera bien de donner à son assistant des instructions qu’il rédigera comme il l’entend. Jamais ces instructions ne sont suivies à la lettre, j’en sais quelque chose; il faut donc veiller à ce qu’elles le soient dans leurs parties principales.

J’ai fait l’expérience que pendant les premiers six les nouveaux assistants remplissent parfai- Sent leîîs devoirs; à la vérité, le directeur est oins occuné parce qu’il a à instruire et a former in aidT Mais ce dernier est généralement de bonne volonté, zélé et même craintif; quoique IbT d^nstractlons. il rtdresse au directeur pour lui demander son avis sur telle ou telle chos-. Mais bientôt il y a compensaUon, Si crmnte disparaît peu à Peu, tôt ou tard le nremiers désagréments résultent de ce qu M dans des cas extraordinaires a.

U» ?e“a“ appeler 'e/li-^re^n X est absent, opère lui-même, et s excuse en aile mantTargelice du cas. ün de mes assistants Vest nermis un jour, dans un cas de présentation de la^tête d’opérer, sans aucune indication, la version par les pieds et l’^^tracUon, dans 1 unique but de s’exercer dans cette operation. Une autre sourra de désagréments se •''«Y®.''™® p

de l’assistant avec le personnel féminin de la mai son la sase-femme en chef, 1 économe, etc., car il doit exercer une sage autorité, "t ne pas favoriser l’une aux dépens des autres ; combien de lois n’ai-je pas été obligé de m’interposer, on d intervenir très-sévèrement pour retab ir au moins pour .quelque temps. I Pfjjf naire ainsi une année avant que 1 ordre et la paix soient établis, puis l^ ohose marche jusqu a ce nue à un nouveau changement, suivant le carac ?éred“o“eIa-veau, « sarvicanede aouveaa plus ou moins de désagréments.

Pour bien faire, le changement doi avoir lieu tous les deux ans. Telle est du moins la réglé eta

io6 LETTRES OBSTÉTRICALES.

blie chez nous ; mais elle n’est pas applicable dans toute maison d’accouchement. Un nouvel assistant a toujours besoin d’une année pour devenir un accoucheur praticien. Pourquoi alors le renvoyer juste au moment où il devient très-utile au directeur et à la maison. J’ai déjà conservé le même pendant plus de quatre ans, parce qu’il n’y avait aucune nécessité d’en changer après les deux années prescrites.

Du reste, j’ai eu la satisfaction que tous mes assistants sont devenus des médecins capables et des accoucheurs praticiens habiles, et sous ce rapport, on peut considérer les places d’assistants comme une excellente école pour de futurs accoucheurs.

Il est un point que j’ai cherché à éviter avec tous mes assistants, c’est de ne leur permettre en aucun cas de se mêler d’enseignement, soit qu’il s’agît de leçons particulières,ou de répétitions, et jusqu’à présent je suis parvenu à ne point m’écarler de cette ligne de conduite. C’est pour cette raison que je me suis toujours défendu de prendre pour assistant un agrégé {Privat-Bocent). Il y aurait un grand inconvénient à ce que l’enseignement fût donné par deux maîtres différents dans une môme maison; il s’élèverait trop de contestations, de discussions et autres troubles, et c’est pour ce motif que j’ai tenu à l’observation sévère des règles que j’avais établies, et j« crois avoir agi pour le mieux.

Quoique cela vous semblera peut-être superflu, je vous fais parvenir ci-joint, en le transcrivant, le règlement concernant mes assistants : il a été approuvé par le conseil royal de l’Université

lettre XIV.

fKœniRliclies Universitæts Curatorram). C est un icte qui jusqu’à présent n’a point ete publie, et dont von pourrez peut-être faire un jour usage tout au moins pourra-t-il vous-servir de base pour un règlement analogue, en y faisant des modiâcations faciles à introduire.

Instruction pour Vassistant.

1 - C’est le conseil de l’Université qui nomme à la place d’assistant, sur la présentation du directeur de l’institution. Sa position dans I emWissement est révocable à toute epoque,de sorte qu I peut être renvoyé d’un moment a 1 autre; l assistant est également libre de quitter son poste, maf seront après une dénonciation de six

“s®’Le directeur de l’établissement est le supérieur immédiat de l’assistant; celui-ei u obéissance, il doit l’assister dès qu il «u reqms,

Pt remnlir toutes les fonctions dont il le charge.

3“ P^armi les obligations particulières imposées à l’assistant est celle d’inscrire dans le journal de la maison toutes les femmes enceintes^ qui sont reçues dans l’établissement de les not^^üer a la police, et d’enregistrer lacté de bapteme, pnfin dp délivrer les certificats y relatifs.

't luîtS ae Burvemer

nés qui se trouvent dans la maison pour y faire leurs couches, toutes les élèves ^ages-femmes internées dans l’établissement, et s il quelque chose de contraire au bon ordre ^I doiMw faire la liéclaralion a qui de droit. U doit vm ler sévèrement à ce qu’aucune provision, friandise,

1S8 LETTEES OBSTÉTRICALES.

eau-de-vie, elc., ne soit introduite du dehors, et que les femmes reçues dans la maison, surtout les accoaehées, ne puissent s’écarter du régime alimentaire prescrit, à moins d’une permission spéciale.

3° En cas de décès prochain d’une accouchée, il doit se préoccuper du placement de son enfant, s’informer de sa famille, etc. Après sa mort, il doit faire l’inventaire exact des effets qu’elle délaisse.

6° En outre Yassistant est chargé de l'inventaire de la maison, il doit tenir note des recettes et des dépenses pour les comptes de fin d’année; mais pour tout ce qui est à acquérir, il doit demander l’autorisation du directeur.

7° Il est également chargé de la surveillance et de l'entretien des collections appartenant à la maison.

8° C’est à lui qu’il incombe de surveiller la propreté des salles, des vestibules, des escaliers et des cours.

9“ Il inspecte l’ensemble des bâtiments, et propose les améliorations nécessaires.

10® Il doit accompagner les étrangers qui demandent à visiter l’établissement, après en avoir d’abord prévenu le directeur. Sans une permission spéciale, personne ne peut pénétrer dans les salles des accouchées; l’assistant doit y veiller. De même, il ne doit pas permettre qu’une femme admise dans l’établissement quitte la maison sous prétexte de visite à faire, sans raison majeure.

11° Il est en outre prescrit à Yassistant d’être présent à tous les accouchements qui ont lieu

lettre XIV.

ISO

dans la maison, de veiller au maintien de t ordre parmi les étudiants réunis à cet effet, de diriger £ explorations, et, en l’absence da directeur, de donner les explications que reclame le cas partiralier, et de noter soigneusement tout ce qui s est

Si dans un accouchement il se présentait d’importantes exceptions à la règle, Paraient être préjudiciables à la mere ou a 1 enfant, Yassistantelxierm d’en prévenir immédiatement le directeur, et de réclamer sa presence ou de prendre se/ordres. Sans nécessité absolue e lans une autorisation particulière, il ne lui est pas permis d’entreprendre pour son compte une

seconder le direceur dans 1—de seconder le directeur-professeur dans tous les exercices de la clinique, dans les explorations au lit des malSes etc., etc., il lui est absolnment interd l £ selwrer à l’enseignement particulier, aux re-

^^iSo^Enfm, lors de la reddition des comptes de fin d’année Vassistant devra se mettre complètement à rdSjosMon du directeur, pour l’aider et entre-

^Tpï;ol£"pTircrset1^^^^^

changement.

Tout à vous.

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